Névrose traumatique

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La névrose traumatique (traumatische Neurose) est un type de névrose, où les troubles psychopathologiques surviennent à la suite d'un choc émotionnel profond. Sigmund Freud va construire sa théorie des névroses sur ce modèle de la névrose traumatique, dont le terme, introduit par Hermann Oppenheim, est toutefois antérieur à la psychanalyse.

Définition

Selon Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis, la névrose traumatique est « un type de névrose où l'apparition des symptômes est consécutive à un choc émotionnel généralement lié à une situation où le sujet a senti sa vie menacée »[1]. Dans le Dictionnaire international de la psychanalyse, Françoise Brette considère également que « la notion de névrose traumatique désigne un état psychologique caractérisé par différents troubles survenus, dans un délai plus ou moins long, à la suite d'un choc émotionnel intense »[2].

Le terme de « névrose traumatique », « antérieur à la psychanalyse »[1], a été introduit dans la nomenclature psychiatrique en 1889 par Hermann Oppenheim[2]. Il est toujours utilisé en psychiatrie, mais « d'une façon variable qui tient aux ambiguïtés de la notion de traumatisme et à la diversité des options théoriques que ces ambiguïtés autorisent »[1]. C'est sur le modèle de la névrose traumatique que Sigmund Freud « va construire sa théorie des névroses »[1].

Le concept de « traumatisme » est central dans l'histoire de la théorie psychanalytique. Selon Thierry Bokanowski, il traverse l'œuvre de Sigmund Freud de bout en bout, depuis L'Esquisse en 1895 jusqu'à L'homme Moïse en 1939[3]. Il se trouve remanié de manière importante sur le plan métapsychologique du fait des propositions de Sándor Ferenczi (1928-1933) dans les dernières années de celui-ci[3].

Histoire

De Charcot à Freud

Dans les leçons 18 à 22 des Leçons sur les maladies du système nerveux (1885-1887), portant sur sept cas d'hystérie masculine, Jean-Martin Charcot déclare que les symptômes hystériques sont dus à un « choc » traumatique provoquant une dissociation de la conscience. De ce fait, le souvenir reste inconscient. Il pose ainsi les bases de la théorie « traumatico-dissociative » des névroses qui sera développée par Pierre Janet, Josef Breuer et Sigmund Freud. Ces derniers, entre 1888 et 1889, entreprennent de « retrouver », sous hypnose, les souvenirs traumatiques de leurs patients.

Selon le psychiatre et psychanalyste Dominique Vallet, « c’est avec la naissance de la psychanalyse que la notion de traumatisme a pris toute son importance »[4]. À propos des « manifestations cliniques de l’hystérie », Freud pose « l’hypothèse de l’inconscient à partir d’une conception traumatique de la sexualité, à la base du conflit et de la construction de la vie psychique »[4].

Pour Freud en effet, l'hystérie était la conséquence d'un traumatisme psychique, le plus souvent sexuel, sous forme d'une « séduction » plus ou moins active et explicite d'un adulte envers un enfant. Ce dernier refoulait l'événement traumatique qui, à l'adolescence, manifestait une incidence sur sa vie sexuelle, réelle ou fantasmatique.

L'événement primaire était rappelé à l'adolescence par un autre événement « d'apparence banale ». C'est la disproportion de la réaction pour ce dernier, et les symptômes s'y rattachant, qui laissaient entendre une origine plus ancienne, infantile. (cf. Le cas Dora, dans les Cinq Psychanalyses). Par la suite, Freud dépasse cette théorie (sa neurotica) et accorde un pouvoir traumatogène au fantasme ou plus précisément aux dérivés de l'inconscient.

La question du traumatisme refait surface avec le texte Au-delà du principe de plaisir (1920) où Freud la reprend à partir de la névrose traumatique, des névroses de guerre et de la compulsion de répétition. C'est l'avènement de la seconde topique. Le traumatisme est vu comme faisant effraction et débordant la capacité de liaison de l'appareil psychique, qui forme un symptôme sous l'emprise de la répétition. Cette dernière est alors, à la fois, comme une résistance au progrès, au traitement (le patient semble répéter inlassablement ses souvenirs et vécus traumatiques) et comme une tentative de l'appareil psychique de reprendre une maîtrise ou de créer une liaison.

Notes et références

Voir aussi

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