Neubois

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Neubois
Gereuth
Neubois
Vue sur le village.
Blason de NeuboisGereuth
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Collectivité territoriale Collectivité européenne d'Alsace
Circonscription départementale Bas-Rhin
Arrondissement Sélestat-Erstein
Intercommunalité Communauté de communes de la Vallée de Villé
Maire
Mandat
Marie Odile Uhlerich
2020-2026
Code postal 67220
Code commune 67317
Démographie
Population
municipale
646 hab. (2023 en évolution de −7,45 % par rapport à 2017)
Densité 57 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 18′ 25″ nord, 7° 20′ 23″ est
Altitude Min. 219 m
Max. 855 m
Superficie 11,42 km2
Type Bourg rural
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Sélestat
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Mutzig
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Liens
Site web neubois.frVoir et modifier les données sur Wikidata

Neubois (Gereuth en allemand) est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

La récompense "Ville Fleurie", également connue sous le nom de "Villes et Villages fleuris, anciennement appelée concours, a été créée en 1959 en France pour promouvoir le fleurissement, l'environnement de vie et les espaces verts.

Localisation

La commune de Neubois se trouve sur la rive droite du Giessen (le Comte-ban) un peu avant le confluent du val de Villé et du val de Lièpvre. Le finage présente trois territoires bien distincts :

  • une partie de la vallée alluviale du Giessen, celle-ci atteignant ici 500 mètres de largeur à 220 mètres d'altitude ;
  • le glacis peu incisé qui s'étend jusqu'à 300 mètres d'altitude ;
  • la vaste partie montagneuse qui englobe tout le massif de l'Altenberg : château du Frankenbourg, 703 m ; rocher du Coucou, 856 m ; Altenberg, 711 m ; Roche des Fées, 777 m.

Neubois domine d'une part les villages de Dieffenbach-au-Val, Neuve-Église et Breitenau et, d'autre part, les premières localités proches de la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines : La Vancelle, Rombach-le-Franc. Cette configuration particulière, née de l'histoire ancienne (ancienne forêt du Comte-Ban) vaut à la commune de posséder avec ses 1 142 ha l'un des finages les plus vastes du canton, juste après ceux de Breitenbach et d'Urbeis.

Communes limitrophes

Hameaux

  • Hirtzelbach : avant 1815, Hirtzelbach était une commune à part entière. Ce n'est qu'à partir de cette époque qu'elle a été rattachée à la commune de Neuve-Église.

Hydrographie

Réseau hydrographique

La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le Giessen et le ruisseau le Lutterbach[1],[Carte 1].

Le Giessen, d'une longueur de 34 km, prend sa source dans la commune de Urbeis et se jette dans l'Ill à Ebersmunster, après avoir traversé 18 communes[2]. Les caractéristiques hydrologiques du Giessen sont données par la station hydrologique située sur la commune de Thanvillé. Le débit moyen mensuel est de 1,39 m3/s[Note 1]. Le débit moyen journalier maximum est de 30 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 31,6 m3/s, atteint le même jour[3].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Neubois[Note 2].

Gestion et qualité des eaux

Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Giessen Lièpvrette ». Ce document de planification concerne les bassins versants du Giessen et de la Lièpvrette. Son périmètre s’étend sur 317 km2. Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Syndicat des eaux et de l'assainissement Alsace Moselle[4].

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site dédié géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité[Carte 2].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[5]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[6]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental[7] et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée (1 500 à 2 000 mm/an) en toutes saisons et un hiver rude (moins de 1 °C)[8]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[9],[10].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,3 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 891 mm, avec 9,4 jours de précipitations en janvier et 10,2 jours en juillet[5]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Villé à km à vol d'oiseau[11], est de 11,3 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 957,7 mm[12],[13]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,5 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −19 °C, atteinte le [Note 3].

