Mackenheim

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Mackenheim
Mackenheim
L'église Saint-Étienne et la mairie.
Blason de Mackenheim
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Collectivité territoriale Collectivité européenne d'Alsace
Circonscription départementale Bas-Rhin
Arrondissement Sélestat-Erstein
Intercommunalité Communauté de communes du Ried de Marckolsheim
Maire
Mandat
Jean-Claude Spielmann
2020-2026
Code postal 67390
Code commune 67277
Démographie
Gentilé Mackenheimois, Mackenheimoises[1]
Population
municipale
768 hab. (2023 en évolution de +0,39 % par rapport à 2017)
Densité 65 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 11′ 07″ nord, 7° 34′ 00″ est
Altitude Min. 169 m
Max. 178 m
Superficie 11,79 km2
Type Bourg rural
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Marckolsheim
(commune du pôle principal)
Élections
Départementales Canton de Sélestat
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Mackenheim
Liens
Site web www.mackenheim.frVoir et modifier les données sur Wikidata

Mackenheim est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Localisation

Situé à mi-chemin entre Strasbourg et Mulhouse, à km du Rhin, ce village du Ried de l'Alsace centrale compte aujourd'hui près de 750 habitants. Le village fait partie du canton de Marckolsheim et de l'arrondissement de Sélestat-Erstein.

Deux paysages caractérisent son territoire : les espaces agricoles où domine la culture du maïs et la forêt du Rhin reconnue comme un espace naturel remarquable. Plusieurs grands édifices construits pour l’essentiel au XIXe siècle (l’église, l’ancienne synagogue, la mairie-école, le presbytère, la maison forestière…) donnent au village un cachet particulier. Aujourd’hui, la préservation du patrimoine bâti ancien se conjugue avec la création de nouvelles zones d’habitation.

Hydrographie

Réseau hydrographique

La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le canal du Rhone au Rhin, le Grand canal d'Alsace, le Rhin, le ruisseau le Muhlbach de Schoenau, le ruisseau l'Ischert et le ruisseau le Saulach[2],[Carte 1].

Le canal du Rhône au Rhin, d'une longueur de 133 km, relie la Saône, affluent navigable du Rhône, au Rhin, par la vallée du Doubs et son prolongement en Haute Alsace jusqu'à Niffer sur le Rhin, un autre prolongement rejoignant Strasbourg par la canalisation de l'Ill[3].

Le Grand canal d'Alsace, d'une longueur de 93 km, prend sa source dans la commune de Schœnau et se jette dans 0 à Erstein, après avoir traversé 31 communes[4].

Le Rhin, long de 1 233 km est le plus long fleuve se déversant dans la mer du Nord et de l'une des voies navigables les plus fréquentées du monde. Il traverse la Suisse, l'Autriche, l'Allemagne et les Pays-Bas et marque la frontière entre l'Allemagne et la France[5].

Le Muhlbach de Schoenau, d'une longueur de 31 km, prend sa source dans la commune de Biesheim et se jette dans la canal d'alimentation du Bassin de Plobsheim à Sundhouse, après avoir traversé dix communes[6].

L'Ischert, d'une longueur de 26 km, prend sa source dans la commune de Artzenheim et se jette dans la canal d'alimentation du Bassin de Plobsheim à Diebolsheim, après avoir traversé onze communes[7].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Mackenheim[Note 1].

Gestion et qualité des eaux

Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Ill Nappe Rhin ». Ce document de planification concerne la nappe phréatique rhénane, les cours d'eau de la plaine d'Alsace et du piémont oriental du Sundgau, les canaux situés entre l'Ill et le Rhin et les zones humides de la plaine d'Alsace. Le périmètre s’étend sur 3 596 km2. Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la région Grand Est[8].

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site dédié géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité[Carte 2].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[9]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[10]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental[11] et est dans la région climatique Alsace, caractérisée par une pluviométrie faible, particulièrement en automne et en hiver, un été chaud et bien ensoleillé, une humidité de l’air basse au printemps et en été, des vents faibles et des brouillards fréquents en automne (25 à 30 jours)[12]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[13],[14].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 590 mm, avec 7,8 jours de précipitations en janvier et 9,4 jours en juillet[9]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sélestat à 12 km à vol d'oiseau[15], est de 11,4 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 621,1 mm[16],[17]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,3 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −17 °C, atteinte le [Note 2].

