Platoon
film d’Oliver Stone, sorti en 1986
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Platoon est un film de guerre américano-britannique écrit et réalisé par Oliver Stone, sorti en 1986.
Willem Dafoe
Charlie Sheen
| Réalisation | Oliver Stone |
|---|---|
| Scénario | Oliver Stone |
| Musique | Georges Delerue |
| Acteurs principaux |
Tom Berenger Willem Dafoe Charlie Sheen |
| Sociétés de production | Hemdale Film Corporation (en) |
| Pays de production |
|
| Genre |
Drame Film de guerre |
| Durée | 120 minutes |
| Sortie | 1986 |
Série
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Le mot anglais platoon, d'ailleurs lui-même emprunté au moyen français « ploton », signifie ici en français « peloton (militaire) », soit la plus petite sous-section d'une compagnie, d'un bataillon ; c'est-à-dire l'unité qui est la plus proche du cadre de vie quotidien de l'homme de troupe. Le diffuseur du film en France a opté pour le maintien du titre original, peut-être pour conserver au film son caractère très « américain » en tant qu'appartenant à l'histoire des États-Unis et travaillant la conscience morale de l'opinion publique américaine ; peut-être aussi en raison de la polysémie en français du mot « peloton », qui pouvait prêter à confusion ; et notamment son acception elliptique pour « peloton d'exécution », sens qui pourrait divulgâcher en partie le dénouement du film.
L'action se déroule en effet pendant la guerre du Vietnam. Le film est en partie inspiré par la propre vie du réalisateur, qui s'est lui-même engagé comme volontaire pour la guerre du Vietnam, où il a été blessé à deux reprises[1].
Il est le premier film d'une trilogie ayant pour thème la guerre du Vietnam. Il est suivi par Né un 4 juillet en et Entre ciel et terre en .
Le film remporte l'Oscar du meilleur film en 1987. En 2007, l'American Film Institute classe Platoon à la 83e place de l'AFI's 100 Years...100 Movies.
Synopsis
En 1967, Chris Taylor (Charlie Sheen), jeune Américain souhaitant servir son pays, décide de s'engager volontairement dans l'US Army au cours de la guerre du Vietnam. Il est affecté à la 25e division d'infanterie, dans une section[N 1] qui a subi des pertes lors de récents combats. Son enthousiasme disparaît rapidement tandis qu'il effectue d'interminables patrouilles de jour et de nuit, et qu'il s'épuise à creuser des trous servant de position de défense, corvées attribuées aux nouvelles recrues, « les bleus ».
Lors d'une patrouille dans la jungle, une embuscade Việt Minh le blesse légèrement. Il est peu à peu intégré au sein du groupe par les soldats plus expérimentés de sa section et commence à comprendre comment fonctionne réellement la section à laquelle il appartient. Le chef de section, le lieutenant Wolfe (Mark Moses) ne parvient pas à s'imposer. Il s'efface devant celui qui incarne la véritable autorité dans l'unité, le sergent-chef Bob Barnes (Tom Berenger), vétéran blessé sept fois, dur et impitoyable, qui « croit profondément à cette guerre ». La plus grande partie des hommes de la section adule Barnes. Les autres forment le clan des « planeurs », désabusés et fumeurs de cannabis, dont la figure de proue est le sergent Elias Grodin (Willem Dafoe).
Lors d'une autre patrouille, la section découvre un complexe de casemates souterraines, servant apparemment de poste de commandement à l'ennemi. Alors qu'ils fouillent une cache, deux soldats sont tués par l'explosion d'un piège. Après avoir quitté les casemates, les soldats constatent que Manny, qui était posté en sentinelle lors de la fouille des bunkers a disparu. Son cadavre est trouvé un peu plus loin.
L'unité se rend au village le plus proche, où des combattants Việt Cộng auraient été aperçus. Fatigués et à cran, les soldats commencent à fouiller les maisons et à interroger les paysans. L'incompréhension linguistique mutuelle s'ajoute à la colère des soldats, dont trois des leurs viennent d'être tués ; ils deviennent de plus en plus brutaux. Ils trouvent de la nourriture en grande quantité et des caches d'armes. Les habitants disent avoir été forcés par les nord-vietnamiens à les aider. Barnes, secondé par un interprète, interroge le chef du village. En rage, il abat la femme du chef devant lui et menace sa fille. C'est alors qu'Elias intervient. Les deux sous-officiers se battent, encouragés par leurs partisans respectifs. Wolfe s'avère une fois de plus, incapable de faire preuve d'autorité. Taylor sauve deux fillettes du village sur le point d'être violées par ses camarades. La section repart après avoir mis le feu au village.
