Le Monstre marin
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Artiste | |
|---|---|
| Date |
Vers ou vers |
| Type | |
| Technique | |
| Matériau | |
| Lieu de création | |
| Dimensions (H × L) |
24,7 × 18,8 cm |
| Mouvement | |
| No d’inventaire |
219756, 1943.3.3483, 1934.340, DN 1319/270 (PK), 1956/1.74, 1957-30-7, 19.73.80, 1983.1140.6 |
| Localisation |
Le Monstre marin (allemand : Das Meerwunder ) ou L'Enlèvement d’Amymoné est une gravure sur cuivre datée vers 1498-1500 du maître de la Renaissance allemande Albrecht Dürer.
La gravure montre une voluptueuse femme nue chevauchant un triton, une créature mâle mi-homme, mi-poisson. L'homme porte une barbe et des bois de cerf, tandis que le bas de son corps est couvert d'écailles[1]. Il brandit une carapace de tortue en guise de bouclier[2]. La femme, une jeune princesse, a apparemment été enlevée et traînée loin de la rive du fleuve ; ses compagnons se précipitent hors de l'eau dans la panique, levant les bras en signe de protestation ou se couchant en pleurant. La femme porte une coiffure milanaise extravagante[3] ou orientale, selon les interprétations, et sa bouche est ouverte dans un cri alors qu'elle regarde ses amis[4] ou parents qui accourent désemparés[2]. Malgré le regard aussi éploré que résigné de la femme vers la rive et sa bouche ouverte, sa pose décontractée de Vénus suggère à certains critiques qu'elle n'est pas trop préoccupée par son sort[1]. Ce drame marin s'inscrit dans un paysage alpin, devant un château semblable au château de Nuremberg, une forteresse est située sur le rocher au-dessus de la rivière, tandis qu'au fond apparait un petit bateau que le monstre semble redouter[2].
Style
Analyse
La scène d'enlèvement, hautement sensuelle, semble n'être qu'un prétexte pour graver un gracieux nu féminin à l'antique. Dürer porte un intérêt grandissant au nu féminin classique à partir de la fin des années 1490, notamment après son retour d'Italie[2].
L'écrivain Jonathan Jones décrit la gravure comme une « image troublante et merveilleuse de l'érotisme »[1], tandis que l'historien Walter L. Strauss note que l'enlèvement de la femme peut être un moyen de légitimer sa nudité[5].

Cette gravure est l'une des premières tentatives d'anatomie et de proportion de Dürer, achevée avant qu'il ne puisse arriver à ce qu'il considère comme le canon de la beauté humaine dans son Adam et Ève de 1504. L'image peut être approximativement datée en raison d'une étude de nu similaire conservée à l'Albertina (musée) de Vienne (Autriche) que Dürer a signée et datée de 1501[4]. Une copie maniériste a été achevée vers 1550 en Allemagne, qui montre la scène en miroir. L'exemplaire est signé IoHann Von Essen[4].
On peut noter des similitudes dans la composition avec le dessin de L'Enlèvement d'Europe à l'Albertina[2].
