Massacre de Kingsmill
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Irlande du Nord
17 h 30
| Massacre de Kingsmill | ||
Kingsmills, lieu du massacre. | ||
| Localisation | Kingsmill, Comté d'Armagh Irlande du Nord |
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| Coordonnées | 54° 13′ 43″ nord, 6° 26′ 04″ ouest | |
| Date | 5 janvier 1976 17 h 30 |
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| Type | Tuerie de masse | |
| Morts | 10 | |
| Blessés | 1 | |
| Auteurs | IRA provisoire | |
| Géolocalisation sur la carte : Irlande du Nord
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Le massacre de Kingsmill eut lieu le près du village de Kingsmill, au sud du comté d'Armagh, en Irlande du Nord. Des miliciens armés arrêtèrent onze ouvriers protestants circulant en minibus, les alignèrent à côté de ce dernier et les abattirent, épargnant un douzième occupant du bus, catholique. L’un des ouvriers pris pour cible survécut bien qu'ayant reçu dix-huit balles. Le South Armagh Republican Action Force revendiqua les faits peu après et déclara avoir agi en représailles contre le massacre de Reavey et O'Dowd le soir précédent, qui avait vu la mort de cinq civils catholiques. Il s’agit du dernier épisode d’une série d’attaques et de ripostes dans la région au milieu des années 1970, et du plus meurtrier.
En 2011, un rapport de l’Historical Enquiries Team conclut que les auteurs étaient membres de l’IRA provisoire malgré un cessez-le-feu déclaré et que la tuerie avait été préparée avant les massacres de la veille[1],[2],[3].
Le , l’IRA provisoire et le gouvernement britannique convinrent d’une trêve et entamèrent des négociations. L’IRA accepta de cesser les attaques contre les forces de sécurité britanniques et ces dernières mirent fin aux raids et fouilles des maisons civiles. Des protestations s’élevèrent parmi les plus radicaux des deux camps tandis que les forces de sécurité unionistes continuèrent à infiltrer l’IRA. Entre le début de la trêve et le massacre de Kingsmill, les paramilitaires loyalistes tuèrent vingt-cinq civils catholiques dans les comtés d'Armagh et de Louth[4],[5], alors que les milices catholiques abattirent quatorze civils protestants et seize membres des forces de sécurité.
Attaque
Le , peu après 17 heures 30, un minibus rouge ramenait seize ouvriers du textile de leur travail à Glenanne à leur domicile à Bessbrook. Cinq d’entre eux étaient catholiques, les onze autres étaient protestants. Quatre des catholiques descendirent à Whitecross pendant que les autres poursuivirent leur route. Au sommet d’une colline, le bus fut arrêté par un homme en uniforme de l’armée britannique brandissant une lampe-torche. Onze hommes masqués surgirent alors des fourrés. L’un d’eux leur ordonna de s’aligner à côté du bus, puis demandèrent qui était catholique. Richard Hughes, l’unique catholique présent, s’annonça comme tel alors que ses collègues, pensant avoir affaire à une milice loyaliste, tentèrent de l’en dissuader. Hughes reçut alors l’ordre de s’éloigner de la scène et de ne pas se retourner. Immédiatement après, la troupe fit feu sur les ouvriers restants[6].
L’enquête établit que les victimes furent abattues à l’aide de fusils AR-18 et L1A1, d’un pistolet 9 mm et d’une carabine M1. Un total de 136 balles furent tirées en moins d’une minute. Lorsque tous furent à terre, l’un des tireurs s’affaira à les achever chacun d’une balle dans la tête[7]. Dix moururent sur place tandis qu’un seul, Alan Black, survécut malgré dix-huit balles reçues. Hughes parvint à obtenir l’aide de passagers d’une voiture, qui l’emmenèrent au poste de police de Bessbrook. Alan Black fut, quant à lui, secouru par un couple qui passait près de la scène du massacre. Deux victimes étaient tellement défigurées que leurs proches ne purent les identifier formellement[8].