Louis de Bourbon (1974)

prétendant aux trônes de France et de Navarre From Wikipedia, the free encyclopedia

Louis de Bourbon (en espagnol : Luis Alfonso de Borbón y Martínez-Bordiú), né le à Madrid (Espagne), est le chef de l'actuelle branche aînée de la maison capétienne de Bourbon, second fils d'Alphonse de Bourbon, duc d’Anjou et duc de Cadix, et de son épouse Carmen Martínez-Bordiú y Franco.

Nom revendiqué Louis XX
Prédécesseur Alphonse de Bourbon, duc d'Anjou
Prédécesseur François de Bourbon, duc de Bourbon
Successeur Gonzalve de Bourbon, duc d’Aquitaine
Faits en bref Nom revendiqué, Prédécesseur ...
Louis de Bourbon
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Louis de Bourbon en 2020.

Titres

Prétendant légitimiste aux trônes de France et de Navarre

Depuis le
(37 ans, 4 mois et 6 jours)

Nom revendiqué Louis XX
Prédécesseur Alphonse de Bourbon, duc d'Anjou

Héritier du trône de France
(succession légitimiste)


(4 ans, 11 mois et 23 jours)

Prédécesseur François de Bourbon, duc de Bourbon
Successeur Gonzalve de Bourbon, duc d’Aquitaine
Biographie
Titulature Duc de Touraine (1981-1984)
Duc de Bourbon (1984-1989)
Duc d’Anjou (depuis 1989)
Dynastie Maison de Bourbon
Nom de naissance Louis-Alphonse de Bourbon (en espagnol : Luis Alfonso Gonzalo Víctor Manuel Marco de Borbón y Martínez-Bordiú)
Naissance (52 ans)
Madrid (Espagne)
Père Alphonse de Bourbon,
duc d'Anjou et de Cadix
Mère Carmen Martínez-Bordiú y Franco,
duchesse de Franco
Conjoint María Margarita Vargas Santaella
Enfants Eugénie de Bourbon, Madame Royale
Louis de Bourbon, dauphin de France, duc de Bourgogne
Alphonse de Bourbon, duc de Berry
Henri de Bourbon, duc de Touraine
Résidence Somosaguas (Pozuelo de Alarcón)
Religion Catholicisme
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Descendant direct de Hugues Capet, saint Louis, Henri IV et Louis XIV, il est l'aîné des Capétiens et le chef de la maison de Bourbon. De ce fait, il est considéré par les légitimistes comme le successeur légitime des rois de France, selon les lois fondamentales du royaume, sous le nom de « Louis XX ». Dans ce cadre, il porte les pleines armes de France (« d'azur à trois fleurs de lis d'or »). Il porte le titre de courtoisie de duc d'Anjou[N 1].

Biographie

État civil et nationalité

À sa naissance, Louis de Bourbon est déclaré à l’état civil espagnol[1] comme « S.A.R.[2] don Luis Alfonso de Borbón y Martínez-Bordiú »[3], puis son acte de naissance est transcrit le à l’état civil français au nom de « Louis-Alphonse de Borbon[4] » (puis rectifié en Louis-Alphonse de Bourbon[5]). Cette qualification espagnole d'altesse royale, accordée à titre héréditaire à son père par le grand-père maternel de sa femme, Francisco Franco[6], lui est contestée depuis 1987 par la maison royale d'Espagne, quand le roi Juan Carlos a de manière générale restreint à caractère viager les titres « de la maison royale »[7] et les qualifications d'altesse royale portés par « les membres de la famille du roi ». Étant né avant 1987, Louis de Bourbon considère[8],[9] qu'il reste altesse royale à caractère viager.

Le , l’administration française a délivré à Louis de Bourbon une carte nationale d’identité au nom de « S.A.R. de Bourbon, duc de Bourbon, Louis-Alphonse[10] » (le titre de duc de Bourbon a été remplacé par le titre de duc d'Anjou[11] lors du renouvellement de la carte). Il possède depuis sa naissance la double nationalité : française par son père (né de mère française) et espagnole par ses deux parents.

