Mary Scott Hogarth
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| Naissance | |
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| Sépulture | |
| Nationalité | |
| Père |
George Hogarth (en) |
| Mère |
Georgina Thomson (d) |
| Fratrie |
Catherine Dickens (sœur aînée) Georgina Hogarth (sœur cadette) |
Mary Scott Hogarth [/'mɛəri scɒt 'həʊgɑːθ/], née le et morte le , est la sœur de Catherine Dickens, l'épouse du romancier anglais Charles Dickens. Malgré son jeune âge et son décès prématuré – et peut-être à cause de cela –, elle a joué un grand rôle dans la vie du couple, dans celle de Dickens en particulier et aussi dans son œuvre. En réalité, évoquer Mary Scott Hogarth revient à parler essentiellement de son célèbre beau-frère, sans lequel elle serait restée sans doute inconnue, alors que, partageant son prestige, elle est passée à la postérité.
Les critiques, en effet, scrutent la brève existence de cette jeune fille pour mieux comprendre la personnalité, le comportement et l'œuvre du romancier. Sa mort a certainement contribué à révéler les tendances mystiques de Dickens, à accélérer la séparation du couple, et l'œuvre porte sa trace de façon appuyée surtout jusqu'à la publication en 1850 de David Copperfield, dont l'héroïne principale, Agnès, lui emprunte, après plusieurs autres protagonistes féminins qui l'ont précédée, bien des traits[1].
Ascendance
Mary Scott Thompson Hogarth est la fille cadette de George Hogarth (1783-1870) et Georgina Thompson (1793-1863). Son père, avocat à Édimbourg où elle est née, a été conseiller juridique de l'écrivain Walter Scott pour lequel le jeune Dickens éprouve une grande admiration[2] ; c'est aussi un critique musical, violoncelliste et compositeur, qui collabore à la revue Edinburgh Courant. Abandonnant le droit en 1830, il se fait journaliste et crée le Halifax Guardian, puis il déménage à Londres en 1834 où il devient le critique musical du Morning Chronicle, périodique auquel Dickens, sous le pseudonyme de Boz, confie une vingtaine d'écrits[3]. Une année plus tard, George Hogarth prend la direction de l'Evening Chronicle dont il est le rédacteur en chef pendant vingt ans[4].
Rencontre avec Charles Dickens

Le jeune Dickens, alors âgé de vingt-quatre ans, fréquente assidûment cette famille dont les trois filles, Catherine, Mary Scott et Georgina sont bientôt appelées à jouer un rôle très important dans sa vie[4]. Elle a quatorze ans quand Dickens la rencontre lors de sa première visite chez les Hogarth. Mary est la compagne et l'accompagnatrice assidue de Catherine, de quatre ans son aînée[5] ; de ce fait, elle assiste à l'amitié qui naît entre les deux jeunes gens et à la cour que fait le jeune homme à sa sœur. Peu après leur mariage en 1836, elle passe un mois dans l'appartement de trois pièces que Dickens loue à Furnival's Inn[N 1],[6], séjour qu'elle renouvelle fréquemment, avant de s'installer définitivement chez le couple le [7]: elle rejoint leur nouveau domicile, au 48 Doughty Street, pour aider aux tâches de la maisonnée alors que Catherine attend son deuxième enfant[1].
Les témoins qui l'ont connue à cette époque la décrivent comme « mignonne, belle et de cœur léger » (« sweet, beautiful and light-hearted »). C'est une petite brune[7] que ses quelques lettres révèlent amusante et pleine de vie, très affectueuse envers sa sœur et de plus en plus admirative de son beau-frère, dont la gloire littéraire, il est vrai, ne fait que grandir[5]. Dickens, alors âgé de vingt-cinq ans, se prend d'une véritable idolâtrie pour cette enfant d'à peine dix-sept ans, qui, d'après Fred Kaplan, devient « [une] amie intime, une sœur d'exception, une compagne au foyer » (« Charles's intimate friend, a privileged sister and domestic companion »[8]). Selon Philip V. Allingham, comme le montre la série télévisée Dickens of London[N 2],[9], c'est certainement elle, à la maison, qui a la primeur des bonnes pages de Pickwick Papers ou d'Oliver Twist qu'il vient d'écrire, car il apprécie son opinion, plus encore que celle de son épouse, tant elle lui semble refléter le sentiment général de ses lecteurs[7].
Mort brutale à dix-sept ans
- St. James Theatre, où Mary Scott s'est rendue le soir avant sa mort.
- 48 Doughty Street où elle est morte.
- Cimetière Kensal Green où elle est enterrée.
- Sa tombe.
Mary meurt subitement au 48 Doughty Street à Londres, où les Dickens viennent d'emménager, quelques semaines après s'être installée à demeure dans la famille[7].
Le samedi , Charles, Catherine et Mary se rendent au St. James's Theatre pour la représentation d'une farce que Dickens a écrite : Is She His Wife?, or, Something Singular! (« Serait-ce sa femme ? ou quelque chose de bizarre ! ») ; à leur retour, raconte Dickens, « [Mary] monte dans sa chambre vers une heure en parfaite santé et, comme d'habitude, d'excellente humeur. Avant qu'elle ait pu se déshabiller, elle est prise d'un violent malaise et, après une nuit d'agonie, meurt dans mes bras à trois heures de l'après-midi. Tout ce qui pouvait être fait pour la sauver l'a été. Les hommes de l'art pensent qu'elle avait une maladie du cœur[10] ». En fait, d'après ce qu'il en dit, Dickens entend un cri perçant émanant de la chambre de Mary ; il s'y précipite et la trouve au plus mal, lui donne un peu de brandy en la tenant dans ses bras et fait aussitôt appeler le médecin, qui reste impuissant. Mary, déjà plongée dans le coma, cesse de vivre le lendemain « dans son sommeil, particulièrement calme et doux » (« in such a calm and gentle sleep »), rapporte Dickens. Il la garde dans ses bras, explique-t-il, « corps sans vie, longtemps après que son âme se fut envolée jusqu'aux cieux » (« the lifeless form long after her soul had fled to Heaven »)[10]. Plus tard, il rapporte que les derniers mots de la mourante le concernaient (« the very last words she whispered were of me ... »)[11], déclaration que tempère Philip V. Allingham qui ajoute que, vu l'inflation de son ego, tous derniers mots ne sauraient que lui être consacrés[7].
Mary Scott Hogarth est enterrée le au cimetière General All Souls Cemetery, Kensal Green, Londres[12], en bordure de Harrow Road. Dickens rédige l'épitaphe qui figure gravée sur la pierre tombale : « Young, beautiful, and good, God numbered her among his angels at the early age of seventeen » (« Jeune, belle et bonne, Dieu l’a rappelée parmi ses anges à l’âge de dix-sept ans. »)[13].
Dans ce cimetière reposent nombre d'écrivains contemporains de Dickens, donc de la jeune fille, en particulier William Makepeace Thackeray, Wilkie Collins et Anthony Trollope[14].
