De Republica

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(la) De re publicaVoir et modifier les données sur Wikidata
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De Republica
Folio 277r. du Vaticanus Latinus 5757.
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Le De Republica (en français : De la République) est un traité sur la politique, écrit par Cicéron en L'ouvrage, écrit sous la forme d'un dialogue platonicien, traite de la meilleure forme d'État et de la manière de bien conduire un État. Cette question avait déjà été abordée par les Grecs avec La Politique d’Aristote et La République de Platon. Cicéron applique leurs analyses aux institutions de la République romaine, pour établir que la République du IIe siècle av. J.-C. était la cité la plus proche de l’équilibre idéal formulé par ces théories. Il complètera ce traité par le De Legibus, ouvrage consacré à l’aspect législatif des institutions.

L’ouvrage rédigé en six livres n’est parvenu à l’époque moderne que très mutilé, seule la fin dite du Songe de Scipion fut conservée au cours du Moyen Âge en raison de son mysticisme apprécié des auteurs chrétiens. Le reste de l’ouvrage aux considérations plus politiques n’a pu être reconstitué que très partiellement au début du XIXe siècle.

Cicéron entame la rédaction du De Republica en mai , alors que Rome traverse une crise politique ayant pour origine l’influence des triumvirs Pompée et Crassus, consuls l’année précédente, et Jules César, dont le pouvoir en Gaules venait d’être prolongé. Dans l'Urbs même, les affrontements entre les bandes armées de Clodius et celles de Millon font craindre une nouvelle guerre civile. Le projet de Cicéron est ambitieux, il envisage un traité en neuf livres consacré à l'organisation de la cité et à la définition du citoyen[1], répartis en neuf jours de discussion tenues en entre Scipion Émilien et ses amis[2].

Dans une lettre à son frère Quintus au début de novembre 54, Cicéron indique que son projet est en cours avec deux livres rédigés, qu'il a fait lire à Cn. Sallustius Ce Sallustius, inconnu par ailleurs, n'est pas l'historien Salluste prénomé Caius, qui avait vingt ans de moins que Cicéron[3] . Sur l'avis de ce dernier, il va remanier son plan et envisage un dialogue entre lui-même et son frère Quintus[4]. La version finale du traité montre une nouvelle orientation et regroupe l'ensemble en six livres, censés s'étaler sur les trois jours de l'entretien dirigé par Scipion Émilien[5].

Manuscrits sources

Augustin d'Hippone (début du Ve siècle) puis Isidore de Séville (début du VIIe siècle) ont pu lire le De Republica, mais il est devenu introuvable à la Renaissance, malgré les recherches de Pétrarque (1304-1374)[6].

Jusqu’en 1818, on ne connaissait de cet important ouvrage que la conclusion (livre VI) annexée au Commentaire au Songe de Scipion de Macrobe sous le titre de Songe de Scipion (en latin : Scipionis Somnium), et quelques passages fort courts cités par les auteurs chrétiens Lactance (44 citations ou reformulations) et Augustin d'Hippone (50 citations ou reformulations), et des grammairiens comme Nonius Marcellus (94 citations) ou Arusianus Messius, confondu avec Fronton[7].

Le palimpseste Vaticanus Latinus 5757

Une autre partie du texte fut retrouvée en 1818 par Angelo Mai, préfet de la bibliothèque de manuscrits du Vatican, dans un palimpseste d'un ouvrage d'Augustin d'Hippone, référencé Vaticanus Latinus 5757, copié au début du VIIIe siècle sur les pages lavées et grattées d’un codex du IVe siècle qui contenait le De republica[8]. Grâce à des réactifs chimiques employés comme révélateur, Mai parvint à déchiffrer par-dessous le texte d’Augustin de nombreux fragments du De Republica : une grande partie du premier livre, un long fragment du second, quelques détails du troisième, deux ou trois pages du quatrième et du cinquième, rien du sixième. Des passages entiers restèrent indéchiffrables, et des pages manquantes ou déclassées ajoutent aux lacunes[9]. Mai parvint à reclasser les pages grâce à la numérotation lisible par endroits des livres de Cicéron et de cahiers du manuscrit d’origine. Il ajouta à ce texte les fragments déjà connus et le Songe de Scipion, et put produire une première édition commentée en 1822[10],[11].

Les produits chimiques employés par Mai détériorèrent de nombreuses pages, de sorte qu’il fut nécessaire en 1885 de démonter le codex Vaticanus et de stocker chaque page séparément. Une photographie du palimpseste fut faite à partir de 1903[6], elle fut publiée en 1934 par la bibliothèque du Vatican[12], et une transcription du texte fut fournie par l'école américaine de Rome.

Le texte cicéronien du manuscrit Vaticanus Latinus 5757 se présente en deux colonnes par page, chaque colonne comporte quinze lignes, de neuf à douze lettres chacune, sans séparation des mots. Les lettres ont été calligraphiées en grande onciale par deux copistes, qui, vu les fautes nombreuses, écrivaient sans comprendre. Le texte porte des corrections en petite onciale, probablement faites par un relecteur plus qualifié. L’étude de ces corrections faite en 1874 par A. Strelitz et F. W. Müller en 1878 a montré leur justesse[13].

Malgré les restitutions du texte, l’ouvrage est encore largement défectueux : les préambules de chaque livre manquent à l’exception de celui du livre V connu par une citation d’Augustin d’Hippone ; des livres entiers sont si mutilés qu'on peut à peine reconnaître le plan complet de l’ouvrage, et des incertitudes demeurent sur la version actuelle notamment pour l’emplacement des fragments de textes cités par les grammairiens. Enfin, on n'a pas trace dans le manuscrit 5757 de la correction d’un terme géographique discutée entre Cicéron et Atticus dans une lettre d’avril 50[14].

Le livre VI et le Songe de Scipion

Image du manuscrit médiéval intitulé Commentariorum in Somnium Scipionis de Macrobe
Page d'un manuscrit médiéval du Commentariorum in Somnium Scipionis de Macrobe, du XIIe siècle (conservé à Copenhague).

Du livre VI, une partie importante subsiste : le néoplatonicien Macrobe rédigea au début du Ve siècle un commentaire au Songe de Scipion, songe qui est la principale partie du livre VI. Le texte de son commentaire ne comportait que des extraits du Songe de Scipion, mais il fut généralement accompagné dans les manuscrits de la copie complète du Songe. À l'inverse des premiers livres du De Republica, l'ouvrage fut largement copié durant le Moyen Âge et de nombreux manuscrits ont subsisté jusqu'à notre époque[15].

Parmi ceux-ci, les plus anciens contenant le Songe de Scipion (codices somnii Scipionis) :

  • Parisinus N.A.L. 454, du IXe siècle,
  • Bruxellensis 10146, fin du IXe ou début du Xe siècle,
  • Vaticanus Palatinus latinus 1341, du Xe siècle,
  • Berolinensis Phillipps 1787, du Xe siècle.

Contenu

Références

Bibliographie

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