Les espèces de cette sous-famille sont plutôt grandes, aplatie, ovales et allongées (étroites chez les Tetrodini). Les plaques mandibulaires dépassent souvent le clypéus. Le rostre ne dépasse pas le bord postérieur des hanches antérieures. Les angles huméraux du pronotum sont souvent arrondis, mais parfois très proéminents et peuvent être projetés vers l'avant (chez les Cressonini). La coloration est généralement dans les jaunes, beiges ou bruns[2].
Répartition et habitat
Juvénile de ''Megarrhamphus truncatus'', Taoyuan (Taiwan)
Ce groupe se nourrit principalement sur des graminées (ou Poaceae)[4], dont le riz (pour des espèces de Megarrhamphus, de Tetroda, deTetrodias, de Gonopsis, et Diplorhinus furcatus), la canne à sucre (pour Gonopsis affinis et Diplorhinus furcatus entre autres espèces), la canne à sucre du Bengale (Tripidium bengalense) et le roseau dit «canne de Provence» (pour Bakerorandolotus), le bambou (pour Cressona), le roseau de Chine (pour Gonopsis affinis) etc. Certaines espèces, dont Gonopsis affinis, sont considérées en Chine et au Japon comme un problème dans les cultures[5],[6].
Systématique
Gravure (1844), représentant Gellia albivittis, Diplorhinus furcatus, Schyzops aegyptiaca et Tetroda histeroides, toutes sous le nom de genre d'alors de Phyllocephala.Un unique Phyllocephalinae, Schyzops aegyptiaca (tout à gauche au milieu), dans une collection de musée (Musée d'histoire naturelle de Berne, NMBE)
Ce groupe a été établi par les entomologistes Charles Jean-Baptiste Amyot et Jean Guillaume Audinet-Serville en 1843 sous le nom de «Phyllocephalides»[7]. Elle est ensuite assez peu étudiée, excepté par William Distant, qui en décrit plusieurs espèces, et, au cours du XXe siècle, son statut a varié de tribu à famille à part entière (Ahmad et Kamaluddin, 1976). En 1982, Rauno Linnavuori, travaillant sur les espèces africaines, a défini certains groupes de genres, sans établir de tribus[8]. Imtiaz Ahmad et Syed Kalamuddin l'ont travaillé des années 1970 aux années 1990, surtout pour la zone indomalaise, décrivant plusieurs genres et espèces nouvelles, et y ont défini trois nouvelles tribus: les Cressonini (en 1991)[9], les Megarrhamhini (1981)[10], et les Tetrodini (1981), et ont ajouté des genres à la tribu nominale[11], sur des bases morphologiques externes et des organes sexuels. David Rider a combiné ces deux organisation et proposé une classification synthétique[8]. Comme pour l'ensemble des Pentatomidae, la phylogénie reste à confirmer par des analyses moléculaires[12], qui sont encore rares pour ce groupe[6],[13], et pourrait conduire à le redéfinir comme une tribu au sein des Pentatominae[14]. Ce groupe a également été rapproché des Halyini (Pentatominae)[15].
Les Phyllocephalinae auraient divergé des autres Pentatomidae aux environs d'il y a 67,6 millions d'années, soit entre la fin du Crétacé et l'Éocène[16].
Étymologie
Le nom a été forgé sur la base du nom du genre le plus ancien du groupe, le genre Phyllocephala, formé à partir du grec ancien phyllo-, «feuille», et cephale, «tête», et établi par François de Laporte en 1833 pour l'espèce Phyllocephala senegalensis, qu'il décrit comme à «tête triangulaire, remarquable par l'avance en feuille de son bord antérieur»[17].
