Peter De Greef
illustrateur belge
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Peter De Greef, né le à Anderlecht et mort le à Ganshoren (région de Bruxelles-Capitale), est un illustrateur et auteur de bande dessinée belge. Il utilise le nom de plume Pierre. Actif dans le monde du graphisme musical, il a illustré de nombreuses pochettes de disques, partitions et affiches de concerts durant les années 1920-1940.
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Pierre De greef |
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Pierre |
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Biographie
Pierre De Greef naît le à Cureghem, un quartier d'Anderlecht[Note 1],[1],[2]. Son grand-père originaire de Hal était wattman aux tramways bruxellois[2]. Il est le fils de Peter De Greef, bookmaker et de Thérèse Forton, chanteuse d'opérette[2]. De 1916 à 1922, il étudie à l'Académie des beaux-arts de Bruxelles aux côtés des peintres surréalistes René Magritte[1] avec qui il restera ami toute sa vie[3] et Paul Delvaux. Parmi ses condisciples certains seront appelés à devenir connus : Victor Servranckx, Victor Bourgeois, Valéry Vander Poorten (nl), Armand Massonet, ou encore Edgar P. Jacobs[4]. Son diplôme obtenu[5], il commence sa carrière comme illustrateur commercial. Il dessine et peint dans divers genres, concevant des affiches[6] — dont une lui vaut un prix de l’exposition d’Art décoratif de Bruxelles[4] —, des décors de théâtre, des publicités, des vitrines de magasins, des brochures de programmes, des collages photographiques, des pochettes de disques et des caricatures pour des magazines[5].
Illustrateur
En 1925, il est primé pour une affiche de la Croix-Rouge de Belgique[2]. Peter De Greef travaille comme illustrateur pour l'éditeur Maurice Lamertin et réalise les couvertures de Légendes Flamandes (1926) et de La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d'Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au Pays de Flandres et ailleurs[3] (1928) de Charles De Coster. Il obtient pour les illustrations de ce livre un autre prix[4].
Il collabore avec de nombreux éditeurs de partitions, parmi lesquels E. de Saedeler & Cie, Éditions Isaye, Éd. Harmonia, Éd. Lovana, Éd. Rosette, Éditions musicales de l'art belge, Mado, Schott Frères, Tempo, Lamertin, Maison Musique, H. Brauer, J. Buyst, Ch. Walpot, Eugène Delbeke, Maison Vergught, World Music, F. Mattara, Sylvain Freud et Le Réveil artistique[7]. Il crée plusieurs centaines de couvertures de partitions[5], ce qui fait de lui l'un des illustrateurs les plus prolifiques. Durant l'entre-deux-guerres, son œuvre a profondément marqué le visage du jazz en Belgique[8]. Il crée également régulièrement des couvertures pour Music, le magazine de jazz de Félix Faecq (nl), ainsi que des affiches pour les clubs Le Bœuf sur le toit, le Corso et le Gaity[5],[4]. Parallèlement, il peint au Cirque Royal et du restaurant-spectacle Le Grand-Duché, il conçoit les décors de scènes comme l'Olympia, les Folies Bergère, le Mexicana ou encore le Carillon[4].
En 1934, il crée encore des publicités pour les grands magasins Au Bon Marché[9]. Bien qu’il continue d’illustrer des partitions pour les éditions L. Claessens en 1935, c’est dans la publicité et la décoration qu’il trouve sa véritable source de revenus[9]. Il se spécialise notamment dans la création de mascottes publicitaires, comme l’esquimau de Cobra Coke ou Le Petit Béco ; ce dernier marquant d'ailleurs ses débuts en bande dessinée dans la presse hebdomadaire[9]. Durant cette période, et probablement pour le compte de l’agence Havas, il multiplie les lettrages et les illustrations anonymes[9]. Entre 1930 et 1948, si de nombreux travaux portent sa signature stylistique, l’absence de marquage officiel rend leur identification formelle complexe[9].
