Mamy Ravatomanga

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Naissance
Nom de naissance
Ravatomanga Maminiaina
Nationalité
Malgache
Ivoirien (depuis 2023)[1]
Mamy Ravatomanga
Mamy Ravatomanga en 2024.
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Ravatomanga Maminiaina
Nationalité
Malgache
Ivoirien (depuis 2023)[1]
Activité
Appartenance ethno-culturelle
Autres informations
Parti politique
Distinction
Grand-croix 2e classe de l'Ordre national Malagasy

Maminiaina Ravatomanga, aussi appelé Mamy Ravatomanga (né le à Morondava), est un homme d'affaires malgache.

Il est propriétaire du conglomérat Sodiat et proche conseiller du président Andry Rajoelina. Il est cité par Forbes, en 2017, comme le deuxième homme le plus riche de Madagascar[2].

Pris pour cible lors du mouvement social de 2025 pour sa mainmise sur l'économie malgache et sa proximité avec la régime en place, il fuit le le pays pour Maurice lorsque des unités militaires rejoignirent les manifestants, juste avant la fuite de Rajoelina. Il est arrêté le .

Jeunesse

Ravatomanga naît en 1968 à Morondava, à Madagascar[3].

Parcours professionnel

Il fonde, en 1990, la société Sodiat, une société spécialisée dans le transport. Elle est aujourd'hui un conglomérat avec des activités dans la maintenance pétrolière, le BTP, la presse, l'hôtellerie, le tourisme, la santé ou encore l'import-export[3] et compte parmi les entreprises les plus importantes de Madagascar.

En 2017, Forbes classe le multimilliardaire Maminiaina Ravatomanga deuxième homme le plus riche de Madagascar, derrière Ylias Akbaraly[2].

Le , il est nommé consul honoraire de la Côte d’Ivoire à Antananarivo puis, 10 jours plus tard, en obtient la nationalité ivoirienne[4],[1].

Manifestations de 2025

À partir du , un vaste mouvement de contestation éclate à Madagascar, initialement en réaction aux coupures d’eau et d’électricité récurrentes. Sévèrement réprimé par les forces de l’ordre, le mouvement prend rapidement de l’ampleur et voit ses revendications évoluer vers une exigence de démission du président Andry Rajoelina.

Mamy Ravatomanga est, lui aussi, vivement mis en cause en raison de sa mainmise sur l’économie et la vie politique malgaches, de sa proximité avec le président Rajoelina, ainsi que de son implication présumée dans la répression de la population par l’intermédiaire d’une société de sécurité privée appartenant à son conglomérat[5],[6]. Cette société est présentée par certains comme une milice employant des mercenaires serbes, et des voix réclament l’ouverture d’une enquête à son encontre[6],[7],[8]. Par ailleurs, plusieurs observateurs relèvent que les entreprises de Mamy Ravatomanga n’auraient pas été ciblées lors des vagues de pillages qui suivirent les manifestations[6].

Dans une allocution télévisée, le , il rejette l’ensemble de ces accusations, affirmant que toutes les procédures judiciaires le visant ont été abandonnées[6],[8].

Fuite à Maurice et arrestation

Le week-end du 11 et , les troupes du CAPSAT, une unité militaire de la capitale, annonce publiquement refuser de tirer sur les manifestants et décide de rejoindre ces derniers. Après des escarmouches avec des forces loyalistes, l'unité affirme prendre le contrôle de l'ensemble des forces armées et nomme le général Demosthène Pikulas comme nouveau chef d'état-major. Le président Rajoelina quitte le pays à bord d'un avion de l'armée de l'air française. Le surlendemain, il est destitué par l'Assemblée nationale, qu'il a, auparavant, essayé de dissoudre.

Dans la nuit du 12 au , il quitte le pays à bord d'un Cessna Citation, appartenant à sa société, vers Maurice, accompagné de l'ex-premier ministre Christian Ntsay, leurs épouses respectives, ainsi que les enfants de Mamy Ravatomanga[9]. L'avion, sans créneau d'atterrissage, ni plan de vol, se serait vu refuser l’accès à La Réunion avant d’obtenir, vers 1 h du matin, l’autorisation d’atterrir en urgence à l’aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam après environ trente minutes d’attente en vol par crainte de manque de carburant[10].

Les passagers sont, par la suite, placés sous surveillance par les autorités mauriciennes[11]. Selon les médias mauricien, il est visé dans une enquête de la Financial Crimes Commission mauricien pour corruption envers les autorités aéroportuaires mais aussi sur la nature de fonds transférés à Maurice depuis Madagascar. La Mauritius Revenue Authority ouvre également une enquête à son encontre[12],[13],[14]. Le , à la suite du gel de ses avoirs à Maurice, les autorités malgaches émettent une demande d'extradition à son encontre[15],[16].

Le , alors dans un clinique privé pour des problèmes cardiaques[17], il est placé en état d'arrestation pour détournement de fonds et blanchiment d’argent par la justice mauricienne[18]. Le magistrat Bissoon a rejeté la demande de libération sous caution de Mamy Ravatomanga [19]. Il a été placé en détention provisoire à la prison de Melrose.

Affaires et scandales

Il est cité, par la presse, dans plusieurs affaires de fraude fiscale et de plusieurs délits financiers à Madagascar et en France. Son nom figure dans le scandale des Panama Papers, il est notamment actionnaire majoritaire dans une société enregistrée aux îles Vierges britanniques[20],[21].

