Michel Juffé

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Michel Juffé
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Michel Juffé est philosophe Né en mars 1945, à Montpellier (France). Il enseigna notamment à l'Université Paris 8, à l'école nationale des ponts et chaussées et au CNAM Il écrit dans la Nouvelle Quinzaine Littéraire Il publie des livres sur des thèmes aux carrefours de la philosophie morale et politique, de la psychanalyse et de l'anthropologie sociale. Influencé par : Aristote, Spinoza, Nietzsche, Borges, Canguilhem, Simondon, Pérec...

Michel Juffé est un philosophe français, né le [1], à Montpellier.

Il se consacre aux problèmes d'éducation et de travail, puis aux questions d'éthique et de politique, et enfin d'écologie politique. Il est successivement professeur à l'école nationale des Ponts et Chaussées, professeur associé au Conservatoire national des Arts et Métiers puis professeur associé à l'université de Marne-la-Vallée.

Il effectue ses études secondaires au Lycée Rodin à Paris de 1956 à 1963.

Lors de ses études de philosophie à la Sorbonne (1963-1968), il passe son diplôme supérieur de philosophie, sur le thème de L'ontogenèse du comportement instinctif sous la direction de Gilbert Simondon. Reçu au CAPES de philosophie en 1969, il devient professeur de psycho-pédagogie dans une école normale de jeunes filles. Il donne des cours à l'Université Paris-VIII, au département de sciences de l'éducation, qui ouvre ses portes en et y devient assistant en 1972. Il examine la loi de 1971 sur la formation continue, en dirigeant l'enquête de terrain d'une étude sur son application[2]. Il dirige ensuite une étude portant sur le jeu des acteurs face aux accidents du travail dans les entreprises. Il examine deux cas : les houillères et les BTP. Il en tire un ouvrage, sous le titre À corps perdu[3].

Quittant Vincennes pour aller à Madagascar en , il devient durant deux ans enseignant de philosophie au centre universitaire de Tuléar. Il quitte Madagascar en pour le Togo, où il dirige une équipe pluridisciplinaire de chercheurs sur l'éducation alimentaire en Afrique de l'Ouest. Il rentre en France en 1981 et participe à l'équipe de DEA en sciences de l'éducation à Paris 8 - St Denis. Il part en mission pour l'UNESCO - Banque mondiale, en Guinée-Conakry, en vue de la création d'un système d'enseignement technique supérieur[4].

Il entre à l'école nationale des Ponts et Chaussées en 1986, comme professeur[1] de communication. De 1989 à 1998, il conseille le directeur de cette école. Il y devient, de 1992 à 2006, professeur de sociologie[1]. Il présente et anime des conférences-débats Aux frontières du savoir[5], par exemple avec Raymond Boudon : la sociologie est-elle une science rigoureuse ?[6] et crée un séminaire d'Éthique des entreprises et institutions (1995- 2002), traitant de cas (sang contaminé, OGM, déchets nucléaires, etc.) présentés par leurs protagonistes. Il conseille le directeur général de l'Institut géographique national pour l'adoption d'un « projet d'établissement ».

Il devient professeur associé à la chaire d'organisation du travail et de l'entreprise du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) de 1990 à 1997[1]. Cette période est marquée par une activité de conseil auprès du directeur général d'EDF (1990-1991), puis du président de l'institut Renault de la qualité et du management (1995-1997). Pour le conseil général de la Lozère il étudie, en 1994-1995, la possibilité d'implanter à Mende un institut national du développement rural (INDER).

De 1997 à 2004, il devient professeur associé à l'université de Marne-la-Vallée[1]. Il y enseigne la philosophie politique[1] et de 1999 à 2004, y devient directeur d'un DESS de « communication de l'entreprise et des institutions ».

Il entre au conseil général des Ponts et Chaussées (ministère de l'équipement), en , comme conseiller du vice-président du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD)[1],[7]. Il s'initie à l'écologie et aux questions de développement durable et territoires, expérience dont il tirera son ouvrage Quelle croissance pour l'humanité ?[8] paru en 2012. En , il devient membre du comité d'orientation de la stratégie nationale pour la biodiversité (SNB)[1].

Il devient vice-président (2011), puis président (2013-2016) du conseil scientifique de l'association française pour la prévention des catastrophes naturelles (AFPCN)[9],[10]. Il est également membre d'ICOMOS-France[1] et des amis de Cerisy-la-Salle[11].

Il écrit régulièrement, depuis 2016, dans la Nouvelle Quinzaine[12].

En 2016-2017, il participe à Paris VIII au séminaire international et interdisciplinaire de recherches spinozistes[13]. En 2017, il participe au séminaire Histoire du corps, objets, méthodes, à l'École des hautes études en sciences sociales[14].

En 2019, il crée, avec des associés, une maison d'édition - L'Elan des mots - destinée à des publications en philosophie, sciences humaines, écologie et judaïsme. Six titres sont parus entre 2020 et 2022.

En 2024, il entre dans la direction éditoriale du journal Quinzaines, anciennement La Quinzaine littéraire.

