Wikiwand AI

Pierre-Toussaint Durand de Maillane

homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Pierre-Toussaint Durand de Maillane, né le à Saint-Rémy-de-Provence (généralité de Provence, actuel département des Bouches-du-Rhône)[2], mort le dans la même ville[3], est un avocat et un canoniste de l'Ancien régime et un homme politique de la Révolution française.

Groupe politiqueTiers état
Faits en bref Fonctions, Député du bailliage d'Arles ...
Pierre-Toussaint Durand de Maillane
Illustration.
Durand de Maillane (Album du Centenaire)
Fonctions
Député du bailliage d'Arles
–
(2 ans, 5 mois et 14 jours)
Gouvernement Assemblée constituante de 1789
Groupe politique Tiers état
Député des Bouches-du-Rhône
–
(3 ans, 1 mois et 20 jours)
Gouvernement Convention nationale
Député au Conseil des anciens
–
(1 an, 7 mois et 5 jours)
Gouvernement Conseil des Cinq-Cents
Biographie
Date de naissance [1]
Lieu de naissance Saint-Rémy-de-Provence, France
Date de décès (à 84 ans)
Lieu de décès Saint-Rémy-de-Provence, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Plaine
Profession Avocat
Magistrat
députés des Bouches-du-Rhône
Fermer

Entre 1789 et 1797, il est représentant du tiers état puis député des Bouches-du-Rhône à l'Assemblée nationale constituante, à la Convention nationale où il vote la détention de Louis XVI et où il siège à la Commission des Onze, puis au Conseil des Anciens.

Biographie

Mandat à la Constituante

Le 25 janvier 1789, Pierre-Toussaint Durand de Maillane est élu représentant du tiers état pour la sénéchaussée d'Arles, le deuxième et dernier, aux États généraux. Il rédige, aux côtés de Joseph Michel Antoine Servan les cahiers de doléances de leur sénéchaussée[4],[5].

Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée nationale constituante. Le , il prête le serment du Jeu de Paume[6]. Le , il vote en faveur du rattachement du Comtat Venaissin à la France[7]. Le , il vote en faveur de l'égalité entre les hommes blancs et les hommes libres de couleur dans les colonies[8]. Il fréquente, parallèlement à son mandat, le club des Jacobins[9].

Le 20 août 1789, il est élu membre du Comité ecclésiastique[10]. Le , il est élu secrétaire du bureau de l'Assemblée aux côtés de Jean-Pierre Boullé et de Charles Regnault, sous la présidence de Philippe-Antoine Merlin[11].

Mandat à la Convention

La monarchie constitutionnelle mise en application par la constitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré avec sa famille à la tour du Temple.

En , Pierre-Toussaint Durand de Maillane est élu député du département des Bouches-du-Rhône, le sixième sur douze, à la Convention nationale[12].

Il siège sur les bancs de la Plaine. Lors du procès de Louis XVI, il vote « la détention, et le bannissement à la paix, sous peine de mort ». Il vote en faveur de l'appel au peuple mais ne participe pas au dernier appel nominal relatif au sursis à l'exécution de la peine[13]. Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[14]. Le , il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[15].

Le 30 mai, il est élu secrétaire, aux côtés de Jean-François Ducos (député de la Gironde) et de Jean-Nicolas Méaulle (député de Loire-Inférieure) sous la présidence de François-René Mallarmé (député de la Meurthe)[16].

Le 19 juin, Pierre-Toussaint Durand de Maillane est dénoncé par le citoyen Emeric, officier municipal d'Aix-en-Provence, pour avoir cosigné une lettre favorisant la contre-révolution[17]. Le 22 juin, il se défend de l'accusation à la tribune et n'est pas inquiété[18].

Le 9 ventôse an II (le ), Durand de Maillane adresse une lettre dans laquelle il félicite Maximilien de Robespierre (député de la Seine) pour ses opinions sur la liberté des cultes et pour son action en faveur des « soixante-treize » girondins incarcérés[19]. L'historien Jacques Solé estime[20] :

[Robespierre] pouvait penser compter sur le concours [...] de révolutionnaires modérés, de formation chrétienne et tenant, comme lui, à la rigueur morale et à la correction de l'allure extérieur.

La chute de Robespierre

Durand de Maillane prend part à la chute de Robespierre. Dans ses mémoires, il affirme avoir été approché par les députés de la Montagne non-robespierristes[21] :

[...] le côté droit, plus nombreux en suffrages, était et devait être moins ami des montagnards menacés qui avait souvent demandé leur arrestation et leur accusation même, que de Robespierre qui les avait constamment protégés sans doute pour se faire d'eux un rempart en cas de besoin. [...] Des émissaires nous abordèrent [...]. Ils s'adressèrent à Palasne-Champeaux, à Boissy-d'Anglas et à moi, tous trois constituants, et dont l'exemple devait entraîner les autres.

