Patrice Delbourg
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Prix de la Société des gens de lettres Prix Max-Jacob Prix Apollinaire 1996 Grand prix de l'Humour noir Prix Alain Bosquet 2024,Prix Théophile Gauthier de l'Académie française 2024 |
Patrice Delbourg est un poète, romancier, chroniqueur, critique littéraire et musical français, né à Paris le , qui a publié une quarantaine de romans.
Formation
Après l'école primaire de la rue des Quatre-fils, cet enfant du quartier chic du Marais, a poursuivi ses études au lycée Charlemagne, à la Sorbonne puis à l'École Pratique des Hautes Études. Il a fait de ces quartiers de la capitale le décor de nombreux écrits, rejoignant en cela de grands écrivains de Paris, de Robert Desnos à Henri Calet.
Carrière
Patrice Delbourg fut journaliste aux Nouvelles Littéraires dans les années 1970[1], puis à L’Événement du Jeudi, au Nouvel Observateur, mais aussi animateur d'ateliers d'écriture en milieu sensible, initiateur de lectures théâtralisées dédiées à des auteurs pairs tels que Max Jacob ou Blaise Cendrars.
Récompenses
Il a été membre de l'académie Alphonse Allais et du grand prix de l'Humour noir, lauréat des prix Guillaume-Apollinaire et Max-Jacob. Parmi ses recueils poétiques, plusieurs furent distingués. Génériques a ainsi reçu les Prix de la Société des gens de lettres et Max Jacob ; L'Ampleur du désastre a été distingué par le Prix Guillaume Apollinaire en 1996. Un des critiques du Monde des Livres écrivait alors que « si Delbourg a le vocabulaire de tout le monde, sa façon de juxtaposer les mots est d'une modernité et d'une inventivité particulière. De celles qui font qu'une œuvre est sans pareille, de celles qui font la différence entre le prosateur et le poète »[2].
Il est invité d'honneur de l'Oulipo en 1986[3].
En 2024, Patrice Delbourg est distingué par l'Académie française qui lui décerne, avec une médaille d'argent, le prix Théophile Gauthier pour son recueil Le Singe du side-car paru la même année aux éditions du Castor Astral[4]. Le prix Théophile Gauthier constitué, en 1969, par regroupement des Fondations Archon-Despérouses, Artigue, Jean-Marc Bernard, Jules Davaine, Caroline Jouffroy-Renault, Alfred de Pontécoulant, Amélie Mesureur de Wailly et Juliette de Wils est destiné à des auteurs de poésie lyrique.
Sujets de chroniques et romans
« Arpenteur des livres et des chemins de traverse »[5], particulièrement s'ils sont parisiens, Patrice Delbourg nourrit depuis le milieu des années 1970 une riche œuvre de « moraliste frondeur » en s'emparant de sujets aussi variés que la comptabilité des banqueroutes intimes, l'humour noir, la poésie contemporaine, la chanson française, les écrivains irréguliers, le sport ou les jeux télévisés. « L’homme et l’œuvre sont caractéristiques d’une génération amère et désenchantée, ayant mal à son siècle, et qui éprouve une difficulté d’être qu’il faut affronter jour après nuit en ayant recours, le cas échéant, aux tranquillisants. C’est là une poésie au lyrisme lacéré, dont les mots s’alignent, forment un vers pour venir buter sur un blanc : interrogation, silence ? Chaque poème semble être un accouchement difficile ou la narration saccadée d’un témoin de son propre désarroi. »[6]
En 2019, les éditions du Castor Astral publient simultanément un nouveau roman (Fils de chamaille) et une édition revue des Désemparés, véritable dictionnaire des « princes sans rire » (B. Morlino) réunissant le portrait de cinquante-trois auteurs francophones.
En 2022, les mêmes éditions du Castor Astral publient La Banlieue des choses, "une dérive poétique où l'on suit les pérégrinations de Séraphin, un homme touché par les conflits existentiels et qui lutte contre la dépression.- Séraphin n'est pas à son mieux. Il survit d'opportunités, s'habille au décrochez-moi-ça, loge à la bonne franquette. Oui, Séraphin Considérant a connu des jours meilleurs. La vue se trouble comme le fond d'une bouteille, le cœur fait du yo-yo".
Patrice Delbourg est, avec Gérard Mordillat, Henri Cueco, Ricardo Mosner, Jean-Bernard Pouy, Patrice Minet, Lucas Fournier et d’autres, l'un des « papous », autrement dit les chroniqueurs invirés de l’émission de France Culture Des Papous dans la tête, fondée par Bertrand Jérôme et animée par Françoise Treussard.
Notoriété
La notoriété de Patrice Delbourg fait un bond après son article du 5 décembre 1985 dans le news-magazine L'Événement du jeudi, titré « Jean-Jacques Goldman est vraiment nul : l'art de faire le plein avec du vide », lui reprochant son absence de culture musicale comparé à Étienne Daho ou aux Rita Mitsouko[7]. « déchaine les passions et colères »[8].
Un bon millier de lettres de protestations sont reçus et des dizaines d'abonnements résiliés[9] et le journal consacre le 19 décembre dans l'édition suivante un article complet à « L'affaire ( J.-J. ) Goldman »[10], rédigé Judith Saymal, responsable de «L' Événement des lecteurs »[11]. En réponse, le chanteur, se lance dans l'autodérision féroce dont il cultive le goût ensuite: il achète une pleine page de publicité dans Libération et France-Soir, présentant un florilège de ses mauvaises critiques, de L'Express à Rock & Folk, celle de Patrice Delbourg étant intégralement reproduite.
De deux ans plus âgé que Jean-Jacques Goldman, Patrice Delbourg devient « l'ennemi intime » du chanteur, selon le livre d'Éric Jean-Jean en 2021[12]. Cela ne l'empêche pas de poursuivre sa carrière. Dans les Funambules de la ritournelle paru en 2013 aux éditions Écriture[13], il dresse, avec style, le portrait d'une bonne centaine d'auteurs-interprètes, faisant place aussi bien à ceux qu’il aime passionnément qu'à ceux qu’il déteste [14]. L'ouvrage est particulièrement apprécié des amateurs du "couplet-veston"[15].
L'exposition « Football de légendes
Patrice Delbourg fait partie, au côté notamment de Jean-Philippe Toussaint, Enki Bilal ou Erri de Luca, des trente artistes européens qui ont contribué à l'exposition « Football de légendes, une histoire européenne. 30 joueurs, 30 photos, 30 écrivains » inaugurée le par le Président de la République[16].
Prix et distinctions
- 1983 : Prix Max-Jacob pour le recueil Génériques
- 2024 : Prix Théophile-Gautier de l'Académie française pour le recueil Le Singe du side-car