Notre salut
film d'Emmanuel Marre, sorti en 2026
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Notre salut est un film dramatique franco-belge réalisé par Emmanuel Marre — arrière-petit-fils du protagoniste du film — et sorti en 2026. Le film est produit par Michigan Films (Belgique) et Kidam (France).
Sandrine Blancke
| Réalisation | Emmanuel Marre |
|---|---|
| Scénario | Emmanuel Marre |
| Acteurs principaux |
Swann Arlaud Sandrine Blancke |
| Sociétés de production | Kidam |
| Pays de production |
|
| Genre | Drame historique |
| Durée | 159 minutes |
| Sortie | 2026 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Il est présenté en compétition lors du Festival de Cannes 2026, où il remporte le prix du scénario.
Synopsis

En , Henri Marre, âgé de près d'une cinquantaine d'années, vient d'écrire un ouvrage, Notre salut, dans lequel il expose ses idées pour redresser le pays, en particulier par une application de théories du management relatives à l’efficacité et à l'évaluation. Sincère admirateur du maréchal Pétain, il se rend à Vichy afin de mieux faire connaître ses idées, ainsi que pour trouver un travail afin de nourrir sa femme et ses enfants : sa situation, autrefois brillante, s'est en effet dégradée depuis qu'il a été condamné pour avoir vendu la même étude de marché à plusieurs entreprises.
Il fréquente les hauts fonctionnaires et peine à trouver une situation. Il correspond par lettres avec son épouse. Toujours amoureuse de lui, elle attend qu'il trouve une situation suffisamment bonne pour soutenir sa famille.
Il obtient un poste dans un Comité de lutte contre le chômage (dont l'un des chefs pour la zone sud est Henri Maux). Chef du secteur de Limoges, il tente d'y mettre en œuvre ses idées en organisant des camps de travailleurs. Il fait face à différentes pressions. Il doit ainsi fournir de l’essence et des camions pour mener à bien une rafle de personnes juives y compris femmes et enfants, ce qu'il fait sans trop se poser de questions (notamment : sur les internements en zone occupée avant déportations).
L'armée allemande emmène également d'autorité des travailleurs pour ses propres besoins, raflant dans des camps dont il a la responsabilité, réduisant de manière importante la main-d'œuvre dont il dispose, bien que son territoire soit situé en zone libre.
Il contribue à l’organisation de la venue du maréchal Pétain à Limoges. Celui-ci se montre insensible aux demandes que lui fait le supérieur hiérarchique de Marre au sujet des actions de l’armée allemande.
Bien qu'il ait à présent une situation stable, il tarde à faire venir sa femme et ses enfants, qui vivent dans des conditions difficiles en zone occupée en raison du froid et du manque de nourriture. Il attend d'obtenir un grand logement, agréable, dans lequel il installe sa famille. Il se rend, avec son épouse, à une soirée chez le préfet.
Finalement, l’Allemagne envahit la zone libre et un collègue de Marre, favorable à l’occupant, collaborationniste, reprend son service, intimant à Henri l'ordre de faire tout ce que les Allemands demanderont et de faire un rapport à charge contre son ancien chef.
Plus tard, ayant renoncé à son emploi, Henri Marre se retrouve à Paris, s'adonnant à des trafics et toujours en quête de gloire. Il devient l’un des chefs d'un mouvement de « révolution nationale » censé assurer la permanence d'idées d'autorité pétainistes, voire nazies. Il est de plus en plus éloigné de sa femme, qui apprend que leur logement à Limoges a été confisqué à une famille juive.
Après le Débarquement de Normandie, il fuit le pays. Son épouse et ses enfants n’ont plus de nouvelles de lui.
Fiche technique
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques Allociné et Unifrance, présentes dans la section « Liens externes ».
