Ouvrage de Castillon
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└─ sous-secteursecteur fortifié des Alpes-Maritimes
└─ sous-secteur des Corniches,
quartier Castillon
| Ouvrage de Castillon | |||
La cloche GFM du bloc 3, au-dessus des deux créneaux pour canon. | |||
| Type d'ouvrage | Gros ouvrage d'artillerie | ||
|---|---|---|---|
| Secteur └─ sous-secteur |
secteur fortifié des Alpes-Maritimes └─ sous-secteur des Corniches, quartier Castillon |
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| Numéro d'ouvrage | EO 8 | ||
| Année de construction | 1931-1934 | ||
| Régiment | 76e BAF et 157e RAP | ||
| Nombre de blocs | 5 mais 6 prévu | ||
| Type d'entrée(s) | Entrée mixte | ||
| Effectifs | 337 hommes et 7 officiers | ||
| Coordonnées | 43° 50′ 14,05″ nord, 7° 27′ 30,52″ est | ||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Alpes-Maritimes
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L'ouvrage de Castillon est une fortification faisant partie de la ligne Maginot, située sur la commune de Castillon, dans le département des Alpes-Maritimes.
Constitué de cinq blocs et armé de mitrailleuses, de canons de 75 mm, et de mortiers de 81 mm, cet ouvrage devait interdire par ses tirs une invasion du territoire français. Peu concerné par les combats de contre l'armée italienne, il fut utilisé en septembre et par les troupes allemandes pour se défendre des Américains, ces derniers bombardant l'ouvrage.
Position sur la ligne
L'ouvrage a été construit sur la partie occidentale de la commune de Castillon, à côté des ruines de l'ancien village perché (Vieux Castillon) à 740 mètres d'altitude[1], surplombant le col de Castillon.
L'ouvrage a pour but de défendre le territoire français contre l'armée italienne, débouchant des sentiers muletiers traversant la frontière franco-italienne. L'ouvrage faisait partie de la ligne Maginot, dans le secteur fortifié des Alpes-Maritimes. Ce secteur était subdivisé en cinq sous-secteurs : Castillon se trouve dans celui le plus au sud, le « sous-secteur des Corniches », qui comprenait deux lignes successives de fortifications.
La plus puissante est appelée la « ligne principale de résistance ». Dans le sous-secteur des Corniches, elle se situe en retrait à cinq kilomètres de la frontière franco-italienne, le long des hauteurs bordant à l'ouest de la vallée du Careï, avec un succession d'ouvrages bétonnés, s'appuyant mutuellement avec des mitrailleuses et de l'artillerie sous casemates : les ouvrages du Col-des-Banquettes (EO 7), de Castillon (EO 8), de Sainte-Agnès (EO 9), du Col-de-Garde (EO 10), du Mont-Agel (EO 11), de Roquebrune (EO 13), de la Croupe-du-Réservoir (EO 14) et de Cap-Martin (EO 15). L'ouvrage de Castillon croise ses feux d'artillerie avec l'ouvrage du Barbonnet à 3,3 km de distance au nord-nord-ouest (dans le sous-secteur de Sospel) et avec celui de Sainte-Agnès, à 4 km au sud. La continuité des tirs de mitrailleuses est assurée entre Castillon et Sainte-Agnès par le petit ouvrage du Col-des-Banquettes et par une série de blockhaus d'infanterie.
En avant de cette ligne principale, une seconde ligne a été construite pour donner l'alerte, retarder au maximum une attaque brusquée et couvrir un peu les trois communes se trouvant à l'est des ouvrages (du nord au sud Castillon, Castellar et Menton). Cette ligne est composée d'« avant-postes », qui sont beaucoup plus petits (et beaucoup moins chers) que les ouvrages de la ligne principale ; sur les 29 avant-postes alpins (AP), sept ont été construits dans le sous-secteur des Corniches. Six de ces avant-postes barrent les différents chemins descendant de la ligne de crêtes marquant la frontière : du nord au sud l'AP de la Baisse-de-Scuvion (à 1 154 m d'altitude, sous le mont Roulabre), l'AP de Pierre-Pointue (à 1 156 m), l'AP de Fascia-Founda (dans la Baisse de Faïche-Fonda, à environ 1 000 m d'altitude), l'AP de la Péna (sur le rocher de la Penna, à 727 m), l'AP de La Colletta (sur le chemin de l'Orméa, à 466 m), l'AP du Collet-du-Pillon (sur le chemin des Granges de Saint-Paul, à 400 m, aujourd'hui sous les remblais d'un terrain de sport) et l'AP de Pont-Saint-Louis (barrant la route littorale).
