Martes flavigula
espèce de mammifères
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Martre à gorge jaune, Marte à gorge jaune, Martre asiatique à gorge jaune
Statut CITES
Répartition géographique
- Mustela flavigula Boddaert, 1785 (Protonyme) [1]
- Mustela melina Kerr, 1792 [1]
- Mustela leucotis Bechstein, 1799 [1]
- Viverra quadricolor G. K. Shaw, 1800 [1]
- Viverra aterrima Pallas, 1811 [1]
- Mustela harigula Griffith, 1822 [1]
- Mustela hardwickii Horsfield, 1828 [1]
- Martes flavigula B. H. Hodgson, 1842 [1]
- Galidictis chrysogaster C. H. Smith, 1842 [1]
- Putorius flavigula Lesson, 1842 [1]
- Putorius hardwickii Lesson, 1842 [1]
- Mustela henrici H. R. Schinz, 1845 [1]
- Lutra (?) aterrima von Schrenck, 1859 [1]
- Mustela (Martes) flavigula vart. γ. borealis von Radde, 1862 [1]
- Martes chrysospila Swinhoe, 1866 [1]
- Martes flavigula var. xanthospila Swinhoe, 1871 [1]
- Mustela lasiotis Jentink, 1892 [1]
- Mustela flavigula kuatunensis Bonhote, 1901 [1]
- Mustela flavigula peninsularis Bonhote, 1901 [1]
- Mustela flavigula typica Bonhote, 1901 [1]
- Mustela flavigula szetchuensis Hilzheimer, 1910 [1]
- Martes henricii Hollister, 1912 [1]
- Martes flavigula flavigula Gyldenstolpe, 1916 [1]
- Martes flavigula peninsularis Gyldenstolpe, 1916 [1]
- Martes flavigula indochinensis Kloss, 1916 [1]
- Charronia melli Matschie, 1922 [1]
- Charronia flavigula koreana Mori, 1922 [1]
- Charronia yuenshanensis Shih, 1930 [1]
- Charronia flavigula borealis Kishida & Mori, 1931 [1]
- Charronia flavigula Kishida & Mori, 1931 [1]
- Martes flavigula saba Chasen & Kloss, 1932 [1]
- Charronia flavigula xanthospila Kuroda, 1935 [1]
- Lamprogale flavigula robinsoni Pocock, 1936 [1]
- Mustela flavigula szetchunensis Pocock, 1936 [1]
- Martes flavigula henrici Chasen, 1940 [1]
- Martes flavigula robinsoni Chasen, 1940 [1]
- Charronia flavigula tyrannus Colbert & Hooijer, 1953 [1]
- Martes (Lamprogale) flavigula aterrima Stroganov, 1962 [1]
- Martes flavigula hainana L.-H. Hsu & Wu Jiayan, 1981 [1]
- Martes flavigula borealis Wozencraft, 2005 [1]
- Martes flavigula chrysospila Wozencraft, 2005 [1]
- hardwickei Wozencraft, 2005 [1]
La Martre à gorge jaune (Martes flavigula) est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Mustélidés. Originaire de l'Himalaya, d'Asie du Sud-Est et d'Asie de l'Est, elle est caractérisée par son pelage est d'un jaune doré éclatant, sa tête et son dos sont nettement plus foncés, mêlant le noir, le blanc, le jaune doré et le brun. Après la Martre de Nilgiri (Martes gwatkinsii), la plus grande espèce du genre Martes[2], dont elles partage le sous-genre Charronia. Elle a un corps robuste et sa queue représentant plus de la moitié de la longueur de son corps.
C'est un omnivore opportuniste dont les sources de nourriture vont des fruits et du nectar aux invertébrés, rongeurs, lagomorphes, reptiles et oiseaux, jusqu'aux petits primates et ongulés. Elle a aussi la réputation de pouvoir aisément s’attaquer aux chats, aussi bien en milieu naturel qu’à proximité des habitations humaines. Elle est classée en préoccupation mineure sur la Liste rouge de l'UICN en raison de sa large répartition, de sa population stable, de sa présence dans plusieurs zones protégées et d'une absence apparente de menaces.
Dénominations
- Nom scientifique : Martes flavigula (Boddaert, 1785) selon Mammal Diversity Database ()[3] ;
- Noms vulgaires : Martre à gorge jaune[4],[5],[6], Martre asiatique à gorge jaune[6] ;
- noms vernaculaires : Martre d'Inde[5],[6] avant la séparation d'avec l'espèce indienne Martes gwatkinsii.
La martre à gorge jaune s'appelle หมาไม้ (litt. chien des branches) en Thaïlande.