Une philosophie du désir : éthique, politique et écologie

La vague de le voit adhérer aux mouvements gauchistes des anti : anti-autorité, antipsychiatrie, anti-freudisme, etc. Après un survol rapide des pensées orientales (Inde, Chine) et du chamanisme amérindien, l'idée des trois niveaux (genres) de connaissance de Spinoza s'impose à lui. Ce parcours donne lieu en 1980 à une thèse de doctorat d'État ès lettres et sciences humaines (philosophie)[1], Le sens de l'éducation : de l'être au non-être[15],[16], associant, entre autres, Spinoza, Héraclite et le taoïsme.

Ses ouvrages s'orientent vers les questions du désir « essence de l'homme » et d'une éthique naturaliste, à partir d'Aristote, Spinoza, Darwin et Freud.

À une époque (années 1980 et 1990) où le thème de l'altérité succédait à ceux de la différence et de la rupture, il aborde la question du Même et de l'Autre, en tant que genèse des liens sociaux, avec son livre Les fondements du lien social : Le justicier, le sage et l'ogre[17]. Ce qui aboutit à trois degrés de conscience/connaissance : le sacrifice, l'échange et le don, ce dernier étant distinct de celui de la théorie du don/contre-don de Marcel Mauss. Y apparaissent les trois figures de l'Ogre, du Justicier et du Sage, et l'idée qu'elles n'existent jamais à l'état pur.

D'où s'ensuit une réflexion sur la filiation, qui aboutit à une critique du complexe d'Œdipe, étayée par les idées de Maria Torok et Nicolas Abraham sur la transmission inconsciente inter-générationnelle. Cette critique étend les questions de transmission culturelle consciente et inconsciente à l'ensemble de la constellation familiale, en prenant en compte un grand nombre de générations, ce qui est le cas des Cadmides, ancêtres d'Œdipe. Ce travail s'achève sur une « esquisse » de théorie de la possession, élargissant celle de l'abus sexuel. Il parait sous le titre La tragédie en héritage[18],[19].

Suivent diverses investigations et productions sur les liens entre philosophie et psychanalyse, l'idée persistante étant que philosophie et psychanalyse, même si leur plan d'insertion dans la réalité et dans la pratique sont différents, ont la même source : l'exploration du désir humain et sa réalisation heureuse. Cette perspective est illustrée par le thème de La perte, objet d'un colloque pluridisciplinaire à Cerisy, publié en 2005 aux Presses universitaires de France (PUF) sous le titre Expériences de la perte[20].

Enfin, cette exploration est marquée par la publication de deux ouvrages : Café-Spinoza (terminé en 2014, paru en ) et Freud-Spinoza, Correspondance (), tous deux voués à une théorie du désir orientée vers la « santé mentale », le « salut du peuple » et le « respect de la nature », avec l'alliance des principes monistes de Spinoza, des techniques psychanalytiques de Freud et de ses successeurs, et des travaux contemporains des biologistes et écologues.

Parmi ses publications figurent de nombreux articles[21],[22].

Réception

Ses premiers ouvrages font l'objet de recensions telles que celles, respectives, de À corps perdu, L'accident du travail existe-t-il ? qui souligne le « long questionnement de l'AT et l'effort d'invention d'une problématique nouvelle » de l'auteur[23] ; Les fondements du lien social: Le justicier, le sage et l'ogre, qui mentionne une « meilleure approche d'être ensemble »[17] et apprécie « son sens de la complexité du social, des mythes et des discours qui le traversent »[24] ; La tragédie en héritage, de Freud à Sophocle, qui salue « l'un des livres les plus originaux de l'année »[25],[19].

Les critiques sur son livre Sigmund Freud - Benedictus de Spinoza, Correspondance, 1676-1938 sont particulièrement positives, qualifiant ce texte de « passionnant exercice de fiction philosophique »[26], de « bel ouvrage », constituant de « véritables synthèses philosophiques et psychanalytiques, truffées de considérations politiques – sur le nazisme et Hitler »[27], dans lequel l'« exercice de style est époustouflant »[28] et qui « est à plus d’un titre un bonheur de lecture »[29],[30],[31],[32],[33]. Il est traduit en turc, aux éditions Métis[34] et en grec. De même, son ouvrage Café Spinoza a reçu un bon accueil[35],[36],[37].

Il s'est attaché, depuis 2018, à mieux comprendre ce qu'ont pu vivre les juifs de l'empire austro hongrois, jusqu'à sa dissolution et les effets de celle-ci, y compris le nazisme, jusqu'en 1945, date à laquelle la plupart des membres de sa famille paternelle ont disparu.

L'invasion de l'Ukraine (terre de ses ancêtres juifs, notamment en Galicie : Lviv, Ternopil) par la Russie le pousse à s'interroger sur ce que sont la nation et le peuple ukrainiens. Ce qui aboutit à un nouvel ouvrage, en collaboration avec Vincent Simon (historien), où l'on l'on remonte sur quelques siècles pour comprendre la plus brûlante et tragique actualité.

Œuvres

Références

Liens externes

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