Elias rapporte ces évènements à son capitaine, qui promet la cour martiale à Barnes si les faits viennent à être avérés. La sympathie de Taylor, d'abord acquise à Barnes, penche maintenant pour Elias, tandis que ceux qui suivent Barnes parlent d'assassiner Elias pour l'empêcher de témoigner. Taylor constate qu'il y a désormais une « guerre civile dans la section », entre les partisans de Barnes et ceux d'Elias.
Lors d'une nouvelle patrouille, la section est prise en embuscade et subit de nouvelles pertes. Wolfe se trouve à nouveau désemparé, mais montre aussi son incompétence en transmettant des coordonnées erronées à l'artillerie. Quand il s'aperçoit que les obus alliés s'abattent sur eux et non sur l'ennemi, Barnes rudoie Wolfe, mettant fin au peu d'autorité qu'il lui restait.
Peu après, Elias propose d'emmener quelques hommes avec lui pour parer à une probable attaque ennemie sur leur flanc. Il a l'approbation de Barnes et part donc avec trois hommes, dont Taylor. La tactique fonctionne, mais un soldat est blessé. Elias ordonne aux deux autres de rester, pendant qu'il termine seul. Barnes rejoint les trois soldats et leur ordonne de transporter le blessé pour qu'il soit évacué, dit qu'il va rejoindre Elias et qu'il rentreront ensemble. Quand il rencontre Elias, celui-ci lui sourit et Barnes l'abat. Elias regarde incrédule son rival pendant qu'il s'écroule au sol. Après avoir déposé le blessé, Taylor retourne sur ses pas. Il se retrouve face à Barnes qui retourne vers la section, celui-ci lui annonce qu'Elias a été abattu et qu'il est mort. Il refuse que Taylor aille voir et lui ordonne de rejoindre la section avec lui.
Les soldats se rendent au point d'évacuation où ils embarquent dans des hélicoptères. Tandis que les derniers engins décollent, Taylor et plusieurs de ses camarades aperçoivent Elias blessé, courant vers eux, pourchassé par des ennemis tirant dans sa direction. Le pilote déclare qu'il est impossible de se reposer pour l'embarquer, à cause du danger. Elias finit par être achevé par ses poursuivants. Taylor comprend que Barnes lui a menti et le tient pour responsable de la mort d'Elias.
De retour à la base, Taylor propose à ses amis de tuer Barnes pour venger Elias. Une vive discussion s'ensuit, interrompue par l'arrivée de Barnes parmi eux. Taylor se jette sur lui, mais a le dessous et est sauvé uniquement par l'intervention de ses camarades, qui raisonnent Barnes qui est sur le point de le tuer.
Plus tard, la compagnie de Taylor est renvoyée sur le front, dans la même zone où une attaque ennemie d'envergure se prépare. Presque tous les membres de sa section meurent dans la bataille, pilonnés par le feu ennemi et un bombardement aérien américain au napalm sur la zone, en désespoir de cause pour arrêter l'avance ennemie. Taylor a survécu et reprend conscience à l'aube. Titubant, il ramasse un fusil Type 56[N 2] ennemi et erre dans la zone dévastée, jonchée de cadavres. Parmi ceux-ci, il trouve Barnes semi-conscient et blessé. Barnes le regarde, Taylor le met en joue, l'abat et jette l'arme.
Blessé pour la seconde fois, Taylor est évacué par hélicoptère et rapatrié aux États-Unis. Alors que l'hélicoptère s'éloigne, il voit son camarade Rhah (Francesco Quinn) se frapper la poitrine en criant, comme un acte de résilience après ce carnage qu'ils ont vécu. Dans un commentaire dit en voix off, Taylor affirme que bien que la guerre soit maintenant terminée pour lui, elle restera avec lui pour le reste de sa vie. Que le combat est surtout contre l'ennemi qui est en nous, et que dans l'au-delà, s'il en est un, Barnes et Elias poursuivent leur lutte à mort. Et que pour sa part, il lui faudrait désormais continuer à chercher inlassablement, douloureusement, un sens à cette vie qui lui reste.