Urbanisme

Typologie

Au , Neubois est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[14]. Elle est située hors unité urbaine[15]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sélestat, dont elle est une commune de la couronne[Note 4],[15]. Cette aire, qui regroupe 37 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[16],[17].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (81,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (81,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (81,1 %), prairies (10,4 %), zones agricoles hétérogènes (4,5 %), zones urbanisées (4 %)[18]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Géologie

La géologie du ban communal de Neubois révèle à la base du Permien (assise de Kohlbaechel : des conglomérats et arkoses, lits argileux) épais de 280 mètres environ, qui ont donné naissance aux glacis peu pentus, typiques du Comte-Ban. Le massif de l'Altenberg est constitué par les fortes couches de grès vosgien du Trias, épaisses ici de 240 mètres, elles-mêmes coiffées par le conglomérat principal (ou poudingue) épais d'une trentaine de mètres. Ces formations présentent la morphologie caractéristique des grès : pentes abruptes, gros éboulis, tables ruiniformes (falaise du Rocher du Coucou, de la Roche des Fées, de la Salière). Ce massif gréseux de l'Altenberg permet d'observer toutefois d'intéressants phénomènes tectoniques : le Schlossberg (château du Frankenbourg) est séparé du Rocher du Coucou par un col bien visible dans la topographie. Il s'agit là d'une faille qui a fait s'effondrer le compartiment du Frankenbourg d'une cinquantaine de mètres. Cette fracture touchant le grès vosgien est post-triasique ; ce qui montre la poursuite à cette période de l'effondrement du bassin de Villé. Il en est de même du sommet de l'Altenberg lui aussi détaché de la ligne de crête du Coucou par une faille bien visible. Cette subsidence du bassin de Villé est confirmée par une observation plus générale de la couche de grès sur l'ensemble du massif vosgien. L'on a observé que le grès vosgien, très épais dans les Vosges du Nord, diminuait progressivement d'épaisseur vers le sud (250 mètres - 230 m de grès et 30 m de conglomérat) est donc anormale dans le cadre de cette diminution. Cette anomalie s'explique par l'enfoncement du bassin de Villé tout au long du dépôt de ces couches.

Carrières

Entrée du village de Neubois par la D 697.

Il existait autrefois sur le ban de la commune de Neubois des carrières de grès. Les blocs extraits de ces carrières servaient à la construction de maisons, de ponts et autres ouvrages dans la vallée ou en dehors. La principale carrière était située dans le massif de l'Altenberg, près du sommet qui domine le village de Neuve-Église. Une petite forge fonctionnait même à proximité. Le chemin forestier qui y conduit est encore appelé de nos jours « Schmiedgasse ».

Mines

Une petite exploitation de minerai de fer est indiquée à partir de 1842 au lieu-dit Heyeris Eck situé sur le versant de La Vancelle et du massif de l'Altenberg. On ne connaît pas précisément l'emplacement du site.

Toponymie

La première mention connue de Neubois, Gerüte remonte, comme pour tous les villages situés au pied du château du Frankenbourg à l'année 1336. Ce toponyme germanique se retrouve dans les décennies suivantes sous la forme de Krütt, Kritt...
À partir du XVIIe siècle le nom est francisé ; dans un recensement des familles de la paroisse de Neuve-Église, le curé Wilette cite le village sous le nom de Le Neufbois, orthographe que l'on retrouve d'ailleurs sur la carte de Cassini au XVIIIe siècle. Ce Neufbois est ensuite transformé en Neubois, mais a entre-temps retrouvé son nom allemand en 1871-1918 et 1940-1944.

Neubois est le nom de lieu français, « bois nouveau », qui a remplacé Gereuth[19], du germanique Geruth « terre en friche ».

En alsacien Neubois se dit Kritt. Neubois est aussi la traduction de Novlla pris pour Novalia, « terre en friche » en allemand au Moyen Age (Gerutte ou Gerreuth). La Gereuth ou Geraydt était un district forestier dont un ou plusieurs villages avaient le libre usage.

Histoire

Un village occupé dès l'antiquité

Les hauteurs surplombant le village de Neubois sont occupées et fréquentées dès l'antiquité, comme en témoigne le mur protohistorique qui longe le cône du massif du Schlossberg où se dresse aujourd'hui le château du Frankenbourg. C'est sur ce même site dominant l'entrée des vallées de Villé et de Sainte-Marie-aux-Mines ainsi que la route du Piémont, qu'est édifié le château du Frankenbourg, siège de l'autorité du Grafenbannen ou Comte-Ban.

L'histoire de Neubois est intimement liée avec celle du Comte-Ban

L'histoire de Neubois se confond avec celle du Comte-Ban et du château du Frankenbourg dont les imposantes ruines dominent le bourg. Village-clairière à ses débuts, Neubois dépend d'abord des comtes de Frankenbourg. Il passe ensuite dans les mains de plusieurs propriétaires à la suite de mariages et de ventes. Ainsi nous trouvons en 1359 Gerüte et l'ensemble du Grafenbann sont cédés par les comtes d'Oettingen à l'évêque de Strasbourg qui les vend à son tour aux chanoines du Grand Chapitre de la cathédrale de Strasbourg en 1489. Ces derniers perdront leurs biens en 1789.

