Siège de Louisbourg (1758)

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Date 8 juin-
Issue Victoire britannique décisive
Siège de Louisbourg
Description de cette image, également commentée ci-après
Maquette de Louisbourg en 1758.
Informations générales
Date 8 juin-
Lieu Louisbourg sur l'île du Cap-Breton, Canada
Issue Victoire britannique décisive
Belligérants
Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France Drapeau de la Grande-Bretagne. Royaume de Grande-Bretagne
Commandants
Marquis Charry des Gouttes
Augustin de Drucourt
Beaussier de l'Isle
Jeffery Amherst
James Wolfe
Edward Whitmore (en)
Charles Lawrence
Edward Boscawen
Forces en présence
3 500 soldats
3 500 marins
5 navires de ligne
14 000 soldats
12 000 marins
22 vaisseaux de ligne
15 frégates
120 bâtiments de transport
Pertes
102 morts
303 blessés
6 600 prisonniers
4 vaisseaux incendiés
1 vaisseau et 4 frégates sabordés
1 vaisseau capturé
172 morts
355 blessés

Guerre de Sept Ans
Guerre de la Conquête

Batailles

Europe

Amérique du Nord

Antilles

Asie

Afrique de l'Ouest
Coordonnées 45° 53′ 32″ nord, 59° 59′ 07″ ouest
Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Écosse
(Voir situation sur carte : Nouvelle-Écosse)
Siège de Louisbourg
Géolocalisation sur la carte : Canada
(Voir situation sur carte : Canada)
Siège de Louisbourg

Le siège de Louisbourg est un épisode de la guerre de Sept Ans et de la guerre de la Conquête au cours duquel les forces britanniques assiègent l'établissement français de Louisbourg, sur l'île Royale, en Nouvelle-France, entre le et . Il mobilise des moyens considérables dans les deux camps et s'achève par la reddition de la place avec la capture de la garnison. C'est la première défaite importante de la France en Amérique du Nord lors de ce conflit.

La forteresse de Louisbourg est située sur l'île du Cap-Breton, à l'entrée du golfe du Saint-Laurent. Elle a été construite en 1713 par la Couronne française afin d'imposer ses droits sur les bancs de pêche de Terre-Neuve. Par la suite, elle acquiert une grande importance militaire en permettant la maîtrise de l'entrée du golfe et donc l'accès à la Nouvelle-France. Elle est capturée lors de la guerre de Succession d'Autriche en 1745 par une attaque montée depuis la Nouvelle-Angleterre mais rendue à la France en 1748 contre la ville de Madras, en Inde, dont les Français s'étaient emparés en 1746.

Lors de l'éclatement de la guerre de Sept Ans en 1755, elle constitue alors une cible privilégiée pour la Grande-Bretagne, dont le but est de se rendre maîtresse de toutes les possessions française d'Amérique du Nord. Pour les Britanniques, la prise de Louisbourg, qui verrouille l'entrée maritime du Canada, est essentielle. On en est parfaitement conscient côté français, et on s'active pour mettre la place en défense. Des renforts arrivent en 1756, et au début 1757, Québec et Louisbourg sont ravitaillés alors que Londres prépare une attaque massive, une escadre de 17 vaisseaux, 16 frégates et 15 000 soldats arrivant dans le port voisin d'Halifax. L'effort français est cepndant tout aussi conséquent. Dubois de La Motte regroupe trois divisions arrivées séparément dans le port, celle de Joseph-François de Noble du Revest, ainsi que celle de Joseph de Bauffremont, soit un total de 18 vaisseaux, 5 frégates et 11 000 hommes[1]. Cette concentration de force et un manque d'organisation incitent Britanniques à attaquer.

Les chefs français ne tentent rien non plus contre Halifax, les équipages étant minés par une grave épidémie. Le , une tempête qui coule un vaisseau britanniques et en laisse dix désemparés achève de faire avorter la campagne[2]. En octobre, les deux flottes regagnent l'Europe.

La composition de la garnison

La plupart des soldats faisaient partie des Compagnies franches de la marine. Dans les années 1740, on comptait huit compagnies franches de 70 hommes chacune, mais il y avait d'autres détachements ailleurs dans l'île, notamment à Port-Dauphin et à Port-Toulouse. Après 1750, il y aura 24 compagnies dans la ville de 50 hommes chacune.

