Pierre Van Hanselaere
peintre belge
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Pierre Van Hanselaere, né à Gand, le 30 ou le et mort dans la même ville le , est un peintre néoclassique surtout connu pour ses portraits et un professeur d'académie belge.
Biographie
Famille
Pierre (Petrus) Van Hanselaere, né à Gand le 30 ou le , est le fils d'Engelbert Van Hanselaere et d'Ida Marie Bas. Il épouse à Gand le Marie Thérèse Van Brabant (1812-1844)[1].
Formation
Pierre Van Hanselaere est d'abord étudiant à l'Académie royale des beaux-arts de Gand, où il apprend les premiers principes du dessin, puis de la peinture sous la direction de Pierre Van Huffel. Il y remporte le premier prix d'après le modèle. Ses succès l'engagent, en 1809, à étudier à l'Académie de peinture à Paris, où Jacques-Louis David le reçoit au nombre de ses élèves, jusqu'en 1812. En 1814, il obtient à Gand le prix d'histoire, grâce à son Sacrifice d'Abel qui lui vaut la pension pour aller visiter l'Italie[2]. Au Salon de Bruxelles de 1815, il obtient, grâce à son Jupiter et Mercure chez Philémon et Baucis, l'accessit de peinture[3].
Carrière
Succès et ascension
La chute du Premier Empire français ne lui permet de partir pour l'Italie qu'en 1816. Il se fixe d'abord à Rome, où il réalise le portrait de Johan Steengracht van Oostcapelle, conservateur du cabinet royal de La Haye, et celui de M. Reinhold, ministre du roi des Pays-Bas auprès du Saint-Siége. Le célèbre sculpteur Antonio Canova, appréciant son mérite, le fait nommer membre de l'Académie pontificale de Saint-Luc. De Rome il se rend à Naples, où son talent est vivement apprécié. En , il y bénéficie d'un atelier et d'appartements meublés au palais des pages de Naples[2].
En 1828, apprenant que la place de professeur à l'Académie des beaux-arts de Naples est vacante, Pierre Van Hanselaere entre en lice avec Joseph-Boniface Franque et Filippo Marsigli. Si Franque obtient le poste, le talent de l'artiste belge lui vaut de recevoir le titre de peintre honoraire du roi de Naples[2].
Après un séjour de neuf ans en Italie, Van Hanselaere revient, le , dans sa ville natale. Un atelier est mis à sa disposition au palais de l'Université, et il est nommé premier professeur à l'Académie royale des beaux-arts de Gand. Il y forme notamment Théodore Canneel, Jean Lammens (d), Adolphe Bernard, Joseph Van Ootegem, Jean Henri Vanderhaeghen, Constant De Surgeloose, Brunon Roels et bien d'autres[4].
Depuis son retour d'Italie, il se plaît à embellir de ses productions les expositions de Bruxelles, Gand, Anvers, Courtrai, et plusieurs églises belges, entre autres, l'église paroissiale de Saint-Sauveur de Gand, qui conserve de lui deux tableaux d'autel réalisés en 1830, l'un représentant Jésus au milieu des docteurs, et l'autre Le Corps du Sauveur descendu de la croix sur les genoux de sa mère[4].
Pierre Van Hanselaere acquiert par son talent une fortune assez considérable pour lui permettre de bâtir trois maisons dans la rue Courte du Marais. Il les orne lui-même de bustes en bas-relief, représentant entr'autres ceux de David, son ancien maître, et d'autres artistes[5].