La fondation d'une prébende sacerdotale

Grande pietà en terre cuite représentant la Vierge douloureuse à l'intérieur de l'église.

La fondation d'une prébende sacerdotale à Dieffenbach-au-Val en 1369, la restauration d'une ancienne chapelle dans ce même bourg permettent aux fidèles de Neubois de limiter leurs déplacements. Neubois participe financièrement et pour la main d'œuvre à l'agrandissement du sanctuaire en 1699. Une histoire de cloche sème cependant la zizanie au XVIIIe siècle, entre les deux communautés qui mènent l'affaire devant le Conseil Souverain d'Alsace. D'autres différends empoisonnent l'atmosphère entre les deux villages et Neubois qui supporte de moins en moins la domination de Neuve-Église et de Dieffenbach-au-Val. En 1766, une pétition signée par l'ensemble de la population sollicite l'autorisation de construire sur la commune une chapelle. Cette demande est rejetée, mais les fidèles continuent de participer à l'agrandissement de l'église de Dieffenbach-au-Val en 1785. En 1803, Dieffenbach-au-Val devient une paroisse indépendante et Neubois reste sa filiale. Il faudra attendre encore une cinquantaine d'années pour que le village ait enfin sa propre église (1858) et soit érigé en paroisse en 1861. La même année est construit un presbytère qui se trouvait à l'époque à l'emplacement où se trouve aujourd'hui la mairie dont le premier occupant est le curé Mertian. C'est le curé Wetterwald, successeur de Mertian et originaire de Benfeld qui choisit saint Materne, le missionnaire d'Ehl, comme patron de la nouvelle église.

La guerre de Trente Ans

La population souffre de la guerre de Trente Ans. Au début du conflit, 19 familles bourgeoises habitent ce lieu. Après le passage des Suédois, il ne reste plus qu'un seul bourgeois, trois manants et une veuve ; quatre maisons sont encore habitables sur les 19 que comptait le village en 1618.

Le repeuplement du village

Le repeuplement, encouragé par Louis XIV, amène surtout des émigrants francophones comme les Pourtal, les Marquis, les Grandidier, les Claude. Soixante dix-huit personnes sont recensées en 1690. Au XVIIIe siècle, le village continue à se repeupler, à s'agrandir. De nombreuses maisons datent de cette époque qui a connu une période de prospérité pour atteindre 446 habitants en 1801.

La période révolutionnaire

La Révolution amène l'autonomie : Neubois ne dépend plus des chanoines, ni de Neuve-Église et s'administre lui-même. Le premier maire élu est Louis Benoît. Au cours du XIXe siècle, la population, de plus en plus nombreuse, a des difficultés à subvenir à ses besoins, la terre n'est pas généreuse, le tissage à domicile ne nourrit guère le chef de famille.

La période napoléonienne

La période allemande entre 1871-1918

La Première Guerre mondiale

La Première Guerre mondiale amène ses drames : le village se trouve aux avant-postes au début du conflit. Le , se déroule la bataille de Neubois : les Bavarois essayent de déloger l'artillerie française bien dissimulée dans les forêts au-dessus de la localité ; des combats sanglants à la baïonnette autour du village, notamment dans les Dachsloecher, causent de nombreuses victimes : un cimetière militaire est même provisoirement créé.

La Seconde Guerre mondiale (annexion de fait à l'Allemagne)

Neubois perd 15 des siens pendant cette guerre et 21 au cours du second conflit dont cinq victimes civiles à la suite d'intense tirs d'artillerie détruisant de nombreuses maisons.

Des apparitions de la Vierge Marie à Neubois

Statue de la Madone au-dessus du village de Neubois.

L'endroit où eurent lieu les apparitions est à deux kilomètres du village de Neubois, appelé à l'époque Krüth, à mi-hauteur de la montagne, et à égale distance des ruines du château du Frankenbourg. Il y a à l'endroit une vaste clairière, au milieu de la forêt, d'où l'on jouit d'un magnifique panorama. D'un côté on aperçoit la commune de Scherwiller et le château de l'Ortenbourg. Avant d'entrer dans la clairière, on voit du regard de nombreux villages, dont Thanvillé, Saint-Pierre-Bois et l'église Saint-Gilles perchée un peu au-dessus des deux villages. Plus haut on aperçoit les cimes de l'Ungersberg. D'un autre côté on voit le val de Villé parsemé de villages. Aujourd'hui à la clairière se trouve une statue de Marie (mère de Jésus), une statue de l'archange saint Michel terrassant le dragon, une petite statue de saint Joseph, une chapelle avec une grande croix et un chemin de croix avec ses douze stations. C'est à cet endroit que serait apparue la Sainte Vierge. En 1872, quand commencèrent les apparitions, l'Alsace était annexée à l'Allemagne depuis plus d'un an et le nom le plus usuel du village était celui de Krüth. A la vérité le village a trois noms : Neubois, Krüth, Gereuth est le nom allemand.

