Les Femmes d'Alger

From Wikipedia, the free encyclopedia

Type
Série de peintures (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondation
Créateur
Matériau
Les Femmes d'Alger
Présentation
Type
Série de peintures (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondation
Créateur
Matériau
Propriétaire
Victor Ganz (en) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Eugène Delacroix, Femmes d'Alger dans leur appartement, 1834. Huile sur toile. 180 × 229 cm. Musée du Louvre, Paris.
Auguste Renoir, Parisiennes habillées en Algériennes, 1872. Huile sur toile. 156 × 129 cm. Musée national de l'Art occidental, Tokyo.

Les Femmes d'Alger est une série de quinze peintures numérotées de A à O, créées par Pablo Picasso en 1954-1955.

La série a été inspirée par le tableau Femmes d'Alger dans leur appartement d'Eugène Delacroix[1] exposé en 1834, que Picasso a vu au Louvre. Une seconde version appelée Femmes d’Alger dans leur intérieur a été réalisée par Delacroix en 1849 (exposée au musée Fabre de Montpellier). Elle fait partie des œuvres par lesquelles Picasso rendait hommage à des peintres qu'il admirait et à leurs œuvres : c'est la première fois de sa carrière que Picasso entreprend une série d'ampleur consacrée à un tableau de maître. Il réalise en quelques semaines : 15 toiles, plusieurs dizaines de dessins, 9 gravures et 2 lithographies (une lithographie du et une lithographie du ).

On peut souligner la proximité temporelle entre l'insurrection du 1er novembre 1954 en Algérie et la série de Picasso débutée fin . Néanmoins, Picasso dans un premier temps n'a pas eu d'engagement public contre la guerre d'Algérie. Il aura un engagement public à partir du avec la publication à la une de la revue Les Lettres Françaises d'un portrait au fusain de Djamila Boupacha.

Dessins préparatoires

Picasso fit quelques dessins à partir de l'œuvre de Delacroix entre le et le (Royan, carnet n° 45 (inventaire : MP1879) : folios 2[2], 3[3], 4[1], 5[4] et 6[5]). Un carnet du au (carnet n°51, inventaire : MP1883) montre un portrait de Jacqueline très ressemblant à l'Algéroise de droite du tableau Femmes d'Alger dans leur appartement de Delacroix : dessin du [6]. Du à mi-, Picasso réalisa plusieurs dizaines de dessins préparatoires afin de réaliser ses toiles :

Date Nombre de dessins
27 novembre 1954 3[7]
1er décembre 1954 4[8]
5 décembre 1954 7[9]
21 décembre 1954 2[10]
25 décembre 1954 4[11]
26 décembre 1954 11[12]
28 décembre 1954 16[13]
29 décembre 1954 3[14]
31 décembre 1954 7[15]
2 janvier 1955 4[16]
2-3 janvier 1955 (estimée) 2
3 janvier 1955 6[17]
7 janvier 1955 10[18]
8 janvier 1955 7[19]
23 janvier 1955 1[20]
24 janvier 1955 2[21]
3 février 1955 2[22]
7 février 1955 1[23]

Picasso a réalisé au moins 92 dessins entre le et le pour réaliser ses toiles : le musée Picasso de Paris en possède 81 (dont 2 ont une date estimée) ; le musée Picasso de Malaga en possède 1[24]. Le musée Picasso de Paris possède également un dessin préparatoire de 1955 dont la date exacte n'est pas connue[25].

Après avoir réalisé la dernière version de cette série de toiles, Picasso fit encore 9 dessins concernant Les Femmes d'Alger : 2 dessins le et 7 dessins le .

Vente et expositions

Ces toiles sont exposés du au dans la rétrospective Picasso du musée des Arts décoratifs[26]. Huit musées internationaux et trente collectionneurs ont contribué afin de réaliser cette rétrospective de 140 œuvres (42 toiles proviennent directement de Picasso et 20 toiles sont américaines).

Ces peintures furent ensuite acquises par la galerie Louise Leiris de Paris (tenue par Daniel-Henry Kahnweiler) auprès de Pablo Picasso en . Le , Kahnweiler demande à Victor Ganz (en) de répondre rapidement à son offre de 80 millions de Francs car il a d'autres demandes. Le , Victor Ganz lui répond qu'il peut payer immédiatement 70 millions de Francs en devise et il espère que Kanhweiler acceptera cette offre mais Kahnweiler lui rétorque le qu'aucune réduction de prix n'est possible. Le , Victor Ganz accepte donc l'offre de Kahnweiler et lui demande d'écrire les conditions de paiement[27]. Le , la série entière est donc vendue à Victor et Sally Ganz par la galerie Louise Leiris pour 80 millions de francs (212 593 $). Kahnweiler, à l'insu de Picasso, avait placé une condition d'achat : l'acheteur devait prendre toute la série alors que Picasso imaginait plutôt que les versions aillent à différents collectionneurs. Hélène Parmelin dans Picasso sur la place rapporte le fait que cette vente eut un curieux effet sur elle après que Picasso la lui ait annoncée, et ils conclurent que l’acheteur ne garderait pas l'ensemble de la collection. En effet, Victor et Sally Ganz n'avaient pas les moyens de garder l'ensemble de la collection[28], ainsi, dix toiles furent vendues en  : les versions B, E, F et G furent achetées par la galerie Saidenberg (Daniel et Eleanore Saidenberg) pour 37 000 dollars ; et les versions A, D, I, J, L et N furent achetées par la galerie Paul Rosenberg pour 120 500 dollars. Victor et Sally Ganz gardèrent les versions C, H, K, M et O qui leur coutèrent donc approximativement 55 000 dollars (le prix cumulé initialement déboursé pour ces cinq toiles étaient de 83 996 dollars)[29].