À Madagascar, il est accusé de détournement de fonds publics au détriment de la compagnie nationale d'eau et d'électricité Jirama, alors qu'il siégeait au sein de son conseil d'administration. Il est aussi accusé de trafic illégal de bois de rose vers l'Asie via des dérogations d'États et des sociétés extraterritoriales[20]. En 2015, il fait l'objet d'une interdiction de sortie du territoire et le , son domicile est perquisitionné[21].

Affaire Balkany et des logements de Levallois

Il est aussi impliqué dans les scandales judiciaires de Patrick Balkany, ancien député-maire de Levallois-Perret. En , le Parquet national financier (PNF) ouvre une enquête contre lui et sa femme, Ramy Rakotoniary, pour « blanchiment en bande organisée » et « fraudes fiscales » dans l'acquisition de plusieurs biens immobiliers dans la banlieue parisienne, à Levallois-Perret, via des montages financiers opaques impliquant des sociétés offshore dont certaines sont basées sur l'île Maurice[22],[23]. De à , quatre de ses biens immobiliers en banlieue parisienne sont mis sous saisie dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte par le parquet national financier (PNF)[24].

En , l’enquête préliminaire du PNF ouverte à l'encontre de Mamy Ravatomanga est annulée. Cette procédure portait sur des faits de blanchiment en bande organisée, de corruption d’agent public, de fraude fiscale et de trafic de bois de rose. Le PNF justifie cette décision, en raison d’une « infraction insuffisamment caractérisée »[25].

Affaire Carlos Ghosn

Mamy Ravatomanga est aussi impliqué dans l'évasion de Carlos Ghosn du Japon en 2020. En effet, un des avions de la compagnie aérienne malgache TOA une de ses filiales a été utilisée par l’ex-PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi pour fuir le Japon[26].

Mainmise sur les marchés de la vanille et du litchi

Madagascar est le premier producteur mondial de vanille Bourbon et un important exportateur de litchis vers l'Europe en décembre[27],[28]. De par l'implication de son conglomérat dans les marchés de la vanille et du litchi, il est accusé de monopole et d'appauvrir les petits producteurs[29].

En , l'ONG Transparency International Madagascar publie une enquête sur la mainmise de l'export des litchis malgaches vers la France et l'Europe par des proches du pouvoir en place[30]. L'ONG saisit le parquet national financier français et appelle à une enquête pour corruption et blanchiment sur les organisations et les personnes impliquées dans l'export de litchis malgaches en France, dont Mamy Ravatomanga, membre du conseil d'administration du Groupement des exportateurs de litchis (GEL)[31],[32],[30] et un des principaux exportateurs de litchis malgaches vers la France.

L'arrestation de Mamy Ravatomanga, le à l'île Maurice, a permis aux membres du GEL de décider à l'unanimité de l'éviction de la Sodiat de l'organisation professionnelle, malgré les pressions et menaces exercées encore par l'homme d'affaires la veille de son arrestation. Les quotas alloués jusqu'ici à la Sodiat ont été répartis équitablement entre les 27 membres restants du groupement : 100 tonnes pour les petits producteurs et 25 tonnes pour les producteurs plus importants. D'autre part, il fut décidé de reprendre l'activité de fret aérien de litchis « primeurs » qui fut bloquée sous la pression de Mamy Ravatomanga[33].

Révélations de Patrick Rakotomamonjy

En , le colonel Patrick Rakotomamonjy, directeur de l’Hôpital militaire de Soavinandriana, diffuse une vidéo affirmant qu’il serait au cœur d’un « scandale d’État », évoquant l’existence d’un réseau de corruption assimilé à une « mafia d’État » ayant des ramifications politiques et économiques[34],[35]. Dans cette vidéo, il l'accuse, entre autres de corruption, d'abus d'influence mais aussi d'intimidation, de menaces de mort. Il dénonce également un racket institutionnalisé à la polyclinique d’Ilafy, établissement de santé privé et propriété de Mamy Ravatomanga. Il accuse également Mamy Ravatomanga d'être le chef d'état de facto du pays[35].

À la suite de ces révélations, la branche malgache de Transparency International réagit en qualifiant les accusations de « graves » et « impossibles à ignorer ». L’organisation demande l’ouverture d’une enquête indépendante[36].

Affaires des Boeings livrées à l'Iran

En , cinq Boeing 777-200 sont localisés en Iran, pourtant sous sanctions américaines, sous les couleurs de la compagnie iranienne Mahan Air. Il sera plus tard révélé que ces avions, provenant de divers pays du sud-est asiatique, ont d'abord été immatriculé provisoirement à Madagascar pour contourner ces sanctions[37],[38].

Le , il est cité dans un document officiel obtenu par l'AFP, aux côtés, entre autres, de Valery Ramonjavelo, le directeur général de l'Aviation civile de Madagascar, comme étant impliqués dans cette affaire[39],[40].

Vie privée

Il est marié à Haingo Ramy Rakotoniary depuis 1990. Ils ont 3 enfants.

Mamy Ravatoanga est, depuis 2024, président de la fédération malgache de golf[41],[42].

Distinction honorifique

Notes et références

Voir aussi

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