Amateur de jazz, il réalise des caricatures de musiciens comme Louis Armstrong, Cab Calloway ou Roy Eldridge, et des affiches et des pochettes d'albums[4]. Pionnier du Hot Club de Belgique, il vit sa passion sur scène en tant que batteur et danseur de claquettes, gravant même une dizaine de disques 78 tours aux côtés du pianiste Sylvain Hamy[4].
Il réalise aussi des décors de cinéma, notamment pour le film Zig-zag (1939) du réalisateur Gaston Schoukens[4].
Pendant la Seconde Guerre mondiale
Pendant la période de la guerre, Peter De Greef devient une figure familière des lieux emblématiques de la vie nocturne bruxelloise, fréquentant assidûment Le Bœuf sur le toit à la Porte de Namur ainsi que d'autres établissements comme Mon Village et La Capitale. Sa présence dans les cabarets de chansonniers renommés tels que Marcel Antoine et Léo Campion lui permet de tisser des liens étroits avec le monde du spectacle[4]. Cette immersion culturelle influence directement sa production artistique, l'amenant à concevoir des décors de théâtre, des affiches publicitaires. Parallèlement à ces activités, il signe de nombreuses couvertures de romans policiers ainsi que les unes de l’hebdomadaire Week end[4]. À la Libération, il est nommé directeur artistique de ce périodique[10] et le restera jusqu'en 1956[2]. Il travaille également pour le journal Le Matin (Anvers) où il livre des dessins humoristiques et des illustrations de jeux[10].
Fin de carrière
Outre des scènes de la vie nocturne mondaine, De Greef dessine aussi, surtout à la fin de sa carrière, des bandes dessinées[Note 2], des caricatures et des publicités et se spécialise dans le photomontage[3]. Il dessine le feuilleton Les Exploits de Iron Mike par Nick Gordon, une histoire de bande dessinée à suivre pour le magazine Week end[11].
Mort
Après avoir toujours vécu à Bruxelles[3], il meurt le à Ganshoren[Note 3],[12], à l'âge de 83 ans[1]. Il laisse un fils prénommé Freddy[5].
Pour Piet Swimberghe du magazine Knack à propos de l'exposition tenue au Design Museum Gent en 2013 : « Grâce à cette exposition hommage, Peter De Greef trouve la place qu'il mérite dans l'histoire de l'art belge[13]. »
Style
Son style est proche de l'art déco, bien qu'il ait essayé d'adapter son style à la période dans laquelle il créait[14]. Son œuvre a évolué du style Art déco au style alors émergent des bandes dessinées[15].
Selon Celine De Geest dans son article Collectionner les partitions médicales, publié dans la revue des amateurs d’art et des collectionneurs Collect, écrit à propos d'une des plus grandes collections au monde de partitions de musique illustrées qui contient les signatures de : « […] Magritte ou Toulouse-Lautrec, mais aussi des noms plus significatifs comme Roger de Valerio et Peter De Greef, lesquels passent pour des artisans extraordinairement talentueux dans le domaine des arts graphiques appliqués, souvent d’une fraîcheur surprenante[16]. »
Œuvre
Publications
Illustration d'ouvrages de littérature
- Légendes Flamandes, de Charles de Coster, préface d'Émile Deschanel, texte intégral de l'édition Lacomblez, Maurice Lamertin Éditeur, 1926, — illustrations de Peter De Greef dont 4 hors-textes en couleurs.
- La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d'Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au Pays de Flandres et ailleurs, de Charles De Coster - texte intégral de l'édition Paul Lacomblez, Bruxelles, Maurice Lamertin, 1928. - XVIII, 412 p. ; 22 cm.