Dans le contexte de l'occupation allemande et antireligieux[20] de l'époque, un Alsacien se rend en Italie et rencontre une mystique nommée Palma-Maria-Addolarata Matarelli (1825-1888) d'Oria[21], plus tard religieuse de Notre-Dame des Douleurs, et lui parle de l'Alsace-Lorraine. Elle lui répondit qu'il arrivera bientôt des choses merveilleuses : ...une apparitions en doit avoir lieu en Alsace-Lorraine.

Le dimanche [22] en date de la fête du Précieux Sang, la Vierge Marie apparait tout d'abord à l'office du soir dans l'église Saint-Nicolas de L'Hôpital à Marie Françoise Clémentine Girsch, âgée de onze ans[23],[24],[25].

Elle décrit l'apparition comme une belle femme aux cheveux blonds et longs, portant une couronne sur la tête. Sa robe blanche est brillante. La Vierge Marie tend ses bras en avant. Dans sa main droite elle tient une boule blanche d'où tombent des gouttes d'eau, dans sa main gauche elle tient une boule noire d'où tombent des gouttes de sang. À sa droite se tiennent des soldats français, à sa gauche se trouvent des soldats armés d'épées.

À L'Hôpital (Moselle) qui portait le nom de Spittel in Lothringen ces événements sont restés très discrets. Clémentine Girsch est qualifiée selon les rapports de l'époque de petite fille sage, posée et réservée. Elle restera très discrète sur ces événements. Elle est née le à Carling. Le elle épouse à L'Hôpital, Ambroise Renard, instituteur et maire de Carling (1855-1941) et sera mère de deux enfants. Elle décèdera à Strasbourg le [26].

Le même jour à Neubois, cette même apparition se manifeste à quatre fillettes âgées de 7 à 11 ans qui se promènent au pied d'une montagne appelée Schlossberg, à la recherche de myrtilles[27]. Soudain, une dame blanche portant sur la tête une couronne d'or, s'avance vers elles. Effrayées, elles s'enfuient à toutes jambes. C'est la première apparition de toute une série qui mettra en émoi le paisible village de Neubois.

Le , la Vierge Marie apparaît de nouveau sous la même forme dans la forêt de Neubois à Philomène Jehl (10 ans), Sophie Glock (11 ans), Marie Flick et d'autres enfants de l'école. Elles entendent une voix fine dire: « Kommet, Kommet! » (Venez, venez!). Le la troisième apparition se manifeste à certaines filles d'un groupe accompagné d'une religieuse qui est aussi leur institutrice, sœur Madeleine. Le l'apparition guide six filles dont Odile Martin vers le sommet du Frankenbourg, chemin de La Vancelle. Le tout un groupe d'enfants et d'adultes assiste à une apparition de la Vierge qui les appelle de nouveau : « Kommet, Kommet! » (Venez, venez!) en direction du château de Frankenbourg. Un vent violent se lève et on entend un son de cloches. D'autres apparitions miraculeuses vont suivre. Une petite chapelle provisoire sera érigée sur les lieux. Le Kreisdirektor envoie un détachement de 50 soldats surveiller l'emplacement. Le , la police abat la chapelle ainsi que l'autel et défend aux fidèles l'accès aux lieux. Le on assiste à une première guérison miraculeuse d'une jeune fille très malade. D'autres apparitions et guérisons vont avoir lieu malgré l'hostilité de l'autorité prussienne qui fait afficher un panneau :

« L'accès sans autorisation du district 272829 est, par la présente, interdit selon l'article 368 du code pénal avec une peine allant jusqu'à 75 francs et un emprisonnement jusqu'à 15 jours. »

