Philipp Peter Roos
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Philipp Peter Roos est un artiste peintre et graveur à l'eau-forte allemand, surnommé Rosa di Tivoli, né à Francfort en 1655, mort à Rome le .

Fils et élève de Johann Heinrich Roos, il montra de telles dispositions pour la peinture que Charles Ier, landgrave de Hesse-Cassel, l’envoya à ses frais en Italie. Arrivé à Rome en 1677, Philipp Roos s’adonna avec une ardeur extraordinaire au travail et apprit à peindre avec une facilité prodigieuse.
Le comte Martinez paria un jour avec un général suédois que Roos ferait un tableau pendant que, de leur côté, ils feraient une partie de cartes, durant une demi-heure. Le pari fut accepté, et la partie n’était point achevée que Roos montrait un charmant paysage, où se trouvaient une figure et des animaux. Roos, étant à Rome élève du peintre Giacinto Brandi[1], s’éprit de sa fille Maria Isabella qui était fort belle[2] et parvint à lui faire partager son amour. Brandi, informé de cette intrigue, envoya sa fille au couvent en déclarant qu’il ne prendrait jamais pour gendre un peintre d’animaux. Plus amoureux que jamais, Roos voulut intéresser à son amour Innocent XI, à qui il fit dire qu’il voulait abjurer le protestantisme. Il se fit en effet catholique[2] et le pape intervint auprès de Brandi, qui donna sa fille à Roos. Le lendemain du mariage, en 1681, celui-ci envoya à son beau-père tout ce que sa femme tenait de lui, en lui disant que le peintre d’animaux n’avait besoin de rien de ce qui lui appartenait. Brandi, furieux, déshérita sa fille et mourut peu après de chagrin et de dépit. Ce fut à cette époque que Roos alla habiter Tivoli, ce qui lui fit donner le nom de Rosa de Tivoli. Il multiplia tellement le nombre de ses œuvres, qu’il n’en trouva bientôt plus le débit et s’habitua à les vendre à vil prix. Roos ne tarda pas à tomber dans la misère et s’adonna à la débauche.
Il restait des mois entiers absent de chez lui, laissant sa femme dans sa maison, où elle n’avait pour toute compagnie que les animaux de toutes sortes qu’il y avait réunis. Pendant un voyage qu’il fit à Rome, le landgrave de Hesse voulut voir Roos, le chargea de lui faire quelques tableaux et lui en remit le prix. Mais le peintre oublia complètement d’exécuter ces toiles et mourut des suites de ses excès.
Roos fut le premier peintre d’animaux de son temps. Il peignait avec une extrême facilité et une rapidité qui ne nuisit jamais au fini de ses ouvrages. Son dessin est correct, sa touche large et moelleuse ; ses ciels sont légers et transparents, ses fonds bien entendus, et ses sites sont une imitation parfaite de la nature.
L’Italie surtout est riche en tableaux de ce maître. Le Louvre possède de lui un Mouton dévoré par un loup et le musée de Vienne une Vue des cascades de Tivoli. On a aussi de lui quelques gravures fort remarquables, « des eaux-fortes sur des sujets rustiques qui sont très rares »[3].
Expositions
- Künstler sehen Tieren, Musée Herzog Anton Ulrich, Brunswick (Basse-Saxe), 1977.
- Roos, eine deutsche Künstlerfamilie des 17. Jahrhunderts, Kupferstichkabinett Berlin, 1986.
- Les collectionneurs toulousains du XVIIIe siècle, Musée Paul-Dupuy, Toulouse, 2001.
- Les toiles transalpines du musée des Beaux-Arts, Vieille Charité, Marseille, juin-[4].
Réception critique
- « On lui a parfois reproché de négliger la composition de ses tableaux ; nous dirions volontiers que ce défaut nous paraît presque une qualité, car il nous semble avoir cherché surtout le naturel dans le placement de ses personnages et de ses animaux, souvent dans des paysages de ruines antiques. Bien que ses peintures aient noirci avec le temps, elles conservent encore une coloration agréable. » - Dictionnaire Bénézit[3]
