Pierre Charles Louis Baudin
personnalité politique française
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Pierre Charles Louis Baudin, dit Baudin des Ardennes, né le à Sedan (généralité de Metz, actuel département des Ardennes)[1], mort le 22 vendémiaire an VIII (le ) à Paris (ancien 1er arrondissement)[2], est un homme politique de la Révolution française.
| Pierre Charles Louis Baudin | |
Portrait de Pierre Charles Louis Baudin, dit Baudin des Ardennes | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député des Ardennes | |
| – (1 an et 18 jours) |
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| Gouvernement | Assemblée législative |
| Député à la Convention nationale | |
| – (3 ans, 1 mois et 19 jours) |
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| Président de la Convention nationale | |
| – (15 jours) |
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| Prédécesseur | Théophile Berlier |
| Successeur | Jean-Joseph-Victor Genissieu |
| Député au Conseil des Anciens | |
| – (4 ans et 1 jour) |
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| Maire de Sedan | |
| – (1 an) |
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| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Sedan, France |
| Date de décès | (à 50 ans) |
| Lieu de décès | Ancien 1er arrondissement de Paris, France |
| Nationalité | française |
| Parti politique | Modérés |
| Profession | Avocat Précepteur |
| Députés des Ardennes | |
| modifier |
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Entre 1791 et 1799, il est député des Ardennes à l'Assemblée nationale législative, à la Convention nationale, où il vote la détention de Louis XVI et où il est membre de la Commission des Onze, puis au Conseil des Anciens.
Il est le père de Charles Baudin, amiral de France, et le beau-frère de Jean-Henri Hassenfratz, chimiste.
Biographie
Sous l'Ancien régime
Pierre Baudin est issu d'une famille de la bourgeoisie de robe. Son père, Anne-Alexandre Baudin, est lieutenant général du bailliage de Sedan, et de Charlotte-Louise de Lafeuille, qui appartient à une famille de magistrats.
Son père le destinant au barreau, il part étudier à Paris, où il étudie auprès d'un instituteur disciple de Rollin et de Coffin, et entre à Louis-le-Grand. Après des études de droit, il se fait recevoir avocat, mais l'exil du Parlement de Paris, en 1771, l'amène à abandonner cette carrière. Retiré à Sedan auprès de son père, il s'apprête à la reprendre quand Louis XVI rétablit les parlements. Toutefois, par amitié, il accepte de devenir le précepteur des fils de l'avocat-général Gilbert des Voisins. Marié en 1783 avec Marie-Jeanne Elisabeth Terreux (dont la sœur Antoinette épousera par la suite Jean Henri Hassenfratz), il rentre à Sedan, où il devient directeur des Postes.
Mandat à la Législative
La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, Pierre Baudin, alors maire de Sedan, est élu député du département des Ardennes, le huitième et dernier, à l'Assemblée nationale législative[3].
Il évolue de la gauche à la droite de l'hémicycle. Le 1er février 1792, il vote en faveur de la mise en accusation de Bertrand de Molleville, le ministre de la Marine[4]. Le 8 août, il vote contre la mise en accusation du marquis de La Fayette.
Mandat à la Convention
La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En , Pierre Baudin est réélu député des Ardennes, le septième sur huit, à la Convention nationale[5]. Il est surnommé « Baudin des Ardennes » pour être différencié de son collègue Pierre-Joseph-François Bodin, député d'Indre-et-Loire.
Selon l'historienne Christine Le Bozec, il siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote la réclusion durant la guerre et la déportation à la paix, et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine[6] :
Je n'ai jamais pu me persuader que mon mandat m'autorisât exercer les fonctions de juge. [...] Je ne vois pas de tribunal dans une Assemblée dont les membres ne sont astreints d'aucune forme. Au reste, la mort de Louis me parait avoir deux grands inconvénients : l'un de rendre la guerre meurtrière et sanglante ; l'autre de donner ouverture à des desseins ambitieux, dont je n'ai nul indice, il est vrai, mais qui sont possibles. Je vote pour la réclusion pendant la guerre, et pour la déportation à la paix.
Le 13 , il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat[7]. Le 28 mai, il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[8].
Sous la Convention thermidorienne
Après la chute de Robespierre, Pierre Baudin adhère à la réaction thermidorienne.
Le 4 floréal an II (le 23 avril 1795), la Commission des Onze est formée et chargée de préparer la constitution de l'an III[9]. Le 17 floréal (le 6 mai), en raison du désistement de trois membres qui optent pour le Comité de Salut public, Pierre Baudin est élu membre de la Commission des Onze au côtés de Pierre-Toussaint Durand de Maillane (député des Bouches-du-Rhône) et de Jean-Denis Lanjuinais (député d'Ille-et-Vilaine)[10]. L'historienne Christine Le Bozec estime qu'il fait partie, avec Théophile Berlier, Jean-Baptiste Louvet et Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux, des membres républicains de la Commission[11].
Le 22 thermidor (le 9 août 1795), Pierre Baudin appuie le décret d'arrestation porté contre Jean-Baptiste Massieu (député de l'Oise), ancien représentant en mission[12].
