Mauméjean

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Signature de la maison sur un vitrail de l'église de Saint-Jean-Baptiste (es) de Arucas (îles Canaries).

Mauméjean est la signature en nom collectif de maîtres-verriers et mosaïstes, dont les activités se déroulent, dans leurs ateliers, sur trois générations.

Les Mauméjean forment une dynastie de maîtres-verriers qui s'est éteinte au milieu du XXe siècle :

  • Joseph Mauméjean né à Dax en 1809 et mort le , peintre sur faïence, est à l'origine de la lignée.
    • Jules Pierre Mauméjean (né en 1837 à Saint-Esprit. et mort en 1909 à Saint-Sébastien), peintre et maître verrier.
      • Joseph Jules Edmond Mauméjean, dit José (1869-1952), peintre et maître verrier.
        • Marie Mauméjean
        • Georges Mauméjean, (1902-1970), peintre sur verre.
        • Jean Simon Henri Mauméjean, dit Henri (1871- Madrid 1932), peintre et maître verrier.
        • Léon Ernest Thomas Mauméjean, dit Léon (1878- Paris 1921), peintre et maître verrier.
        • Marie-Thérèse, Gabrielle, Blanche Mauméjean, dite Thérèse
        • Charles Émile Joseph Mauméjean, dit Carl (1888 - Paris 1957), peintre et maître verrier.

Autre membres :

  • Xavier Mauméjean (1963-), écrivain.
  • Pamela Farland (1951-), artisan bijoutier.
  • Catherine Folatre (1944-) artiste peintre.

Histoire des Ateliers

L'histoire des ateliers est aussi celle des maîtres verriers de la dynastie Mauméjean.

Le fondateur

Vitrail réalisé en 1887 par Jules dans l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Cauterets.

Elle débute avec Jules Pierre Mauméjean qui devient peintre-verrier après avoir reçu sa formation artistique de son père Joseph et son grand-père maternel, Jacques Dufau, tous deux peintres sur faïence.

Il complète sa formation dans l'école des beaux-arts de Bordeaux et aux Beaux-Arts de Paris et divers ateliers de verriers.

En 1860 Jules Pierre Mauméjean, alors âgé de 23 ans, établit, à Pau, son premier atelier[1], la Manufacture Mauméjean dont la raison commerciale est : « Manufacture de vitraux pour églises et oratoires. Fournitures pour enseignes et étendards. Peintures murales. Installation de stores pour appartement remplaçant avantageusement les persiennes. »

En 1890 Jules installe un atelier à Anglet, dans le quartier des Sept-Cantons[2]. En 1893, l’atelier est déplacé à Biarritz[3].

Les ateliers de Jules Mauméjean équipent de vitraux bon nombre d’églises[4], d’établissements publics [5], et de maisons particulières, d'abord en Béarn et au Pays basque, puis, la notoriété venant, dans le Sud-Ouest. Ses relations avec les cercles madrilènes lui fournissent de nombreuses commandes si bien qu'il établit des ateliers (Madrid et Saint-Sébastien puis Barcelone) et finit par devenir le maître-verrier officiel de la Maison Royale d’Alphonse XII.

Les maîtres-verriers

Jules Pierre Mauméjean se marie avec Marie Honorine Lalanne et ils ont cinq enfants, tous nés à Pau : Joseph, Henri, Léon, Marie et Charles.

Les quatre garçons reçoivent de leur père une solide formation artistique et pratique qui fait d'eux d’habiles peintres sur verre. Tous complètent leur formation dans les écoles de beaux-arts de Bordeaux et Paris. L’aîné de la famille, Joseph, et son frère Henri sont des disciples de Jean Anglade[6]. Ils acquièrent une grande variété de savoir-faire en travaillant dans divers ateliers de verriers, à Paris et à Nancy.

Joseph, Henri et Carl travaillent en collaboration tandis que Léon fonde un atelier indépendant, à Paris.

Coupole de l'hôtel Palace à Madrid.

