Olivier Mongin

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Olivier Mongin
Olivier Mongin intervenant lors de la session des Semaines sociales de France au parc floral de Paris, le 25 novembre 2011.
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Directeur de la rédaction
Esprit
-
Marc-Olivier Padis (d)
Biographie
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Olivier Mongin est un écrivain, essayiste et éditeur français, né à Paris en 1951. Il est directeur de la revue Esprit de 1988 à décembre 2012.

Formation

Sorbonne.
Centre de Recherches Phénoménologiques et Herméneutiques du CNRS, dirigé par Paul Ricœur.

Il étudie en khâgne au lycée Henri-IV, puis il poursuit des études de lettres et d'anthropologie à l'université Paris VII, d'histoire et de philosophie à la Sorbonne. Il complète sa formation au Centre de Recherches phénoménologiques et herméneutiques du CNRS sous la direction de Paul Ricoeur.

Parcours intellectuel

Au début des années 1970, contre le marxisme dominant marqué par Louis Althusser, sa trajectoire croise des figures marginales. Michel de Certeau le pousse vers le structuralisme et l'initie aux problématiques de la ville ; Claude Lefort et Cornelius Castoriadis, les animateurs du mouvement Socialisme ou barbarie, lui donnent les outils, politiques et philosophiques de la lutte anti-totalitaire. Il est marqué par les figures d'Emmanuel Levinas et Paul Ricœur. Il suit leurs cours de phénoménologie dans lesquels il entre en discussion avec le structuralisme, la linguistique, l'anthropologie, l'histoire, la fiction. Il fréquente Pierre Clastres, Jean-François Lyotard et Marcel Gauchet et les revues qui structurent le paysage intellectuel : Esprit, Les Temps modernes, Études. Sous le franquisme, il participe à Barcelone à l'animation de la revue La Posobra (La Veille, éditée à Andorre).

1988-2012 : Direction de la revue Esprit

Il est un peu décalé par rapport au personnalisme d'Emmanuel Mounier, fondateur en 1932 de la revue Esprit. Il n'appartient pas à la génération des militants comme Jean-Marie Domenach[Note 1]. La génération d'Olivier Mongin est moins « républicaine » que la précédente (Paul Thibaud). Il entre à la revue comme secrétaire, en 1976, quand Paul Thibaud en prend la direction[1]. La revue favorise sa lutte contre le totalitarisme, la redécouverte du libéralisme, l'influence de penseurs comme Ivan Illich, René Girard, et la mise au premier plan intellectuel d'Emmanuel Levinas, de Paul Ricœur et de Claude Lefort.

Olivier Mongin succède à Paul Thibaud fin 1988[Note 2].

Penser le monde contemporain

Un point de vue multidisciplinaire

En marge du monde intellectuel académique, déstabilisé par la mise à mal de la figure du professeur, Olivier Mongin peut se servir de son point de vue multidisciplinaire et indépendant pour s’attaquer aux problèmes créées par les ruptures : comment civiliser un monde qui est violent, et qui – contrairement aux croyances des générations précédentes – restera violent ?[Interprétation personnelle ?]

Un thème important est celui de la « Condition urbaine » (un livre porte ce titre, 2005[2]) : « la mondialisation n’est pas qu’un phénomène économique, on assiste aussi à une reconfiguration des territoires »[3]. Une autre approche de la compréhension du monde tel qu’il est en train de bouger, c’est la prise en compte des « fictions » qui le décrivent : dans les romans, sur scènes, et sur les écrans ; c’est la thématique des trois volumes des Passions démocratiques (1991-2002)[4]. C’est aussi une façon de prendre en compte la rupture créée par les nouvelles technologies. Son livre sur les Mutations du paysage intellectuel, Face au Scepticisme (1998), s’attaque à la mutation du paysage intellectuel à l’heure de la mondialisation et à la nécessaire remise en compte des schémas de pensée.

Une réflexion en cours

Olivier Mongin vient d’une génération anti-totalitaire et portée par des valeurs démocratiques nées de l’histoire culturelle, philosophique et politique européenne. Mais le monde d’aujourd’hui est beaucoup plus grand que l’Europe qui est maintenant décentrée. Les valeurs européennes ne sont pas dévalorisées, mais il faut les penser dans un monde où l’Europe n’est plus le centre du monde.[Interprétation personnelle ?]

Un thème majeur reste celui de la violence[5], dans les villes, dans la politique, dans la création artistique. Olivier Mongin n’a jamais cru à l’éradication de la violence contrairement à des théoriciens de l’individualisme et de la pacification démocratiques. La violence perdure. Une « civilisation démocratique » de la violence existe. Olivier Mongin a beaucoup écrit sur le comique[6], car celui-ci le frappe, paradoxalement, par sa violence[7].

Pour lire le monde contemporain, surtout dans la façon dont il est reflété sur nos écrans, il a recours aux techniques d’analyse de la mise en scène ; celles qu’il les a héritées de deux grands auteurs : André Bazin – le père spirituel de François Truffaut, et le grand critique de la revue Esprit – et Serge Daney, esprit indépendant, autodidacte, iconoclaste, grand critique de cinéma, mort en 1992. À cette question de Philippe Petit : « Le déficit de mise en scène est donc, selon vous, au cœur du malaise de la représentation de nos sociétés contemporaines ? », Olivier Mongin répond : « Absolument. On ne manque pas de réel, on ne manque pas d’informations, elles fusent de partout, du plus près au plus lointain. On ne manque pas de spectacle non plus, c’est incontestable, il suffit d’allumer le petit écran pour s’en rendre compte. On manque seulement d’une capacité de mise en scène, c’est-à-dire de recul et de décalage qui nous permettent de mieux saisir corporellement et intellectuellement le monde présent et comment on peut y agir autrement qu’en ravivant des vieux schémas. »[8]

Autres activités

Olivier Mongin a eu de nombreuses activités annexes : il a codirigé la collection « La Couleur des Idées » aux Éditions du Seuil de 1985 à 2007 et dirigé la collection « Questions de Société » aux Éditions Hachette de 1993 à 1997.

Il a été secrétaire général, puis vice-président du Syndicat de la presse culturelle et scientifique, secrétaire général du groupement pour les droits des minorités de 1977 à 1982, membre du conseil d’administration de la chaîne de télévision Sénat et vice-président de la République des Idées, groupe de réflexion.

Il a enseigné la philosophie politique à l’IEP de Lyon de 1980 à 1985 ; au Centre Sèvres à Paris de 1987 à 1998 ; à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles.

Il a dirigé la publication de Tous Urbains.

Il est membre du comité d’orientation et de prospective du Forum Vies Mobiles[9]

Piblications

Références

Liens externes

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