Taxonomie

La première description écrite de la Martre à gorge jaune dans le Monde occidental est due à Thomas Pennant dans son ouvrage History of Quadrupeds en 1781, qu’il désigne sous le nom de White-cheeked « Joues blanches » [7]. Pieter Boddaert l'intègre ensuite dans son Elenchus Animalium sous le nom binomial de Mustela flavigula[8]. Pendant une longue période après la publication de l'Elenchus, l'existence même de la Martre à gorge jaune a été considérée comme douteuse par de nombreux zoologistes, jusqu'à ce qu'une peau soit offerte au musée de la Compagnie des Indes orientales en 1824 par Thomas Hardwicke[9]. Dans les deux premiers cas, ni le spécimen-type, ni la localité-type n’ont été donnés[10], ce n’est qu’en 1941 que le zoologiste britannique Reginald Innes Pocock définit une localité-type au Népal[11].
Bien qu’elle soit désignée sous l’appellation de Martre (dans le genre Martes ou Mustela), le zoologiste britannique John Edward Gray constate un certain nombre de particularités la différenciant des martes et des zibellines, comme le crâne renflé et aplati, le museau plus court mais plus large, les incisives supérieures proéminentes, ainsi qu’une queue allongée et assez mince. Ce qui l’incita à créer le sous-genre Charronia[12].
Sous-espèces
| Sous-espèce et auteur | Description | Aire de répartition | Synonymes |
|---|---|---|---|
| M. f. flavigula Boddaert, 1785 (Sous-espèce nominale) |
Une grande sous-espèce qui se distingue par l'absence de zone de peau nue au-dessus du coussinet plantaire de la patte arrière, un pelage plus dense entre les coussinets plantaires et carpiens de la patte avant, ainsi que par un pelage d'hiver plus long et plus luxueux[17]. | Du Jammu-et-Cachemire vers l'est à travers le Nord de l'Inde, l'Himalaya jusqu'à l'Assam, la haute Birmanie, le Sud-Est du Tibet et le Sud du Kham. | chrysogaster (C. E. H. Smith, 1842) hardwickei (Horsfield, 1828) kuatunensis (Bonhote, 1901) leucotis (Bechstein, 1800) melina (Kerr, 1792) melli (Matschie, 1922) quadricolor (Shaw, 1800) szetchuensis (Hilzheimer, 1910) typica (Bonhote, 1901) yuenshanensis (Shih, 1930) |
| M. f. aterrima Pallas, 1811 |
Non décrite. | Le Kraï du Primorié, la Chine et la Mongolie. | Viverra aterrima (Pallas, 1811) [18] |
| M. f. borealis Radde, 1862 |
Se distingue de la sous-espèce flavigula par sa fourrure hivernale plus dense et plus longue, ainsi que par des dimensions générales légèrement supérieures[19]. | L'oblast d'Amour, le Kraï du Primorié, l'ancienne Manchourie et la Péninsule de Corée. | koreana (Mori, 1922) |
| M. f. chrysospila Swinhoe, 1866 |
Non décrite. | Taïwan. | xanthospila (Swinhoe, 1870) |
| M. f. hainana Hsu et Wu, 1981 |
Non décrite. | L'île de Hainan. | Aucun. |
| M. f. henrici Schinz, 1845 |
Non décrite. | Sumatra. | Aucun. |
| M. f. indochinensis Kloss, 1916 |
Se distingue de flavigula par la présence d'une zone de peau nue au-dessus du coussinet plantaire des pattes arrière et de la zone située entre les coussinets plantaires et carpiens des pattes avant. Le pelage d'hiver est plus court et moins dense, avec une coloration plus claire, plutôt jaunâtre sur les épaules et le haut du dos ; les lombes sont moins pigmentées et la nuque est plus abondamment tachetée de jaune. Le ventre est d'un blanc sale et la gorge est jaune clair[20]. | Le nord de la Région de Tanintharyi, la Thaïlande et le Viêt Nam. | Aucun. |
| M. f. peninsularis Bonhote, 1901 |
Semblable à indochinensis, mais s'en distingue par sa tête brune plutôt que noire, la nuque étant de la même couleur que les épaules, généralement beige ou brun jaunâtre. Les épaules et le haut du dos sont moins jaunes que chez indochinensis, l'abdomen est systématiquement brun foncé, tandis que la gorge varie du jaune-orange au crème. La fourrure est courte et fine[21]. | Le sud de la région de Tanintharyi et la Péninsule Malaise. | Aucun. |
| M. f. robinsoni Pocock, 1936 |
Non décrite. | L'ouest de Java. | Aucun. |
| M. f. saba Chasen et Kloss, 1931 |
Non décrite. | Bornéo. | Aucun. |
Phylogénie
Le cladogramme suivant présente les relations de parenté au sein du genre Martes. Il montre que la marte à gorge jaune fait partie d’un petit groupe basal du sous-genre Charronia, composé des espèces « jaunes » d’Asie du Sud-Est[22],[23],[24] :
| Genre Martes |
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Description


La Martre à gorge jaune possède une fourrure courte d'un jaune brunâtre brillant. Sa tête, pointue, est d'un brun noirâtre avec des joues rousses, tandis que son menton et sa lèvre inférieure sont brun clair. Sa poitrine et la partie inférieure de sa gorge arborent une teinte orange doré, alors que ses flancs et son ventre sont jaune vif. L'arrière de ses oreilles est noir et leur face interne est gris jaunâtre. Ses pattes avant et la partie inférieure de ses membres antérieurs sont noires. Sa queue est noire sur le dessus, avec une base brun grisâtre et une extrémité plus claire[25].
