Little Foot

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Vue du crâne et du bras de Little Foot, encore en place dans la grotte de Sterkfontein en 2006.
Détail du crâne de Little Foot.
Les quatre premiers ossements du pied de Little Foot, découverts en 1994.

« Little Foot » (ou « Petit Pied » en français) est le surnom donné au squelette fossile d'une australopithèque, découvert en 1994 et 1997 par Ronald J. Clarke dans des circonstances exceptionnelles, à Sterkfontein, en Afrique du Sud. Ce fossile aujourd'hui dégagé représente le squelette d'australopithèque le plus complet jamais découvert à ce jour. Avant que l'histoire géologique du site soit précisée, son âge a fait l'objet d'estimations contradictoires, allant de 2,2 à 4 millions d'années. Une étude publiée en 2015 indique qu'il date de 3,67 millions d’années, et est ainsi plus ancien que Lucy.

Les premiers éléments squelettiques appartenant au fossile de « Little Foot » sont identifiés par le paléoanthropologue Ronald J. Clarke en 1994, alors qu'il classe des fossiles attribués à des bovidés découverts précédemment à Sterkfontein. Les éléments en question proviennent de la grotte de Silberberg, une grande cavité du réseau karstique de Sterkfontein. Ronald J. Clarke remarque quatre ossements d'un pied gauche (un talus, un naviculaire, un cunéiforme médial et un premier métatarsien) qui appartiennent indubitablement à un hominine et très probablement à un même individu[1].

Ils sont décrits, attribués au genre Australopithèque, et inventoriés sous le code Stw 573[2]. Du fait de la petite taille de ces ossements, le fossile est surnommé « Little Foot ».

En 1997, Ronald J. Clarke découvre d'autres ossements de pied du même individu dans les anciennes collections, et notamment un fragment distal de tibia droit qui a été séparé du reste du tibia. Il demande à ses assistants, Stephen Motsumi et Nkwane Molefe, de se rendre dans la grotte de Silberberg avec un moulage de l’ossement en question afin d'essayer de retrouver l'autre extrémité du tibia s'ajustant à ce fragment. En moins de deux jours, ils ont la chance inouïe de découvrir la section du tibia correspondante, encore en place dans des sédiments bréchifiés de la partie inférieure de la grotte.

Une fouille lente et minutieuse réalisée par Ronald J. Clarke et son équipe permet de mettre au jour un crâne en occlusion complet avec la mandibule encore en connexion anatomique, puis d’autres os des membres. La poursuite du dégagement aboutit à la découverte d’un squelette très complet (à 97 %[3]), dont certains membres sont également encore en connexion anatomique : un avant-bras complet en articulation avec la main, des éléments du pelvis, des côtes, des vertèbres, un humérus complet et la plupart des os des membres inférieurs peuvent ainsi être dégagés.

L'annonce de ces découvertes à la presse le attire l'attention des médias du monde entier[4].

Après plus de vingt ans de travaux, le squelette reconstitué est présenté au grand public en [5]. En 2026 une collaboration internationale propose pour la première fois une reconstitution numérique de la face de Little Foot[6].

Description

« Little Foot » représente une découverte exceptionnelle par son état de conservation, et par le fait qu'il s'agit d’un squelette d'hominine ancien quasiment complet : il est beaucoup plus complet par exemple que le célèbre squelette d'Australopithecus afarensis surnommé « Lucy », découvert en Éthiopie en 1974, et qui n'était complet qu'à 40 %[7].

Les observations préliminaires semblent indiquer que le fossile présente d’une part des caractéristiques différentes de celles d'Australopithecus africanus, et d'autre part des points communs et des différences par rapport à Australopithecus afarensis[8]. Il pourrait être rattaché à l'espèce Australopithecus prometheus créée par Raymond Dart pour des fossiles mis au jour dans le site de Makapansgat, en Afrique du Sud[réf. souhaitée].

Les premières études de ce fossile montrent qu'il s'agit d'une femme d'une trentaine d'années[5], haute de 1,35 m[9]. La longueur des mains et celle des bras comparées aux jambes de ce « cousin » montrent que les hominidés de cette époque se tenaient déjà debout[5],[10].

Datation

Références

Voir aussi

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