Enfance et jeunesse

Le , Louis de Bourbon est baptisé dans la religion catholique au palais royal du Pardo, près de Madrid ; son parrain est son grand-père paternel, Jacques-Henri de Bourbon, absent de la cérémonie et représenté par Gonzalve de Bourbon (son oncle), et sa marraine son arrière-grand-mère maternelle Carmen Polo, épouse de Francisco Franco.

Louis de Bourbon est considéré par les légitimistes comme « fils de France »[12] à sa naissance, son père étant pour eux le dauphin de France depuis 1941. Le , son père devient le prétendant légitimiste ; Louis est titré par celui-ci duc de Touraine le .

Avec la séparation de ses parents (1979) puis leur divorce civil (1983), son frère et lui se voient confiés par les tribunaux à leur père.

Ils suivent leurs études au lycée français de Madrid et font ensemble leur première communion en des mains de l'archevêque de Tolède et primat d'Espagne, Marcelo González Martín.

Le , revenant de ski avec son père, son aîné et leur gouvernante, ils subissent en Navarre un très grave accident de voiture et sont hospitalisés à l'hôpital de Navarre à Pampelune. François de Bourbon y meurt le tandis que Louis, dès lors devenu pour les légitimistes dauphin de France, demeure dans un semi-coma ; il mettra de nombreuses semaines avant de s'en remettre. Alphonse de Bourbon titre alors son fils Louis, duc de Bourbon, le .

En 1986, le mariage de ses parents est déclaré nul par le tribunal ecclésiastique de la Rote madrilène[13].

En 1987, à l'occasion du Millénaire capétien, il participe avec son père à des commémorations (une centaine, aux quatre coins de la France), bien que le président François Mitterrand leur préfère leur cousin, le comte de Paris[14]. « À de telles cérémonies, le maire socialiste de Montpellier, le maire modéré de Toulouse, le maire radical de Lyon et bien d'autres ont invité l'aîné des descendants d'Hugues Capet, qui était Alphonse de Bourbon »[15]. L'année suivante, son père fait Louis de Bourbon chevalier du Saint-Esprit.

Alphonse de Bourbon meurt alors tragiquement le en skiant aux États-Unis (il est blessé au cou par un câble métallique tendu au travers de la piste) ; à 14 ans, Louis de Bourbon devient alors chef de la maison de Bourbon, aîné des Capétiens et le prétendant au trône de France pour les légitimistes, selon les lois fondamentales du royaume de France, sous le nom de Louis XX. Il relève le titre de courtoisie paternel de duc d'Anjou dès le .

Louis de Bourbon en septembre 2006.

Études et activités professionnelles

Après son baccalauréat obtenu au lycée français de Madrid, il poursuit des études universitaires en sciences économiques et financières et obtient un master en finances au Collège universitaire d'études financières (CUNEF) de Madrid. Il obtient également une maîtrise en administration des affaires à l'Institut d'études supérieures de commerce, de Madrid[16].

Il souhaite effectuer son service militaire en France, mais étant binational, il est soumis[17] à la convention intergouvernementale franco-espagnole du , publiée par décret en date du , dont l'article 2 dispose que « Les double-nationaux qui résident dans l'un ou l'autre des deux États sont tenus d'accomplir leurs obligations d'activité du service national dans l'État où ils ont leur résidence habituelle la plus longue pendant les douze mois qui ont précédé la date à laquelle ils ont atteint l'âge de dix-huit ans »[18]. Face au refus des autorités françaises, le duc d'Anjou intègre finalement, comme son père avant lui, l'armée de l’air espagnole le , sur la base d’hélicoptères d'Armilla, où il suit une formation militaire. Il émet ensuite, en vain, le vœu de compléter sa formation par un passage dans la Marine française[19]. Néanmoins, il a, depuis 2017, le grade de capitaine de corvette[20] de la réserve citoyenne de la Marine nationale française.

Il travaille trois ans pour la banque BNP Paribas à Madrid, puis, devient vice-président international de la Banco Occidental de Descuento (BOD) basée à Caracas, au Venezuela[16].

Il parle couramment plusieurs langues et pratique plusieurs disciplines sportives, dont l'équitation, le polo, le tennis, le golf, le kick-boxing, la course à pied, le hockey sur glace, la natation, la plongée sous-marine et la voile. En outre, il participe régulièrement à des régates. En , à Madrid, il fonde par ailleurs Reto-48, un centre sportif et de remise en forme, avec ses amis Jorge Facha et Sara Álvarez[21]. En 2018, il participe notamment à la course des « 101 km de la Légion » en compagnie de Santiago Abascal, chef du parti d'extrême droite Vox, dont il est proche[22].