- Titre original : Notre salut
- Réalisation et scénario : Emmanuel Marre
- Décors : Anna Falguères
- Costumes : Prunelle Rulens
- Photographie : Olivier Boonjing
- Son : Antoine Bailly
- Montage : Nicolas Rumpl
- Production : François-Pierre Clavel, Jules Grange et Alexandre Perrier
- Coproduction : Sébastien Andres et Alice Lemaire
- Production associée : Bastien Ehouzan
- Sociétés de production : Michigan Films, Kidam, en coproduction avec Actarus, Condor, Les Films de Pierre, Les Films Pelléas, France 2 Cinéma, RTBF, The Ink Connection et Unité
- Sociétés de distribution : Condor (France) ; Frenetic Films (Suisse romande)
- Budget : 5,08 millions d'euros[1]
- Pays de production :
France,
Belgique - Langue originale : français
- Format : couleur
- Durée : 159 minutes
- Genre : drame historique
- Dates de sortie :
- France :
- (Festival de Cannes)
- (sortie nationale)[2]
- Suisse romande :
- France :
Distribution
- Swann Arlaud : Henri Marre
- Sandrine Blancke : Paulette Marre, l'épouse d'Henri
- Harpo Guit : Harpo
- Mathilde Abd-El-Kader : Corinne
- Mathieu Perotto : Gasque, inspecteur provincial adjoint
- Jean-Baptiste Marre : Henri Maux
- Manon Kneusé : Suzanne
- Florian Surrier : Théophile Billot, responsable formation
- Claudine Barthel-Fournier : Arlette, déléguée du chômage féminin
- Franck Williams : Roland Garnier, inspecteur provincial Rhône-Alpes
- Paul Garatte : Paul Durreau, inspecteur provincial Provence
- Vincent Lecuyer : Marcel Trélissac, inspecteur provincial Occitanie
- Nicolas Anthomé : Ambroise
- Yoann Blanc : Antoine Lemoine, le préfet de Limoges
- Laetitia Spigarelli : Janine Lemoine, la femme du préfet
- Thierry de Peretti : René Dommange
- Maxim Driesen : Jean
- Colombe Schmidt : Joujou
- Léon Guetta : Bernard
- Raphaël Thiéry : le chef de camp
- Alexandre Steiger : Saint-Preux, fonctionnaire du ministère de l'éducation
- Koen De Sutter : le général allemand
- Carsten Vennemann : le colonel allemand
- Emmanuel Salinger : le Ministre de l'information
- Yasmine Berthoin : l'institutrice
- Anne-Élodie Sorlin : Jacqueline, la comtesse
- Jules Grange : Jacques Sanguinede, inspecteur provincial Auvergne
- Laurent Poitrenaux : Henriot
- Marie Rivière : la réceptionniste
Production
Développement
Notre salut est produit par Kidam (France) et Michigan Films (Belgique), en coproduction avec France 2 Cinéma, Condor, Les Films de Pierre, Les Films Pelléas, The Ink Connection, Unité, la RTBF, Proximus, BeTV et Orange[3].
Le personnage incarné par Swann Arlaud est inspiré d'un arrière-grand-père du réalisateur, dont ce personnage porte le nom[4]. Comme le personnage du film, l'arrière-grand-père du réalisateur a écrit, au début de la guerre, un livre intitulé Notre salut[5], et a été inspecteur provincial au bureau de Limoges du Commissariat à la lutte contre le chômage de Limoges sous le régime du maréchal Pétain[6].
Selon l'historien Christian Delage, « La démarche d’Emmanuel Marre est complètement spécifique. Emmanuel Marre est le scénaristes de son propre film. Par ailleurs il a commencé par l’intime, c’est le point de départ du film. Il est parti de la correspondance de son arrière-grand-père Henri Marre avec sa femme pendant la guerre. Ces 300 lettres sont sa première source, puis il prend le livre Notre salut écrit par son grand-père, et y ajoute Notre travail que celui-ci a également rédigé pendant cette période » en complément, « il s'est rendu aux Archives nationales pour voir les archives du Commissariat à la lutte contre le chômage et celles du Commissariat général aux questions juives »[7].
Le réalisateur se souvient de la genèse de son film, « Quand j'ai ouvert ces lettres, il y avait l'histoire au présent, une histoire intime et c'est cette histoire à hauteur d'homme et de femme qui m'a paru être un défi de cinéma ». Selon Frédéric Carbonne de FranceInfo, la réponse à ce défi de cinéma, c'est d'éviter toute reconstitution historique. Un parti pris qui fait la singularité et la richesse du film[8].
Emmanuel Marre utilise des plans filmés caméra à l'épaule, rappellant les codes du reportage[9].
