National Conservatism Conference
conférence politique nationale-conservatrice
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La National Conservatism Conference (NatCon), parfois désignée en français sous le nom de Conférence du conservatisme national[1],[2],[3], est une conférence politique organisé par la Fondation Edmund Burke et le Conservative Partnership Institute (en), sous la direction de Yoram Hazony et David Brog (en). Elle promeut l'idéologie nationale-conservatrice et le populisme de droite. Elle est souvent associée au trumpisme.
Ses éditions, tenues depuis 2019 dans diverses villes comme Londres, Washington, D.C. ou Bruxelles, rassemblent des figures politiques de droite et d'extrême droite.
Organisation et financement
La National Conservatism Conference (NatCon)[4] est organisée depuis mai 2019[5] par la Fondation Edmund Burke et le Conservative Partnership Institute (en)[6]. L'événement est dirigé par Yoram Hazony et David Brog (en)[7].
Elle est partiellement financée par le milliardaire Peter Thiel[8], qui est notamment conférencier principal lors de l'édition de juillet 2019 à Washington, D.C[9],[10]. Lors de cette conférence, Thiel critique Google, accusant l'entreprise de trahison pour sa collaboration avec la Chine sur le projet de moteur de recherche Dragonfly simultanée à l'arrêt de sa collaboration avec le gouvernement américain sur des programmes destinés au développement d'armes autonomes[9],[7].
La NatCon se tient dans diverses villes comme Londres (2019[5], 2023[11]), Washington (2019[9],[10], 2024[12], 2025[13]), Rome (2020[14]), Orlando (2021[4]) et Bruxelles (2022[15], 2024[15],[16],[17]).
Positionnement idéologique et thèmes abordés
La NatCon promeut l'idéologie nationale-conservatrice et le populisme de droite[9],[18], et est considérée comme trumpiste[8],[9]. Plusieurs médias la positionnent à droite[19],[20],[21], tandis que d'autres la positionnent à l'extrême droite[22],[15],[23]. Byline Supplement (en) la considère comme « une passerelle entre l'extrême droite et la droite classique »[24]. Pour les politologues Rogers M. Smith et Desmond King, elle fait office d'alternative plus trumpiste à la Conservative Political Action Conference[8].
Plusieurs journalistes notent que les discours lors de la NatCon 2023 mettent en avant le rejet des droits des personnes trans et l'opposition à l'immigration[25],[24].
Les questions d'identité nationale occupent également une place importante dans les discours des participants. L'auteur Douglas Murray déclare lors de son discours de 2023 qu'« Il n'y avait rien de mal au nationalisme en Grande-Bretagne, c'est juste qu'il y avait quelque chose de mal au nationalisme en Allemagne. Je ne vois pas pourquoi personne n'aurait le droit d'aimer son pays simplement parce que les Allemands ont tout gâché deux fois en un siècle »[25],[26],[24]. De même, lors de son discours de 2024, J. D. Vance défend l'idée que les États-Unis « ne sont pas une simple idée » mais une « nation »[27],[28].
Les participants expriment des positions contrastées concernant l'héritage de Margaret Thatcher. Tandis que certains intervenants, comme Christopher DeMuth (en), louent l'héritage de Thatcher, d'autres, comme la journaliste Juliet Samuel ou la commentatrice politique Melanie Philips (en), critiquent le néolibéralisme thatchérien et prônent une rupture avec cette idéologie[29],[30].
En 2025, malgré le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et la présence de plusieurs figures du mouvement dans l'administration (notamment J. D. Vance comme vice-président et une vingtaine d'intervenants de l'édition 2024 occupant désormais des postes dans l'administration Trump II), des divisions internes apparaissent au sein de la conférence. Les questions de politique étrangère opposent les isolationnistes aux interventionnistes, particulièrement concernant le soutien à Israël dans la guerre à Gaza et à l'Ukraine dans la guerre qui l'oppose à la Russie, ainsi que l'intervention américaine lors de la guerre Iran-Israël des Douze Jours[13].
Le mouvement fait également face à des tensions avec la droite tech de la Silicon Valley, notamment sur les questions d'intelligence artificielle et de transhumanisme. L'absence de Peter Thiel témoigne selon Mediapart de ces fractures au sein du mouvement national-conservateur[13].
Participants
Parmi les participants notables figurent Ted Cruz et Marco Rubio lors de l'édition d'Orlando en 2021[4], Viktor Orbán qui intervient à Rome en 2020[14] et à Bruxelles en 2024[15], ainsi que les conservateurs britanniques Jacob Rees-Mogg, Suella Braverman, Michael Gove et David Frost lors de l'édition londonienne de 2023[5],[11],[31]. J. D. Vance participe aux conférences de Londres en 2023[31] et de Washington en 2024[27],[28], tandis que Nigel Farage et Éric Zemmour interviennent à Bruxelles en 2024 aux côtés de représentants de partis comme le Vlaams Belang et Droit et justice[15],[16],[17]. Daniel Kawczynski, député britannique membre du Parti conservateur, est réprimandé par son parti pour sa participation en 2020[14].
Plusieurs think tanks conservateurs participent également, parmi lesquels le Bow Group, le Centre for Digital Assets and Democracy, l'Alliance for Responsible Citizenship (en) et l'Institut du Danube (en)[25].
Opposition
Lors de l'édition de 2023 à Londres, l'événement est perturbé par Extinction Rebellion, qui dénonce le « fascisme »[32],[22],[33]. L'année suivante, des protestations émergent à Bruxelles contre la tenue de la conférence de la part de la Ligue des droits humains et de la Coordination antifasciste belge[20],[15],[34].
Restriction d'accès aux médias
En 2024, la NatCon refuse l'accès aux médias progressistes OpenDemocracy, Byline Times (en) et Novara Media (en), invoquant une forte demande, malgré des places disponibles[11],[22].
Sociologie du public
Fermeture temporaire par les autorités belges en 2024
Le 16 avril, la police est ordonnée par le maire de Saint-Josse Emir Kir de fermer la National Conservatism Conference peu après son début, afin de prévenir des troubles à l'ordre public. La fermeture est critiquée par le Premier ministre belge Alexander De Croo, qui y voit une atteinte à la liberté d'expression[20],[17],[34]. Le Conseil d'État autorise la reprise de la NatCon après un recours juridique d'urgence[21],[40],[23].