Mariage et descendance

Louis de Bourbon et son épouse la princesse Marie-Marguerite en 2015.

Il épouse civilement, le vendredi à Caracas (Venezuela), María Margarita Vargas Santaella, la fille du président de la BOC, une institution financière vénézuélienne, Víctor Vargas. La cérémonie religieuse a lieu le lendemain, à 19 h, en l'église Saint-Stanislas-de-Cracovie du village d'Altos de Chavon de la station balnéaire Casa de Campo[23], dans la commune de La Romana (République dominicaine). Il porte alors l'uniforme de bailli grand-croix de dévotion de l’ordre souverain de Malte et le grand cordon et la plaque de l’ordre du Saint-Esprit, dont il est de jure le 19e souverain grand-maître (l’ordre du Saint-Esprit est devenu un ordre dynastique en France en 1830[N 2]). Après avoir vécu à Caracas puis à New York, il s'installe avec son épouse à Madrid.

De cette union sont nés :

  1. Eugénie de Bourbon (née le à Miami, États-Unis), Madame Royale, baptisée le samedi par le nonce apostolique en France, Fortunato Baldelli (depuis cardinal), à la nonciature apostolique de Paris ;
  2. Louis de Bourbon (né le à New York, États-Unis), Dauphin de France, titré duc de Bourgogne ;
  3. Alphonse de Bourbon (né le à New York, États-Unis), son frère jumeau, titré duc de Berry, ils sont baptisés le au Vatican, en la basilique Saint-Pierre par le cardinal Angelo Comastri, vicaire général du pape Benoît XVI ;
  4. Henri de Bourbon (né le à New York, États-Unis), titré duc de Touraine[25].

Prétendant légitimiste au trône de France et chef de la maison de Bourbon

Actions en qualité de chef de la maison de Bourbon

Louis de Bourbon et Laurent Ulrich, archevêque de Lille, lors du 800e anniversaire de la bataille de Bouvines.

Depuis la mort de son père survenue le , il est l'aîné des Capétiens[26],[27] et le chef de la maison de Bourbon. De ce fait, il est considéré par les légitimistes comme le successeur des rois de France selon les lois fondamentales du royaume, sous le nom de « Louis XX ». À cet égard, il affirme régulièrement « je ne prétends pas, je suis » (le successeur légitime), précisant qu'il est disponible si les Français devaient faire appel à lui pour instaurer une monarchie constitutionnelle[28]. Il le rappelle à l'occasion du vingtième anniversaire de la mort de son père, le , déclarant : « Comme le disait mon père, je ne prétends à rien, je suis le chef de la maison de Bourbon en tant qu'aîné des Capétiens et des descendants de nos rois »[29].

Il relève le titre de duc d’Anjou de ses père et grand-père[30] dès le .

Le , Louis de Bourbon est fait citoyen d'honneur de la ville d'Aigues-Mortes par le maire de la commune, René Jeannot[31].

Depuis le , il est membre titulaire de la Société des Cincinnati de France, où il représente Louis XVI qui par son aide militaire avait permis l’indépendance des États-Unis ; il est en effet, conformément aux statuts de cette société, l’aîné des collatéraux en ligne masculine du roi, à défaut de descendance mâle subsistante[16].

En , il collabore avec le président Nicolas Sarkozy pour la réinhumation de la tête du roi Henri IV dans la nécropole royale de la basilique Saint-Denis. Selon Jean-Pierre Babelon, Nicolas Sarkozy prévoit initialement une cérémonie pour [32]. Cependant, la controverse autour de la relique et la campagne présidentielle repoussent la date de la célébration et le projet est ensuite abandonné par François Hollande[33].

Le , il est présent lors de la procession en l'honneur de Saint Louis organisée à Paris par l'association Oriflammes, de l'église Saint-Eugène-Sainte-Cécile (Paris 9e) à la cathédrale Notre-Dame de Paris[34].

Le , il se voit remettre les clés de la ville de Saint-Louis, au Missouri[35].