C'est un animal robuste et musclé qui présente un thorax allongé, un long cou et une longue queue qui mesure environ les deux tiers de la longueur de son corps. Ses membres sont relativement courts et puissant, terminés par des pattes larges[26]. Ses oreilles sont grandes, larges et dotées d'une extrémité arrondie. La plante de ses pieds est recouverte de poils rudes et souples, bien que les coussinets digitaux et plantaires soient nus et que les pattes soient globalement peu velues[25]. Son os pénien (baculum) est en forme de S et présente quatre processus émoussés à son extrémité.
La martre a gorge jaune est l’une des plus grande espèces du genre Martes. Les mâles mesurent entre 50 cm et 72 cm de long (corps et tête), contre 50 cm à 62 cm pour les femelles. Les mâles pèsent de 2.5 à 5,7 kg, tandis que les femelles affichent un poids oscillant entre 1.6 à 3,8 kg[27]. Ses glandes anales possèdent deux protubérances inhabituelles qui sécrètent un liquide à l'odeur forte utilisé à des fins défensives[28].
Écologie et comportement
La Martre à gorge jaune occupe des domaines vitaux étendus mais non permanents. Elle patrouille activement son territoire et est capable de parcourir entre 10 et 20 km en une seule journée. Elle chasse principalement au sol, mais grimpe aux arbres avec une grande agilité, se montrant capable d'effectuer des sauts mesurant jusqu'à 8 à 9 m entre les branches. Après les chutes de neige du mois de mars, elle restreint l'essentiel de ses activités à la cime des arbres[29].
Régime alimentaire

La Martre à gorge jaune est un prédateur diurne qui chasse habituellement en couple, bien qu'elle puisse également s'organiser en bandes de trois individus ou plus. Elle se nourrit de rats, de souris, de lièvres, de serpents, de lézards, d'œufs et d'oiseaux nichant au sol comme les faisans et les francolins. Des captures de chats et de volailles sont également rapportées. Elle a parfois été observée se nourrissant de cadavres humains, et on pensait autrefois qu'elle était capable d'attaquer un homme désarmé lorsqu'elle agissait en groupes de trois ou quatre individus[30]. Elle s'attaque également à de petits ongulés ainsi qu'à d'autres espèces de martres plus petites, telles que la Zibeline[31].
Dans l'Himalaya et au Myanmar, elle tue fréquemment des faons de muntjac[30], tandis que dans la région de l'Oussouri, la base de son régime alimentaire hivernal est constituée par le porte-musc. Deux ou trois martres à gorge jaune peuvent consommer entièrement la carcasse de cet ongulé en l'espace de 2 à 3 jours. Elle tue également les jeunes d'espèces d'ongulés plus grandes dont le poids se situe dans une fourchette de , y compris les jeunes axis, les chevreuils et les gorals[31]. Des marcassins sont aussi capturés occasionnellement. On rapporte par ailleurs qu'elle est capable de suivre les tigres à la trace pour se nourrir des restes de leurs proies[32]. En Chine, des cas de prédation sur des petits du Panda géant ont été documentés[33].
Elle complète son alimentation with du nectar et des fruits, ce qui en fait un agent important pour la dissémination des graines[34].
Reproduction
L'œstrus se produit deux fois par an : une première fois de la mi-février à la fin mars, et une seconde fois de la fin juin au début août. Durant ces périodes, les mâles s'affrontent violemment pour obtenir l'accès aux femelles. Les portées se composent généralement de deux ou trois petits, et plus rarement de quatre[32].
Prédateurs
La Martre à gorge jaune compte peu de prédateurs naturels, mais elle peut occasionnellement être la victime de grands carnivores. Des restes d'individus ont été sporadiquement découverts dans les excréments ou l'estomac de tigres de Sibérie et d'ours noirs d'Asie[35],[36]. Un cas de prédation par un Aigle montagnard sur une martre adulte a également été documenté[37].
Statut de conservation
La Martre à gorge jaune est inscrite dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC) sur la Liste rouge de l'UICN en raison de sa vaste aire de répartition et de sa présence au sein de nombreuses zones protégées. La population mondiale est considérée comme stable et l'espèce ne semble pas faire face à des menaces majeures immédiates[38].



