Monarchie traditionnelle
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La monarchie traditionnelle est une forme de gouvernement prééminente durant une grande partie de l'histoire européenne, notamment au Moyen Âge et à l'époque moderne. Cette conception s'oppose tant à la monarchie constitutionnelle partisane qu'à la monarchie absolutiste. Elle se définit comme un régime structuré autour des principes du traditionalisme, s'organisant fondamentalement sur les institutions de la famille et de la propriété. Au Portugal, cette doctrine fut portée par le miguelisme sous la monarchie, puis par l'intégralisme lusitanien après l'avènement du régime républicain. Sa déclinaison brésilienne fut incarnée par le patrianovisme[1]. Ses tenants combattaient idéologiquement le pombalisme, l'absolutisme et le républicanisme[2],[3],[4],[5],[6], considérés comme des déviations de l'ordre social et politique organique qu'ils appelaient de leurs vœux.
Au sein de la couronne portugaise, l’institution monarchique fut érigée sous l’égide du premier souverain, avant de connaître une première éclipse durant l’union dynastique avec les Philippines. Son rétablissement advint en 1640, à la faveur de la Restauration de l’indépendance. Pour António Sardinha, cette époque constituait l’apogée du régime, conception qu’il partageait avec l’un de ses principaux inspirateurs, le conspirateur João Pinto Ribeiro. Ce dernier professait que la monarchie valait « par essence, indépendamment de la personne qui l’incarne ». Près d’un siècle plus tard, l’absolutisme s’affirma dans la gouvernance de Joseph Ier, exercée sous l’autorité effective du marquis de Pombal.
Dans le cadre d'une monarchie relevant d'une égide traditionnelle, l'autorité souveraine, bien que détenue par le monarque, s'exerce dans un système de gouvernement mixte. Le roi détient la plénitude des prérogatives régaliennes, tant pour le règne que pour le gouvernement effectif. Toutefois, cette puissance est tempérée par l'existence de plusieurs corps constitués. Ces instances — désignées sous le terme générique d'assemblées — regroupent les parlements (hauts tribunaux d'Ancien Régime), les corporations (associations professionnelles réglementées) et les institutions du municipalisme. Elles sont formées par des délégués issus des corps intermédiaires, c'est-à-dire des groupements naturels — tels que les ordres, les provinces ou les métiers — qui structurent organiquement la Communauté politique. Le rôle de ces assemblées est d'assumer conjointement avec le pouvoir central une part de l'administration des affaires de l'État.
Désignée sous l'appellation de « monarchie tempérée », cette structure politique se définit comme un régime où la puissance souveraine du monarque est bornée par l'existence d'un ou plusieurs contre-pouvoirs institutionnels. Cette conception, que la scolastique médiévale, notamment à travers les écrits de Thomas d'Aquin, tenait pour la plus excellente configuration gouvernementale, allie la stabilité monarchique à une limitation des prérogatives royales. En raison de son architecture institutionnelle, laquelle intègre une certaine délégation des divers ordres de la société, elle est pareillement nommée monarchie représentative. Néanmoins, le principe de l'hérédité demeure le fondement de la transmission de la couronne.