Le , il assiste à la mise en place d'une plaque commémorative de l'ensemble des rois sacrés à la cathédrale Notre-Dame de Reims en présence de Thierry Jordan, archevêque de Reims, et du maire de la ville, Arnaud Robinet, pour fêter les 1 200 ans du premier sacre[36].

En 2021, il a participé à la fondation d'une entreprise de recyclage active en Afrique afin d'assainir la planète[37]. À partir de 2021, il préside le comité de soutien de la soirée caritative La Nuit du Bien Commun[38].

Le , il assiste avec sa famille aux commémorations de la venue de la duchesse d'Angoulême en Vendée, organisées au Mont des Alouettes par l'association du Jubilé de la Vendée. Après la messe célébrée en la mémoire des combattants tombés durant les guerres de Vendée, il prononce un discours particulièrement applaudi dans lequel il invite notamment la France et les Français à renouer avec l'esprit de fidélité des Vendéens, prêts à tous les sacrifices pour défendre leurs coutumes et leurs traditions[39],[40],[41].

Le , il se rend à Vannes à l’occasion du jubilé de Sainte-Anne, où il est reçu par le maire de la commune, David Robo, qui l'accueille en déclarant « Bienvenue, Votre Altesse »[42],[43],[44].

Prises de position

Louis de Bourbon interrogé par TV Libertés en marge d'une manifestation de La Manif pour tous, le 19 janvier 2020.

Dans un entretien à Paris Match le [45], Louis de Bourbon déclare être monarchiste, « mais pas antirépublicain », et favorable à « une monarchie constitutionnelle à l'espagnole, avec un roi qui fait office d’autorité morale, d'ambassadeur de son pays à l'étranger, garant de l’unité du pays, rappel de l’Histoire ».

Dans le même entretien, il prend la défense de la mémoire du général Franco : « C’est mon arrière-grand-père. Ma grand-mère maternelle, dont j'étais très proche, était sa fille unique. Le gouvernement espagnol actuel fait tout pour effacer son héritage. On abat des statues, on rebaptise des rues, et c'est regrettable. Franco a créé la classe moyenne en Espagne, il a créé des forêts, des lacs et des routes, il a empêché que le pays n'entre dans la guerre et que le communisme s’installe. Évidemment il y a eu la guerre civile, mais il ne l'a pas voulue. Il ne faut pas gommer l'Histoire. » Il a exprimé un point de vue similaire à de nombreuses reprises, notamment à l'occasion du transfert du cercueil du général Franco en [46] alors que le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez cherche à faire retirer le corps de Francisco Franco du monument de la Valle de los Caídos. Il s'oppose à cette décision, prenant la présidence d'honneur de la fondation nationale Francisco Franco. Il déclare : « Quand on attaque Franco, on attaque les miens, plus de la moitié de l'Espagne, la monarchie et l'Église qu'il protégea »[22]. Le , il est l'une des personnes à porter le cercueil lors de l'exhumation de l'ancien dictateur espagnol avant son transfert aux environs de Madrid, au cimetière de Mingorrubio, dans le quartier du Pardo[46].

Le , il s'investit dans le débat politique français en s'exprimant publiquement contre le projet de loi introduisant le mariage homosexuel en France[47]. Il réitère son opposition au mariage homosexuel et à l'homoparentalité en France dans un entretien accordé au Mouvement catholique des familles en [48].

Le , au terme d'une cérémonie d'hommage au roi Louis XVI, tenue en la chapelle expiatoire, il prononce un discours où il déclare son soutien au projet de loi restreignant la pratique de l'avortement en Espagne, qu'il salue comme un changement législatif majeur[49].

Cérémonie d'hommage à Louis XVII par Louis de Bourbon en 2014.

Le , présent à Argenteuil pour l'ostension de la Sainte Tunique, il condamne le laïcisme qui « fait reculer l'esprit d’unité que représente la foi »[50].

Le , en visite[N 3] au couvent de Kostanjevica, il s'oppose au rapatriement des dépouilles des derniers Bourbons, afin de respecter leurs dernières volontés. En 2016, une association appelée « Pour le retour à Saint-Denis de Charles X et des derniers Bourbons » avait appelé le gouvernement français à engager des négociations avec la Slovénie en vue d'un transfert de leurs corps à la nécropole royale de Saint-Denis[53].