Fiche technique
- Titre : Platoon
- Titre original : Platoon
- Réalisation : Oliver Stone
- Scénario : Oliver Stone
- Photographie : Robert Richardson
- Montage : Claire Simpson
- Son : Gordon Daniel, Charles Grenzbach, Simon Kaye, Richard D. Rogers et John Wilkinson
- Musique originale : Georges Delerue et Stephen Foster (non crédité)
- Décors : Bruno Rubeo
- Direction artistique : Rodell Cruz et Sherman Williams
- Production : Arnold Kopelson
- Coproduction : A. Kitman Ho
- Production exécutive : John Daly et Derek Gibson
- Sociétés de production : Hemdale Film Corporation (en), Cinema '84 et Cinema 86 (non crédité)
- Sociétés de distribution : Orion Pictures (États-Unis), Rank Film Distributors (Royaume-Uni), 20th Century Fox (France[2])
- Budget : 6 000 000 $[3]
- Pays de production :
États-Unis,
Royaume-Uni - Langues originales : anglais, vietnamien
- Genre : drame, film de guerre
- Durée : 120 minutes
- Dates de sortie[4] :
- États-Unis : (première à New York et à Los Angeles), (sortie nationale)
- France :
- Royaume-Uni :
- Classification :
- Affiche : Bill Gold (États-Unis)
Distribution
- Tom Berenger (VF : Dominique Collignon-Maurin) : Bob Barnes, sergent-chef
- Willem Dafoe (VF : Marc François) : Elias Grodin, sergent
- Charlie Sheen (VF : Éric Legrand) : Chris Taylor, soldat / narrateur
- Keith David (VF : Med Hondo) : King, soldat
- Forest Whitaker : Big Harold, soldat
- Francesco Quinn (VF : Pascal Renwick) : Rhah, soldat
- Kevin Dillon (VF : William Coryn) : Bunny, soldat
- John C. McGinley (VF : Patrick Poivey) : Red O'Neill, sergent
- Reggie Johnson (VF : Sady Rebbot) : Junior, soldat
- Mark Moses (VF : Guy Chapelier) : Wolfe, lieutenant
- Corey Glover (VF : Pascal Légitimus) : Francis, soldat
- Johnny Depp (VF : Michel Derain) : Lerner, soldat[7]
- Chris Pedersen (en) (VF : Daniel Russo) : Crawford, soldat
- Bob Orwig (VF : Olivier Destrez) : Gardner, soldat
- David Neidorf (VF : Georges Berthomieu) : Tex, soldat
- Richard Edson (VF : Bernard Métraux) : Sal, soldat
- Tony Todd (VF : Robert Liensol) : Warren, sergent
- James Terry McIlvain (VF : Michel Vigné) : Ace, soldat
- J. Adam Glover (VF : Vincent Ropion) : Sanderson, soldat
- Ivan Kane (VF : Michel Vigné) : Tony Ranucci
- Paul Sanchez (VF : Jacques Richard) : Doc, soldat
- Dale Dye (VF : Richard Darbois) : Harris, capitaine
- Chris Castillejo (VF : Daniel Lafourcade) : Rodriguez, soldat
- Mathew Westfall (VF : Jean-François Vlérick) : un soldat terrifié
- Nick Nicholson : un fantassin mécanisé
- Oliver Stone : l'officier de la compagnie Alpha dans le bunker (non crédité)
- Sources et légende : Version française (VF) sur Voxofilm[8]
Production
Genèse
Oliver Stone pensait réaliser un film sur la guerre du Vietnam depuis plus de vingt ans, lorsqu'il fut engagé volontaire dans ce conflit meurtrier. Son film d'école dans la classe de Martin Scorsese, Dernière année au Viêt Nam (Last Year in Viet Nam) évoquait déjà son traumatisme de l'expérience de la guerre. Son premier scénario rédigé en 1976 est une version brute de ce qui deviendra Platoon. Mais son script est refusé partout. Il lui sert quand même à se faire accepter comme scénariste pour l'écriture du succès critique et commercial Midnight Express en 1979. Par ce biais, il devient l'un des scénaristes à succès les plus en vue de Hollywood, notamment pour Conan le Barbare, Scarface ou L'Année du dragon. Il accepte même de tourner son troisième film, Salvador, sans être payé, à condition d'avoir le financement, six millions de dollars, pour Platoon qui sortira en aux États-Unis et pour la France[9].
