Palimpseste
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Un palimpseste (du grec ancien παλίμψηστος / palímpsêstos, « gratté de nouveau ») est un manuscrit constitué d’un parchemin déjà utilisé, dont on a fait disparaître les inscriptions pour pouvoir y écrire de nouveau.

Le palimpseste est un produit de recyclage du parchemin : les manuscrits désuets ou de peu de valeur étaient désencrés ou effacés grâce à de la ponce et fournissaient un nouveau support aux copistes. Le poète Catulle, au Ier siècle av. J.-C., ironise sur un poète aussi riche que vaniteux qui, au lieu de diffuser ses œuvres sur le banal palimpseste, les fait copier sur du papyrus relié et broché[1]. Le recours au palimpseste se généralise au Moyen Âge, surtout entre le VIIe siècle et le XIIe siècle, quand les monastères occidentaux (principaux producteurs et conservateurs de documents écrits) ne peuvent plus compter sur les importations de papyrus du fait de la domination musulmane en Égypte tout en voulant concurrencer la bibliothèque d'Alexandrie.
La plus ancienne Bible espagnole, conservée à la cathédrale de León, est ainsi un palimpseste qui a reçu au moins trois textes superposés : une copie de la Lex Romana Visigothorum (notée au VIe siècle), quarante feuillets d'extraits bibliques en semi-onciale du VIIe siècle et pour finir une Bible plus récente du Xe siècle environ[2].
À cause de cette méthode, de nombreux écrits ont été momentanément ou irrémédiablement perdus comme des correspondances privées, textes juridiques tombés en désuétude, textes d'auteurs jugés païens ou hérétiques ou simplement dont la présentation ne correspondait plus au nouveau goût. Il est cependant parfois possible de reconstituer l'ancien texte de certains palimpsestes grâce aux techniques modernes de restauration de documents comme l'imagerie aux rayons ultraviolets, le rayonnement synchrotron ou grâce à la chimie en général.

Par extension, on parle parfois de « palimpseste » pour un objet qui se construit par destruction et reconstruction successive, tout en gardant l'historique des traces anciennes.
Le terme est également utilisé en architecture, ou encore dans l'analyse paysagère. Par exemple, Olivier Mongin parle de la « ville palimpseste »[3]ou André Corboz qui a proposé la métaphore du palimpseste dans son texte Le territoire comme palimpseste[4].
En art, on parle aussi de « biopalimpseste » pour une œuvre d'art issue du bio-art qui met en jeu les questions relatives à la réécriture du vivant.