Le , à l'occasion du mouvement des Gilets jaunes, Louis de Bourbon exprime sa « solidarité » au « peuple de France qui se dresse pour défendre son mode de vie et sa dignité » et sa « profonde compassion pour ceux qui souffrent, dénués de ressources, écrasés de charges, humiliés et privés d'Espérance, et qui n'ont d'autre moyen d'expression que de se lever comme un seul homme pour manifester leur déception, leur angoisse et leur colère »[54].

Louis de Bourbon lors de la marche pour la vie à Paris le 22 janvier 2023.

Le , il apporte son soutien aux agriculteurs qui manifestent pour protester contre leurs conditions de travail et la baisse de leurs revenus[55].

Le , il déclare regretter une partie de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’été qui lui semble dévier des principes fondateurs des jeux et de l’élévation traditionnelle attendue en raillant une part de l’héritage séculaire de la France, constatant que « certains se sont plu à distiller un contenu idéologique mortifère et abject. S’éloignant du projet initial des Jeux olympiques de rassembler et d’unir les peuples dans un climat respectueux et à portée de tous, des petits comme des grands, des scènes ont été volontairement offensantes et provocantes. Une fois de plus, le régime actuel a montré son vrai visage, profondément antichrétien, oublieux du long passé de la France dont la monarchie chrétienne fait partie, et désireux de mettre au pinacle des époques troubles où ne régnaient que la terreur et la division »[56],[57].

Le , alors que la France traverse une crise politique majeure liée à l’absence de majorité parlementaire à l’Assemblée nationale, il publie une tribune dans Le Journal du dimanche dans laquelle il dénonce la dégradation de la situation politique, institutionnelle et sociale ainsi que l’immobilisme du régime et appelle les Français à renouer avec l’héritage de la royauté pour rétablir une stabilité[58],[59],[60]. À la suite de cette publication particulièrement relayée sur les réseaux sociaux, il accorde plusieurs entrevues à différents médias, indiquant qu’il est disponible pour servir la France et les Français s’ils souhaitent instaurer une monarchie constitutionnelle adaptée au XXIe siècle[61],[62],[63],[64].

Port des armes pleines de France

Écu des rois de France.

En 1987, Henri d'Orléans, comte de Clermont et fils aîné du comte de Paris, a engagé une action judiciaire[65], afin de faire interdire à Alphonse de Bourbon (1936-1989), alors chef de la branche aînée de la maison de Bourbon, de porter les armes pleines de France, arguant que les Bourbon se servaient d'un « symbole de la France » à son préjudice.

Cependant, Henri d'Orléans a été débouté de sa demande par décision du Tribunal de grande instance de Paris du [66][source insuffisante].

Les précautions prises du tribunal de Paris sont les suivantes :

  • le tribunal rappelle que les armoiries en question ne sont plus que des emblèmes privés et non un symbole de la France, comme les qualifiait le conseil d'Henri d'Orléans ;
  • le tribunal se reconnaît compétent sur le litige héraldique ;
  • le tribunal précise qu'il n'a pas compétence, en revanche, pour arbitrer la querelle dynastique : « Attendu qu'il n'appartient pas à une juridiction de la République d'arbitrer la rivalité dynastique qui sous-tend en réalité cette querelle héraldique ». Les armoiries étant des accessoires du nom de famille en droit civil français, un tribunal de la France républicaine est habilité à juger d'une usurpation de cet accessoire mais il ne l'est pas pour trancher la querelle dynastique.

Le tribunal de Paris reconnaît :

  • l'appartenance de ces armes à la maison de Bourbon (pas seulement aux aînés mais à toute la famille[67]) et qu'au sein de cette maison, les princes de la maison d'Orléans forment la branche cadette des Bourbon ;
  • que, selon les anciennes coutumes, l'usage de ces armes était réservé aux aînés, alors que les cadets devaient y ajouter une brisure ;
  • que les Bourbons d'Espagne les ont portées pleines (sans brisure) depuis la fin du XIXe siècle, sans que les Orléans ne protestent ;
  • que le premier comte de Paris en a fait de même et au même moment, à la suite du décès du comte de Chambord ;
  • qu'Henri d'Orléans n'a pu apporter la preuve qu'il ait subi un préjudice.