À partir de 1755, Louisbourg reçut le 2e bataillon du régiment de Bourgogne de 520 hommes ainsi que le 2e bataillon du régiment d'Artois également de 520 hommes. En , le 2e bataillon du régiment des Volontaires étrangers de 660 hommes vint s'ajouter à la garnison. Finalement, juste avant le siège, le 2e bataillon du régiment de Cambis de 650 hommes dut débarquer à Port-Dauphin et rejoindre la forteresse à pied puisque la marine britannique bloquait déjà de port de Louisbourg. En 1758, la garnison comptait presque 3 500 militaires, car leur nombre avait augmenté de manière appréciable cette année-là[3].

Le siège et la chute de Louisbourg

En 1758, les Britanniques repartent à l'assaut avec encore plus de moyens. Le , une flotte de vingt-deux vaisseaux, quinze frégates et cent-vingt bâtiments de charge, sous les ordres de l'admiral Edward Boscawen, arrive au large de l'île du Cap-Breton avec à son bord 14 000 hommes de troupe. Côté français, la Marine royale, qui lutte avec deux fois moins de navires que la Royal Navy (soixante vaisseaux et trente frégates contre cent-vingt vaisseaux et soixante-quinze frégates)[4] n'est plus capable de renouveler un tel effort, d'autant qu'en 1758, le port de Brest est ravagé par une terrible épidémie de typhus, qui désorganise totalement les armements bretons[5]. La marine britannique, avec ses effectifs supérieurs, bloque aussi la côte atlantique: sur les cinq divisions qui sortent de Brest en 1758, quatre sont refoulées.

L'escadre de La Clue-Sabran part de la région de Toulon mais essuie une tempête le et se réfugie donc dans le port neutre de Carthagène (Espagne). La Clue est informé de l'arrivée d'une flotte de dix vaisseaux anglais sous les ordres de l'amiral Osborn, renforcée par quatre bâtiments venus de Livourne et du Levant. Au début de 1758, La Clue décide de rester dans le port devant l'inégalité des forces. Trois vaisseaux français étaient partis de Toulon en renfort, sous les ordres de Duquesne de Menneville, ces derniers allaient rejoindre l'escadre de La Clue ; Osborn décide d'attaquer les vaisseaux français, ce qui déclenche la bataille de Carthagène, ce qui empêche les renforts français d'atteindre Louisbourg. Seule passe celle de Du Chaffault, chargée d'ailleurs de troupes pour le Canada et Louisbourg[6]. Ce modeste renfort est toutefois loin des efforts consentis par Londres pour attaquer la place. Les quelques vaisseaux et frégates français présents  dont certains sont armés en flûte  ne sont pas en mesure de repousser les forces de Boscawen et se replient dans le port[2].

Le mauvais temps et la défense active des Français retardent néanmoins le débarquement brittannique. Mais, le , Wolfe arrive à débarquer ses hommes à l'anse de la Cormorandière. Par la suite, les troupes françaises retraitent dans Louisbourg, et le , les Britanniques commencent à prendre possession des retranchements français hors de la forteresse. Le , le bombardement de Louisbourg commence. Ce n'est pas une opération facile pour les Britanniques, la forteresse étant solidement défendue et les canons français répliquant vigoureusement. Le , Green Hill est prise et donne aux Britanniques une bonne position pour installer des batteries, commandées par George Williamson, surplombant Louisbourg. La construction de ces batteries est très difficile puisqu'en plus du feu des canons de la forteresse, les navires français de Beaussier de l'Isle bombardent les pionniers britanniques.

Le , les Français tentent une sortie mais sans succès. Avec le resserrement du siège, les bâtiments français sont maintenant pris au piège. Une frégate tente de profiter de la brume pour faire voile sur Québec, mais les vigies britanniques la repèrent. Deux frégates de la Navy la prennent en chasse, la rattrapent et la capturent[7]. Cinq petites unités militaires (un vaisseau de 56 canons, quatre frégates) et un navire civil sont coulés les 28 et dans la passe qui relie le port à l'océan pour tenter d'en bloquer l'accès aux assaillants[8]. Ne restent que les cinq unités les plus puissantes et deux 74 canons et trois 64 canons sont immobilisés sous les murs de la ville et finissent par se retrouver à portée de tir des Britasnniques.

