Manigod
From Wikipedia, the free encyclopedia
Situation
Manigod se situe dans la partie sud-est du massif des Aravis, dans la vallée éponyme. Le village est bâti sur la rive droite du cours supérieur du Fier qui prend source au mont Charvin. La commune est structurée de trois hameaux : Manigod village, le col de Merdassier et le col de la Croix Fry.
Sa surface est de 4 400 hectares dont 1 260 hectares de forêts, 1 823 hectares de prés et 1 141 hectares de landes et de rochers[réf. nécessaire].
Accès, soit par Thônes (à 6 km au sud-est), chef-lieu du canton, soit par le col du Marais depuis Faverges, ou soit par le col de la Croix Fry (1 467 m) depuis La Clusaz ou depuis La Giettaz.
Depuis le territoire de la commune, on peut voir plusieurs sommets de plus de 2 000 m : la pointe de Merdassier (2 313 m), l'Étale (2 484 m), les Trois Aiguilles (2 277 m), la Tête de l'Aulp (2 129 m), le mont Charvin (2 407 m) et La Tournette (2 351 m).
Communes limitrophes
| Thônes | La Clusaz | La Giettaz (Savoie) |
||
| Les Clefs | N | Saint-Nicolas-la-Chapelle (Savoie) | ||
| O Manigod E | ||||
| S | ||||
| Serraval | Le Bouchet-Mont-Charvin | Ugine (Savoie) |
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[1]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[2]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne[3] et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 1 200 à 1 500 mm, irrégulièrement répartie en été[4]. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[5],[6].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 7,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17,2 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 390 mm, avec 10,2 jours de précipitations en janvier et 9,9 jours en juillet[1]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Thônes à 4 km à vol d'oiseau[7], est de 10,3 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 773,5 mm[8],[9]. La température maximale relevée sur cette station est de 38,5 °C, atteinte le ; la température minimale est de −23 °C, atteinte le [Note 1].
Urbanisme
Typologie
Au , Manigod est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[I 1]. Elle est située hors unité urbaine[I 2] et hors attraction des villes[I 3],[I 4].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (78,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (79,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (38,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (26,5 %), prairies (15,1 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (12,8 %), zones agricoles hétérogènes (4,5 %), zones urbanisées (2,2 %)[10].
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
- Carte des infrastructures et de l'occupation des sols en 2018 (CLC) de la commune.
- Carte orthophotogrammétrique de la commune.
Géologie
La commune s'étend sur les pentes occidentales de la partie sud du massif des Aravis. La chaine est exclusivement constituée de roches sédimentaires. Le village repose sur la nappe ultra helvétique formée par les marnes alternées de grès du flysch nummulitique offrant un paysage aux formes arrondies. Le plateau de Beauregard, l'Étale, le mont Charvin et la montagne de Sulens constituent les frontières naturelles de la commune et sont constitués de calcaire urgonien et de marnes[11].
Formation du territoire : au tout début de la surrection des Préalpes calcaires, il y a quelques millions d'années, une nappe de charriage formée de couches sédimentaires se soulève puis retombe, formant la klippe de Sulens qui domine aujourd'hui le versant ubac de la vallée de Manigod, appelée « l'Envers de Sulens » ou « Montagne de Sulens », culminant à 1 839 m[12].
Toponymie
Les premiers toponymes mentionnant le village apparaissent au XIIIe siècle. On trouve ainsi dans la documentation médiévale les formes suivantes : Manigout (1275), Manigot (1290), ou encore Maningout (1304)[13].
Le nom serait issu de « l'anthroponyme germanique Manigold, issu de *Manigwald, « celui qui règne sur la multitude » »[13].
En francoprovençal ou arpitan savoyard, le nom de la commune s'écrit Manegôd et se prononce « Ma-ngou » (retranscrit selon la graphie semi-phonétique de Conflans)[14].
Histoire
Moyen Âge
Durant le Moyen Âge, la seigneurie de Manigod appartenait à la maison de Reydet.