Louis de Bourbon est donc en droit de porter les armes pleines de France. Les Orléans demeurent cependant libres de porter les armes sans lambel, puisque les armoiries appartiennent à toute la famille[67].

Cette décision sera confirmée par la cour d'appel de Paris le (appel auprès du Tribunal de grande instance de Paris le  ; D.90, I.R. 4 ; JCP 90.II.21460 ; GP )[65].

Le , le tribunal de grande instance de Paris, en sa première chambre, juge irrecevable la demande de Henri d'Orléans, de faire interdire à Louis de Bourbon et son père Alphonse l'usage du titre de duc d'Anjou et le port des pleines armes de France :

« Sur la question du titre, le tribunal a décidé que M. d’Orléans, ne justifiant d’aucune collation au titre de duc d’Anjou à un de ses ancêtres, de sa transmission et de son investiture, était irrecevable à agir en usurpation de titre.
Sur la question des armoiries, le tribunal a rappelé qu’elles sont un accessoire du nom, qu’elles en sont indissociables et que, selon la coutume, les aînés portent les armes pleines[15]. »

Henri d'Orléans fait appel le , suivi le par Sixte-Henri de Bourbon-Parme ; le duc de Castro, également partie, ne les imite pas[15].

Après la mort d'Alphonse de Bourbon le , Henri d'Orléans demande une reprise d'instance (contre son père défunt) et assigne sa mère (et administrateur légal) en intervention forcée, le , afin de faire prononcer contre le fils les interdictions demandées en première instance contre le père ; ses conclusions complémentaires sont signifiées le . Elles sont de nouveau jugées irrecevables[15]. En effet, « le demandeur en usurpation de titre n'est recevable à agir qu'à la condition d'être investi du titre qu'il prétend être usurpé à son détriment. […] D'évidence, le titre de duc d'Anjou ne peut plus être porté aujourd'hui que comme titre de courtoisie. Nul prince ne peut plus se prévaloir d'une investiture originaire par l'autorité souveraine » (Jean Foyer)[68].

Décorations

Ordres dynastiques français

En qualité de chef de la maison de Bourbon et prétendant légitimiste au trône de France, Louis de Bourbon revendique la grande maîtrise des ordres dynastiques traditionnels. Cette position est disputée par le comte de Paris, prétendant orléaniste au trône de France, qui la revendique également.

Ordre du Saint-Esprit 18e grand-maître de l'ordre du Saint-Esprit (1989) (disputé)
Ordre de Saint-Michel 26e grand-maître de l'ordre de Saint-Michel (1989) (disputé)
Ordre de Sainte-Louis 16e grand-maître de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis (1989) (disputé)
Grand-maître de l'ordre du Lys[69] (1989)

Décorations étrangères

Drapeau de l'Ordre souverain de Malte Ordre souverain de Malte

Drapeau du Vatican Vatican

Drapeau des États-Unis États-Unis

Titulature

Faits en bref Indirecte, Directe ...
Louis, duc d’Anjou
Description de l'image Grandes armes de Louis de Bourbon, Duc d'Anjou, comme successeur des Rois de France.svg.
Formules de politesse
Indirecte Son Altesse Royale
Directe Votre Altesse Royale
Alternative Monseigneur
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En Espagne

Louis-Alphonse de Bourbon n'est détenteur d'aucun titre accordé par le royaume d'Espagne depuis sa naissance. Cependant, il existe une controverse dans la titulature qu'il est autorisé à porter.

Selon Louis-Alphonse de Bourbon

  • depuis le  : Son Altesse Royale don Luis Alfonso de Borbón y Martínez-Bordiú (interprétation du décret no 3 226 du ).

Selon la loi espagnole

  • - : Son Altesse Royale don Luis Alfonso de Borbón y Martínez-Bordiú ;
  • depuis le  : Son Excellence don Luis Alfonso de Borbón y Martínez-Bordiú (interprétation du décret no 3 226 du et du décret royal no 1 368 du ).

Le décret no 3 226 du du général Franco donne à Alphonse de Bourbon le titre de duc de Cadix, avec la qualification d'altesse royale, et transmet à « son épouse et [à leurs] descendants directs » ce titre (l'épouse devient duchesse de Cadix) et cette qualification[72]. La controverse réside dans la question de la transmission aux enfants et si cette transmission intervient du vivant d'Alphonse de Bourbon ou après sa mort, que ce soit pour le titre de duc de Cadix comme pour la qualification d'altesse royale.

