Macliau
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Macliau ou Mac-Llau, en latin Macliavus, est évêque de Vannes de 550 jusqu'à son accès au trône du Broërec (c'est-à-dire, à l'origine, du Bro Waroch, le « pays de Waroch »). La vie de Macliau, ainsi que des ses fils Jacob et Waroch, est principalement connue grâce au chroniqueur Grégoire de Tours.
| Macliau | |
| Titre | |
|---|---|
| Roi du Bro Waroch | |
| – (17 ans) |
|
| Prédécesseur | Canao Ier |
| Successeur | Waroch II |
| Évêque de Vannes | |
| vers 550 – | |
| Prédécesseur | Saint Saturnin |
| Successeur | Eunius |
| Biographie | |
| Titre complet | Roi du Bro Waroch |
| Père | Waroch Ier (?) |
| Enfants | Waroch II Jacob |
| Héritier | Waroch II |
| Roi du Bro Waroch | |
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Macliau échappe à la mort que lui promet son frère Canao grâce à l'intercession de saint Félix, évêque de Nantes, et en devenant prêtre, puis évêque de Vannes. À la mort de Canao, il quitte cependant les ordres et partage le royaume avec Budic de Cornouaille. Mais à la mort de celui-ci, il évince son fils héritier qui entre en guerre et tue Macliau lors d'une bataille.
Selon les recherches de l'historien Goulven Péron (université Rennes-II)[1], Grégoire de Tours semble influencé, en ce qui concerne Macliau et Jacob, par des sources galloises portant sur d'autres personnalités. Par exemple, Jacob peut faire penser au Gallois Iago de Gwynedd et Macliau à Maelgwn Gwynedd (en latin : Maclocunus).
Un autre problème historiographique est celui de l'historicité de Waroch Ier, personnalité construite au XIXe siècle par Arthur de La Borderie, supposé être le père de Macliau, mais qu'aucun document d'époque ne mentionne clairement, alors que Waroch, fils de Macliau, roi du Broërec à la fin du VIe siècle, est assez solidement attesté.
Biographie (d'après Grégoire de Tours)
Origines familiales, mariage et descendance
Macliau est le frère de Canao Ier, comte des Bretons, dans une fratrie de cinq.
L'épouse de Macliau lui donnera deux fils : Jacob et Waroch.
Conflit avec son frère Canao
Canao tue trois de ses frères afin d'assurer sa toute-puissance sur le trône et emprisonne Macliau avant de le tuer[2].
L'évêque de Nantes, Félix, réussit à le libérer à condition qu'il lui[pas clair] jure fidélité. Apprenant que son frère veut rompre son serment, Canao le poursuit de nouveau. Macliau se réfugie auprès de Conomor, un autre chef breton de la région.
« Conomor, pressentant l’approche de ses poursuivants, le cacha sous terre dans un caveau et, selon l’usage, fit par-dessus arranger un tumulus, lui réservant un petit soupirail par lequel Macliau pût respirer. Les poursuivants survenant, ils leur dirent : "Voici : ici gît Macliau mort et enterré". Ceux-ci entendant cette nouvelle se réjouissent et boivent sur le tumulus lui-même. Ils annoncèrent alors au frère [Canao] que Macliau était mort ; entendant cela, Caanao s’empara de tout le royaume... Macliau, surgissant de dessous terre, gagna la ville de Vannes et là, tonsuré, il fut ordonné évêque. »
— Grégoire de Tours Histoire des Francs[3]
Devenant évêque, Macliau se sépare de son épouse.
Évêque de Vannes
Roi du Broërec (560)
En 560, Canao s'allie avec le prince franc Chramn, fils du roi Clotaire Ier, avec qui il est en conflit. Canao meurt au cours d'une bataille où s'affrontent les armées de Chramn et de Clotaire. Macliau en profite pour quitter ses fonctions sacerdotales :
« Canao étant mort, il [Macliau] apostasia et, ayant laissé pousser ses cheveux, il reprit sa femme qu’il avait abandonnée une fois clerc et avec elle le royaume de son frère. Mais les évêques l’excommunièrent. »
— Grégoire de Tours Histoire des Francs[4]
Le comte Budic de Cornouaille et Macliau se partagent néanmoins le royaume de Canao. La partie correspondant à l'actuelle Cornouaille (région de Quimper) revient à Budic et le pays de Vannes à Macliau. L'accord de partage prévoit que « celui d’entre eux qui survivrait défendrait les fils de l’autre comme s’ils étaient les siens ». Au moment de ce partage, Budic a un fils, Theuderic, et l'épouse de Macliau est sur le point d'avoir un enfant qui sera un fils, Jacob[5].
Guerre contre Theuderic et mort de Macliau
Budic est le premier à mourir. Malgré son serment, Macliau s'empare de son royaume et chasse Theuderic.
En 577, après avoir réuni une armée, Theuderic entre en guerre contre Macliau. Macliau et son fils Jacob meurent au cours d'un combat de la main même de Theuderic.
Le fils de Budic reprend la Cornouaille, mais laisse le contrôle du pays de Vannes au deuxième fils de Macliau, Waroch[6].
Arbre généalogique des descendants de Waroch Ier (selon La Borderie)
| Waroc'h (I) | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Conomor Comte de Poher | Sainte Tréphine | Macliau Évêque de Vannes Roi du Bro Waroch | Canao Ier Roi du Bro Waroch | Garçon | Garçon | Garçon | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Saint Trémeur | Waroch II Roi du Bro Waroch | Jacob | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Canao II Roi du Bro Waroch (?) | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Problème de l'historicité de Macliau selon Goulven Péron
Goulven Péron considère que les récits concernant Macliau sont plus légendaires qu'historiques et que le personnage de « Macliau de Vannes » a été construit par Grégoire de Tours, ou par une de ses sources, à partir de la figure de Maclocunus, roi de Gwynedd, un comté du pays de Galles (en gallois : Maelgwn Gwynedd) évoqué par saint Gildas[réf. nécessaire].
Quant aux guerres menées par son fils Jacob et le fils de Budic, Theuderic, elles pourraient évoquer les conflits entre Iacobus, roi de Gwynedd (Iago de Gwynedd) et Theodoric de Bernicie[7].