Le , sœur Madeleine est expulsée par les autorités et doit quitter Neubois. Le un soldat prussien a une vision de l'enfant Jésus. Les apparitions continuent. L'évêque de Strasbourg monseigneur André Raess est informé de par une lettre de l'apparition de L'Hôpital et de celles du Frankenbourg et reçoit lui-même un témoin des apparitions du Neubois. Il reste réservé et prudent. Le l'abbé Hotzmann, curé de Villé note : "les apparitions sont de plus en plus fréquentes". De nombreux pèlerins viennent sur les lieux. Pour la seule journée du on comptera 6000 pèlerins. Le les autorités prussiennes s'inquiètent de cette affluence et envoient un détachement de 150 soldats interdire l'accès des lieux. Dans les jours et les mois qui suivent, d'autres enfants, mais aussi des adultes, sont persuadés d'avoir vu la Vierge Marie ou aperçu "la dame blanche", seule ou entourée d'anges ou... de soldats. La nouvelle de ces phénomènes extraordinaires se répand comme une traînée de poudre dans toute l'Europe centrale et méridionale, mais surtout en Allemagne et en France.

Un des lieux d'apparition s'appelait Krittacker, acker veut dire champ. Le village était semble-t-il situé plus haut dans la montagne.

La montagne des apparitions

Les différents endroits où les apparitions eurent lieu sont situés en dehors du village sur le flanc d'une montagne au sommet de laquelle on aperçoit le château du Frankenbourg situé à 703 mètres d'altitude. Cette montagne est couverte de bois jusqu'au sommet. Il faut d'ailleurs faire une distinction entre les deux noms : Frankenberg est le nom de la montagne et Frankenbourg est le nom du château. Le château du Frankenbourg date de l'époque féodale et a été construit suivant les principes militaires du XIe siècle. Cela n'exclut pas l'hypothèse qu'un autre château ait pu exister antérieurement au même endroit à l'époque franque. Ce qui est certain, c'est l'existence d'une forteresse sur la montagne du temps des Romains. Des monnaies constantiniennes trouvées au Frankenbourg entre deux enceintes prouveraient que les romains auraient aménagé un système défensif confirmant ainsi la position stratégique du lieu et l'opportunité de fortifications. Il est probable que lors des combats opposant Francs et Alamans ces derniers ont utilisé les constructions romaines qui existaient à cet endroit. La tradition veut que ce soit Clovis qui a fait construire le château du Frankenbourg et que son épouse sainte Clotilde y ait prié pour obtenir la victoire de son mari pendant la bataille de Tolbiac. Plusieurs historiens ont attesté cette version. L'abbé Nartz a écrit "Sigebert cousin de Clovis qui régnait à Cologne, appela à son secours contre les envahisseurs le roi des Francs saliens Clovis. La bataille s'engagea près de Tolbiac (Zulpich) selun les uns, près d'Argentorate pour les autres. Le Tolbiac serait d'après certains historiens près de Cologne, pour d'autres près de Strasbourg. Ces diverses hypothèses conduisent à penser qu'il pourrait y avoir plusieurs Tolbiac et de ce fait il est souvent difficile dans les brumes du passé d'identifier le lieu réel des combats d'autrefois. Certains ont même avancé le nom de Scherwiller à des traces de bataille ont été trouvées comme l'emplacement probable du véritable Tolbiac[28].

Ces événements des apparitions sont relatés abondamment dans la presse locale et nationale et repris dans des brochures, ce qui ne fait qu'amplifier le phénomène. Neubois connaît alors une affluence populaire extraordinaire ; au mois de , la Reichsbahn vend plus de 80 000 billets de chemin de fer à destination du val de Villé.

Petite chapelle au-dessus du village de Neubois.

