Mary (bateau)
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La Mary est un bateau utilisé durant la déportation de l'île Saint-Jean en 1758, dans des conditions sordides. 255 de ses 560 prisonniers seraient morts de maladie avant leur transfert sur d'autres navires à destination de la France.
Avec ses 600 tonneaux, la Mary[note 1] était le plus gros des bateaux de transport utilisés durant la déportation de l'île Saint-Jean[1]. Son capitaine était Alexander Donaldson[1]. La Mary prit 560 passagers qui avaient été débarqués à la forteresse de Louisbourg le [1] alors qu'elle ne devait à l'origine n'en embarquer que 540[1].
Elle quitta la forteresse le à destination de Saint-Malo[1] en compagnie de la Sukey[2]. Le , elle mouilla toutefois l'ancre en Angleterre dans le Solent sur le banc Mother, à proximité de l'île de Wight, car plusieurs – voire la plupart – des passagers souffraient de maladies, la « Malignant Distemper »[1]. De plus, la coque fuit, empêchant de terminer le voyage jusqu'en France[1]. Durant le voyage, le capitaine Donaldson immergea de 240 à 260 morts, pour la plupart des enfants[1].
Une dépêche fut envoyée de Spithead à Londres le et un sauvetage fut organisé le 3[1]. Le Bird et le Desire furent choisis pour secourir les passagers, mais leurs équipages désertèrent, effrayés par la maladie ; la Mary se trouve alors à Ryde[1]. Le , un chirurgien présenta un rapport selon lequel la maladie n'était pas contagieuse et proposa de transférer les prisonniers directement en France[1]. Il nota également que les prisonniers souffraient de famine et que plusieurs étaient nus[1]. L'amirauté est inquiète à l'idée que cette catastrophe pourrait ternir son image ; elle redoute d'ailleurs que le capitaine Donaldson ait maltraité les prisonniers[1]. Les passagers les plus mal en point furent transférés sur le Desire le alors qu'un nouvel équipage montait à bord, emportant des provisions supplémentaires[1]. L'ordre de transférer tous les prisonniers à bord du Bird et du Desire et de les déporter en France sous pavillon blanc fut donné le [1]. Des chirurgiens français qui emportèrent quelques médicaments furent admis à bord le 15[1].
Deux navires anglais atteignirent Cherbourg à la fin novembre ; ce sont peut-être le Bird et le Desire, ou du moins ils transportèrent une partie de leurs passagers[1]. L'un des deux navires retourna à Portsmouth sans décharger les coffres appartenant aux prisonniers, tandis qu'un employé du port de Cherbourg vola le contenu d'autres coffres avant de les charger sur un bateau[1]. Des objets volés furent d'ailleurs trouvés dans le bureau du maître du port[1]. Selon des témoins, l'équipage du Desire ne découvrit les coffres que peu avant l'arrivée en Angleterre, où le capitaine se serait réparti le butin avec l'équipage[1]. Le capitaine du Desire avoua son crime et fut suspendu[1]. Le , le capitaine Donaldson reçut l'ordre de mener la Mary sous escorte pour qu'elle soit retirée du service[1]. Selon l'historien Earle Lockerby, ce ne fut probablement pas une mesure disciplinaire mais seulement que la Mary était vraisemblablement un bateau loué[1].
La mortalité pour cause de maladies fut très élevée à bord du Mary : de l'ordre de 45 %[3]. L'historien Earle Lockerby estima en effet que sur les 560 passagers, 255 moururent de maladies[3].
Il se peut que certains passagers du Mary restèrent en Angleterre[4]. Il est également possible que les prêtres Pierre Cassiet et Jean Biscarat voyagèrent sur le Mary, ce qui expliquerait leur état de santé[4]. Pierre Cassiet fut en effet malade durant la traversée[4]. Il existe plusieurs théories sur son sort mais il est certain qu'il se rendit à Morlaix pour se soigner[4]. Plusieurs auteurs ont mentionné que le prêtre Jean Biscarat était mort durant un naufrage, ce qui est faux, mais il décéda tout de même peu après son arrivée en Angleterre[4].
Notes et références
Notes
- ↑ À ne pas confondre avec un autre Mary, ayant embarqué des prisonniers à Port-la-Joye.
Références
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 (en) Earle Lockerby, « The Deportation of the Acadians from Ile St.-Jean, 1758 », Acadiensis, vol. XXVII, no 2, , p. 60-66 (lire en ligne)
- ↑ (en) Lockerby (1998), op. cit., p. 52.
- 1 2 (en) Lockerby (1998), op. cit., p. 80-81.
- 1 2 3 4 5 (en) Lockerby (1998), op. cit., p. 66-69.
Voir aussi
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