Le 13 fructidor (le 30 août), au nom de la Commission des Onze, il fait adopter le décret des deux tiers, qui permet à la Convention nationale de nommer elle-même cinq cents des sept cent cinquante membres du futur Corps législatif[13].
Le 1er vendémiaire an IV (le ), il est élu président de la Convention, l'avant-dernier de la session, et ses secrétaires sont Antoine-Augustin Auger (député de l'Oise), Pierre-Marie Delaunay (député du Maine-et-Loire), et Jean-François-Philippe Deleville (député du Calvados)[14].
Mandat aux Anciens
Sous le Directoire, Pierre Baudin est réélu député des Ardennes et siège au Conseil des Anciens.
Le 6 brumaire an IV (le 28 octobre 1795), il est élu secrétaire aux côtés de Jean-Jacques Bréard (député de Charente-Inférieure), de Charles Delacroix (député de la Marne) et de (député de de Jean-Denis Lanjuinais (député d'Ille-et-Vilaine) sous la présidence de Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux (député du Maine-et-Loire)[15]. Le 11 brumaire (le 2 novembre), il est élu président du Conseil en remplacement de La Révellière-Lépeaux alors élu directeur[16].
Pierre Baudin est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an VI (20 mai 1798)[17]. Lors des élections législatives de 1798, il est réélu député des Ardennes au Conseil et son élection est validée par la loi du 22 floréal an VI (11 mai 1798)[18].
Le 1er messidor an VII (le 19 juin 1799), il est élu président du Conseil et ses secrétaires sont Louis Dubois-Dubais (député du Calvados), André Gastaud (député des Alpes-Maritimes), Jacques-Joseph Hubar (député de Meuse-Inférieure) et Jacques-Xavier Violaud (député du Doubs).
Pierre Baudin meurt au cours de son mandat le 22 vendémiaire an VIII (le ). Son décès est annoncé par Mathieu-Augustin Cornet (député de Loiret) et survient quelques jours après le débarquement à Fréjus de Napoléon Bonaparte, de retour de sa campagne d'Égypte :
Je viens [...] remplir un bien triste ministère. Celui qui pendant huit années, dans l'assemblée des représentants de la nation, se montra constamment l'ami éclairé de son pays, et ne le dit jamais ; qui lui donna tant de gages de sa sincérité ; qui lui sacrifia ses veilles, son courage ; [...] Baudin, des Ardennes, vient de mourir. [...] Hier encore il siégeait dans cette enceinte ; ce matin il n’était plus ; nous avons lieu de croire que la joie des événements inespérés que nous allons apprendre en ce jour a hâté sa mort.
Dans ses mémoires, l'ancien conventionnel Montagnard Marc-Antoine Baudot (député de Saône-et-Loire) raille dans ses mémoires[19] :
Baudin (des Ardennes), est frappé de mort subite par la joie excessive que lui causa le retour de Bonaparte. Valait-il bien la peine, ma foi !
Œuvres
- Anecdotes et réflexions sur la Constitution, 1794
- Réponse à l'écrit de La Harpe que je n'ai point lu, 1794
- Anecdotes et réflexions générales sur la Constitution, 1795
- Éclaircissements sur l'article 355 de la Constitution et sur la liberté de la presse, 1795
- Du fanatisme et des cultes, Paris : chez Leclère, an III (1795), 80 pages
Travaux législatifs
- Opinion de P. C. L. Baudin, député du département des Ardennes, sur le jugement qui doit décider du sort de Louis XVI, 1793
- Dernières réflexions de P. C. L. Baudin, député par le département des Ardennes, sur le jugement qui doit décider du sort de Louis XVI, 1793
- Dernières réflexions de P. C. L. Baudin, député par le département des Ardennes sur les questions relatives au sort du ci-devant Roi, imprimées par ordre de la Convention nationale, Paris : impr. nationale, 1793
- Rapport fait à la Convention nationale, au nom de la commission des Onze, par P. C. L. Baudin, député par le département des Ardennes, séance du 1er fructidor an III.
- Rapport fait à la Convention nationale, et projet de décret, présenté dans la séance du 2 brumaire an IV, au nom de la Commission des onze, par P.-C.-L. Baudin... sur l'abolition de la peine de mort et l'amnistie pour les faits relatifs à la Révolution, Paris, Impr. nationale, an IV, 24 p.
- Rapport fait au nom de la commission chargée d'examiner la résolution relative à l'organisation de la haute justice, par P.-C.-L. Baudin, séance du 20 thermidor l'an IV, Paris, Impr. nationale, an IV, 15 p.
- Du maintien de la liberté des opinions religieuses et des cultes et du système de déportation générale : ou Nouvelles observations sur la résolution du 17 floréal de l'an 4, relative aux prêtres insermentés, et que le Conseil des Anciens, dans sa séance du 9 fructidor, a déclaré ne pouvoir adoptée, par P. C. L. Baudin (des Ardennes), Paris : Baudouin, 14 fructidor an IV.
- Opinion sur la loi du 9 floréal dernier, relative aux ascendans d'émigrés, prononcée par P.-C.-L. Baudin (des Ardennes), séance du 6 pluviôse an IV.
