Massacre de Menemen

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VictimesCivils Turcs
Massacre de Menemen
Date 16, 17 juin 1919
Lieu Menemen, Empire ottoman
Victimes Civils Turcs
Type Massacre
Morts 200
Ordonné par Armée hellénique
Guerre Guerre gréco-turque (1919-1922)

Le massacre de Menemen est un massacre de populations civiles turques, perpétré par l'armée hellénique les 16 et . Cet événement survint dans ladite localité, peu après le débarquement des forces grecques aux environs de Smyrne, dans le contexte de l'occupation de territoires anatoliens par la Grèce au sortir de la Première Guerre mondiale.

Le préfet ottoman de Menemen, Kemal Bey, ainsi que les six gendarmes de son escorte, furent occis par des militaires hellènes au soir du premier jour. Ces meurtres constituèrent le prélude d’une série de massacres perpétrés le lendemain à l’encontre de la population civile de Menemen par une brigade crétoise, agissant avec la connivence d’éléments de la minorité grecque locale. Une commission interalliée, composée de quatre généraux représentant les Puissances, qualifia ces événements de massacre[1]. Ladite commission estima que ces exactions ne procédaient pas d’une décision de l’état-major grec, mais découlaient de la panique et de l’exaspération de troupes jeunes, encore meurtries par les événements survenus à Pergame (Bergama), et que leurs officiers se révélèrent incapables de maîtriser. À Pergame, en effet, des irréguliers turcs, après avoir repris la cité, avaient mis à mort les habitants turcs ayant antérieurement fait accueil aux Grecs, et avaient massacré et soumis à la question leurs prisonniers de guerre hellènes.

Le dénombrement des victimes civiles turques lors des événements du à Smyrne fait l’objet d’estimations divergentes selon les sources officielles de l’époque. Une fourchette chiffrée se dégage des rapports contemporains, allant de deux cents à un millier de morts. L’estimation la plus basse provient du rapport établi en par la Commission interalliée. Ce document, rédigé par des officiers britanniques ainsi que par les délégués médicaux des consulats britannique et italien à Smyrne, avance le chiffre de deux cents tués, s’appuyant notamment sur une enquête diligentée dès le lendemain par un officier français, laquelle faisait également état d’environ deux cents blessés. À l’opposé, une délégation conduite par le capitaine Charns, sur place dès le , avança le nombre de mille victimes. Le capitaine souligna, dans son compte rendu, le contraste saisissant entre ces pertes turques et l’absence totale de blessés, tant parmi la population civile grecque que dans les rangs militaires hellènes. Le rapport interallié d’ rejeta toutefois ce dernier chiffre, le qualifiant d’exagéré. Bien qu’il concédât qu’au moins une centaine de personnes avaient péri, il retint l’évaluation de deux cents morts. Par ailleurs, la commission écarta les assertions des militaires grecs, qui prétendirent avoir été attaqués dans la ville, n’y voyant qu’une tentative de justification[2]. Sa conclusion fut sans équivoque : la responsabilité entière de l’effusion de sang incombait aux forces grecques[3].

Les événements firent l’objet de protestations de la part du cheikh ottoman al-Islām[4]. Le démographe Justin McCarthy, rejetant les conclusions de la Commission interalliée, soutint que le massacre fut prémédité. Cette affirmation s’appuyait sur le constat qu’avant les assauts, toutes les demeures helléniques de la cité avaient été préalablement marquées de croix blanches et furent épargnées par les exactions, le pillage et la destruction[5].

Récits contemporains

Voir aussi

Sources

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