Pascal Arrighi
personnalité politique française
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Pascal Arrighi, né le à Vico (Corse) et mort le à Toulon (Var), est un résistant, homme politique, juriste et universitaire français. Il est le frère de Jean-François Arrighi, évêque, et le père de Marie-Dominique Arrighi, journaliste.
| Pascal Arrighi | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député français | |
| – (2 ans, 1 mois et 12 jours) |
|
| Élection | 16 mars 1986 |
| Circonscription | Bouches-du-Rhône |
| Législature | VIIIe (Cinquième République) |
| Groupe politique | FN-RN |
| – (3 ans et 11 mois) |
|
| Élection | 30 novembre 1958 |
| Circonscription | Corse |
| Législature | Ire (Cinquième République) |
| Groupe politique | UNR |
| Prédécesseur | Circonscription créée |
| Successeur | Antoine Sérafini |
| – (2 ans, 10 mois et 16 jours) |
|
| Élection | 2 janvier 1956 |
| Circonscription | Corse |
| Législature | IIIe (Quatrième République) |
| Groupe politique | RRRS |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Vico (France) |
| Date de décès | (à 83 ans) |
| Lieu de décès | Toulon (France) |
| Parti politique | RRRS (1956-1958) UNR (1958) FN (1984-1989) CNIP (à partir de 1989) |
| Fratrie | Jean-François Arrighi |
| Enfants | Marie-Dominique Arrighi |
| Résidence | Corse Bouches-du-Rhône |
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Biographie
Jeunesse et études
Pascal Arrighi suit des études de droit et obtient une licence de droit. Il étudie en parallèle à l'École libre des sciences politiques, dont il est diplômé en 1942[1]. Il est par la suite reçu à l'agrégation de droit public.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est membre du Réseau Orion dans la Résistance intérieure française, avant d'être interné en Espagne au camp de concentration de Miranda (1943). Il entre dans les commandos de France en 1944, il est blessé par cinq balles de mitrailleuse à Bois-le-Prince dans les Vosges.
Une fois la France libérée, il prépare avec succès le concours de l'École nationale d'administration. Il étudie au sein de la promotion 1947-1948, aux côtés de Claude Cheysson, Michel Jobert et Michel Poniatowski. Il sort dans la botte et choisit d'intégrer le Conseil d'État.
Parcours professionnel
Ayant rejoint le Conseil en 1947, il est nommé dès l'année suivante directeur de cabinet du conseiller technique des ministres de l'Air, du Budget, de la Santé Publique, des Affaires économiques, de l'Éducation et des anciens combattants. Il quitte cette fonction en 1955. Il est élevé au grade de conseiller d'État en 1974.
Parcours politique
Pascal Arrighi est conseiller municipal d'Ajaccio entre 1953 et 1959. Il mène campagne en Corse durant les élections législatives françaises de 1956 et est élu. Il est ainsi, avec Valéry Giscard d'Estaing élu en même temps, l'un des deux premiers énarques élus à l'Assemblée nationale[2].
Ardent partisan de l'Algérie française et politique ambitieux, il encadre l'expédition vers la Corse (opération Résurrection), en , pour en faire une base avancée contre la métropole et poursuivre la pacification en Algérie. Ajaccio est investie par 200 parachutistes et Bastia par 60 : l'île est paralysée[3]. Les Corses s'organisent en vue d'affrontements. L'arrivée de Charles de Gaulle au pouvoir, appelé par René Coty, écartera ce risque.
Informé par les Renseignements généraux, le ministre de l'Intérieur Jules Moch envoie une Compagnie républicaine de sécurité niçoise, grâce à des complicités dans la gendarmerie locale, l'opération de maintien de l'ordre échoue. L'immunité parlementaire de Pascal Arrighi est levée par 396 voix contre 175, mais le retour au pouvoir du général de Gaulle lui évite tout ennui judiciaire.
Il est réélu député, cette fois UNR, lors des élections législatives anticipées de .
Pascal Arrighi n'accepte pas l'autodétermination de l'Algérie annoncée par de Gaulle en et confirmée par la suite, mais ne renie pas son gaullisme (Michel Debré le reconnaît encore comme « gaulliste » lors d'un conseil des ministres d', selon les notes prises par Louis Terrenoire). Il perd son mandat de député en 1962, mais garde celui de maire de Vico, acquis en 1959, et ce jusqu'en 1983.
En , il adhère au Front national, à l'instar d'autres notables de droite, tel Michel de Rostolan ou François Bachelot. En 1985, il participe à la rédaction du programme du FN en vue des élections législatives de l'année suivante, intitulé Pour la France[4],[5]. En , il est élu conseiller régional FN de Corse. De 1986 à 1988 il est député de Marseille.
En , il critique le calembour de Jean-Marie Le Pen sur Michel Durafour : « Monsieur Durafour-Crématoire, merci de cet aveu ! », indiquant au Quotidien de Paris : « avec des mots encore chargés de sens, on ne doit pas faire de mauvais calembours. » Pascal Arrighi est sanctionné pour cela par les instances disciplinaire du FN le . Outré par un tel propos et par l'absence d'excuses qu'oppose J.-M. Le Pen, Pascal Arrighi déclare : « Je me suspends pour toujours. »
En , il rejoint le Centre national des indépendants et paysans, avec treize autres cadres du FN démissionnaires, comme François Bachelot. Il se retire de la vie politique en 1998, ne se représentant pas à son poste de conseiller régional.
Pascal Arrighi était Commandeur de la Légion d’honneur, il était aussi Commandeur des Palmes académiques, titulaire de la Médaille militaire, de la Croix de Guerre, trois citations, de la Médaille de la Résistance, de la Médaille des évadés et de la Médaille de l’Aéronautique.
Il est l'auteur d'un ouvrage sur les évènements d'Alger en 1958 qui conduiront le général De Gaulle au pouvoir: La Corse, atout décisif (Plon 1958)
Parcours professoral
Pascal Arrighi enseigne à l'École française de droit du Caire. Il enseigne également à l'ENA ainsi qu'à l'Institut d'études politiques de Paris. Entre 1962 et 1970, il est professeur à la faculté de droit de l'Institut Catholique de Paris, puis est président de l'université de Toulon entre 1970 et 1975. Il est le premier président de l'université de Corse, qu'il a mise en place, entre 1975 et 1981.
Décorations
Commandeur de la Légion d'honneur
Médaille militaire
Croix de guerre -
Médaille de la Résistance française
Médaille des évadés
Officier de l'ordre de l'Économie nationale (1954)[6]
Commandeur de l'ordre des Palmes académiques
Commandeur de l'ordre du Mérite combattant, de droit en tant que directeur de cabinet du ministre des anciens combattants et victimes de guerre (1955)[7]
Médaille de l'Aéronautique
Sources
- « M. Arrighi : « Je me suspends pour toujours » », Le Monde, ; « Pascal Arrighi », Le Monde,
- Éric Roussel, Charles de Gaulle, éd. Gallimard, 2002
- Michel Winock, L'Agonie de la IVe République, éd. Gallimard, coll. « Les journées qui ont fait la France », 2006