Nécropole de Filigosa
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| Nécropole de Filigosa | |
Domus I au premier plan, nurague Ruggiu en arrière-plan. | |
| Localisation | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Sardaigne |
| Province | Province de Nuoro |
| Commune | Macomer |
| Coordonnées | 40° 16′ 39″ nord, 8° 46′ 11″ est |
| Histoire | |
| Époque | Néolithique |
| modifier |
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La nécropole de Filigosa est un site préhistorique daté du Néolithique situé à Macomer, dans la province de Nuoro en Sardaigne. La nécropole regroupe quatre tombes du type domus de janas en hypogée.
La nécropole a été découverte à la suite de fouilles clandestines de la domus I. Elle a été étudiée par E. Contu (domus I) en 1965, puis par A. Foschi (domus II à IV) à partir de 1981[1].
La nécropole
La nécropole a été creusée sur le versant méridional de la colline éponyme, à une altitude de 610 m, dans un secteur riche en témoignages d’anciennes fréquentations et particulièrement favorable à l’installation humaine grâce à la présence d’un cours d’eau, le rio S’Adde, et de terrains propices au pâturage offrant de nombreuses ressources de subsistance. Le site constitue un point de passage obligé pour les déplacements entre le nord et le sud de l’île, ainsi qu’entre la zone côtière de la Planargia et la région montagneuse et intérieure du Marghine[2].
En l’état actuel, la nécropole comporte quatre tombes mais elles étaient, selon d'anciens témoins locaux, probablement plus nombreuses à l'origine, plusieurs auraient été détruites lors de la construction du réservoir et de la canalisation de l’aqueduc voisins[1]. Les tombes ont été creusées avec un orientation nord-ouest/sud-est dans une colline constituée de tuf volcanique au sommet de laquelle a été ultérieurement édifié le nuraghe Ruggiu. Les domus I à III sont alignées en bas de la pente alors que la domus IV se situe presque à son sommet, au‑dessus de la domus I. Les quatre domus sont des hypogées précédées d'un dromos.
Domus I
La domus est précédée d’un dromos sub‑trapézoïdal long de 11,60 m avec une largeur initiale de 0,30 m qui augmente progressivement jusqu’à 1,50 m à hauteur de l’entrée de la tombe, où il atteint également sa hauteur maximale (1,75 m). La surface totale est de 12,50 m².

La tombe est multicellulaire. La chambre (a) est de forme trapézoïdale (prof. 4,50 m ; larg. 3,50 m ; haut. 1,90 m ; sup. 14 m²). Elle comporte une voûte plate et des parois verticales. Sur la paroi gauche sont visibles deux cupules hémisphériques, juxtaposées, tandis qu’au pied de cette paroi, vers le fond, a été laissé en relief une sorte de lit funéraire (long. 2,15 m ; larg. 0,60 m ; haut. 0,15 m). Au centre de la pièce, à 0,85 m de la paroi du fond, se trouve un foyer circulaire (diam. 0,97 m) doté d’un bord annulaire en relief et d’une cupule centrale[1].
Sur la paroi nord‑ouest de l’antichambre, opposée à l’entrée, s’ouvrent deux portillons qui mettent en communication la chambre principale (a) avec les cellules secondaires. Le portillon de gauche mène à deux cellules de forme sub-rectangulaire (b) et (c), mesurant respectivement (prof. 1,40 m ; larg. 1,15 m ; haut. 1,00 m ; sup. 1,75 m²), puis à la cellule suivante C, de plan rectangulaire (prof. 2,85 m ; larg. 1,22 m ; haut. 1,40 m ; superficie 3,50 m²)[1].
Le portillon de droite conduit à un second groupe de pièces, disposées par paires le long de l’axe longitudinal. La cellule (d) est rectangulaire (prof. 1,80 m ; larg. 1,30 m ; haut. 1,05 m ; superficie 3,00 m²), présente dans sa paroi droite le portillon menant à la cellule (e), tandis que la paroi du fond donne accès à la cellule (f). La cellule (e) est de forme irrégulière (prof. 2,10 m ; larg. 2,00 m ; superficie 3,15 m²) et possède deux côtés curvilignes et une paroi du fond légèrement rentrante. La cellule (f) a une forme vaguement trapézoïdale (larg. 3,10/2,05 m ; long. 2,56 m ; haut. 1,75 m ; superficie. 6,15 m²). La cellule (g) est accessible par le portillon qui s’ouvre dans la paroi droite de la cellule (f) : elle présente un plan quadrangulaire (prof. 2,24 m ; larg. 3,92 m ; haut. 1,30/1,10 m) et est divisée en deux parties par une cloison centrale (long. 2,15 m ; larg. 0,35 m ; haut. 0,25 m)[1].



Domus II
L’hypogée est précédée d'un dromos trapézoïdal plus régulier que celui de la tombe I (long. 7,00 m ; larg. 0,95/1,80 m ; haut. 1,45 m ; sup. 9,25 m²), au tracé curviligne dans sa première partie. Il mène à une cellule principale A, depuis laquelle on accède aux espaces (B, C, D) disposés le long de l’axe longitudinal de l’hypogée[1].
La cellule A, de forme trapézoïdale (prof. 2,50 m ; larg. 2,50/3,00 m ; haut. 1,40/1,65 m ; sup. 7,00 m²) et dotée d’un plafond incliné vers l’entrée, présente un plan régulier, des parois lisses et des angles arrondis. Au centre du sol se trouve un foyer rituel avec fossette centrale, et une cupule a été laissée en relief sur la paroi gauche[1].
