Place Graslin

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Place Graslin
Image illustrative de l’article Place Graslin
Place Graslin, le théâtre et la fontaine depuis la rue Piron.
Situation
Coordonnées 47° 12′ 47″ nord, 1° 33′ 44″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Ville Nantes
Quartier(s) Centre-Ville
Début Rue Crébillon
Morphologie
Type Place
Histoire
Création 1787
Anciens noms Place de la Comédie
Place Impériale
Monuments Théâtre Graslin
Brasserie La Cigale
Géolocalisation sur la carte : Nantes
(Voir situation sur carte : Nantes)
Place Graslin
Géolocalisation sur la carte : Loire-Atlantique
(Voir situation sur carte : Loire-Atlantique)
Place Graslin
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Place Graslin

La place Graslin est l'une des principales voie de Nantes, en France, dont le monument le plus marquant est le théâtre Graslin.

Située dans le Centre-ville de Nantes la place Graslin est en forme d'un rectangle accolé à un hémicycle dont l'arrondi est orienté vers le Sud. Elle est desservie par huit artères : les rues Crébillon, Molière, Corneille, Racine, Voltaire, Piron, Regnard et Jean-Jacques-Rousseau.

La place est entièrement piétonne et en grande partie pavée.

Sur son côté nord se trouve le théâtre Graslin ; au sud de la place se situe la brasserie La Cigale.

Origine du nom

Elle rend hommage au promoteur Jean-Joseph-Louis Graslin, receveur général des fermes du royaume.

Historique

La place Graslin.

À partir de 1777, Jean-Joseph-Louis Graslin, receveur général des fermes du royaume, achète de vastes terrains à l’Ouest de la ville, sur ce qui n'était jusque-là qu'une butte rocheuse faiblement peuplée. Il décide d'y réaliser une opération immobilière[1].

La municipalité de Nantes, conduite alors par Jean-Baptiste Gellée de Prémion, étant réticente, Graslin emporte son adhésion en faisant don à la ville des terrains nécessaires aux rues et places, en prenant en charge les travaux de nivellement nécessaires, et en prêtant à faible taux d'intérêt à la collectivité l'argent destiné aux travaux de voirie[1].

Graslin étudie son plan initial avec l'architecte-voyer Jean-Baptiste Ceineray, avec lequel il a de bons rapports. La place centrale du quartier est envisagée comme un grand carrefour d'où partiraient trois rues, l'une vers le quai de la Fosse, une autre vers l'actuelle rue du Calvaire, la troisième vers l'actuelle place Royale. À partir de 1780, Mathurin Crucy remplace Ceineray. Les rapports de Crucy et Graslin sont tendus, ce qui rend difficile l'avancée du projet. De plus, la décision ayant été prise de construire un théâtre donnant sur la place, le plan est à revoir entièrement[1].

Alors que la place n'est encore qu'un projet, le bureau de ville décide, le , que la nouvelle esplanade doit recevoir le nom de « place Graslin ». Mathurin Crucy semble être le seul à avoir proposé le nom de « place de la Comédie »[2]

Les façades illuminées de la place Graslin lors de Noël 2020.

En 1783, Mathurin Crucy présente un plan sur lequel la place est rectangulaire, le théâtre figurant sur le plus grand côté. Graslin se fait aider par l'architecte Robert II Seheult pour établir le plan d'une place en hémicycle inspirée de la place de l'Odéon à Paris. Chacun tenant à son plan, Graslin et Crucy se brouillent, et ne communiquent plus directement[1].

Conçu par l'architecte nantais Mathurin Crucy, le plan d’ensemble révèle la volonté de mise en scène : le théâtre domine une place en hémicycle, les façades identiques forment les premières loges d’un véritable « théâtre urbain ».

Ce quartier devient vite attrayant et la bourgeoisie s’y installe, notamment sur le cours Cambronne tout proche.

En 1790, Mathurin Crucy présente un projet de statue de la Liberté dont le socle porterait les noms des volontaires militaires de Nantes, initiateurs de l'idée auprès de l'architecte, et qui se proposent en contributeurs du monument[3]. Le projet n'est pas mis en œuvre.

En 1818, Pierre Michelet, père de Charles Monselet ouvre un « cabinet de lecture » au « numéro 16 de la rue Dauphine, à l'angle de la place Graslin » (la rue Dauphine est l'ancien nom de la rue Jean-Jacques-Rousseau). Ce salon est fréquenté par Ange Guépin, Victor Mangin père et fils, Émile Souvestre, entre autres. C'est dans cet immeuble que naît, en 1825, Charles Monselet. Ce dernier relate que, dans ses jeunes années, il pouvait observer quotidiennement des saltimbanques se produisant sur la place Graslin, et qu'on y voyait aussi des montreurs d'ours ou des écuyers de cirque faire des démonstrations[4].

La place Graslin avec la fontaine et le théâtre éponyme.

En 1852, la place est une des premières voies nantaises à être équipées de lanternes alimentées au gaz[5].

La Cigale, qui est une des plus belles brasseries de France dans le style « art nouveau », fait face au théâtre, a été inaugurée le 1er avril 1895. C'est un lieu très fréquenté par les comédiens à la sortie du théâtre. Ainsi, le comédien Jean-Louis Trintignant a dit de cette brasserie qu'elle était selon lui « sans doute la plus belle brasserie du monde ».

En 1960, la place sert de décor extérieur lors du tournage du film Lola (1961) de Jacques Demy[6],[7].

En , la mairie de Nantes a entamé des travaux d'une durée d'un an, qui visent à en faire une place partiellement piétonnière. À cette occasion, le théâtre a été entièrement ravalé et bénéficie d'un éclairage à LED, tout comme les immeubles qui la bordent. Légèrement creusé afin d'augmenter les perspectives, la place, inaugurée le , accueille une fontaine en son centre, tandis que des candélabres de 8 mètres de haut, imitant les lustres du théâtre, et seize vasques mobiles contenant des plantes, l'encadrent. À terme, le projet prévu par la municipalité est de la rendre intégralement piétonne dans les années à venir[8].

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

Notes et références

Voir aussi

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