Jacqueline Schaeffer

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Nom de naissance
Jacqueline Geneviève de LisleVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Jacqueline Schaeffer
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Jacqueline Geneviève de LisleVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Père
Mère
Christiane de Lisle (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfant
Justine Schaeffer (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinction

Jacqueline Schaeffer, née le à Saint-Nazaire et morte le dans le 14e arrondissement de Paris[1],[2], est une psychanalyste française. Elle consacre une grande partie de ses travaux à la question de la différence des sexes et du féminin.

Fille de l'ingénieur polytechnicien et entomologiste Melchior de Lisle et de l'organiste Christiane Frommer[3], elle a grandi en Afrique, au Cameroun et au Sénégal. En 1962, elle épouse Pierre Schaeffer[4], chercheur, écrivain, musicien et théoricien de la communication, fondateur de la musique concrète[5],[6] et du service de la recherche de la radio-télévision française en 1960. Ils ont une fille, Justine[7].

Psychologue, psychanalyste membre honoraire de la Société psychanalytique de Paris, Jacqueline Schaeffer a été membre du comité de rédaction de la Revue française de psychanalyse de 1988 à 1997, et directrice adjointe de la collection Débats de psychanalyse, de 1995 à 2000.

Elle a été formatrice en psychanalyse d’adultes à l’Institut de psychanalyse de Paris, et en psychanalyse d’enfants et d’adolescents à la Guidance infantile Pierre Mâle, à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris[8].

Elle est chargée des relations avec les associations analytiques pour l'Observatoire de la petite sirène[9].

Travaux

Jacqueline Schaeffer a travaillé sur l'hystérie et elle « a consacré une grande partie de ses travaux à la question de la différence des sexes et du féminin »[10]. Elle invite ainsi à ne pas confondre inégalité et différence des sexes[10].

En partant de Freud, elle développe une théorie de la libido pour rendre compte de l'hystérie et du développement de la féminité[11]. Pour J. Schaeffer, c'est l'hystérie de conversion qui est « à l'origine de la découverte de la psychanalyse en tant que méthode de compréhension psychopathologique et de traitement »[12]. Selon Litza Guttieres-Green, avec « Le rubis a horreur du rouge » (Colloque de Deauville, 1985), « elle a situé à l’origine de l’hystérie, l’explosion dans le corps pubère, de la sexualité adulte qui agit comme un trauma et entraîne une désorganisation »[13]. En raison de son incapacité à contenir et à représenter cette « explosion » d'une sexualité d'adulte au moment de la puberté, le sujet tente en effet « de s’en débarrasser en la rejetant hors psychisme (dans l’action, le corps) et surtout dans le corps de l’autre, tout en se vivant comme la victime d’un désir qui viendrait de l’extérieur »[13].

Dans sa postface au livre de Jacqueline Schaeffer Le refus du féminin, René Roussillon considère que l'ouvrage est devenu à présent un « classique » de la littérature psychanalytique, en raison de « ses thèses originales, novatrices, engagées » au sein du débat toujours actuel sur la sexualité humaine[14]. Alors que chez Freud, le modèle de la sexualité est dans la majeure partie de son œuvre celui de l'orgasme masculin et que le féminin reste presque jusqu'à la fin l'énigmatique « continent noir », R. Roussillon relève que justement le traitement de la question du féminin par J. Schaeffer est un « point essentiel et novateur »[15]. Freud ne commence d'ouvrir résolument un autre modèle pour le féminin qu'après 1930, c'est-à-dire après le tournant de 1920 et l'intégration de la question du narcissisme : ainsi donc, si « le modèle explicite et implicite de l’exploration du féminin est chez J. Schaeffer principalement celui de l’hystérie », R. Roussillon pense que « l’exploration du narcissisme est aussi l’un de ses horizons, mais en lien avec des formes de sexualité, les comportements dits “pervers”, qui témoignent d’un reliquat de blessure narcissique primaire amalgamé à échec devant la différence des sexes »[15].

Distinctions

  • 1987 : prix Maurice Bouvet pour son article « Le rubis a horreur du rouge : relation et contre-investissement hystériques », Revue française de psychanalyse, 50 (3) : 923-944, 1986[16],[17].