Tournage
Le tournage se déroule, du au mois de mai[10], à Vichy, Limoges, Bordeaux et Bruxelles[11].
Musique
Les musiques choisies sont volontairement anachroniques[12]:
- Alphaville ;
- Popcorn lors d'une soirée chez le préfet de Limoges, les invités reprenant une chorégraphie de 1972[4] ;
- Live Is Life d'Opus en musique de fond sur des images d'archives d'une visite du maréchal Pétain à Limoges.
Emmanuel Marre explique son choix car « comme Vichy [...] cela veut paraître moderne et c'est complètement ringard »[4].
Accueil
Notre salut sort le dans les salles françaises[2].
Accueil critique
En France, le site Allociné donne au film une moyenne de 4,5⁄5 après avoir recensé 43 critiques de presse[13] et une note moyenne de 3,7⁄5 sur la base de 1 911 notes et 339 critiques de spectateurs[14].
Critiques positives
Le critique du Monde Jacques Mandelbaum compare le film à Monsieur Klein, de Joseph Losey, y voyant « un chef-d’œuvre qui se tient au plus près de l’abîme moral de cette époque »[15].
Dans les Cahiers du cinéma[16], Charlotte Garson évoque « la veine quasi documentaire du film », « moins académique que (Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli) » et « moins radical que (La Zone d'intérêt de Jonathan Glazer) »; tandis que pour Patrick Saffar (Jeune Cinéma), si le film « nous parle, jusqu’à aujourd’hui, c’est avant tout par sa voix si personnelle, cette sorte de (faux) réalisme documentaire »[17].
Le film est bien accueilli par les historiens, comme Antoine de Baecque qui y voit un grand film sur l'Occupation[4] et Anne-Sophie Anglaret en particulier une représentation très fidèle de l’administration de Vichy[18]. Dans Ecran Large, Antoine Desrues fait le rapprochement avec le livre de Johann Chapoutot, Libres d’obéir, sur le rapport entre le management moderne et le nazisme[19]. Dans Transfuge, Serge Kaganski le rapproche du livre de Jonathan Littell, Les Bienveillantes. Le Dauphiné libéré y voit lui un clin d’œil à la banalité du mal d'Hannah Arendt. La Tribune dimanche cite L'Homme sans qualités de Robert Musil, elle est rejointe par Le Figaro qui y voit le « portrait du collabo en fonctionnaire sans qualités »[20]. Dans La vie des idées, Nicolas Brisset souligne l'apport du film à la compréhension du régime de Vichy : « Le film d’Emmanuel Marre parvient à restituer, non pas l’intériorité inaccessible d’un homme sous Vichy, mais les conditions concrètes dans lesquelles il a agi, ainsi que les effets politiques de ses actes. ». Laurence Houot de France Info y voit une problématique humaine de tout temps, « Le film montre, ..., comment des êtres médiocres, mais ambitieux et avides de reconnaissance sociale voient dans ce type de régime l'opportunité de se hisser plus haut et d'assouvir leur désir de revanche sociale »[9].
Critiques négatives
Paris Match regrette des personnages slapsticks et des acteurs forcés au décalage constant[21]. ION cinéma juge le film long et plat, Henri Marre peu intéressant pour tenir deux heures et demie et le ton déroutant, avec une bande-son anachronique et des zooms rappelant une sitcom, qui donne à ses yeux un mélange entre La Zone d'intérêt et The Office[22].
Stéphane Domeracki de Marianne reproche au film (et à son acteur Swann Arlaud) de « suivre la lecture confusionniste de Johann Chapoutot, héritée de Martin Heidegger, Gérard Granel et Giorgio Agamben, assimilant centrisme, management et collaboration au point de les confondre », rappelant par ailleurs que « le film a été financé par le groupe Canal+ de Vincent Bolloré ». Dans sa critique, il dénonce une mode que suivrait le film où « tout le monde devient un collabo bourgeois en puissance »[23].
Box-office
Distinctions
Sélections festivals
- Festival de Cannes 2026
- Festival international du film de Busan 2026 : hors compétition, section « Flash Forward »[25]
Récompenses
- Festival de Cannes 2026 : Le film est projeté en compétition et y est bien accueilli.
- Prix du scénario[26],[27],[28]
- Prix de l'AFCAE