- Déclaration de P.-C.-L. Baudin (des Ardennes), député au Corps législatif et membre du Conseil des Anciens, sur les motifs d'après lesquels a été proposée, et les circonstances dans lesquelles a été décrétée par la Convention nationale la loi d'amnistie du 4 brumaire de l'an IV, dont il a été le rapporteur .
- Rapport fait par P.C.L. Baudin (des Ardennes), sur la résolution du 16 brumaire dernier relative à la loi du 3 brumaire de l'an IV, Conseil des Anciens : séance du 2 Frimaire an V de la République .
- Opinion de P.C.L. Baudin (des Ardennes), député au Corps législatif, membre du Conseil des Anciens, sur les deux résolutions du Conseil des cinq-cents, du 18 frimaire, relatives à la nomination provisoire à faire par le Directoire exécutif, tant des juges-de-paix que des membres des administrations municipales prononcée dans la séance du 23 frimaire, an IV.
- De la vérification des pouvoirs, Paris : Baudouin, 13 germinal an V
- Opinion de P.C.L. Baudin (des Ardennes) sur le projet de rétablissement de la loterie, séance du 23 germinal an V &
- Rapport fait par P.C.L. Baudin (des Ardennes), au nom de la Commission composée des Représentans du Peuple Baudin, Lacombe-Saint-Michel, Lacuée, Régnier et Lebreton, sur la résolution du 18 floréal relative au service des Postes aux lettres & des postes aux chevaux, Conseil des Anciens, Séance du 29 prairial an V
- Opinion de P.-C.-L. Baudin (des Ardennes) sur la résolution du 18 messidor, relative aux fugitifs des Haut et Bas-Rhin, Conseil des Anciens : séance du 8 fructidor an V.
- Rapport fait au nom de la commission spéciale, composée des représentans Baudin, Régnier, Marbot, Tronson-Ducoudray & Ysabeau, sur la résolution du 26 ventôse, concernant la promesse de fidélité à la République par les prochaines Assemblées électorales, séance du 29 ventôse , an V
- Opinion de P.C.L. Baudin (des Ardennes) sur la résolution du 18 frimaire an V, qui excepte du droit de patente les officiers de santé, peintres, sculpteurs & graveurs, séance du 12 nivôse, an V.
- Opinion de P.C.L. Baudin (des Ardennes) sur la résolution du 9 brumaire, relative à l'époque de laquelle doit dater l'émigration dans les ci-devant Comté Venaissin & Comtat d'Avignon, séance du 22 nivôse an VI.
- Discours prononcé par P. C. L. Baudin (des Ardennes), en présentant au Conseil l'Essai sur les fables et sur leur histoire, ouvrage posthume de Jean-Silvain Bailly, Conseil des Anciens : séance du 28 germinal an VII
- Rapports faits par P. C. L. Baudin (des Ardennes), au nom de la Commission composée des représentans du peuple Régnier, Decomberousse, Cornudet, Jourdain et Baudin, sur la résolution relative à la répression du vagabondage et sur celle qui concerne les étrangers qui voyageront en France, Conseil des Anciens, séance du 6e jour complémentaire an VII & .
- Rapport fait à l’Institut National des Sciences et des Arts, par P-C-L Baudin ( des Ardennes), au nom de la Commission composée des citoyens Laplace, Fourcroi, Cels, Naigeon, Fleurieu, Baudin, Camus, Monge et Vincent, chargée par l’Institut National d’examiner comment, au décès de ses membres, il doit leur rendre les derniers devoirs, séance générale du 5 frimaire, an VII, imprimé par arrêté de l’Institut National, Paris : Baudouin, 5 frimaire, an VII, 15 p.
Sources
- « BAUDIN (des Ardennes) », dans Biographie nouvelle des contemporains ou Dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la Révolution française, ont acquis de la célébrité par leurs actions, leurs écrits, leurs erreurs ou leurs crimes, soit en France, soit dans les pays étrangers, par MM. A. V. Arnault, A. Jay, E. Jouy, J. Norvins, etc. , vol. 2 (B-Bez), Paris : à la Librairie historique, 1821, p. 203-204
- Jean-Baptiste-Joseph Boulliot, Biographie ardennaise ou Histoire des Ardennais qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs vertus et leurs erreurs, en 2 volumes, Paris, 1830, vol.1, p. 75-78
- « Pierre Charles Louis Baudin », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition], tome 1, p. 201-202
- Jean-Chrétien Ferdinand Hoefer (dir.), Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Paris, Firmin Didot frères, tome 4, 1859, p. 771-773
- Nicolas Toussaint Lemoyne Desessarts (dir.), Les siècles littéraires de la France, ou Nouveau dictionnaire historique, critique et bibliographique de tous les écrivains français, morts et vivants, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, Paris, Chez l'auteur, tome 7, 1803, p. 24-26
- Alfred Hannedouche, Ardennes, collection Galerie française, vol.16, Paris : Curel, Gougis & Cie, (s.d., vers 1894), p. 34-36
Les papiers personnels de Pierre-Charles Louis Baudin sont conservés aux Archives nationales sous la cote 172AP [20].