Maquis (restaurant)
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Un maquis (parfois appelé circuit ou nganda) désigne en Afrique francophone un type de restaurant[1], en particulier en Côte d'Ivoire et au Burkina Faso. En plus d'une fonction de restauration, il assure également une fonction sociale, devenant lieu de rencontre, de débat et d'échange, voire point de rassemblement pour les diasporas[2].
Le mot maquis pourrait avoir été introduit par les colons, corses éventuellement[réf. nécessaire], en Afrique francophone sahélienne, de l'Ouest et centrale.
Les maquis se présentaient à l’origine dans les années 1950 comme une cour familiale pour les ouvriers venus de toute la sous-région, à une époque où la Côte d’Ivoire drainait une main-d’œuvre importante. C’était une initiative de femmes nzima (ou apolloniennes, relayées par les femmes baoulés.
Ces petites gargotes appartenaient au secteur informel avec une gestion familiale ou privée.
Ces petits restaurants fonctionnaient dans l’illégalité la plus totale, car il s’agissait d’écouler de la viande de brousse et de l’alcool local à l’abri du fisc et des contrôleurs de qualité, d’où l’appellation « maquis »[3],[4].
Description
En Afrique, les maquis sont, avant tout, des lieux de restauration très populaires. Ce sont aussi des lieux de rencontre, d’échange et de défoulement. Il s'agit de lieux relativement discrets, non déclarés, ne possédant pas de façade sur rue et n'ayant rien qui permette d'identifier leur fonction. Il s'agissait d'espaces aménagés à l’intérieur des domiciles privés où les « clients » pouvaient se restaurer, boire un verre en regardant la télévision et/ou en écoutant de la musique. Véritables restaurants « africanisés », les maquis proposaient et proposent encore des plats et des boissons à des prix très abordables.
L'aspect discret, voire caché ou connu via le bouche-à-oreille, fait similitude avec le maquis végétal et les maquisards. Les maquis clandos (clandestins) d'Afrique permettaient et permettent encore de consommer les viandes dites « de brousse » — comprendre provenant traditionnellement de la chasse, même élevée en ville : chimpanzés, chauves-souris, agoutis, etc.[5] — parfois interdites de commercialisation ou de consommation, du fait des conventions internationales sur le braconnage, sur la protection des espèces menacées, ou encore pour des raisons sanitaires. De plus, la difficulté de préparer le mets en sus d'un nombre faible d'amateurs peuvent rendre difficiles l'exercice régulier d'une activité de restauration.
La difficulté pour préparer correctement, du point de vue gustatif voire sanitaire, les plats proposés donne de fait un statut informel aux maquis, qu'ils soient illégaux ou non. Certains maquis, clandos de préférence, abritent parfois les amours légitimes ou surtout illégitimes.
Plus tard[Quand ?], par extension, le terme maquis est devenu à la fois le mot qui désigne le maquis clandestin et le maquis officiel ayant lui tous les attributs d'un véritable restaurant et ou lieu de détente, voire lieu de danse également. On trouve également des « maquis-ministres », locution qui désigne quant à elle les établissements destinés à une clientèle plus aisée[6].
Le terme maquis en est venu à désigner ce type de lieu, clandestin ou non. Si l'on vous recommande un maquis, on peut vous préciser s'il est « visible » ou non et s'il ne faut y aller qu'accompagné par quelqu'un de connu et reconnu par les propriétaires du lieu. Le terme de maquis est parfois préféré au terme restaurant dans certains lieux, villes ou pays d'Afrique francophone.
En 2014, les maquis et leurs viandes de brousse ont été montrés du doigt comme potentiels vecteurs du virus Ebola dans le cadre de la crise épidémique qui sévit alors en Afrique de l'Ouest. L'interdiction de viande de brousse à la carte est effective en Côte-d'Ivoire[7].