Souterrains

Comme tous les autres ouvrages de la ligne Maginot, celui de Castillon est conçu pour résister à un bombardement d'obus de très gros calibre. Les organes de soutien sont donc aménagés en souterrain, creusés au minimum sous douze mètres de roche, tandis que les organes de combat, dispersés en surface sous forme de blocs, sont protégés par d'épais cuirassements en acier et des couches de béton armé.
Les souterrains de Castillon sont organisés sur deux niveaux, à cause de la configuration du relief. Le premier niveau, comprenant l'usine, les filtres à air et la caserne, est de plain-pied avec le bloc d'entrée. Le second niveau, où sont rassemblés les magasins à munitions, les PC et le central téléphonique, est relié au premier par deux monte-charges. En raison de la vulnérabilité de sa ligne d'approvisionnement (la route d'accès du col Saint-Jean à Castillon), Castillon avait des stocks quadruplés de munitions et de ravitaillement[2] ; un grand magasin (type M 1) était prévu, mais fut ajourné[3]. Les galeries sont équipées d'une voie ferrée étroite de 60 cm où roulent des wagonnets poussés à bras (les caisses d'obus font de 80 à 105 kg).
En cas de coupure de l'alimentation électrique (du 210 volts alternatif, fournit par le réseau civil) nécessaire à l'éclairage et aux monte-charges, l'usine disposait de trois groupes électrogènes, composés chacun d'un moteur Diesel SMIM 6 SR 18 (six cylindres, fournissant une puissance de 125 ch à 600 tours par minute)[4] couplé à un alternateur, complétés par un petit groupe auxiliaire (un moteur CLM 1 PJ 65, de 8 ch à 1 000 tr/min)[5] servant à l'éclairage d'urgence de l'usine et au démarrage pneumatique des gros moteurs Diesel. Le refroidissement des moteurs se fait par circulation d'eau, dont l'approvisionnement est assuré par la source Véran se trouvant sur le plateau de Ségra : une petite conduite amène l'eau dans les quatre citernes de l'ouvrage (d'une capacité totale de 97 000 litres)[6].
Blocs
En surface, les blocs de combat sont dispersés autour du sommet. Chaque bloc de combat dispose d'une certaine autonomie, avec ses propres magasins à munitions (le M 3 à côté de la chambre de tir et le M 2 en bas du bloc), sa salle de repos, ses PC, ainsi que son système de ventilation et de filtration de l'air. L'ensemble des blocs est ceinturé par un réseau de fils de fer barbelés, toute la zone est battue par les fusils mitrailleurs installés dans les différents créneaux et cloches, se soutenant mutuellement. L'accès à chaque façade est bloqué par un fossé diamant, qui sert aussi à recevoir les débris de béton lors des bombardements. Étant donné que les positions de mise en batterie pour de l'artillerie lourde sont rares en montagne, le niveau de protection est moins important que dans le Nord-Est (les ouvrages construits en Alsace, en Lorraine et dans le Nord). Dans le Sud-Est (les Alpes), les dalles des blocs font 2,5 mètres d'épaisseur (théoriquement à l'épreuve de deux coups d'obus de 300 mm), les murs exposés 2,75 m, les autres murs, les radiers et les planchers un mètre. L'intérieur des dalles et murs exposés est en plus recouvert de 5 mm de tôle pour protéger le personnel de la formation de ménisque (projection de béton à l'intérieur, aussi dangereux qu'un obus).

