Ce sont des punaises au corps ovale, assez massives et de couleurs foncées, et à la surface rugueuse. La tête comporte des jugas allongés en forme de lames, et qui dépassent le clypéus. Le bord antéro-latéral du pronotum est crénelé à denté[2].
Répartition et habitat
Ce genre se rencontre en Afrique tropicale, de l'Afrique du l'Ouest (Ph. senegalensis) à l'Afrique du Sud (Ph. gunningi, Ph. serrata, Ph. testacea), mais aussi de l'Égypte à la péninsule arabique et à l'Iran (Ph. negus[3]) dans le sud du Paléarctique, et dans l'écozone indomalaise du Pakistan (Phyllocephala negus) et de l'Inde à l'Indonésie (Phyllocephala sumatrana). Phyllocephala negus est la seule espèce du genre rencontrée régulièrement, selon les observations des sites de science participative comme iNaturalist.
Biologie
De manière générale, les Phyllocephalinae se nourrissent sur les Poaceae (graminées). Phyllocephala negus a été trouvée sur Panicum turgidum, commune dans les régions arides du Paléarctique où se rencontre l'espèce. Phyllocephala sumatrana a été rencontrée sur une espèce indéterminée de Poa[4].
Systématique
Représentation de Phyllocephala senegalensis, espèce type du genre, ici sous le synonyme de Phyllocephala congesta, 1844
Publication originale et espèce type
Ce genre a été décrit par Francis de Laporte en 1833, dans son Essai d'une classification systématique de l'ordre des Hémiptères, en même temps que son espèce type, Phyllocephala senegalensis, du Sénégal[2].
Étymologie
Francis de Laporte a formé le nom à partir du grec, avec phyllo-, «feuille», et cephale, «tête» pour mettre en relief le caractère particulier de la tête de l'espèce Phyllocephala senegalensis, dont les jugas sont plus allongés que le clypéus, lui donnant une forme qu'il associe à une feuille: il décrit une «tête triangulaire, remarquable par l'avance en feuille de son bord antérieur»[2].
Classification supérieure
Dès dix ans après la description de cette espèce, le nom est repris Charles Jean-Baptiste Amyot et Jean Guillaume Audinet-Serville pour désigner un regroupement d'espèce proches, sous le nom de «Phyllocephalides»[5], aujourd'hui les Phyllocephalinae. Dès 1833, Laporte avait d'ailleurs signalé le rapprochement avec l'espèce Schyzops aegyptiaca (alors appelée Pentatoma aegyptiaca), qui se retrouve également aujourd'hui dans la tribu des Phyllocephalini. Toutefois, le statut de l'ensemble de la sous-famille reste à préciser au sein des Pentatomidae, car aucune étude phylogénétique complète n'en a été menée à ce jour.
Liste des espèces
Selon BioLib(26 février 2026)[1] corrigé de Linnavuori et Rider:
S'agissant d'un genre ancien, dont la définition était peu précise (et qui le reste encore comme pour la tribu des Phyllocephalini dans leur ensemble[6]), de nombreuses espèces présentant notamment des jugas en lobes s'avançant en avant du clypéus y ont été placées lors de leur découverte ou plus tard. Ainsi, Francis Walker, dans son Catalogue des Hétéroptères des collections du British Museum répertorie pas moins de 30 espèces de Phyllocephala, dont 25 d'Afrique, 4 d'Asie et 1 d'Australie[7]. Ce n'est qu'au fil des travaux, notamment d'Henri Schouteden, de Rauno Linnavuori et de David A. Rider, que le genre a progressivement été restreint aux 6 espèces actuelles, dont 4 ont été décrites par William Lucas Distant. Parmi celles-ci, on peut mentionner les espèces suivantes:
Phyllocephala albicornis Horvath 1911, synonymisée avec Phyllocephala negus (Distant 1900) par Linnavuori en 1986[3]
Phyllocephala albidicosta Walker, 1868[7], transférée dans le genre Basicryptus et synonymisée avec Basicryptus albidicosta (Walker, 1868)[8]
Phyllocephala albivittis, Germar, 1838, transférée dans Gellia par Carl Stål (Hemiptera africana, p. 243), synonyme de Gellia albivittis (Germar, 1838)[9]
Phyllocephala congesta Herrich-Schäffer, 1844, synonymisée avec Phyllocephala senegalensis Laporte, 1833[9]
Phyllocephala dilatata Signoret, 1851[10], transférée dans le genre Gellia et synonymisée avec Gellia dilatata (Signoret, 1851)[9]
Phyllocephala distans Herrich-Schäffer, 1844, synonymisée avec Diplorhinus furcatus (Westwood, 1837)[11]
Phyllocephala foveata Dallas, 1851, transférée dans Eonymia et synonymisée avec Eonymia foveata (Dallas, 1851)[12]
Phyllocephala funebris Schouteden 1909, transférée dans Jayma par D. Rider en 1998, et synonyme de Jayma funebris (Schouteden, 1909)[13]
Phyllocephala humeralis Walker, 1868, transférée dans Dalsira, et synonyme de Dalsira humeralis (Walker, 1868)[14],[8]
Phyllocephala irrorata Westwood, 1837, transférée dans Basycriptus, synonyme de Basicryptus irroratus (Westwood, 1837)[8]
Phyllocephala lentiginosa Stål, 1853[15], transférée dans Dalsira, et synonyme de Dalsira lentiginosa (Stål, 1853)[8]
Phyllocephala natalensis Stål, 1853[15], transférée dans Kaffraria, et synonyme de Kaffraria natalensis (Stål, 1853)
Phyllocephala notata Dallas, 1851, transférée dans Penedalsira par Linnavuori en 1982 et synonymisée avec Penedalsiranotata (Dallas, 1851)
Phyllocephala overlaeti Schouteden, 1962, transférée dans le genre Eonymia et synonyme d'Eonymia overlaeti (Schouteden, 1962)
Phyllocephala plicata Reiche & Fairmaire, 1847[16], transférée dans Basycriptus, et synonyme de Basycriptus plicatus (Reiche & Fairmaire, 1847)[8]
Phyllocephala porosa Stål, 1854[15], transférée dans le genre Jayma, synonyme de Jayma porosa (Stål, 1854)[13]
Phyllocecephala subtruncata Walker, 1868, transférée dans le genre Basicryptus et synonymisée avec Basicryptus subtruncatus (Walker, 1868)[8]
Phyllocephala tumidifrons Van Duzee, 1905[17], transférée dans le genre Roeburnea et synonyme de Roebourneadiversa (Distant, 1900)[18],[19]
Phyllocephala volxemii Stål, 1853, transférée dans le genre Lamtoplax par Linnavuori en 1982 et synonyme de Lamtoplax volxemii (Stål, 1876)[20]
123(fr + la) F.-L. de (comte de Castelnau Laporte, Essai d'une classification systématique de l'ordre des Hémiptères (Hémiptères hétéroptères, Latr.), Paris, Magasin de zoologie, , 88p. (ISSN1259-6515, lire en ligne), p.57-58
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