Urbanisme

Typologie

Au , Mackenheim est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[18]. Elle est située hors unité urbaine[19]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Marckolsheim, dont elle est une commune du pôle principal[Note 3],[19]. Cette aire, qui regroupe 4 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[20],[21].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (50,8 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (51,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (45,5 %), forêts (40,7 %), zones agricoles hétérogènes (5,3 %), eaux continentales[Note 4] (4,7 %), zones urbanisées (3,8 %)[22]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Histoire

Apparition du village

Dès 896, un village nommé « Mathunheim » est localisé dans les alentours de Mackenheim[Note 5]. Autour de l'an mil, Mackenheim apparaît dans des textes de l'abbaye de Hugshoffen[Note 6] qui possédait des biens dans des villages appelés alors « Maclenen » (1064) ou « Mochenheim » (1224). De récentes fouilles ont révélé les traces du village primitif, proche du cimetière, avec la découverte d'un puits, de fonds de cabanes (celle d'un tisserand) et de diverses céramiques. En l'an 1000, le nom du village apparaît pour la première fois dans un document de l'abbaye de Honcourt qui y possède des terres confirmé vers 1167 dans un acte signé de la main de l'empereur Frédéric Barberousse. Outre, Honcourt et Pairis, l'abbaye d'Ebersmunster est également possessionnée dans la localité. L'acte est confirmée en 1163 par l'empereur Frédéric Barberousse (1122-1190).

Le Moyen Âge

Au XIIe siècle, la première église de Mackenheim est construite à l'emplacement où se trouve aujourd'hui le cimetière et la chapelle dont il ne subsiste plus que le chœur et la base du clocher. Rodolphe de Habsbourg, qui résidait au château de Limberg, cède une partie de la forêt de Mackenheim à l'abbaye de Pairis comme le révèle un document de 1235 qui porte son sceau et sa signature. En 1375, le village est détruit par le feu à la suite d'un conflit opposant le duc Léopold III d'Autriche et Enguerrand VII de Coucy.

La guerre de Trente Ans

Vers 1622, les troupes du colonel Hans Michael Elias von Obentraut engagent une bataille à Mackenheim contre les soldats à la solde du duc Léopold d'Autriche qui mettent le village à feu et à sang. L'église qui avait été fortement endommagée durant ces conflits est restaurée vers 1624. Le presbytère qui était resté intact lors du conflit opposant les troupes du colonel et le duc Léopold d'Autriche est démonté et transféré en 1664 à Marckolsheim. La même année l'évêque de Strasbourg, Gabriel Haung, consacre deux nouvelles cloches à l'église paroissiale. Durant le Moyen Âge et jusqu'en 1693, le village est partagé en deux : Obermackenheim, la partie sud du village appartenant à l'abbaye Saint-Étienne de Strasbourg et la partie Nord, Untermackenheim à l'évêché de Strasbourg, qui seront unifiés en 1693. La même année l'Oberdord ou la partie sud du village allant de la rue principale est acheté par les sieurs de Flachsladen pour une somme de 3000 florins.

La Révolution

La commune met en place en 1790 une garde nationale constituée de 40 volontaires pour défendre les acquis de la Révolution. Durant cette période, l'église est dévastée, ses biens vendus aux enchères, les cloches précipitées du haut de la tour en 1793 sont acheminées vers Strasbourg pour être fondues et servir à la fabrication de canons.Vers 1799, l'église qui avait subi des dégâts au cours de la Révolution est restaurée. Un nouvel orgue est acheté à la commanderie Saint-Jean de Sélestat pour la somme de 90 francs.

Les inondations

Le , le village est dévasté par de fortes crues du Rhin. Deux victimes sont à déplorer, et 32 maisons sont emportées par les inondations et 77 gravement endommagées. D'autres inondations dues aux crues du Rhin, ont également marquées l'histoire du village. Celle du à la suite d'une rupture de digue du Rhin a détruit 19 maisons. À la suite de cette catastrophe, un nouveau quartier a vu le jour avec la construction de 14 maisons financées par des souscriptions, des dons et un crédit extraordinaire du Prince Président Louis-Napoléon Bonaparte. Ce quartier s'appelle aujourd'hui "Quartier Napoléon". En 1833 le canal du Rhône au Rhin est mis en service.

Les grands travaux

La fin du XIXe siècle est marquée par deux importants chantiers : celui de la construction d'une nouvelle église au centre du village, de style néo-gothique, achevée en 1866 et celui de la synagogue en 1867. En 1846 la nouvelle école des filles est construite, avec à l'étage, la salle du conseil municipal. Ils témoignent de la présence d'une population composée d'une importante communauté catholique (900 âmes) et d'une communauté israélite (160 personnes en 1891) présente dans la commune jusqu'au XXe siècle. D'importants travaux de restauration ont été menés dans les années 1980/1990, tant sur l'église appelée communément « La cathédrale du Ried » que sur la synagogue, cédée par la communauté Israélite à la commune qui l'a réaménagée en Maison des Jeunes et de la culture.

