NBMR-1

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Le Fiat G.91, gagnant de la compétition liée à la spécification NBMR-1.

Le NBMR-1, pour NATO Basic Military Requirement 1 (en français : Nécessité militaire basique no 1 de l'OTAN), était un document produit par un comité de l'OTAN dans les années 1950 détaillant les spécifications de conception de futurs avions de combat.

Les nécessités faisaient appel à un « chasseur d'attaque tactique léger » (en anglais : Light-Weight Tactical Strike Fighter, ou LWTSF), capable d'emporter à la fois des armes conventionnelles ou nucléaires depuis des aérodromes peu préparés et ne nécessitant qu'une maintenance modeste.

En , le commandement suprême de l'OTAN, réalisant que quelques chasseurs chers et complexes disposés sur quelques bases aériennes étaient très vulnérables en cas d'attaque nucléaire, publia une spécification pour la conception d'un nouvel avion de soutien tactique léger[1]. Les constructeurs aéronautiques des divers pays de l'OTAN furent invités à soumettre leurs propositions de conception pour un futur Light Weight Strike Fighter. Le but de la compétition était de produire un avion qui était léger, de petite taille, et équipé d'un armement et d'une avionique basiques. Il devait également être capable d'opérer depuis des aérodromes dispersés et ne nécessiter qu'un soutien terrestre réduit.

Les nécessités techniques étaient les suivantes :

  • Distance de décollage de 1 100 m pour un obstacle de 15 m ;
  • Capacité à décoller et atterrir depuis des pistes en herbe et des routes ;
  • Vitesse maximale de Mach 0,95 ;
  • Rayon d'action de 280 km avec un temps sur cible de 10 minutes ;
  • Blindage pour le pilote et les réservoirs de carburant ;
  • Quatre mitrailleuses de 12,7 mm ou deux canons de 30 mm ;
  • Une masse n'excédant pas 2 200 kg à vide et 4 700 kg au maximum[2].

Le défi de fournir un moteur qui corresponde aux besoins de légèreté et de puissance, ainsi que de fiabilité et de facilité de maintenance, fut résolu par l'emploi du turboréacteur Bristol Siddeley Orpheus. Le développement de ce moteur fut financé par le programme américain mutuel de développement d'armement (en anglais : Mutual Weapons Development Program), qui était une façon pour les États-Unis de soutenir l'achat d'armement pour les membres de l'OTAN[3] dans le cadre du Mutual Defense Assistance Act.

Propositions et sélections

Des concepts furent proposés par les constructeurs de nombreux pays de l'OTAN, incluant la France, l'Italie et les États-Unis. Des concepts devaient être disponibles dans les deux mois avant la compétition et soumis à l'AGARD, sous la direction de Theodore von Kármán. Le comité évalua huit projets, incluant l'Aerfer Sagittario II (Italie), le Breguet Br.1001 Taon (France), le Dassault Mystère XXVI (France), le Fiat G.91 (Italie), le Northrop N-156 (États-Unis) et le SNCASE SE.5000 Baroudeur (France)[1]. Bien que son développement soit considéré comme un facteur ayant motivé l'OTAN à publier la spécification, le Folland Gnat lui-même ne fut pas évalué dans la compétition[4].

La sélection des projets débuta le et nécessita dix-huit mois pour être effectuée, le premier résultat étant annoncé le . Les projets gagnants étaient, dans l'ordre : Le Breguet Br. 1001 Taon, le Fiat G.91 et le Mystère XXVI[1]. Des prototypes de chacun de ces appareils furent commandés. Le premier G.91 vola le depuis l'aérodrome de Caselle, au nord de Turin, entre les mains du chef pilote d'essai Riccardo Bignamini[5]. Gérard Muselli fit voler le premier Mystère XXVI, désormais renommé Étendard VI, le depuis l'aérodrome de Melun-Villaroche. Le Breguet Taon suivit le .

Les trois concurrents furent envoyés subir des essais d'évaluation au centre d'essais en vol de Brétigny-sur-Orge, en France, en . L'avion italien se montra être le plus impressionnant des trois. Par conséquent, en , il fut officiellement déclaré gagnant de la compétition[1],[5].

Conséquences

Notes et références

Voir aussi

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