Une source à l'eau miraculeuse" est découverte. Plusieurs personnes prétendent avoir été guéries. Les conditions sont donc remplies pour que Neubois devienne le Lourdes alsacien ! Cette arrivée massive de gens commence à inquiéter l'administration allemande surtout que ces apparitions se teintent d'allusions et de propagande politiques : la Sainte Vierge viendrait pour libérer l'Alsace du joug prussien ! A Paris est éditée, en 1874, une brochure au nom évocateur : "La résurrection de la France et le châtiment de la Prusse, prédits par Marie en Alsace". L'armée est chargée d'interdire l'accès du lieu des apparitions, puis de l'ensemble du ban communal. Les autorités religieuses restent très prudentes et sceptiques et conseillent la même attitude au chargé d'âmes de la paroisse, notamment à l'abbé Michel Ulrich qui recueille, avec une certaine naïveté, les témoignages des "voyantes" de sa paroisse. Le curé Alphonse Adam, qui lui succède en , puis l'abbé Boersch, à partir de 1879, prêtent une oreille moins attentive aux dépositions des visionnaires qui se font plus rares; par un patient et minutieux travail d'enquête, ils pensent que ces apparitions seraient nées de l'imagination des enfants, qui les uns après les autres, se seraient rétractés de manière naturelle et non forcée. Peu à peu le village retrouve sa sérénité. Il est à noter cependant que des adultes ayant assisté à ces apparitions mariales ne se sont pas rétractés, ce qui interdirait de mettre radicalement en doute la réalité de ces faits surnaturels. Aujourd'hui une petite chapelle rénovée s'élève dans la forêt, près de la source "Mudergottes Brennela" ; elle rappelle aux promeneurs et aux pèlerins ces évènements "surnaturels". L'érection à Neubois, en 1883, de la Confrérie du Rosaire Vivant, a-t-elle des liens avec ces apparitions ? De nos jours, le culte marial connaît dans le village une dévotion particulière et continue à attirer des pèlerins venus de près ou de loin[29] et il reste de même à L'Hôpital (Moselle) une dévotion mariale particulière des habitants qui s'exprime par la construction d'une grotte de Lourdes inaugurée le [30].

Politique et administration

Découpage territorial

La commune de Neubois est membre de la communauté de communes de la Vallée de Villé[31], un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Bassemberg. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[32].

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Sélestat-Erstein, à la circonscription administrative de l'État du Bas-Rhin, en tant que circonscription administrative de l'État, et à la région Grand Est[31].

Sur le plan électoral, elle dépendait jusqu'en 2020 du canton de Mutzig pour l'élection des conseillers départementaux au sein du conseil départemental du Bas-Rhin. Depuis le , elle dépend du même canton pour l'élection des conseillers d'Alsace au sein de la collectivité européenne d'Alsace[33].

Liste des maires

Ancien presbytère (1862), aujourd'hui mairie, 9 rue de l'Église.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1945 mars 1971 Guillaume Guntz    
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1983 mars 1989 Gilbert Mertz   Directeur d'école
mars 1989 mars 2008 Jacques Ostermann   Maire honoraire
mars 2008 mai 2020 Nicole Zehner[34]   Retraitée
mai 2020 en cours Marie-Odile Uhlerich    

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[35]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[36].

En 2023, la commune comptait 646 habitants[Note 5], en évolution de −7,45 % par rapport à 2017 (Bas-Rhin : +3,4 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
421451479531566619663721696
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
656709753725659689656655612
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
621601594562514520501504464
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
405423449444519561652661659
2015 2020 2023 - - - - - -
694658646------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[37] puis Insee à partir de 2006[38].)
Histogramme de l'évolution démographique

Neubois a connu son maximum démographique en 1866, comme plusieurs des villages du canton. La localité compte alors 753 habitants dont le nombre est allé en diminuant avant un récent renversement de tendance dû à sa situation privilégiée dans l'avant-vallée. Une très forte immigration (+ 70 de 1982 à 1990) provoque un rajeunissement sensible de la population (le taux de vieillissement passe de 0,86 à 0,73 de 1982 à 1990) et l'amorce d'un mouvement naturel positif (+ 5 entre les deux derniers recensements).

Économie

La forêt

La forêt s'étend sur 854,14 ha (la deuxième surface boisée du Val après Urbeis) dont 673,75 ha de forêt domaniale constituées par les belles futaies de résineux du massif de l'Altenberg. La commune en possède seulement 40,73 ha, les particuliers 140,02 ha.

Industrie - artisanat - commerce

Le village de Neubois n'a jamais connu d'industrie significative et a toujours vécu de l'agriculture et du tissage à domicile (48 % des ménages en 1886). Cette dernière activité est d'ailleurs favorisée par la proximité géographique de la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines où sont établis les fabricants distribuant le travail. La localité est le siège d'un dépôt. De nos jours, il existe encore quelques établissements artisanaux essentiellement au cœur du village, est désormais établie en bordure de la voie rapide, non loin de l'ancienne tuilerie et de la « halde de Neubois », étape aujourd'hui désaffectée du train qui traversait la vallée et qui a arrêté son activité en 1976. Le village s'est découvert une vocation artistique avec la présence en ses murs d'un artiste ayant remis à l'honneur la technique de la peinture sous-verre et avec l'organisation régulière de « Hors-cadre », manifestation régionale d'art contemporain.

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

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