Olivier de Martreuil
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| Évêque de Chalon-sur-Saône | |
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Jean de La Coste (d) | |
| Évêque de Viviers Diocèse de Viviers | |
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Olivier de Martreuil, mort le , est un ecclésiastique français, évêque de Viviers (1385-1387) puis de Chalon-sur-Saône (1387-1405).
Au service du duc de Bourgogne
Olivier de Martreuil est issue d'une famille poitevine, originaire de Martreuil, hameau de la commune actuelle de La Trimouille. Il est le frère d'Ithier de Martreuil, évêque du Puy (1392-1395) puis de Poitiers (1395-1395)[1].
Olivier de Martreuil est licencié in utroque jure. Alors que son frère est au service de Jean de Berry, Olivier de Martreuil entre au service du frère de celui-ci, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi[1]. Il est nommé doyen d'Autun[2],[3],[1] dès 1358. Après la conquête du Poitou, le roi de France Charles V lui donne, en 1369, la charge de trésorier de Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers, en remplacement d’un Anglais. Mais cette nomination est contestée par des concurrents qui entament un procès et Oivier de Martreuil abandonne cette charge en 1378. Il est membre du parlement de Beaune de 1378 à 1385[1].
Évêque de Viviers
Olivier de Martreuil est également chanoine de Viviers[2],[3]. L'antipape Clément VII le nomme évêque de Viviers le [4],[1], à la place de Jean de Brogny, promu cardinal[4]. Olivier de Martreuil est consacré le dans la cathédrale de Langres[3].
Évêque de Chalon-sur-Saône
Le , Clément VII le nomme évêque de Chalon,[3],[1]. Il prend possession de cet évêché le . C'est la première fois que la maison de Valois-Bourgogne réussit à placer un de ses fidèles sur le siège épiscopal de Chalon[1]. Abandonnant ses fonctions dans l'administration ducale, Olivier de Martreuil s'occupe activement du diocèse de Chalon, entrant en conflit avec les chanoines[2],[1], qui ont été exemptés par le pape de la juridiction épiscopale[1]. Il entre également en conflit avec le commandeur de la commanderie des Hospitaliers de Bellecroix[5]
En 1393, Olivier de Martreuil est envoyé en Savoie par les oncles du roi de France Charles VI, pour essayer de réconcilier Bonne de Berry, régente de Savoie, avec sa belle-mère Bonne de Bourbon. En 1398, il est envoyé à Besançon pour essayer de faire adhérer son archevêque à la soustraction d'obédience décidée en France pour tenter de mettre fin au Grand schisme d'Occident[6]. Lors du débat et du vote à ce propos, le procureur d'Olivier de Martreuil, Ithier de Martreuil, s'exprime en son nom pour la soustraction d'obédience : « considéré la longueur de ce scisme […], veu le refuz que le pape en fait et les empeschemens qu’il y met assez notoirement a delayer et empescher l’union […] on lui doit faire substraction totale sans delayer, car cesser de faire ladite substration lui seroit donner faveur et nourrissement en sa durté[7] ».
En 1400, Olivier de Martreuil bénit le nouvel abbé de Cluny, Raymond de Cadoëne[8],[9]. Cette bénédiction permet au nouvel abbé de marquer ses distances avec l'évêque de son diocèse, Pierre de Juys[8]. En 1403, il consacre la cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône[10].
Olivier de Martreuil fait rédiger son testament le [10],[6] dans son château de Champforgeuil[11]. Comme il ne veut pas, à cause des luttes passées avec le chapitre, être enterré dans la cathédrale de Chalon, il demande à être enterré dans l'abbaye cistercienne de Maizières[12],[13]. Il meurt le 8, le 9[12] ou [6] et il est effectivement enterré dans l'abbaye de Maizières. Son gisant traverse les vicissitudes des pillages par les protestants pendant les guerres de religion et de la destruction de cette abbaye, vendue comme bien national pendant la Révolution française. Il est conservé au Musée Denon de Chalon-sur-Saône. Il montre, sculpté dans la pierre calcaire, l'évêque coiffé de la mitre, crossé et habillé de ses vêtements pontificaux, les pieds posés sur un animal[14].
Références
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Gras 1953, p. 34.
- 1 2 3 Bazin 1914, p. 279.
- 1 2 3 4 Roche 1930, p. 159.
- 1 2 Roche 1930, p. 157.
- ↑ Jean-Bernard de Vaivre, « Notes sur la commanderie de Bellecroix (Saône-et-Loire) du XIIIe au XVe siècle », Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, vol. 2009, no 1, , p. 376–399 (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 Gras 1953, p. 35.
- ↑ Hélène Millet et Emmanuel Poulle, Le vote de la soustraction d'obédience en 1398, vol. 1 : Introduction. Edition et fac-similés des bulletins du vote, Paris, Éditions du CNRS, coll. « Documents, études et répertoires de l'Institut de Recherche et d'Histoire des Textes » (no 40), , 321 p. (lire en ligne), p. 79.
- 1 2 Bazin 1914, p. 281.
- ↑ Wolfram Mallison, L’office divin à Cluny et l’ordinaire de Raymond de Cadoène (Thèse d'École des chartes), , 406 p. (lire en ligne), p. 4.
- 1 2 Bazin 1914, p. 282.
- ↑ Madignier 2018, p. 617.
- 1 2 Bazin 1914, p. 283.
- ↑ Madignier 2018, p. 645.
- ↑ Madignier 2018, p. 646.
Voir aussi
Bibliographie
- Jean-Louis Bazin, Histoire des évêques de Chalon-sur-Saône, t. I, Chalon-sur-Saône, Société d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saône, coll. « Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saône » (no 14), , 290 p. (lire en ligne).
- Pierre Gras, « Un siège épiscopal au temps des papes d'Avignon et du Grand Schisme d'Occident. Les évêques de Chalon de 1302 à 1416. Leurs origines, leurs modes de nomination », Mémoires de la Société pour l'histoire du droit et des institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romands, vol. 15, , p. 7-50 (lire en ligne).
- Jacques Madignier, « Deux évêques bourguignons de la fin du XIVe siècle au service de l'Église et de l'État : Nicolas de Toulon et Olivier de Martreuil », Annales de Bourgogne, vol. 89, , p. 19-39.
- Jacques Madignier, « La mort et les chapitres cathédraux dans la Bourgogne des XIIIe – XVe siècles », Le Moyen Age, vol. CXXIV, nos 3-4, , p. 615–650 (ISSN 0027-2841, DOI 10.3917/rma.243.0615, lire en ligne, consulté le ).
- Auguste Roche, « Note sur la chronologie des évêques de Viviers », Revue du Vivarais, vol. 37, , p. 68-75, 126-134, 156-164, 228-237, 269-276 (lire en ligne).