Maria Rygier
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Maria Rygier, née le à Cracovie et morte le à Rome, est une journaliste, éditrice, écrivaine et femme politique italienne.
Surnommée la « vestale de la paix universelle » par le journal Il Libertario, Maria Rygier fut, dans les années précédant la Première Guerre mondiale, une des figures les plus en vue de l'anarchisme et de l'antimilitarisme italien. Au déclenchement de la Grande guerre, elle devint une des plus ferventes partisane de l'intervention, aux côtés de Mario Gioda et Edoardo Malusardi, avec lesquels elle anima le journal La Guerra sociale. Glissant vers des positions mazziniennes et républicaines, elle continua brièvement son militantisme après-guerre. Opposée au fascisme et émigrée en France, elle mis en suspend son activité politique. De retour en Italie après la Seconde Guerre mondiale, elle se proclama monarchiste libérale.
Famille
Son père, Théodore Rygier, fut un sculpteur polonais, notamment auteur d'un monument en l'honneur d'Adam Mickiewicz inauguré le . Selon Cekalska-Zborowska[1], Maria Rygier est née d'une relation adultérine entre son père Théodore et une modèle durant un de ses séjours en Galicie, avant d'être reconnue officiellement par ce dernier et par sa femme, Rozycka Sabina.
Jeunesse révolutionnaire : anarchisme et antimilitarisme
Née à Cracovie en , Maria Rygier décide en 1904 de se consacrer à la politique et s’installe à Milan, où, d’abord socialiste réformiste, elle finit par se rapprocher du courant syndicaliste révolutionnaire qui, s’inspirant en partie des théories de Georges Sorel, gravitait alors autour de la Chambre du travail locale et du périodique L’Avanguardia socialista d’Arturo Labriola[2].
Le , Rygier épouse Virginio Corradi ; cette union renforce encore leur activisme politique et les rend en même temps plus « dangereux aux yeux des forces de l’ordre »[2]. Leur maison milanaise devient bientôt « un centre d’activité révolutionnaire », où, aux côtés de socialistes (au premier rang desquels Filippo Corridoni) et d’anarchistes (tels qu’Ettore Molinari, Nella Giacomelli et Aida Latini), se tiennent de nombreuses réunions[2].
La création du journal Rompete le File et la condamnation
Tandis que les relations avec le journal de Labriola se détériorent, Rygier, voyant dans l’antimilitarisme « le levier permettant de pousser davantage les masses vers la révolution », crée, avec Filippo Corridoni, le journal Rompete le File[2]. Périodique partisan d’un antimilitarisme radical d’inspiration hervéiste, destiné à être diffusé parmi les soldats, le journal a une histoire agitée : entré dans la clandestinité à Milan, pour une dizaine de numéros, et imprimé « sur place », avec des moyens rudimentaires, la composition est alors réalisée par le typographe Edmondo Mazzuccato et Edmondo Rossoni[3]. Commençant à paraître en , le journal est très vite supprimé par la justice en raison de son langage virulent[2].
Tandis que Corridoni fut condamné à quatre ans de prison, puis amnistié, Rygier accumulait une longue liste de délits : le , la cour d’assises de Milan la déclara coupable d’incitation à commettre des délits, d’incitation à la haine de classe, d’exposition de l’armée à la haine de classe et au mépris des citoyens pour les articles publiés dans le deuxième numéro de Rompete le file, et la condamna à un an et huit mois de détention ainsi qu’à une amende de mille lires ; le , elle fut de nouveau condamnée à six mois de prison et soixante lires d’amende pour des actes de vandalisme commis lors d’une commémoration de Giuseppe Garibaldi à Milan en juillet précédent ; elle fut enfin arrêtée le à la suite d’une autre condamnation pour outrage et blessures infligées à un officier de sécurité publique lors d’un meeting anticlérical[2].
Après une nouvelle sanction, prononcée le pour incitation des militaires à désobéir aux lois, le cumul juridique des peines lui valut une condamnation à plus de cinq ans de prison. Lors de son procès, elle revendiqua ses actions et utilisa « le banc des accusés pour faire une déclaration de foi et de propagande. » Durant sa détention, un certain nombre de journaux anarchistes, dont La Protesta umana et Il Libertario, mèneront campagne pour demander sa libération[2].
Antimilitarisme lors de la Guerre italo-turque
Une fois libérée, Rygier s'investie activement, au début de l’année 1911, dans la campagne antimilitariste contre la Guerre italo-turque dans la rubrique Palestra femminile de L’Avvenire Anarchico, rubrique alors dirigée par Priscilla Poggi et sa fille Jessa Fontana[2]. Le , l’assassinat du colonel Stoppa, par l’anarchiste antimilitariste Augusto Masetti, conduit une nouvelle fois Rygier en prison, condamnée à trois ans de réclusion pour la publication d’un article faisant l’éloge du geste[2].
Interventionniste
Interventionniste en 1914, elle participe à la rédaction de Il Popolo d'Italia, le quotidien socialiste créé par Benito Mussolini destiné à soutenir la campagne pour l'intervention de l'Italie dans le conflit.
Après une brève parenthèse nationaliste, elle se réfugie en France en 1926 en opposition ouverte avec le régime fasciste.
Elle rentre en Italie après la fin de la guerre et elle écrit un livre polémiste sur les antifascistes exilés (Rivelazioni sul fuoruscitismo italiano in Francia, Rome, 1946). Dans un dernier coup de théâtre, elle s'engage en faveur de la monarchie. Elle meurt à Rome en 1953.
Publications
- Il giubileo di Sienkiewicz, in "Nuova antologia di scienze, lettere ed arti", Serie 4, XCI (1901), pp.688-700.
- Maria Konopnicka: nel suo giubileo, in "Nuova antologia", (1902)
- Lo czar promette le 'riforme', in "Avanguardia socialista", .
- Pro Russia Libera, in "L'Unione", .
- Quattro chiacchiere sulla politica: la bestia nera delle donne, in "La donna socialista", .
- Donne, pensate ai vostri figli!..., in "La donna socialista", 19 aout 1905.
- Il pianto del coccodrillo, in "La donna socialista", .
- L'inferno in terra, in "La donna socialista", .
- La rivoluzione russa, in "La donna socialista", .
- Auto-difesa pronunciata davanti il Tribunale di Mantova il 27 ottobre 1909, Tipografia artistica commerciale, Bologna 1909
- Il sindacalismo alla sbarra: riflessioni d'una ex-sindacalista sul Congresso omonimo di Bologna, Libreria editrice La Scuola moderna, Bologna 1911
- La nostra Patria. Sulla soglia di un'epoca, Libreria politica moderna, Roma 1915.
- Cesare Battisti: Commemorazione tenuta a Recco, 20 agosto 1916, (Lega italiana di azione Anti-tedesca, sezione di Recco), Nicolosio, Recco 1916.
- L'assassinio di Miss Cavell, vittima della barbarie tedesca, Società editrice partenopea, Napoli 1917
- La donna italiana, Unione tipografica cooperativa, Perugia 1917
- Mussolini indicateur de la police française: ou les raisons occultes de sa "conversion", Imp. Coop. Lucifer, Bruxelles 1928
- La franc-maconnerie italienne devant la guerre et devant le fascisme, Gloton, Paris 1930
- Rivelazioni sul fuoruscitismo italiano in Francia, SRR, Roma 1946.
- Il diritto elettorale del cittadino attraverso i secoli e i continenti, Tip. F.lli Lamagna, Roma 1949