Anciennes mentions: Pagus Saroensis et Pagus Saruensis (diplômes des années 713 et 719)[1]; Sarachowa en 870[2]; Pagus Saronensis en 964[2]; Pagus Sargowe en 1065[2]; Pagus Saregauwe, Pagus Saregauve et Pagus Saregowe en 1080[2]; Sarcouwe et Saracouwe en 1263[2]; Sarackowa et Saragowa (Browerus, Annal. Trevir. VIII, 157)[2]; Pagus Saravensis, Sarachouwa et Sargow (Hadriani Valesii notitia Galliarnm, 504)[2]; Sarengawe et Saarengau (Ludolf, Notes sur la charte de 1080)[2].
Histoire
Carte historique de la Saar, 1703
Le pays arrosé par la Sarre est d'abord appelé Pagus Saroensis (pagus sarrois), puis Pagus Sargowe (pagus du gau de Sarre). Le haut Saargau (ou Saargau supérieur) s'étendait vers la source de la Sarre, et le bas Saargau (ou Saargau inférieur) s'étendait sur ladite rivière en bas de son cours[3]. Le pays de la Sarre est au Moyen-Âge réparti entre de nombreux princes et seigneurs, les évêchés de Trèves et de Metz, les comtes de Nassau-Sarrebruck, les ducs de Lorraine[3], de Deux-ponts. Il semblerait que le terme allemand de Westrich, Westerreich, ait pris le relais de Pagus saroensis et de Saargau dans le langage populaire, ainsi que dans certains écrits, du moins entre le XIIIe siècle et la guerre de Trente Ans, pour cette contrée alors intégralement germanophone et très morcelée d'un point de vue seigneurial.
La «province de la Sarre» est une appellation qui désigne la partie du gouvernement-général de Lorraine à l'époque où Louis XIV est maître de ce duché, entre 1672 et 1697. La plus grande partie de cette province est rendue au duc de Lorraine à la paix de Ryswick en 1697, à la suite de quoi Louis XIV ne garde que Sarrelouis et
quelques villages[5]. Le nom de «province de la Sarre» est conservé et appliqué jusqu'à la fin de son règne et pendant les premières années du règne suivant, à un gouvernement particulier composé de Sarrelouis, Thionville, Montmédy, Bouillon, Stenay, Longwy, Marsal, la Petite-Pierre et Hornbach[5].
Au XVIIIesiècle, pour Augustin Calmet, Saargau signifie en allemand «pays de la Sarre», parce qu'il s'étend le long de la rivière de ce nom. Du sud au nord, ce pays s'étend depuis la source de la Sarre, qui est dans les montagnes des Vosges au pied du gros Donon, jusqu'à sa confluence dans la Moselle à Consarbrik[sic] au-dessus de Trèves, dans une étendue de plus de cent lieues[3].
Depuis le XXesiècle, «pays de la Sarre» peut également désigner le territoire allemand appelé Saarland (littéralement: «Sarre pays»); ses limites correspondent approximativement à celles du Territoire du bassin de la Sarre (1920–1935).
En 1983, selon René Frecaut, les pays de la Sarre moyenne forment une «région originale» dans l'est du département de la Moselle, région qui est fidèle au dialecte germanique ainsi qu'assez fortement peuplée avec de gros villages groupés de 500 à 1 000 habitants[7].
↑Henri Lepage, Dictionnaire topographique du département de la Meurthe, Paris, Imprimerie impériale
12345678M. Bouteiller, Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868 sous les auspices de la Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, Paris, Imprimerie nationale, p.238
123Augustin Calmet, Notice De La Lorraine, 2e édition, tome 2, Lunéville, Mme George, 1840 (1reéd. 1756)
↑M. Durival, Description de la Lorraine et du Barrois, tome 2, Nancy, la Veuve Leclerc, 1779.
12Dictionnaire général de biographie et d'histoire, 6e édition, deuxième partie, Paris, Librairie Delagrave, 1873
↑Philippe Le Bas, France: Dictionnaire encyclopédique, tome 8, Paris, Firmin Didot frères, 1842, «pays de la Sarre ou Lorraine allemande»