Publications

Ouvrages et directions d'ouvrages

  • Le refus du féminin : la Sphinge et son âme en peine (postface René Roussillon), Paris, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », (1re éd. 1997), 310 p. (ISBN 978-2-13-062437-0, lire en ligne)
  • 'The Universal Refusal (A Psychoanalytic Exploration of the Feminine Sphere and its Repudiation, London, Karnac Books Ltd, trad. D.Alcorn, 2011. (dir.)
  • Qu'est la sexualité devenue ? De Freud à aujourd'hui, In Press, 2019 (ISBN 978-2-84835-516-0) (dir.)
  • Devenir psychanalyste, avec Paul Denis, PUF, 2001 (ISBN 978-2130516972)
  • Le féminin. Un sexe autre, collection "Psy pour tous", In Press, 2022 (ISBN 978-2-84835-796-6)

Contributions d'ouvrages (choix)

  • (coll.) Clés pour le féminin. Femme, mère, amante et fille, Débats de psychanalyse, Paris, PUF, 1999.
  • (coll.) Hystérie, Monographies de Psychanalyse, Paris, PUF, 2000.
  • (coll.) La vie amoureuse, Débats de Psychanalyse, Paris, PUF, 2001.
  • (coll.) La ménopause. Regards croisés entre gynécologues et psychanalystes, Erès, 2004
  • (coll.) Interdits et tabous, Monographies et Débats de Psychanalyse, Paris, PUF, 2006.
  • (coll.) Transgression, Monographies et débats de psychanalyse, Paris, PUF, 2009
  • (coll.) Femmes, Le coq-héron, Eres, 2016
  • (coll.) Penser le sexuel II, Figures de la psychanalyse, Logos-Anankè, Eres, 2018
  •  (coll.) La Crise des repères identitaires – Race, sexe, genre, dir. Céline Masson, Hermann, 2022

Articles (choix)

  • "Quel retour d'âge ? Début de la fin ou fin du début ? », Revue française de psychanalyse, Les pulsions au milieu de la vie, t. LXIX, 4/2005, Paris,  PUF.
  • "Le fil rouge du sang de la femme », Champ psychosomatique , Le sang des femmes, Erès, 2005.
  • « Cent ans après les Trois essais, que reste-t-il des trois scandales ? », Revue française de psychanalyse, 2008/3 (Vol. 72), p. 761-776. DOI : 10.3917/rfp.723.0761. [lire en ligne]
  • « Les portes des mères », Revue française de psychanalyse, Le maternel, no 5, T.LXXV, Paris, PUF, 2011
  • « Hystérie : le risque du féminin », dans Figures de la psychanalyse, 2014/1 (no 27), p. 55-67. DOI : 10.3917/fp.027.0055. [lire en ligne]
  • « Le tabou de la frigidité. Le silence des alcôves », Revue française de psychanalyse, Impuissance et frigidité, no 1, T. LXXVI, Paris, PUF, 2012.
  • « Le risque de la perte. Angoisses et dépression au féminin », Monographies et Débats de Psychanalyse, La sexualité féminine, Paris, PUF., 2013.
  • « Du non-père de la horde au père amant et au père œdipien », Revue française de psychanalyse, Le Paternel, no 5, T. LXXVII, spécial, 2013
  • « La nuit des Mères Ombre de l’homosexualité féminine », Revue française de psychanalyse, 2015/3 (Vol. 79), p. 735-748. DOI : 10.3917/rfp.793.0735. [lire en ligne]
  • « Au-delà du phallique : le féminin », Le Coq-héron, 2016/3 (no 226), p. 85-96. DOI : 10.3917/cohe.226.0085. [lire en ligne]
  • « Amour, passion et emprise sexuelle [1] », Figures de la psychanalyse, 2018/2 (no 36), p. 13-24. DOI : 10.3917/fp.036.0013. [lire en ligne].
  • "L'avenir des confusions", Crise des repères identitaires. Race, sexe, genre, Hermann, 2022.

Polémique à propos de l'inceste paternel

Notes et références

Voir aussi

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