Maurice Rolland

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Nom de naissance
Maurice Pierre Henri RollandVoir et modifier les données sur Wikidata
Maurice Rolland
Maurice Rolland
Fonctions
Président de chambre à la Cour de cassation
Cour de cassation
-
Conseiller (d)
Cour de cassation
-
Avocat général
Cour d'appel de Paris
-
Substitut du procureur général
Cour d'appel de Paris
-
Inspecteur général des services judiciaires (d)
Ministère de la Justice
-
Substitut du procureur de la République (d)
Tribunal judiciaire de Paris
-
Substitut du procureur de la République (d)
Versailles
-
Substitut du procureur de la République (d)
Reims
-
Procureur de la République
Provins
-
Substitut du procureur de la République (d)
Corbeil-Essonnes
-
Substitut du procureur de la République (d)
Laon
-
Juriste
Cour d'appel de Paris
-
Avocat
Cour d'appel de Paris
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Maurice Pierre Henri RollandVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Renaud, OlivierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinctions
Tombe de Maurice Rolland

Maurice Rolland, né le à Montauban et mort le à Paris, est un magistrat et résistant français, Compagnon de la Libération.

Formation et début de carrière

Fils du substitut du procureur de Montauban dans le Tarn-et-Garonne, Maurice Rolland naît dans cette ville le [1]. Après avoir obtenu une licence ès lettres, il décide de suivre les traces paternelles et passe un diplôme d'études supérieures en droit avec lequel il exerce comme avocat à la Cour d'appel de Paris[2],[3]. En 1927, il est admis dans le corps de la magistrature en tant qu'attaché titulaire[4].

Affecté comme substitut du procureur à Laon en 1930 puis à Corbeil en 1931, il devient ensuite procureur à Provins en 1935. Il redevient ensuite substitut, d'abord en 1936 à Reims puis en 1937 à Versailles où il se trouve encore au moment du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale[5],[6].

Seconde Guerre mondiale

Réformé du service national, il n'est pas mobilisé et conserve son poste. Cependant, face à l'avancée des troupes allemandes, il doit se replier à Guéret puis à Limoges[5]. Le , il est nommé substitut au procureur du tribunal judiciaire de Paris où il rencontre René Parodi[5],[6]. Bien qu'officiant sous les ordres du régime de Vichy et du procureur collaborationniste Maurice Gabolde, Maurice Rolland n'en a pas moins l'esprit de résistance et commence à réunir autour de lui des connaissances en désaccord avec les conditions de l'armistice du 22 juin 1940[5],[6]. Adhérent à l'Organisation civile et militaire en 1941, il effectue des missions de renseignement, abrite des agents britanniques et fabrique des faux documents en collaboration avec le réseau Samson et le réseau Résistance pour lequel il participe à l'édition d'un journal clandestin[5],[6],[7]. Parallèlement à ces activités clandestines, il poursuit son activité judiciaire principale et entre en conflit avec sa hiérarchie en se montrant clément avec les opposants anti-Vichy et anti-allemands jugés devant les sections spéciales, bien qu'il puisse se montrer parfois sévère avec les résistants communistes[5],[6]. En , avec son ami René Parodi, il crée et anime un groupe de magistrats résistants de la région parisienne. Il fonde ensuite le Comité de résistance judiciaire, lequel collabore avec le Comité général d'études d'Alexandre Parodi, frère de René, pour l'élaboration de notes sur les procureurs en poste et la préparation de réformes judiciaires à appliquer après la guerre[5],[6].

Après l'arrestation de René Parodi en et sa mort en avril suivant, plusieurs membres du réseau sont arrêtés[6]. Maurice Rolland continue cependant son action et, avec Marc O'Neill, coordonne différents groupes de patriotes et constitue des filières d'évasion pour lesquelles il crée de faux-papiers et met en place des refuges[5]. Mais l'étau des autorités se resserrant, Rolland prend un congé maladie et se réfugie dans le Jura[6]. En , il échappe de peu à l'arrestation et dois désormais passer dans la clandestinité totale[5],[6]. Le mois suivant, à Ramatuelle, il tente d'embarquer dans un sous-marin à destination d'Alger, mais son groupe est surpris par une patrouille allemande et doit se disperser[5],[6]. Remonté vers Paris, il parvient à embarquer à Compiègne à bord d'un Lysander et rejoint l'Angleterre à la fin du mois de [5],[6],[7].

À Londres, après avoir lancé sur Radio Londres un appel aux magistrats français à ne plus obéir aux ordre de Vichy, il travaille avec Pierre Laroque et Gilberte Brossolette sur la réorganisation de la Justice française[5],[6]. Il part pour Alger un mois plus tard et devient, pour le compte du Comité français de libération nationale, l'adjoint de François de Menthon en tant que directeur du personnel du commissariat à la Justice[5],[6],[4]. Après la Libération de Paris, il revient en France le et est nommé inspecteur général des services judiciaires[5],[6],[4]. À ce titre, il est notamment chargé de renseigner le GRPF sur l'attitude des magistrats français durant l'occupation[5],[6]. Sillonant la France libérée, il supervise les Cours de justice chargées du juger les collaborateurs et participe à l'application des nouvelles réformes de la Justice[6].

Après-Guerre

Le conflit terminé et l'appareil judiciaire réformé, Maurice Rolland reprend ses activités d'avant-guerre. Nommé Substitut du procureur général de la Cour d'appel de Paris en , il devient ensuite Avocat général auprès de cette même cour le à son retour de Madagascar où depuis le mois de mars de cette même année, il supervisait les procès consécutifs à l'Insurrection malgache de 1947[5],[6],[4]. Le , il est nommé conseiller à la Cour de cassation puis Président de la chambre criminelle de la Cour de cassation le [5],[6],[4].

Parallèlement à son activité principale, Maurice Rolland s'investit particulièrement dans des actions au service du gouvernement et de la Justice française et internationale. En 1956, lors des négociations menant à l'indépendance du Maroc, Alain Savary, secrétaire d'État chargé des affaires marocaines et tunisiennes, lui demande de faire partie de la délégation française[6]. Cofondateur et président de l'Association des juristes européens, il est également président de l'Association France-Israël des Juristes[5],[6]. Resté proche de ses anciens compagnons d'arme, il crée et préside l'Amicale des magistrats résistants[5],[6]. Le , il prend sa retraite de la Cour de cassation et en devient président honoraire de chambre[5],[6],[4].

Maurice Rolland meurt le à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris[2]. Après des obsèques célébrées en la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides, il est inhumé au cimetière des Batignolles[2].

Décorations

Hommages

Références

Voir aussi

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