À partir de 1897, l’aîné de la famille, Joseph, puis son frère Henri, font de fréquents séjours à Madrid pour contrôler les divers ateliers espagnols[7], et y trouver de nouveaux clients que suscitait l'élan de restauration des édifices religieux, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Ils créent une société savante destinée à promouvoir l'art nouveau et le modern style, ce qui les conduit à travailler, avec des architectes contemporains tels que Gaudi.

Le , Jules Mauméjean, décède à Saint Sébastien. Il lègue l'ensemble de ses ateliers à ses fils. Dès lors, vers 1910, Joseph et Henri s'établissent en Espagne, ce qui les conduit à hispaniser leur nom en José Mauméjean et Henrique Maumejean. Charles se fait alors appeler Carl.

Les ateliers madrilènes sont organisés comme une usine moderne avec des bureaux d'études et de dessins, adossés à un important fonds documentaire[8] sur l'art gothique et classique destiné plus particulièrement à la restauration de vitraux anciens. La réalisation des vitraux est confiée à des équipes de verriers, chacun ayant sa spécialité, qui des visages, qui des mains, etc. Ce qui permettait de satisfaire rapidement de nombreuses commandes.

Eglise Saint-Dominique (chemin de croix, station n°1) - Paris 14e.

Ils œuvrent à la modernisation des techniques en allégeant les barlotières qui structurent les vitraux. Leur séjour dans les écoles et ateliers de verrier Nancéiennes leur permet d'introduire quelques importantes innovations telle que le cloisonné qui permet d'alléger et d'agrandir les panneaux et les cabochons de verre épais écaillés et taillés qui donnent du relief en créant des jeux de lumière.

L'atelier de San Sébastien se spécialise dans la mosaïque, technique dans laquelle Charles se distinguait tout particulièrement dans son atelier parisien.

En 1910, les frères Mauméjean créent un nouvel atelier à Paris[9] avec pour raison sociale : Mosaïque–Émaux de Venise, qui devient deux ans plus tard la Société Anonyme Mauméjean, au même endroit.

Peu après, ils ouvrent à Hendaye, un nouvel atelier qui, au fil du temps, a un grand succès commercial.

Pendant la Seconde Guerre mondiale et jusqu’en 1941, Joseph Mauméjean continue de diriger l’atelier de Madrid, et voyage au Maroc, où réside sa fille avec l’intention d’y établir un nouvel atelier, projet que son âge ne lui permettra pas de conduire à son terme. Henri qui dirigeait l’atelier de Madrid, meurt en 1932, en laissant la charge à son frère José qui meurt en 1952. Cinq ans plus tard, Carl meurt à Paris. La lignée des maîtres-verriers s’éteint avec son fils Georges mort en 1970. Xavier Mauméjean, petit-fils de Georges, est écrivain et éditeur. Pamela Farland, arrière-petite-fille d'Henri, est créatrice de bijoux et artisan[10].

Prix et récompenses

Les maîtres-verriers Mauméjean, œuvrent sur trois générations. Il fondent un véritable empire industriel dans un métier resté artisanal, ce qui leur permet de satisfaire de nombreuses commandes, pas seulement en France et en Espagne où ils s’étaient établis mais aussi dans le reste de l’Europe, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique.

Leurs productions tant religieuses que civiles, peuvent dénoter un discret engagement politique, contre le nazisme par exemple[11]. Ils ont participé à plusieurs expositions internationales, Madrid (1894), Paris (1925 et 1937), Philadelphie et Pampelune (1926), Milan et Madrid (1927), Séville (1930), etc. qui leur ont valu d'accumuler les récompenses.

Églises décorées par les Ateliers Mauméjean

Par ordre alphabétique de localités

EN FRANCE

  • Rodez (Aveyron)
    • Chapelle du Couvent des Sœurs Franciscaines
  • Sées (Orne)
    • Chapelle de l'ancien Grand Séminaire (1945)

À L'ÉTRANGER

Espagne

États-Unis

Île Maurice

Galerie

Notes et références

Annexes

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