Liste des tribus et des genres
Selon David A. Rider[8], les tribus et les genres sont les suivants:
12(en) Randall T. Schuh et Christiane Weirauch, True bugs of the world (Hemiptera, Heteroptera): classification and natural history., Manchester, Siri Scientific Press, , 800p. (ISBN978-0-9957496-9-6 et 0-9957496-9-8, OCLC1125224106, lire en ligne), p.495 & pl. 23
↑(en) Dan Lian, Jiufeng Wei, Chao Chen et Minmin Niu, «Invasion risks presented by Gonopsis affinis and the use of Trissolcus mitsukurii as a biological control agent under present and future climate conditions», Pest Management Science, vol.79, no12, , p.5053–5072 (ISSN1526-498X et 1526-4998, DOI10.1002/ps.7712, lire en ligne, consulté le )
12Chao Chen, Jiufeng Wei, Wei Ji et Qing Zhao, «The first complete mitochondrial genome from the subfamily Phyllocephalinae (Heteroptera: Pentatomidae) and its phylogenetic analysis», Mitochondrial DNA. Part B, Resources, vol.2, no2, , p.938–939 (ISSN2380-2359, PMID33474045, PMCID7799901, DOI10.1080/23802359.2017.1413313, lire en ligne, consulté le )
↑(en) David A. Rider, «Family PENTATOMIDAE Leach, 1815», dans Aukema, B. & C. Rieger, Catalogue of the Heteroptera of the Palaearctic Region, vol.5, Amsterdam, The Netherlands Entomological Society, (lire en ligne), pp. 376 ss.
↑(en) Kamaluddin S. et Ahmad I., «A new tribe of the subfamily Phyllocephalinae Amyot et Surville (Hemiptera: Pentatomidae) from Indo-Pakistan subcontinent and their relationships», Acta Entomologica Musei Nationalis Pragae, vol.44, , p.321-326 (lire en ligne[PDF])
↑(en) I. Ahmad et S. Kamaluddin, «A New Tribe and a New Species of the Subfamily Phyllocephalinae (Hemiptera: Pentatomidae) from the Indo-Pakistan Subcontinent», Oriental Insects, vol.22, no1, , p.241–258 (ISSN0030-5316 et 2157-8745, DOI10.1080/00305316.1988.11835490, lire en ligne, consulté le )
↑(en) S. Kamaluddin et I. Ahmad, «A Revision of the Tribe Phyllocephalini (Hemiptera: Pentatomidae: Phyllocephalinae) from Indo-Pakistan Subcontinent with Description of Five New Species», Oriental Insects, vol.22, no1, , p.185–240 (ISSN0030-5316 et 2157-8745, DOI10.1080/00305316.1988.11835489, lire en ligne, consulté le )
↑(en) Jocelia Grazia, Randall T. Schuh et Ward C. Wheeler, «Phylogenetic relationships of family groups in Pentatomoidea based on morphology and DNA sequences (Insecta: Heteroptera)», Cladistics, vol.24, no6, , p.932–976 (ISSN0748-3007 et 1096-0031, DOI10.1111/j.1096-0031.2008.00224.x, lire en ligne, consulté le )
↑(en) Dan Lian, Jiufeng Wei, Chao Chen et Minmin Niu, «Comparative analysis and phylogeny of mitochondrial genomes of Pentatomidae (Hemiptera: Pentatomoidea)», Frontiers in Genetics, vol.13, (ISSN1664-8021, DOI10.3389/fgene.2022.1045193, lire en ligne, consulté le )
↑(en) Marcos Roca‐Cusachs, Cristiano F. Schwertner, Junggon Kim et Joe Eger, «Opening Pandora's box: molecular phylogeny of the stink bugs (Hemiptera: Heteroptera: Pentatomidae) reveals great incongruences in the current classification», Systematic Entomology, vol.47, no1, , p.36–51 (ISSN0307-6970 et 1365-3113, DOI10.1111/syen.12514, lire en ligne, consulté le )
↑(en) Wang Jia, Jing Chen, Siyuan Ge et Zhenhua Zhang, «Phylogenetic and divergence analysis of Pentatomidae, with a comparison of the mitochondrial genomes of two related species (Hemiptera, Pentatomidae)», PLOS ONE, vol.19, no10, , e0309589 (ISSN1932-6203, PMID39441797, PMCID11498689, DOI10.1371/journal.pone.0309589, lire en ligne, consulté le )
↑(fr + la) F.-L. de (comte de Castelnau Laporte, Essai d'une classification systématique de l'ordre des Hémiptères (Hémiptères hétéroptères, Latr.), Magasin de zoologie, , 88p. (ISSN1259-6515, lire en ligne), p.57-58