Dans ses mémoires, l'ancien conventionnel Montagnard Marc-Antoine Baudot (député de Saône-et-Loire) abonde dans le même sens et affirme que la prise de parole de Durand de Maillane a été décisive[22] :

Robespierre, s'adressant aux membres du côté droit, le 9 thermidor, et invoquant leur appui, les appelait hommes vertueux. La voix sépulcrale de Durand-Maillane lui répondit : « Scélérat ! la vertu que tu invoques ordonne à l'humanité de t'envoyer à l'échafaud ! » [...] Robespierre fut atterré par l'apostrophe de Durand-Maillane et perdit toute espérance.

L'historien Jacques Solé n'adhère pas au compte-rendu officiel des séances de la Convention et conclut dans le sens des mémoires des anciens conventionnels[20] :

La Plaine ne choisit pas son camp par peur comme le prétend Durand-Maillane, mais par tactique. Plus proche, moralement, de l'incorruptible, elle sentit bien que son intérêt politique résidait dans sa chute, qui viderait immédiatement le gouvernement révolutionnaire de tout son prestige. Le compte rendu officiel de la séance du 9 thermidor, dû aux vainqueurs, est peu crédible [...].

La réaction thermidorienne

Après la chute de Robespierre, Durand de Maillane prend part à la réaction thermidorienne.

Le 4 floréal an III (le ), la Commission des Onze, chargée de rédiger le projet constitutionnel, est élue[23]. Le 17 floréal (le ), à la faveur de la démission de Jean-Jacques-Régis de Cambacérès (député de l'Hérault), d'Emmanuel-Joseph Sieyès (député de la Sarthe) et de Philippe-Antoine Merlin (député du Nord), qui optent tous les trois pour le Comité de Salut public, il est élu à la Commission aux côtés de Jean-Denis Lanjuinais (député d'Ille-et-Vilaine) et de Pierre Baudin (député des Ardennes)[24]. L'historienne Christine Le Bozec affirme[25] :

[...] aux Lanjuinais, Boissy, Lesage et Durand-Maillane, ainsi qu'aux Daunou, Thibaudeau et Creuzé-Latouche, il apparaît que la république peut être un régime d'ordre et de conservation sociale. [...] La raison pour laquelle nous les qualifions pleinement de « républicains opportunistes » c'est qu'ils ont une vision intéressée de la république, comme moyen conservateur [...].

Le 17 messidor an III (le ), il est envoyé en mission dans le département du Var « pour y rétablir l'ordre » et « épurer les autorités constituées »[26]. Dans ses mémoires, Marc-Antoine Baudot dénonce sa conduite dans le Midi durant sa mission, l'accusant d'y avoir favorisé la Terreur blanche[27] :

Durand-Maillane [...] faisait exploiter le Midi en grand par son ami Cadroy, lorsqu'il ne le faisait pas lui-même.

Mandat aux Anciens

Sous le Directoire, Pierre-Toussaint Durand de Maillane est réélu député et siège au Conseil des Anciens.

Le 1er thermidor an IV (le 19 juillet 1796), il est élu secrétaire aux côtés de Georges Desgraves (député de Charente-Inférieure), de Pierre-Samuel Dupont de Nemours (député du Loiret) et de Louis-Alexandre Himbert (député de Seine-et-Marne) sous la présidence de Jean Dusaulx (député de la Seine)[28].

Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an V (le )[29].

Après le coup d’État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), Pierre-Toussaint Durand de Maillane, soupçonné de favoriser la rentrée d'émigrés en France, est arrêté. Le 6 ventôse an VI (24 février 1798), il est remis en liberté.

Bibliographie

  • Dictionnaire de droit canonique et de pratique bénéficiale, Avignon, 1761, 2 volumes in-4; une réédition de 1770 chez Benoît Duplain à Lyon en quatre volumes in 4°;
  • Institutes et histoire du droit canonique, Lyon, 1770, 10 volumes in-12 [traduction du latin et commentaire gallican des Institutiones iuris canonici de Giovan Paolo Lancellotti] ;
  • Les Libertés de l'Église gallicane, Lyon, 1771, 5 volumes in-4.
  • Rapport sur l'affaire du sieur Talma, comédien françois, par M. Durand de Maillanne. - A Paris de l'Imprimerie Nationale [s.d. (ca 1791)] [BM de Senlis]
  • Histoire de la Convention nationale, Paris, Baudouin Frères, 1825 (à titre posthume)

Pour approfondir

Bibliographie

Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
  • Albert Mathiez,
    • “Quelques lettres de Durand de Maillane ;Révolution française, tome XXXIX, , p. 289-333 ;
    • "Un gallican converti à l'ultramontanisme”, Durand de Maillane, d'après ses lettres inédites.Contributions à l'histoire religieuse de la Révolution française, Paris, 1907 p. 42-96 .

Liens externes

Notes et références

Related Articles

Timelines

Top Qs

Fact Checks