- L'Ampoule mystérieuse, grand récit d'aventures, de Nick Gordon, Bruxelles, Société anonyme belge d'édition, coll. « Aventura » no 3, 1940
- Le Suicidé de la Croix du Sud, d'Henri Valmont, Bruxelles, Les Maîtres du roman policier, coll. « Enquête », 1941
- L'Inconnu du Boulevard Duportal, d'Allan Dickson ; Adapté par Marcel Lévrier, Bruxelles, Les Maîtres du roman policier, coll. « Enquête », 1941
- La Valise verte, d'Allan Dickson ; Adapté par Marcel Lévrier, Bruxelles, Les Maîtres du roman policier, coll. « Enquête », 1941
- Reportage exclusif, de Glenn Davis ; Adapté par C. Monnier, Bruxelles, Les Maîtres du roman policier, coll. « Enquête », 1941
- L'Homme de Marrakech, de Cliff Norman ; Adapté par L. D. Bracq, Bruxelles, Les Maîtres du roman policier, coll. « Enquête », 1941
- L'Engagement de Nora, de Lewis Aritson ; Adapté par Max Léger, Bruxelles, Société anonyme belge d'édition, coll. « Les Maîtres du roman policier, Enquête », 1941
- Un Crime à l'I.N. R., de Eric Walter ; Adapté par Jean Leduc, Bruxelles, Société anonyme belge d'édition, coll. « Les Maîtres du roman policier, Enquête », 1941
- Le Joker jaune, de Lewis Aritson ; Adapté par Max Léger, Bruxelles, Société anonyme belge d'édition, coll. « Les Maîtres du roman policier, Enquête » no 4, 1941
- Le Monsieur du Pont Adolphe, de Lewis Aritson, Bruxelles, Les Maîtres du roman policier, coll. « Enquête » no 13, 1941
- L'Escale de Tanger, de Cliff Norman, Bruxelles, Les Maîtres du roman policier, coll. « Enquête » no 14, 1941
- L'Abbesse de Castro, de Stendhal, Bruxelles, Société anonyme belge d'édition, coll. « Ma Lecture » no 11, 1941
- Eugénie Grandet, d'Honoré de Balzac, Bruxelles, Société anonyme belge d'édition, coll. « Ma Lecture » no 12, 1941
- Adolphe, de Benjamin Constant, Bruxelles, Société anonyme belge d'édition, coll. « Ma Lecture » no 14, 1941
- L'Enfant maudit, d'Honoré de Balzac, Bruxelles, Société anonyme belge d'édition, coll. « Ma Lecture » no 16, 1941
Discographie
Singles et EPs
- Cover of Easy Walker[17]
- Sy Oliver and His Orchestra – Easy Walker (7", EP) Jazz Club (2) EP-JC 6003 - (date inconnue)
- Cover of Lorraine Blues
- Claude Bolling Jazz All Stars – Lorraine Blues (7", EP) Jazz Club (2) EP-JC 6004 - (date inconnue)
- Cover of Television Stars
- Johnny Keating And All Stars – Television Stars (7", EP) Jazz Club (2) EP-JC 6005 - (date inconnue)
Compilations
- Cover of 1928
- Duke Ellington and His Orchestra – 1928 (CD, Comp) Classics (11) CLASSICS 550, 550 1990
Expositions
Expositions personnelles
- Peter De Greef, Jazz Station[4], Saint-Josse-ten-Noode, 2012
- Peter De Greef, Design Museum Gent, Gand, du au [13].
Expositions collectives
- Autour de Magritte. Illustrateurs de partitions musicales en Belgique. 1910-1960[18], Musée Félicien Rops, Namur, du au .
- Les images de la musique – Partitions musicales 1820-1920[19], Centre de la gravure et de l'image imprimée, La Louvière, du au .
- Les partitions illustrées[20], Conservatoire royal de Bruxelles, en 2015.
- Loisirs-Plezier Brussels 1920-1940[21],[22], dans le cadre de l'année Art Déco 2025[23], Maison Autrique, Schaerbeek, du au pendant laquelle une conférence est donnée le par Christian Van den Broeck, directeur du label Belgatone et spécialiste du jazz belge, qui revient sur l’originalité du style de De Greef, proche de la bande dessinée naissante, ainsi que sur son rôle dans la popularisation du jazz et des musiques modernes en Belgique[24].
Collections publiques
- Les fonds Marc Danval[25] et d'Éric Mathot[26] de la KBR sont constitués notamment de partitions musicales signées par Peter De Greef.