Marianne Oswald

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Sarah Alice BlochVoir et modifier les données sur Wikidata
Marianne Oswald
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Tombe au cimetière de Sarreguemines.

Marianne Oswald, nom de scène de Sarah Alice Bloch, est une chanteuse et actrice française née le à Sarreguemines en Lorraine annexée et morte le à Limeil-Brévannes, dans le Val-de-Marne.

Enfance

Fille d'un père lorrain et d'une mère originaire d'Alsace, Sarah Alice Bloch naît dans une famille juive le à Sarreguemines[1],[2], pendant la première annexion allemande[3]. Orpheline à l'âge de seize ans, elle est alors envoyée en pension à Munich[4].

Carrière

Elle prend son nom de scène du personnage d'Oswald qu'elle admire dans Les Revenants d'Henrik Ibsen.

Marianne Oswald entame sa carrière de chanteuse dans les années 1920, dans les cabarets de Berlin, après avoir été opérée d'un goitre thyroïdien — selon ses termes « après s'être fait trancher la gorge[4] ».

En 1931, du fait de la montée du parti nazi et de la menace qu'il fait peser, elle s'exile à Paris, où elle introduit dans la chanson française des techniques propres à l'expressionnisme allemand. Elle séduit par sa diction très particulière, son « parlé-chanté »[5] brechtien, un accent dialectal de l'est mosellan, sa voix tour à tour brute et tendre.

Elle enregistre en , pour la firme Salabert, ses deux premières chansons, En m'en foutant et Pour m'avoir dit je t'aime, avec le pianiste Henri Monfreid. Elle se produit au Bœuf sur le toit où elle chante les chansons de Bertolt Brecht et Kurt Weill : La Complainte de Mackie, La Fiancée du pirate, Le Chant des canons, Sourabaya Johnny[6]. Sa voix plaît à Jean Bérard, président de Columbia EMI France, qui lui fait enregistrer ces deux dernières chansons ainsi que deux autres de Jean Tranchant, La Complainte de Kesoubah et Le Grand Étang. En , elle enregistre encore Le Jeu de massacre, chanson d'Henri-Georges Clouzot sur une musique de Maurice Yvain.

C'est la même année que Jean Cocteau lui écrit Anna la bonne[7], « chanson parlée » qui sera suivie par La Dame de Monte-Carlo en 1936. Anna la bonne donnera également lieu, en 1958, à un court métrage homonyme de Claude Jutra.

En 1934, Marianne Oswald chante à Pleyel la chanson Appel, de Jean Tranchant. Elle est sifflée, mais Jacques Prévert prend sa défense avec quelques amis. De cette rencontre naît une collaboration fertile entre le poète et la chanteuse : dès , elle enregistre Embrasse-moi, sur une musique de Wal-Berg.

En -, elle vient chanter pour les ouvriers en grève qui occupent leurs usines[8].

Le , elle enregistre le poème Chasse à l'enfant écrit par Prévert à la suite d'un fait-divers de 1934[9], et mis en musique par Joseph Kosma.

En , le contrat d'exclusivité de Marianne Oswald chez Columbia prend fin avec une autre chanson de Prévert et Kosma, Les Bruits de la nuit.

En 1938, elle entame une carrière d'actrice dans Le Petit Chose de Maurice Cloche avec Arletty.

De 1940 à 1946, elle s'exile aux États-Unis où elle se produit dans les cabarets et à la radio sous le pseudonyme de Marianne Lorraine[10]. En 1942, elle joue avec l'accordéoniste John Serry Sr. à New York. Les critiques ont salué sa performance comme une « expérience nouvelle et intrigante dans son caractère unique » [11]. Elle chante également des poèmes écrits par des poètes tels que Carl Sandburg, Archibald MacLeish, Jean Cocteau et Jacques Prevert[12],[13].

En 1948, après la mort par suicide de son ami, l'acteur Louis Salou, elle décide de renoncer à chanter sur scène[14].

Elle avait déclaré : « Mon rêve à moi, c’était d’chanter des Lieder[15]. »

De retour à Paris, elle joue de nouveau au cinéma, dans Les Amants de Vérone (1949) et plus tard dans Le Guérisseur (1954), Notre-Dame de Paris (1956), Montparnasse 19 et Sans famille (1958).

Elle se consacre ensuite à la production d'émissions télévisées pour enfants, et intervient à la radio, sur Paris Inter, en présentant la rubrique Terre des enfants dans l'émission Les Beaux Jeudis de Jacques Pauliac.

En 1966, le temps d'une émission, elle chante à la télévision La Dame de Monte-Carlo[16].

Décès

Marianne Oswald meurt le à l'hôpital de Limeil-Brévannes[17],[18], et peu de gens assistent à ses obsèques.

Hommage

En , à l'initiative de sa ville de naissance et de l'Association des amis de Marianne Oswald, ses restes sont exhumés de la fosse commune du cimetière de Limeil-Brévannes et ré-inhumés dans le cimetière de la rue des Bosquets de Sarreguemines[19],[20],[21] et une plaque est apposée à l'endroit où se trouvait, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, l'immeuble où elle est née[19].

Commentaires

  • « Elle chante des chansons réalistes, cependant elle dépasse le réalisme, elle ne fait pas semblant, elle transpose, elle taraude l'âme humaine, elle dessine au burin. » (Louis Léon Martin, Petit Parisien, )[Où ?]
  • « Je suppose que c'est cette puissance rouge d'incendie, de mégot, de torche, de phare, de fanal, qui l'habite, cet acharnement de braise, cette chaleur de gaz d'acétylène, de magnésium et de lampe à souder, qui forment l'efficacité de cette chanteuse, de cette mime que bien des esprits repoussent, mais qui s'impose malgré tout. » (Jean Cocteau - Mes Monstres sacrés - Encre 1979 - p.162)

Discographie

Reprises

  • Par Jean Guidoni
    • Mon oncle a tout repeint, en 1980 (uniquement en concert et lors des bis)
    • ainsi que par Julos Beaucarne
    • Toute seule, en 1986 (théâtre des Bouffes du Nord)
    • La Chasse à l'enfant, en 2008 en duo avec Juliette sur l'album Chante Prévert
    • La Grasse Matinée, en 2008 sur l'album Chante Prévert
  • Par Juliette
    • Jeu de massacre, en 1993
  • Par le groupe Casse-Pipe et par Louis Ville
    • La Complainte de Kesoubah, en 1993 sur l'album Chansons noires - Tome 1 (Casse-Pipe) ; en 2006 sur l'album À choisir (Louis Ville)

Filmographie

Actrice

Réalisatrice

Scénariste

Publications

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

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