En 1341[15], le comte de Genève avait concédé aux seigneurs des Clets la juridiction sur la paroisse ainsi que sur celles d'Alex et du Grand-Bornand.
Époque contemporaine
Un comité de la résistance est créé le , dont le but était de rechercher des lieux sûrs pour accueillir les réfractaires du STO.
En , deux camps de maquisards s'installent à la Cola et aux Cernets qui accueillirent jusqu'à 85 maquisards, protégés par le silence et la complicité des habitants. Le capitaine Morans, les lieutenants Tom Morel et Joubert y organisèrent deux sessions de 15 jours de l'école de cadres des maquis de Haute-Savoie lors desquelles furent formés 40 stagiaires, futurs chefs de camp.
Dans la nuit du au , tous les maquisards partirent rejoindre le plateau des Glières, pour former la section Lyautey et défendre ce premier « coin de France libéré » jusqu'au combat du mois de . Les survivants se réinstallèrent à Manigod jusqu'à leur participation à la libération de la Haute-Savoie en .
En 1966, le premier téléski de la commune est installé au col de la Croix Fry. Il s'agissait d'un téléski d'occasion ayant servi deux hivers sur le plateau de Beauregard.
En 1968, le premier groupe de l'École de ski français commence son activité.
En , 47 rues et routes sont baptisées ; jusqu'alors les adresses étaient celles des hameaux.
Politique et administration

Situation administrative
Attaché à l'ancien canton de Thônes, la commune appartient depuis le redécoupage cantonal de 2014, au canton de Faverges. Il comporte 27 communes dont Alex, Bluffy, La Balme-de-Thuy, Chevaline, Le Bouchet-Mont-Charvin, Les Clefs, Cons-Sainte-Colombe, La Clusaz, Doussard, Entremont, Giez, Dingy-Saint-Clair, Lathuile, Le Grand-Bornand, Marlens, Menthon-Saint-Bernard, Montmin, Saint-Ferréol, Saint-Jean-de-Sixt, Serraval, Seythenex, Talloires, Thônes, Veyrier-du-Lac, Les Villards-sur-Thônes. La ville de Faverges en est le bureau centralisateur[16].
Manigod est membre de la communauté de communes des Vallées de Thônes qui compte treize communes.
La commune relève de l'arrondissement d'Annecy et de la deuxième circonscription de la Haute-Savoie.
Liste des maires
Services publics
- Nouveau groupe scolaire (2004) qui accueille 125 enfants.
- Crèche et halte galerie.
- 35 logements sociaux.
- 23 % de l'usine de traitement des eaux usées de Thônes.
Population et société
Ses habitants sont appelés les Manigodines et Manigodins[17]. Au XIXe siècle, on rencontre un sobriquet en patois, Poures peraizaeux de Man'goud[18].
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[19]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[20].
En 2022, la commune comptait 1 006 habitants[Note 2], en évolution de +0,2 % par rapport à 2016 (Haute-Savoie : +6,66 %, France hors Mayotte : +2,11 %).
Enseignement
Manifestations culturelles, sportives et festivités

- Compétition de paret (luge en bois spécifique de la vallée de Manigod) en cinq épreuves, 24e édition hiver 2016-2017.
- Spectacle de théâtre par la compagnie locale « Les Margotins », traditionnellement en avril.
- Trail ou randonnée de l'Aigle, 3e édition en .
- Fête du col de la Croix-Fry, 7e édition en 2012, sur le thème de l'artisanat d'art et de la gastronomie.
- Fête villageoise de Sous l'Aiguille (depuis 1997).
- Fête des éleveurs, foire aux moutons et aux chèvres, 30e édition en .
- Festival de voyage Colportage, 3ème édition fin .
- Manigod Scott Challenge ou kilomètre vertical sur une distance de 3 430 m, organisée en juillet depuis 2011.
Activités culturelles et associatives
- Troupe de théâtre « Les Margotins »[23].
- Chorale paroissiale « L'écho du Mont Charvin ».
