Pierre Bonnaud (géographe)
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Pierre Marcel Bonnaud |
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Bïza Neirà (d), écriture auvergnate unifiée |
Pierre Bonnaud, né le à Chamalières et mort le [1],[2] à Cébazat[3], est un universitaire français, géographe, lexicographe et auteur auvergnat.
Il était l'un des principaux spécialistes de l'Auvergne, thématique centrale de ses recherches, et notamment de sa géohistoire. La France centrale a aussi une grande importance dans ses travaux.
Il était aussi connu pour ses travaux linguistiques sur l'auvergnat et les différents parlers du centre de la France. Il fournit pour ce dernier, à travers son association Cercle Terre d'Auvergne, un corpus linguistique complet (norme d'écriture, grammaire, dictionnaires). Il a parfois utilisé le nom de plume de Piare Bounaud pour ses écrits en auvergnat.
Pierre Bonnaud a d'abord été maître-assistant en géographie à l'Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand en 1973.
Il fut membre de l'Institut d'Estudis Occitans du Puy-de-Dôme lors de sa création dans les années 1960-1970.
Il fonde le Cercle occitan d'Auvergne en 1970 qui devient le Cercle Terre d'Auvergne en 1974.
Travaux et thèses
Géohistoire
Pierre Bonnaud est un spécialiste de l'histoire des différents espaces de l'Auvergne mais aussi de la France centrale, dont il cherche à mettre l'histoire en avant. Ses travaux sur ce sujet, où il développe l'idée d'une « médioromanie », ont impressionné l'historien Fernand Braudel[4].
Ses recherches aboutissent à une thèse nommée Terres et langages, peuples et régions qu'il soutient en 1981 à l'université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand. Elle est publiée par le Cercle Terre d'Auvergne. Une forme plus condensée est publiée en 2003 avec l'ouvrage De l'Auvergne : 2 600 ans au cœur de la Gaule et de la France centrale : Essai géo-historique.
Il est aussi à l'origine du concept de Médioromanie[5], zone géographique culturelle et supralinguistique qui recouvre la France médiane où s'observent des phénomènes propres à cette aire[6]. Il fonde en 2000 pour l'étude de ces espaces du centre de la France le Groupe de Souvigny et en 2001 la revue Médioromanie. Études sur la France médiane[7].
Langues
Auvergnat

Dans les années 1970, après ses travaux sur le nord-occitan, il change de point de vue et promeut un auvergnat envisagé comme une langue à part entière au sein du groupe gallo-roman. Malgré cette hypothèse minoritaire[8],[9], ses travaux restent un fonds documentaire des plus importants pour le domaine de l'auvergnat[10],[11],[12]
Il crée également une nouvelle graphie pour écrire l'auvergnat : l'« écriture auvergnate unifiée »[13]. Dans cette optique il crée dans les années 1970 la revue Bïzà Neirà et l'association Cercle Terre d'Auvergne.
Selon Domergue Sumien : « L'école bonnaudienne est très paradoxale. D'un côté, la théorie de Bonnaud sur la langue ignore certains concepts de base du structuralisme et ne sait apparemment rien de sociolinguistique ; le tout se mêle à une idéologie vindicative et extrascientifique contre le classicisme et la société modernisée. Mais de l'autre côté, il y a un travail gigantesque de collectage, de débroussaillage et de publication qu'on doit saluer pour son ampleur et pour l'intérêt des informations qu'il fournit. La revue Bisa nèira et les grammaires et dictionnaires de Bonnaud (1978-80, 1989, GGA, NDGFA), malgré leurs nombreuses erreurs méthodologiques et leur présentation peu pédagogique, restent à ce jour les ouvrages les plus exhaustifs sur l'auvergnat moderne[14]. »
Pierre Bonnaud suggère une répartition en trois grandes parties de l'auvergnat : avec un auvergnat méridional, un auvergnat central et un auvergnat septentrional. Il ajoute une quatrième aire pour celle très affectée par l'influence du francoprovençal.
Il souligne aussi une césure importante, voire un découpage plus simple en deux parties, entre l'Ouest et l'Est de l'espace auvergnat[15].
Il reconnaît aussi d'autres influences importantes comme celle du limousin et du poitevin-saintongeais à l'ouest (« occidentalismes ») jusque dans les Combrailles. Le français sous sa forme du dialecte berrichon, dont il considère le bourbonnais d'oïl comme une variété, influence tout le nord de l'espace à partir du nord du Puy-de-Dôme. Des influences plus ténues de dialectes gallo-italiques arrivent aussi par la même route / axe que le francoprovençal, à savoir depuis l'Est et la route de Lyon.
Pierre Bonnaud en plus de son rôle d'étude et promotion de l'auvergnat, a également réalisé un grand nombre de travaux sur les textes et auteurs de la littérature dialectale en Auvergne de ses origines à nos jours.
Poitevin-saintongeais

D'origine saintongeaise par son père, il s'intéresse au poitevin-saintongeais dont il vulgarise le nom à la SEFCO (Société d'Études Folkloriques du Centre-Ouest) dès le début des années 1970. Il propose au début des années 1970 un système orthographique pour le poitevin-saintongeais, adapté de celui qu'il avait proposé pour l'auvergnat appelé écriture auvergnate unifiée. Ce système graphique n'est néanmoins pas utilisé par les locuteurs de la langue en question[16].
Système graphique
En 1973, Pierre Bonnaud met au point une nouvelle codification pour l'auvergnat, l'écriture auvergnate unifiée[17]. Elle est critiquée par certains chercheurs[18] et écrivains occitanistes[19]. Son usage est restreint en comparaison avec la norme classique de l'occitan[20].
Elle a fait l'objet d'adaptations par le même auteur pour le poitevin-saintongeais et les parlers septentrionaux du languedocien (dit « guyennais » par Pierre Bonnaud), mais elles n'ont jamais été concrétisées et utilisées par les auteurs de cette langue de transition et de cet autre dialecte occitan.