Les deux guerres mondiales

Les deux guerres mondiales n'ont pas épargné le village - la première a été marquée par l'incorporation de force dans l'armée allemande de jeunes du village, la seconde par l'évacuation des habitants à Saint-Cyprien en Périgord, ville jumelée depuis 1993 avec Mackenheim.

Politique et administration

Découpage territorial

La commune de Mackenheim est membre de la communauté de communes du Ried de Marckolsheim [23], un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Marckolsheim. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[24].

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Sélestat-Erstein, à la circonscription administrative de l'État du Bas-Rhin, en tant que circonscription administrative de l'État, et à la région Grand Est[23].

Sur le plan électoral, elle dépendait jusqu'en 2020 du canton de Sélestat pour l'élection des conseillers départementaux au sein du conseil départemental du Bas-Rhin. Depuis le , elle dépend du même canton pour l'élection des conseillers d'Alsace au sein de la collectivité européenne d'Alsace[25].

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours
(au 31 mai 2020)
Jean-Claude Spielmann[26],[27]
Réélu pour le mandat 2020-2026
Sans étiquette  
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages

Le jumelage de Mackenheim avec Saint-Cyprien dans le Périgord Noir date de 1993 mais les premiers contacts entre les deux communes ont eu lieu en 1989. Ce jumelage est lié à un épisode particulièrement douloureux de l’histoire de notre commune : l'évacuation de la population en vers le Périgord. Durant un an, tous les habitants de Mackenheim résidèrent à Saint-Cyprien.

Par le jumelage, Mackenheim et Saint-Cyprien ont voulu consolider et développer les liens historiques qui se sont noués en 39. Il permet de préserver, au travers d’échanges réguliers, des liens de solidarité et d’amitié. Pour ce faire, les comités de jumelage de Mackenheim et de Saint-Cyprien organisent des rencontres tous les deux ans. En , ce sont les Mackenheimois qui ont rendu visite à leurs amis cypriotes ; ceux-ci sont attendus à Mackenheim en 2009. Leur séjour en Alsace sera l’occasion de célébrer le 70e anniversaire de l’évacuation des habitants de Mackenheim vers la Dordogne.

Équipements et services publics

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[28]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[29].

En 2023, la commune comptait 768 habitants[Note 7], en évolution de +0,39 % par rapport à 2017 (Bas-Rhin : +3,4 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
5664656929229299639321 0101 026
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
958938965925852863816802787
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
778783787781725669620602528
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
592580628598682654680674727
2015 2020 2023 - - - - - -
765757768------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[30] puis Insee à partir de 2006[31].)
Histogramme de l'évolution démographique

Sport

Football

L'équipe de l'AS Mackenheim est en troisième division de football amateur (District). Lors de la saison 2017-2018, les violences déployées lors des matchs sur son terrain incitent les autres clubs à engager des arbitres supplémentaires pour protéger leurs joueurs. Une décision de boycotter les déplacements sur le terrain de l'équipe de Mackenheim a également été évoquée par plusieurs clubs du district, qui estiment préférer donner des points au club sans jouer plutôt que de mettre leurs joueurs en danger[32].

Le , lors du match AS Mackenheim - AS Benfeld, trois joueurs de Benfeld d'origine africaine sont la cible des supporteurs, qui envahissent le terrain pour les agresser, notamment à l'arme blanche, aidés par certains joueurs dont le capitaine de Mackenheim, déjà suspendu pour violences précédemment. L'un des joueurs de Benfeld, pris de convulsions après les coups, reçoit au même moment un carton rouge ; il doit être évacué en urgence, victime entre autres d'un traumatisme crânien et d'une fracture de la tempe. En , la commission de discipline du District sanctionne deux joueurs de Benfeld et deux joueurs de Mackenheim pour « brutalité à l'égard d'un joueur ». Le club recevant est condamné à 60 euros d'amende pour l'envahissement de la pelouse et l'agression armée du supporteur, et le district écarte tout caractère raciste dans les faits reprochés. Après appel du club de Benfeld, les sanctions sont confirmées, Mackenheim étant de plus suspendu pour quatre matchs et l'amende augmentée à 100 euros, pour manquement à la sécurité. Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, Frédéric Potier, a tout de même écrit au président du club de Mackenheim pour lui demander de préciser son point de vue sur les faits et les mesures qu'il comptait prendre[32].

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

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