Le décret royal no 1 368 du de Juan Carlos Ier restreint à caractère viager[73] les titres de la maison royale et les qualifications d'altesse royale portés par « les membres de la famille du roi don Juan Carlos Ier de Bourbon ». Louis de Bourbon affirme qu'étant né altesse royale, avant le décret de 1987, il conserve donc cette distinction à caractère viager[74].

En France

Les titres portés par les membres de la maison de Bourbon n'ont pas d'existence juridique en France et sont considérés comme des titres de courtoisie. Ils sont attribués par le chef de maison. Aîné des descendants de Louis XIV, Louis de Bourbon a porté ou porte les titres suivants :

En raison de sa position de chef de la maison de Bourbon et d'aîné des Capétiens, Louis de Bourbon est considéré comme de facto le chef de la maison royale de France par les royalistes français légitimistes. Selon ces derniers, cette position fait de lui l'actuel roi titulaire de France.

Ascendance

Par son père Alphonse de Bourbon, Louis de Bourbon est l'aîné des descendants directs en lignée agnatique de saint Louis, Henri IV et Louis XIV. Il est l'arrière-petit-fils en ligne masculine du roi d'Espagne Alphonse XIII[75] (qui fut le chef de la maison de Bourbon de 1936 à 1941) et ainsi le cousin issu de germain du roi d'Espagne Felipe VI. Étant le descendant direct de Louis XIV, il descend donc de son père, Louis XIII, et de son grand-père Henri IV, lui-même descendant direct de saint Louis et de ses prédécesseurs (Louis VIII, Philippe II Auguste, Louis VII, Louis VI, Philippe Ier, Henri Ier, Robert II, Hugues Capet et Robert Ier). Par la mère de ce même aïeul Henri IV, Jeanne d'Albret, il descend du roi de France Louis X et de ses prédécesseurs Philippe IV le Bel et Philippe III le Hardi, ainsi que des rois de France de la maison de Valois Charles VII, Charles VI, Charles V, Jean II et Philippe VI.

Il est aussi un descendant des derniers empereurs du Saint-Empire romain germanique, François Ier, Léopold II et François II. Il descend des rois d'Espagne bourboniens Philippe V, Charles III, Charles IV, Ferdinand VII, Isabelle II et Alphonse XII, eux-mêmes descendants directs de Louis XIV, et par la mère de ce dernier, Anne d'Autriche, il descend des rois d'Espagne habsbourgeois Charles Quint, Philippe II et Philippe III. Enfin, il est également un descendant des rois de France Philippe V, Louis XII, François Ier, Henri II et Louis XV ainsi que du frère de Louis XIV, Philippe d'Orléans, mais aussi de Laurent le Magnifique et de Guillaume le Taciturne.

Par son arrière-grand-mère Victoire-Eugénie de Battenberg, épouse d'Alphonse XIII et reine d'Espagne, il descend de nombreux rois et reines du Royaume-Uni : Victoria, George III, George II, George Ier, ce dernier étant un descendant indirect de Jacques Ier, lui-même lointain descendant de nombreux rois d'Angleterre, comme Henri VII, Édouard IV, Édouard III, Henri III, Henri II et même Guillaume Ier le Conquérant. Il descend également du roi du Danemark Christian III.

Le généalogiste William Addams Reitwiesner a découvert que Catherine Middleton, par son arrière-grand-mère paternelle Olive Lupton, partageait un ancêtre commun avec Louis de Bourbon en la personne de Henry Percy, 4e comte de Northumberland, ce qui fait d'eux des cousins au 15e degré[76],[77]. Louis est, par ailleurs, le cousin au 5e degré de l'époux de Catherine, William[76]. Selon ce même généalogiste, Louis de Bourbon figurerait le à la 695e place dans l’ordre de succession britannique[78].

Par sa mère Carmen Martínez-Bordiú y Franco, il est l'arrière-petit-fils du général Francisco Franco, qui dirigea l’État espagnol de 1939 à 1975 avec le titre de caudillo.

Notes et références

Annexes

Bibliographie

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