Dans la paroi du fond de la pièce, au centre et surélevée de 0,75 m, s’ouvre un portillon de forme quadrangulaire (haut. 0,65 m ; larg. 0,50 m), à double encadrement, qui introduit dans la cellule C, de petites dimensions et de forme quadrangulaire (prof. 1,45 m ; larg. 1,48 m ; haut. 0,88 m ; superficie 2,00 m²). Dans la paroi droite s’ouvre l’entrée quadrangulaire (larg. 0,55 m ; haut. 0,60 m) de la cellule D, qui, dans son état actuel, présente une forme en L (prof. 1,80 m ; larg. 1,80/3,30 m ; haut. 1,35 m ; sup. 9,00 m²), divisée en deux parties par une cloison interne. Dans la paroi du fond de ce compartiment, décentrée vers la droite, s’ouvre l’entrée de la cellule E, quadrangulaire et aux angles arrondis (prof. 1,25 m ; larg. 1,48 m)[1].
Domus III
La domus III est constituée d’un dromos (A), suivi de deux pièces (B et C) disposées sur l’axe longitudinal nord–sud et communiquant entre elles . Le dromos, orienté vers le sud, mesure 10,50 m de long, dont 9,70 m à ciel ouvert et 0,75 m couverts par un court auvent au plafond légèrement incliné vers l’extérieur. La largeur du couloir augmente progressivement du sud vers le nord et la hauteur des parois croît depuis le niveau du sol jusqu’à 1,30 m à hauteur de l’auvent. Un portillon quadrangulaire (larg. 0,80 m ; haut. 1,00 m ; ép. 0,30 m) donne accès à la cellule B[1].
Cette cellule présente un plan quadrangulaire (prof. 2,20 m ; larg. 2,15 m ; haut. 1,40/1,70 m), avec un sol abaissé de 0,30 m par rapport à celui du couloir, des angles arrondis, un plafond plat légèrement incliné, et une large ouverture (1,50 × 1,30 m) dans l’angle sud‑ouest. Au centre de la cellule se trouve un foyer circulaire, doté d’un anneau en relief et d’une cupule centrale[1].
Dans la paroi du fond, en position centrale et à 0,80 m du sol, s’ouvre le portillon menant à la cellule C. Le portillon de forme quadrangulaire (haut. 0,60 m ; larg. 0,40 m ; ép. 0,28 m) est délimité par un encadrement en négatif, large de 1 à 3 cm et profond de 0,5 cm. La cellule C est de forme rectangulaire (prof. 1,75 m ; larg. 3,85 m ; haut. 1,10/1,30 m), sa plus grande dimension étant transversale par rapport à l’axe de la tombe. Les angles et les arêtes y sont arrondis, et le plafond est légèrement incliné vers l’extérieur. Dans l’angle sud‑est de la pièce, une large rupture du plafond est visible, comme dans la cellule B[1].
Domus IV
La domus IV[3] est constituée d’un dromos suivi de trois cellules (A, B, C) disposées le long de l’axe longitudinal, ainsi que d’une quatrième (D), latérale, qui s’ouvre dans la pièce B. Le dromos, au tracé assez irrégulier, mesure 8,20 m de longueur et une largeur variant de 0,40 à 2,10 m.
Par un portillon trapézoïdal (larg. 0,80/0,53 m ; haut. 0,92 m), on accède à la cellule A, de forme quadrangulaire (prof. 2,65 m ; larg. 1,98 m), qui présente au centre un foyer circulaire (diam. 0,70 m) avec cupule, mais dépourvu de bord annulaire en relief. Dans la paroi gauche de la pièce, à 0,55 m de l’entrée et 0,50 m du sol, s’ouvre une petite niche de forme elliptique, au profil assez irrégulier (larg. 0,30 m ; haut. 0,40 m ; prof. 0,30 m). Un portillon vaguement quadrangulaire, aux angles arrondis et aux côtés légèrement courbes (larg. 0,55/0,40 m ; haut. 0,40 m), introduit dans la cellule B, quadrangulaire (prof. 1,03 m ; larg. 1,90 m), dont les angles et arêtes sont arrondis et le plafond irrégulier[1].
On accède à la cellule latérale C par un portillon (larg. 0,77/0,72/0,80 m ; haut. 0,68 m) ouvert dans la paroi droite de la cellule B. La cellule B comporte un plan quadrangulaire (prof. 1,45 m ; larg. 2,15 m ; haut. 1,05 m), avec parois et voûte soigneusement lissées. Dans la paroi du fond de la cellule B, partiellement lacunaire, s’ouvre le portillon menant à la cellule D (larg. 1,02 m ; haut. 0,80 m). Le portillon, à l’origine quadrangulaire mais désormais endommagé, était délimité par un encadrement de 10 cm de large. La cellule D a un plan quadrangulaire (prof. 1,55 m), des parois légèrement rentrantes et un plafond plat[1].
La fouille menée en 1993 par Alba Foschi Nieddu a mis en évidence une restructuration exceptionnelle de la paroi de façade, réalisée au moyen de blocs isodomes et d’un portillon de fermeture qui semblent simuler l’entrée d’une tombe des géants[2]. La présence de ces éléments architecturaux constitue, conjointement aux nombreux fragments céramiques d’époque nuragique retrouvés dans le dromos, une preuve incontestable de l’utilisation funéraire de l’hypogée par les communautés nuragiques[2]. Les fouilles menées par Foschi ont également mis au jour, sur le côté droit du dromos, un petit puits de 0,55 m de diamètre et 0,50 m de profondeur, rempli de céramiques et d’objets en terre cuite d’époque romaine républicaine et impériale[1].