Le , une bombe tombe sur le Célèbre (64) et provoque un incendie. Les quelques hommes présents à bord ne peuvent le sauver. Une explosion s'ensuit et le navire part à la dérive. Le vent souffle les flammes dans les voiles de l’Entreprenant (74) et du Capricieux (64). Les Britanniques concentrent leur feu sur les trois bâtiments pour empêcher les équipages de venir à bout des incendies. À la nuit tombante, les navires embrasés illuminent la ville, les tranchées, le port et les montagnes environnantes. Au matin de , les trois vaisseaux ne sont plus que des épaves[2]. Un unique vaisseau français, le Formidable de 80 canons, arrive en renfort mais doit faire demi-tour devant la supériorité des forces britanniques[9]. Une frégate corsaire de 30 canons, l’Aréthuse, menée par Vauquelin, un habile capitaine, réussit à passer. Elle participe activement à la défense de la place avant de forcer une nouvelle fois le blocus pour rentrer sur Bayonne demander de l’aide, mais il est trop tard[9].

La pression des Britanniques fait plus forte. Le , un raid nocturne mené en chaloupe s'en prend aux deux derniers vaisseaux, le Prudent (74) et le Bienfaisant (64). Le premier est incendié et le deuxième capturé, achevant ainsi la destruction complète des forces navales françaises. La rupture des communications avec la France et l'absence de toute perspective de secours pèsent lourdement sur le moral des assiégés, d'autant que les assaillants ont ouvert les premières brèches dans la forteresse. Seule l'arrivée de l'hiver, toujours précoce en cette région, pourrait obliger les Britanniques à lever le siège. Le mois d'août n'est toutefois même pas entamé, et il semble illusoire d'espérer pouvoir tenir jusqu'aux premiers flocons de fin septembre. Le commandant français, le chevalier de Drucourt, n'a pas d'autre choix que d'entamer des négociations de capitulation. Les termes voulus par les Britanniques sont très durs et n'accordent pas les honneurs de la guerre aux troupes françaises. Celles-ci sont tout près de refuser et de se battre jusqu'au bout, mais l'intervention du commissaire-ordonnateur Prévost met en avant les risques pour les civils. Drucourt accepte finalement les termes, et le matin du , les portes sont ouvertes et la garnison se rend sauf le régiment de Cambis, qui, outré par les termes de la reddition, décide de briser ses mousquets et brûler ses couleurs plutôt que de les livrer aux Britananiques.

Une chute qui annonce celle du Canada et de la Nouvelle-France

La perte de Louisbourg offre une base d'attaque idéale vers la ville de Québec en remontant par le fleuve Saint-Laurent. La saison étant cependant déjà bien avancée, les Britanniques décident d'attendre l'année suivante. La fin de l'année est consacrée à l'affermissement de la mainmise britannique sur l'embouchure du Saint-Laurent (plusieurs établissements de pêcheurs de Gaspésie sont rasés et les prisonniers déportés).

La forteresse en elle-même sort en piteux état de ce siège mais représente cependant toujours une menace pour les Britanniques au cas où elle serait reprise par les Français ou rendue après un traité de paix, comme était le cas en 1748. Ils décident donc de raser la forteresse. Cette démolition ne sera complète qu'après beaucoup de travail en . La plupart des pierres seront transportées à Boston pour la construction du quartier Louisbourg et d'autre quartiers. Les constructions de Louisbourg avaient coûté environ 30 millions de livres françaises au Trésor royal. La chute de Louisbourg annonce la chute progressive du Canada et plus largement de la Nouvelle-France.

Dans la culture populaire

  • Cette bataille figure parmi l'une des missions dans le jeu vidéo Assassin's Creed: Rogue, sorti le .

Forces Terrestres

Grande-Bretagne

L'armée britannique était commandée par le Général Jeffery Amherst (environ 11000 réguliers et 200 rangers américains)[10],[11]:

France

La forteresse était commandée par Augustin de Boschenry, Chevalier de Drucour. La garnison était composée des[11],[13]:

Annexes

Notes et références

Voir aussi

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