Déclin
Depuis longtemps déjà, Pierre Van Hanselaere méditait le projet de réaliser un très grand tableau, qu'on nomme communément pièce capitale. Il choisit comme sujet Le Départ de Philippe van Artevelde et des Gantois, pour aller combattre le comte Louis de Male, à Bruges. L'on sait que ce prince assiégea en 1383 la ville de Gand, qu'il tenta de réduire par la famine, et exigea que tous les hommes de quinze ans à soixante ans vinssent, pieds nus, en chemise et la corde au cou, à mi-chemin de Gand à Bruges, se mettre à sa merci. Ce tableau de vingt-quatre pieds de long sur seize pieds de haut, occupe une place distinguée au salon d'exposition de Gand en 1844. Cependant, le succès ne répond nullement à l'attente du public qui voit dans cette vaste composition trop de confusion. L'ensemble ne reçoit pas l'honneur de la critique[5]. Le Messager de Gand se montre sévère et publie : « Nous aurions voulu que "Van Artevelde" restât à tout jamais à l'état d'ébauche. […] La première chose qui frappe la vue dans cette toile immense, c'est l'étrangeté, la bigarrure des costumes. On dirait que l'artiste les a étudiés dans le magasin d'un commissaire priseur. Le boucher placé au premier rang est vêtu d'une veste rouge. Il a l'épaule couverte d'une peau de mouton fraîchement écorchée (en temps de disette ! ), et pour armes le couperet et le marteau. […] Le chevalier Rase van de Voorde est enchâssé dans une armure du XVIe siècle. L'un des deux gamins qui dansent la polka au centre du tableau a pour vêtement le sarrau classique. Tout le reste est en proportion. Et la grande figure de Van Artevelde n'apparaît dans cette scène de carnaval que pour montrer un mannequin portant casque à visière et à panache flottant. Le dessin, la perspective, l'ordonnance et l'expression laissent en outre infiniment à désirer dans la composition de M. Van Hanselaere, et son coloris, terne et grisâtre, est d'une tristesse désolante[6]. »
Après cet échec, le découragement s'empare de l'artiste, qui désormais se traîne triste et languissant. La mort de son unique fils, Pierre Eugène, à l'âge de dix-huit ans en , espoir de sa vieillesse, porte un nouveau coup à sa santé, et hâte sa fin[5].
Pierre Van Hanselaere meurt, à l'âge de 75 ans, à Gand le [7].
Œuvre
Caractéristiques


Son champ pictural, de facture néoclassique, couvre essentiellement les portraits, la peinture d'histoire, les scènes religieuses et les scènes de genre.
Jeune, l'artiste s'adonne plus particulièrement au genre du portrait, qu'il traite à un haut degré de perfection. On cite au nombre de ses meilleures productions en ce genre les portraits de M. Van Huffel, du comte d'Hane-Steenhuyse, ancien intendant du département de l'Escaut, et son propre portrait, qui tous trois se trouvent au salon de la Société royale des Beaux-Arts, et ceux de Pierre de Volder, musicien-compositeur, Jacques Goetghebuer, père, architecte, L. Mussche, jardinier en chef du jardin botanique, etc…[2].
Afin de concourir pour obtenir le poste de professeur d'Académie de Naples, Pierre Van Hanselaere expose en 1828 une importante série de portraits, dans lesquels on reconnaît le peintre habile et exercé. Le Buste de la princesse de Scylla est accueilli favorablement. Le Portrait en pied du duc d'Ascoli est jugé trop effacé par les accessoires. Trois compositions historiques sont également accrochées aux cimaises, parmi lesquelles Susanne au bain, surprise par les vieillards, se distingue avantageusement. Pierre Van Hanselaere, en général, s'illustre par une manière large, sévère et vigoureuse. Dans son coloris, on reconnaît qu'il a étudié avec soin Rubens, Jordaens et Gaspard de Crayer[8].
Pierre Van Hanselaere exécute encore à Naples les portraits, de grandeur naturelle, du roi et de la reine, du chevalier d'Acton à cheval, du marquis de Ruffo et du prince de Cassaro. Parmi ses autres productions, l'auteur Goethgebuer, cite Un homme faisant de la musique, Saint Sébastien percé de flèches, Vendangeuse de la campagne de Rome, Fileuse en costume du royaume de Naples, Brigand blessé à la tête, Mendiant assis dans la Colisée, Saint-Pierre aux liens convertissant deux de ses gardes, Saint-Jean dans l'île de Pathmos, Cuisinier napolitain achetant des sardines à un lazzaroni, La Sainte famille en Égypte, La Vierge assise sur des ruines serre son divin Enfant, peinte en 1824 pour le prince Frédéric des Pays-Bas, Le Chrétien refugié dans une grotte, Le Reniement de saint Pierre,…[8]
Collections muséales
Ses œuvres sont notamment conservées aux
- Musée des Beaux-Arts de Gand : Autoportrait (1817), Saint Luc l'Evangéliste (1817), Le Martyre de saint Sébastien (1827), Autoportrait (s.d.), Portrait de madame Dart, née Henriette Isabelle Sophie De Brauwer (1839) et Portrait de François Joseph Dart (1839)[9].
- Rijksmuseum Amsterdam : Suzanne et les vieillards (1820) et Autoportrait (1824)[10].
- Palais de Caserte : Portrait de Marie-Isabelle d'Espagne (1826)
Galerie
Portrait du peintre Anton Sminck Pitloo (1814). Portrait de l'infante Marie-Isabelle d'Espagne (1826), palais de Caserte. Garçon avec un oiseau (1835). Jeune femme au chapeau et aux raisins (vers 1820).