Moto Guzzi Normale

Moto italienne 1921–1924 From Wikipedia, the free encyclopedia

La Normale est la première moto fabriquée en série par Moto Guzzi. Produite de 1921 à 1924, elle est dotée d'un moteur monocylindre à quatre temps disposé horizontalement : elle inaugure une architecture qui devient ensuite caractéristique de la marque, qui la décline pendant plusieurs décennies en diverses cylindrées.

Moto Guzzi Normale (1924).

Contexte historique

Carlo Guzzi, Giorgio Parodi et Giovanni Ravelli, trois jeunes italiens servant dans la même escadrille durant la Première Guerre Mondiale, forment le projet de créer ensemble un constructeur de motos après guerre. Giovanni Ravelli meurt accidentellement juste après la fin du conflit. Guzzi et Parodi sont donc les seuls à poursuivre le projet commun. Avec le soutien de la famille Parodi, ils créent en 1920 un prototype, dénommé GP, puis en 1921 la société Moto Guzzi. Cette même année, ils lancent le premier modèle de série de la marque : la Normale.

Le prototype GP (1920)

Prototype GP (1920).

Ce prototype conçu essentiellement par Carlo Guzzi est un concentré de choix techniques très avancés pour l'époque[1] :

  • le moteur est un monocylindre quatre temps fabriqué à base d'alliage léger. Il est en outre doté d'une distribution par engrenages avec quatre soupapes et un arbre à cames en tête, tous dispositifs alors extrêmement rares dans l'industrie automobile. Sa disposition, horizontale, est elle aussi quasiment unique : elle a été choisie car elle facilite le refroidissement par air et permet d'abaisser le centre de gravité de la machine.
  • un grand volant d'inertie est disposé en externe au moteur, ce qui permet de réduire le volume du carter.
  • le système de lubrification est également très innovant : il est alimenté par un réservoir externe et une pompe accouplée à l'arbre à cames, et le circuit permet de lubrifier tous les organes le nécessitant, y compris la chaîne de transmission finale.
  • l'allumage est assuré par deux bougies, configuration probablement inspirée de solutions aéronautiques.
  • le cadre à double berceau est réalisé à base de tubes. Il est rigide à l'arrière et équipé d'une fourche Girder à double ressort à l'avant.
  • le freinage est présent sur la seule roue arrière. La roue avant porte une roue dentée permettant d'installer un compteur de vitesse.

Construite à un seul exemplaire en 1920, la GP développe 12 ch et atteint 100 km/h : elle convainc la famille Parodi de financer la création et le développement de Moto Guzzi.

La Normale (1921-1924)

Normale de 1921, avec pompe à huile manuelle.

Si la Normale, premier modèle de série de la marque, est directement inspirée de la GP, elle en diffère sur plusieurs points importants visant à en faciliter la production et en limiter le coût[2] :

  • la distribution du moteur n'a plus que deux soupapes et devient semi culbutée : un soupape latérale et une culbutée. Cette architecture est alors déjà répandue, mais Moto Guzzi l'utilise différemment de la plupart de ses concurrents : c'est la soupape d'échappement qui est culbutée, et celle d'admission qui est latérale[3].
  • la lubrification est, comme c'est l'usage à l'époque, manuelle.
  • l'allumage est simple (et non plus double).
  • la partie arrière du cadre est simplifiée.
  • aucun dispositif pour compteur de vitesse n'est prévu.

Le moteur, alimenté par un carburateur Amac 15 PSY de " et avec un taux de compression de 4 :1, délivre 8 ch à 3 200 t/min.

La moto, dotée de roues et pneus alors classiques (26x2.25) et d'une boîte de vitesses à trois rapports, est annoncée comme pesant 130 kg et capable d'atteindre 85 km/h. Elle est proposée uniquement en vert olive avec quelques liserés dorés et arbore sur son réservoir l'emblème en forme d'aigle, symbole tout nouvellement créé de la marque.

L'équipement de la Normale comprend notamment une béquille centrale, une selle monoplace, un porte-bagages et une trousse à outils disposée dans une boîte métallique au-dessus du réservoir, mais il n'y ni éclairage ni frein avant. Le démarrage se fait au kick.

La Normale bénéficie de plusieurs améliorations entre 1922 et 1924 : lubrification automatique par pompe reliée à l'arbre à cames, double allumage proposé en option, optimisation des ailettes du cylindre, augmentation de la puissance à 8,5 ch par accroissement du taux de compression à 4,7 :1, etc.

Dix sept exemplaires sont produits en 1921. Le rythme de fabrication augmente ensuite rapidement et plus de 2 000 exemplaires sont vendus entre 1921 et 1924.

La galerie ci-dessous donne des précisions visuelles sur la configuration matérielle de la Normale et son moteur.

La Normale en course

Le succès de la Normale ainsi que sa réputation de performance et de fiabilité sont largement dus à ses résultats en compétition d'endurance[2]. Dès 1921, des Normale, légèrement modifiées par rapport au modèle commercialisé, participent à des épreuves d'endurance sur route notamment la course Milan-Naples, accomplie en 22 h, et la Targa Florio Motociclista, première victoire de la marque.

En 1922, Moto Guzzi, avec des Normale, remporte le trophée par équipe du Circuito del Lario, ses machines prenant les 2ème, 5ème, 11ème , 12ème et 14ème places. La marque fait paraitre cet excellent résultat dans la presse quatre jours après.

Ces performances convainquent Moto Guzzi de l'intérêt à développer des modèles sportifs et de participer très régulièrement à diverses compétitions. La marque brillera notamment dans les catégories de 250 à 500 cm3 jusqu'au milieu des années 1950.

Descendance

L'architecture monocylindre quatre temps en position horizontale inaugurée avec la Normale va caractériser les modèles les plus puissants puissants de Moto Guzzi des années 1920 jusqu'au début des années 1960[4].

Dès 1922, Moto Guzzi crée un modèle de course, la C2V[5], monocylindre entièrement culbuté à deux soupapes, puis, en 1924, la C4V culbutée à quatre soupapes[6] : elles inaugurent une longue lignée de modèles dédiés à la course dotés d'un monocylindre horizontal.

En 1923, annonce la remplaçante de la Normale[7] : la Sport 500, constituée d'un moteur semi culbuté dérivé de celui de la Normale dans un cadre de C2V[6].

Moto Guzzi continue d'utiliser cette configuration de monocylindre horizontal à quatre temps pendant plusieurs décennies en la déclinant de 160 à 500 cm3 :

  • en compétition, avec notamment en 500 cm3 les Condor, Dondolino[8] et Gambalunga[9] et, en 250 cm3, l'Albatros[10].
  • sur les modèles grand public, avec notamment les Sport (500/14/15[11])[12], vendues à plus de 14 000 exemplaires entre 1924 et 1939, la gamme S/GTS et V/GTV[13], vendue à près de 16 000 exemplaires entre 1934 et 1949, ou encore l'Airone[14], vendue à près de 27 000 exemplaires entre 1940 et 1961. Le Galletto, modèle intermédiaire entre une moto et un scooter[15], est équipé, à son lancement, de la plus petite variante de ce type de moteur (160 cm3, culbuté)[16].

Le dernier modèle avec ce type d'architecture, un Nuovo Falcone[17], est fabriqué en 1976.

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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