En , quatre versions (versions H, K, M et O) sont vendues chez Christie's dans l'enchère : The Collection of Victor and Sally Ganz.

Aujourd'hui, six versions appartiennent à des musées ou à des fondations et neuf versions font partie de collections privées (dont trois dans la collection Nahmad).

Versions

Peinture murale reproduisant la version O de l'œuvre dans la rue Pedro Molina à Málaga (Espagne), la ville qui a vu naître l'artiste.

Il existe 15 versions dans cette série, numérotées de A à O : six petits tableaux, deux tableaux verticaux avec une figure isolée et sept grands tableaux. Une date est indiquée au verso de chaque peinture. Initialement, Picasso ne signa aucune des 15 toiles, il les signera plus tard.

Version A

Achevée le . Le Dr Herschel Carey Walker (1890-1975) a acheté cette version auprès de Paul Rosenberg en 1957. La fondation Carey Walker donna ensuite cette version au Wadsworth Atheneum Museum of ArtHartford) en 1994[30].

Version B

Achevée le , cette version appartient à un collectionneur privé inconnu.

Version C

Achevée le , acquise par Victor et Sally Ganz pour 8 518 dollars, cette version a été vendue le à Sotheby's après la mort de Victor Ganz[31]. Elle appartient à la collection Nahmad[32] et a été proposé à la vente en 2015 par la Galerie Helly Nahmad pour 16 millions de dollars[33].

Version D

Achevée le , cette version appartenait à la collection de Janice et Henri Lazarof avant qu'ils ne la donnent au musée d'Art du comté de Los Angeles en [34].

Version E

Achevée le , cette version est donnée en 1964 par Wilbur D. May au musée d'Art moderne de San Francisco[35].

Version F

Version achevée le , Daniel et Eleanore Saidenberg décidèrent de garder cet exemplaire pour leur propre collection. Il a ensuite été vendu à un collectionneur privé en 2011. Cette version est vendue 29,22 millions de dollars le dans l'enchère Christie's One: A Global Sale of the 20th Century[36].

Version G

Achevée le , cette version appartient à un collectionneur privé inconnu.

Version H

Version achevée le , acquise pour 8 518 dollars par Victor et Sally Ganz[31], elle a été vendue pour 7,15 millions de dollars en à Christie's (collection Ganz, lot 35)[37]. Il fait partie de la collection Nahmad (Suisse). En 2010, elle est prêtée au Tate Liverpool pour l'exposition Picasso: Peace and Freedom[38]. En 2021, cette version est exposée au musée Picasso d'Antibes au sein de l'exposition Dix chefs-d'oeuvre de la collection Nahmad.

Version I

Version achevée le , achetée par Paul Rosenberg en 1957, puis vendue à Frua dei Angeli, elle est ensuite achetée en 1973 par le Norton Simon Foundation à la galerie Beyeler (Bâle, Suisse), et enfin transférée au Norton Simon Art Foundation en 1986[39].

Version J

Version achevée le . Ella a été vendue pour 18,6 millions de dollars à Sotheby's en 2006 (Impressionist & Modern Art, première partie, lot 12)[40] et fait maintenant partie de la collection Nahmad[41].

Version K

Version achevée le , acquise pour 8 518 dollars par Victor et Sally Ganz[31], elle a été vendue pour 6,6 millions de dollars en à Christie's (collection Ganz, lot 36)[42].

Version L

Achevée le , cette version a été achetée par Paul Rosenberg en 1957, puis acquise en 1959 par sa famille à son décès. Le , cette version est achetée par le musée Berggruen pour 21,4 millions de dollars chez Christie's[43],[44].

Version M

Achevée le , acquise pour 31 810 dollars par Victor et Sally Ganz[31], cette version a été vendue pour 10 millions de dollars en à Christie's (collection Ganz, lot 34)[42].

Version N

Achevée le . Cette version a été achetée en 1960 par le Mildred Lane Kemper Art Museum (université Washington de Saint-Louis) grâce au fonds Steinberg[45]. Elle est exposée en 2010 au Tate Liverpool pour l'exposition Picasso: Peace and Freedom[46].

Version O

Version achevée le , elle est exposée pour l'hommage à Picasso au Grand Palais en 1966[47]. Acquise pour 26 632 dollars par Victor et Sally Ganz[31], elle est vendue pour 31,9 millions de dollars le chez Christie's (collection Ganz, lot 33)[28] à Libby Howie, vendeur d'art, pour le compte d'un collectionneur inconnu originaire d'Arabie Saoudite et vivant à Londres[48]. Cette version a été prêtée en 2008 au musée du Louvre.

Le , cette version est adjugée en 11 minutes à 179,3 millions de dollars (Looking Forward to the Past, lot 8A)[49]. Elle aurait été achetée par Hamad ben Jassem Al Thani[50]. Ce tableau devient ainsi le tableau le plus cher de l'histoire adjugé lors d'une vente aux enchères jusqu'à la vente aux enchères d'un tableau de Vinci en 2017[51],[52],[53].

Christie's avait posé une estimation de 140 millions de dollars et l'enchère disposait d'un prix de réserve. Avant cette vente, le tableau vendu le plus cher lors d'une vente aux enchères était Trois études de Lucian Freud de Francis Bacon, adjugé 142,4 millions de dollars en 2013.

Réception

Le , Yves Jubert dans Sud Ouest Dimanche évoque la rétrospective Picasso du musée des Arts décoratifs de manière élogieuse. Cette rétrospective est à nouveau évoquée le dans le journal Sud Ouest.

Postérité

Notes et références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI