Médias aux Samoa
From Wikipedia, the free encyclopedia
Les médias aux Samoa sont ceux d'un petit État insulaire en développement en Océanie, indépendant depuis 1962 de la Nouvelle-Zélande. Les Samoa sont une démocratie parlementaire où la liberté de la presse est généralement respectée et où il existe des médias indépendants et critiques envers le gouvernement. Le pays, archipel dont la surface totale est de 2 944 km2, a une population de quelque 220 000 habitants dans les années 2020.
Médias
Presse écrite
La presse écrite compte deux journaux. Le quotidien Samoa Observer (en), fondé en 1978, est un média privé, publié en anglais. Il a acquis une réputation à la fois pour sa ligne éditoriale indépendante, pour sa défense de la liberté de la presse et pour la qualité de son journalisme[1].
L'hebdomadaire Savali, fondé en 1906, est une publication du gouvernement, en format bilingue (anglais et samoan)[1]. Selon Reporters sans frontières, cet hebdomadaire « s’attache surtout à mettre en valeur les actions du gouvernement »[2].
À ces deux organes de presse s'ajoute la presse exclusivement en ligne, comprenant trois sites web d'information, médias privés : le Talamua Online News, le Newsline Samoa et le Samoa Global News. Tous trois sont publiés en anglais[1].
Radio
Il existe une douzaine de chaînes de radio indépendantes en plus d'une chaîne de radio publique. La chaîne publique, Radio 2AP, fondée en 1947 pour être le média de radiodiffusion national public, dépend du ministère des Technologies de l'information et de la communication. Elle diffuse en langue samoane. Sa raison d'être est multiple : prévenir la population en cas de catastrophes naturelles ; informer la population des événements nationaux et océaniens ; et promouvoir la culture des Samoa et ses traditions. Elle est diffusée à la fois par radio AM (depuis 1947), par radio FM (depuis 2019) et sur Internet (depuis 2020), ce qui lui permet d'atteindre la diaspora établie principalement en Nouvelle-Zélande et en Australie ; elle est reçue également aux Samoa américaines et aux Tokelau[3].
Radio Polynesia (en) est la principale de la douzaine de stations de radio privées. Fondée en 1989, elle diffuse sur cinq chaînes en radio AM (trois en samoan, deux en anglais), proposant des actualités locales et, surtout, de la musique. Il existe en outre plusieurs stations de radio opérées par des Églises chrétiennes samoanes[3].
Radio Samoa n'est pas une station de radio mais un site web indépendant, basé à la fois à Apia et à Auckland (où se trouve la majeure partie de la diaspora), et diffuse des programmes d'information en samoan[3].
Les Samoa reçoivent par ailleurs Radio Australia et Radio Chine internationale[3].
Télévision
Il existe dix chaînes de télévision samoanes, dont cinq opérées par des Églises. La chaîne publique est TV9, fondée en 2019, qui diffuse en samoan et en anglais et dont les finalités sont les mêmes que celles de la radio publique Radio 2AP. Elle diffuse également les débats parlementaires en direct. Les chaînes privées non-religieuses sont TV1 (en anglais), TV3 (bilingue), Moana TV (bilingue et payante), ainsi que la chaîne bilingue NUSTV de l'université nationale des Samoa[4].
La TV1, résultant de la privatisation en 2008 de l'ancien organisme public Samoa Broadcasting Corporation, et appartenant à l'entreprise Samoa Quality Broadcasting, couvre les événements culturels et sportifs et crée ses propres programmes de divertissement et d'information. Outre ses propres programmes, elle diffuse des programmes de la chaîne CGTN, chaîne de télévision publique chinoise dépendant du Parti communiste chinois[4],[2].
Médias sociaux
Quelque 67 % de la population utilise Internet au début des années 2020[5].
Le média social Facebook est utilisé par les médias, par le gouvernement, par des organisations de la société civile et par la diaspora. Il s'est toutefois avéré être un important vecteur de désinformation, notamment de théories du complot antivax qui ont contribué à provoquer l'épidémie de rougeole de 2019 aux Samoa, mais aussi de désinformation lors des campagnes électorales[6].
Liberté de la presse
La Constitution des Samoa garantit la liberté d'expression, sans faire mention explicitement de la liberté de la presse.
Reporters sans frontières classe le pays 19e sur 180 pour la liberté de la presse en 2023, et 22e en 2024, mais seulement 44e en 2025, notant que « [m]algré la vivacité de certains groupes de presse, la réputation de cet archipel en tant que modèle régional de la liberté de la presse a souffert, ces dernières années, des pressions autoritaires de l'ancien Premier ministre » Tuilaepa Sailele Malielegaoi « et d'un parti politique au pouvoir pendant quatre décennies, jusqu’en 2021 », à savoir le Parti pour la protection des droits de l'homme (PPDH). Reporters sans frontières souligne que le Premier ministre Tuilaepa a criminalisé en 2017 la diffamation « pour s’attaquer aux journalistes qui oseraient critiquer les membres du gouvernement » et a refusé tant de répondre aux questions de journalistes que de mettre à leur disposition les informations publiques permettant la transparence démocratique. Mais le recul du pays dans le classement international est surtout dû à deux facteurs : d'une part la mauvaise santé de l'économie des Samoa, qui selon RSF menace la pluralité et l'indépendance des médias, et d'autre part les menaces de particuliers contre des journalistes en 2025[2],[7],[8]. En effet, dans un contexte de tensions politiques en 2025 aboutissant à des élections législatives anticipées, Civicus (en) note que des journalistes couvrant la crise politique ont été harcelés et menacés par des particuliers sur les réseaux sociaux[9]. Pour autant, cette 44e place fait des Samoa le quatrième pays le mieux classé en Océanie, derrière la Nouvelle-Zélande (16e), l'Australie (29e) et les Fidji (40e), et classe le pays devant par exemple l'Italie (49e), les États-Unis (54e) ou encore le Japon (66e)[2],[8].
En 2024, le premier Index de la Liberté de la Presse dans le Pacifique, publié par le Pacific Freedom Forum, classe les Samoa 4e sur les quatorze États océaniens qu'il couvre, derrière les Palaos (1re), Niué (2e) et les Îles Cook (3e), trois micro-États non-couverts par Reporters Sans Frontières[10],[11].
En , estimant que certains articles du Samoa Observer ne lui sont pas favorables, le nouveau Premier ministre La'auli Leuatea Schmidt interdit à ce journal d'assister aux conférences de presse du gouvernement, de lui poser des questions de quelque manière que ce soit et d'en poser aux ministres de son gouvernement[12],[13].