Il s'agit essentiellement du bras politique de l'Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités (USTKE), et fait suite à la présentation par ce dernier de candidats dans les deux circonscriptions lors des élections législatives de 2007. Il se veut plus à gauche que le FLNKS. Il n'a dans un premier temps ni président ni bureau, mais un directoire d'une quarantaine de membres, jusqu'à son congrès de qui voit l'élection à sa tête de Louis Kotra Uregei, fondateur de l'USTKE et candidat dans la 1recirconscription en 2007.
Reprenant la position de l'USTKE, qui en 1998 avait pris position contre l'accord de Nouméa, il milite contre la négociation d'un nouveau statut transitoire et pour une indépendance dès 2014. Il se veut également anticapitaliste et écologiste, il est particulièrement critique à l'égard des projets industriels du Nord et du Sud. Il souhaite mettre les intérêts de la population et de la culture kanak au centre du dispositif dans tous les domaines. Il est tout particulièrement attaché à une législation stricte en matière de protection de l'emploi local et de limitation de l'immigration (qu'il qualifie de « massive » et considère comme une « colonisation de peuplement »)[2],[3],[4].
Résultats électoraux
Élections municipales de 2008
Lors des élections municipales de , le Parti travailliste présente des listes dans 14 des 33 communes, et obtient 25 élus:
Nouméa (Jean Durut, ancien directeur du Centre d’information et d’orientation): 921 voix (3,62%) au 1ertour, aucun élu.
Dumbéa (Jacques Nyiteij, membre du directoire du Parti travailliste, associé au comité local de l'UC et au LKS): 304 voix (4,47%) au 1ertour, aucun élu.
Païta (Christophe Komedji, délégué syndical USTKE à Tontouta Air Service, avec la présence symbolique en dernière position du président du syndicat de l'époque Gérard Jodar): 369 voix (6,99%) au 1ertour, aucun élu.
Lifou (Louis Kotra Uregei): 1 043 voix (18,82%, 2escore) au 1ertour, 1 533 voix (25,4%, 2escore) au 2etour, 4 élus sur 33.
Maré (Alphonse Pujapujane, vice-président de l'USTKE): 298 voix (7,27%) au 1ertour, fusion avec la liste Palika d'Émile Lakoredine et UC Renouveau de l'ancien maire Jules Paala pour obtenir 1 477 voix (33,5%, 2escore, 5 élus sur 29), aucun élu pour le Parti travailliste.
Ouvéa (Macki Wea, ancien membre des Foulards rouges, du FULK et du Comité de lutte d'Ouvéa pendant les Évènements): 267 voix (10,16%) au 1ertour, 274 voix (9,28%) au 2etour, 1 élu sur 27.
Ponérihouen (Hubert Naaoutchoué): 258 voix (19%, 4escore presque ex aequo), 4 élus sur 23.
Le Parti travailliste a également soutenu la liste présentée par le Comité Rhéébù Nùù à Yaté: celle-ci l'emporte avec 519 voix (44,63%) et 9 élus sur 19, et sa tête de liste, Étienne Ouetcho, est élu maire.
Le Parti travailliste totalise ainsi, sur l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie, 7 692 suffrages (7,97%) et 3 sièges au Congrès, ce qui en fait la 6eforce politique locale et la 3e indépendantiste (derrière l'UC et le Palika).
Lors du renouvellement du bureau du , le Parti travailliste s'associe cette fois-ci au groupe FLNKS (UC, RDO, UC Renouveau et l'unique élu du Palika dans le Sud). Il soutient la candidature de l'UCCaroline Machoro à la présidence (elle est battue au 3etour de scrutin par Harold Martin, par 17 voix contre 20, les 6 élus du Palika ayant choisi le vote blanc, tout comme du côté non-indépendantiste les 10 conseillers de Calédonie ensemble et une des deux du RPC). La liste commune ainsi formée permet au Parti travailliste d'entrer au bureau, Louis Kotra Uregei devenant alors l'un des deux secrétaires du Congrès (aux côtés de Jean-Luc Régent, du RPC).
Le , à la suite de l'accession de Harold Martin le 3 mars précédent à la présidence du gouvernement, un vote a lieu (en l'absence des élus de Calédonie ensemble, du Palika et du LKS, qui contestent la validité de ce scrutin) pour lui choisir un successeur au perchoir. Rock Wamytan (FLNKS-UC, Sud) est alors élu avec 32 voix contre 3 bulletins blancs, obtenant le soutien de son propre groupe FLNKS ainsi que des quatre élus travaillistes mais aussi des anti-indépendantistes du Rassemblement-UMP et de l'Avenir ensemble. Encore une fois, une liste commune FLNKS-Parti travailliste est constituée pour l'élection du bureau qui est organisée le même jour: Louis Kotra Uregei devient ainsi 6evice-président.
Ces deux élections sont toutefois invalidées par le Conseil d'État le , la décision prenant effet au 1eraoût suivant. Un nouveau renouvellement intégral du bureau, mais aussi de la commission permanente et des commissions intérieures, est organisé le , avec cette fois la présence de toutes les composantes du Congrès. Bénéficiant des mêmes soutiens, Rock Wamytan est réélu avec 32 voix contre 15 à Léonard Sam de Calédonie ensemble (soutenu par le LMD, l'UDC et le RPC), 6 bulletins blancs (du Palika) et 1 absent (du LKS). Au bureau, Louis Kotra Uregei passe de la 6e à la 8evice-présidence. Il prend de plus, quelques jours plus tard, la présidence de la commission intérieure des Sports.