Le bloc 1 est sur le versant occidental, en bordure de la route. C'est un bloc d'entrée mixte, avec deux portes d'entrée, l'une pour un petit camion (fermée par un pont-levis ajouré), l'autre pour les patrouilles (fermée par une porte blindée). La façade est défendue par un blockhaus sur le côté comportant trois créneaux pour fusil mitrailleur[7]. Les fusils mitrailleurs (FM) de l'ouvrage étaient chacun protégé par une trémie blindée et étanche (pour la protection contre les gaz de combat). Ils tirent la cartouche de 7,5 mm à balle lourde (modèle 1933 D de 12,35 g au lieu de 9 g pour la modèle 1929 C)[8]. Ces FM étaient des MAC modèle 1924/1929 D, dont la portée maximale est de 3 000 mètres, avec une portée pratique de l'ordre de 600 mètres[9]. L'alimentation du FM se fait par chargeurs droits de 25 cartouches, avec un stock de 14 000 par cloche GFM, 7 000 par FM de casemate et 1 000 pour un FM de porte ou de défense intérieure[10]. La cadence de tir maximale est de 500 coups par minute, mais elle est normalement de 200 à 140 coups par minute[11],[12].
Le bloc 2 a été ajourné et finalement jamais construit ; il devait être construit au sud. Il s'agissait d'une casemate d'artillerie flanquant vers le sud pour deux canons-mortiers de 75 mm modèle 1931 et une cloche FM.
Le bloc 3 se trouve juste au-dessus du bloc d'entrée. C'est une casemate d'artillerie flanquant vers le nord, pour deux canons-obusiers de 75 mm modèle 1929 (aux axes légèrement divergents ; chacun peut théoriquement tirer jusqu'à une distance de 12 km à la cadence de 12 à 13 coups par minute), deux mortiers de 81 mm en sous-sol (cadence de 12 à 15 coups par minute à une portée maximale de 3 600 m), deux créneaux pour FM, une cloche GFM (pour guetteur ou fusil mitrailleur) et une cloche LG (lance-grenade)[13]. Une porte servant d'issue de secours est aménagée au fond du fossé diamant.
Le bloc 4 est à l'extrémité nord de l'ouvrage. C'est une casemate d'infanterie avec un créneau pour jumelage de mitrailleuses, une cloche JM (une arme mixte était prévue à sa place), une cloche GFM et une cloche observatoire VDP (indicatif O 34)[14]. Les mitrailleuses étaient des MAC modèle 1931 F, montées en jumelage (JM) pour pouvoir tirer alternativement, permettant le refroidissement des tubes. La portée maximale avec cette balle (Vo = 694 m/s) est théoriquement de 4 900 mètres (sous un angle de 45°, mais la trémie limite le pointage en élévation à 15° en casemate), la hausse est graduée jusqu'à 2 400 mètres et la portée utile est plutôt de 1 200 mètres. Les chargeurs circulaires pour cette mitrailleuse sont de 150 cartouches chacun, avec un stock de 50 000 cartouches pour chaque jumelage[10]. La cadence de tir théorique est de 750 coups par minute[15], mais elle est limitée à 450 (tir de barrage, avec trois chargeurs en une minute), 150 (tir de neutralisation et d'interdiction, un chargeur par minute) ou 50 coups par minute (tir de harcèlement, le tiers d'un chargeur)[16]. Le refroidissement des tubes est accéléré par un pulvérisateur à eau ou par immersion dans un bac.
Le bloc 5 se trouve sur le versant oriental : c'est une casemate d'infanterie avec un créneau pour JM, une cloche de mitrailleuses et une cloche GFM (servant d'observatoire auxiliaire, indicatif O 35)[17].
Le bloc 6 est situé entre les blocs 1 et 5 : c'est une casemate d'artillerie flanquant vers le sud, avec deux mortiers de 81 mm, un créneau FM (protégeant le puits de ventilation) et une cloche GFM[18]. Une porte servant d'issue de secours se trouve au fond du fossé diamant.
Le bloc 7 a été ajourné, puis jamais construit. Il devait se trouver en contrebas du bloc 2 pour lui servir d'observatoire surveillant vers le sud, avec une cloche observatoire et une cloche GFM.