Tournage

Le tournage du film faillit être purement annulé du fait du déclenchement de la révolution contre le président des Philippines Ferdinand Marcos quelques jours avant le début du tournage. Oliver Stone décida de tenter sa chance et tourna juste au sortir de la révolution.
Afin de les préparer au mieux à leur rôle, Oliver Stone et son conseiller militaire, Dale Dye, décidèrent de recréer un camp d'entraînement et de faire subir aux acteurs deux semaines d'entraînement à la guerre telle qu'elle était en 1967-1968. Après s'être fait raser les cheveux, les acteurs ont suivi un programme comprenant des marches à pied, des embuscades, des tours de garde, des attaques nocturnes… Le but était de les imprégner de la vie des vrais soldats au Vietnam et leur faire perdre leur aspect « civil » pour les faire devenir des « soldats » auxquels les vétérans pouvaient s'identifier.
Dans le DVD du film (version ultimate collection), les acteurs racontent à quel point pendant le tournage, Oliver Stone se comportait avec eux comme un officier l'aurait fait avec ses soldats.
Musique
Musiques préexistantes
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».
- Adagio pour cordes / The Village de Samuel Barber par l'orchestre symphonique de Vancouver (thème principal).
- Tracks of my Tears par Smokey Robinson et The Miracles.
- Okie from Muskogee (en) par Merle Haggard.
- Hello, I Love You par The Doors.
- White Rabbit par Jefferson Airplane.
- Barnes Shoots Elias par l'orchestre symphonique de Vancouver.
- Respect par Aretha Franklin.
- (Sittin' On) The Dock of the Bay par Otis Redding.
- When a Man Loves a Woman par Percy Sledge.
- Groovin' par The Rascals.
- Oh! Susanna de Stephen Foster.
Bande originale
La musique originale est composée par Georges Delerue.
Accueil
Accueil critique
| Site | Note |
|---|---|
| Metacritic | 92/100[10] |
| Rotten Tomatoes | 88 %[11] |
| Allociné |
| Périodique | Note |
|---|
Sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes, le film obtient un score de 88 % d'avis favorables, sur la base de 68 critiques collectées et une note moyenne de 8,40/10 ; le consensus du site indique : « Nourri par les expériences personnelles du réalisateur Oliver Stone au Vietnam, Platoon renonce au sermon facile au profit d'une vision déchirante et à ras de terre de la guerre, renforcée par des performances sans failles de Charlie Sheen et Willem Dafoe »[11]. Sur Metacritic, le film obtient une note moyenne pondérée de 92 sur 100, sur la base de 16 critiques collectées ; le consensus du site indique : « Acclamation générale » (Universal acclaim)[10].
En France, le site Allociné propose une note moyenne de 4,6/5, sur la base de 5 critiques de presse collectées[12].
Box-office
Le film est un succès. Il cumule plus de 138 millions de dollars sur le sol nord américain, soit le 3e meilleur résultat du box-office local annuel. En France, il frôle les 3 millions d'entrées et se classe 5e des meilleurs recettes au box-office de l'année 1987.
Distinctions
Source et distinctions complètes[15]:
Récompenses
- Oscars 1987
- ASCAP Awards 1988
- Prix Top Box-office pour Georges Delerue
- Golden Globes 1987 :
- Berlinale 1987
- Eddie Awards 1987
- meilleur montage pour Claire Simpson
- Independent Spirit Awards 1987
- meilleur film
- meilleure photographie pour Robert Richardson
- meilleur réalisateur pour Oliver Stone
- meilleur scénario pour Oliver Stone
- Awards of the Japanese Academy 1988
- meilleur film en langue étrangère
- BAFTA 1988
- meilleur réalisateur pour Oliver Stone
- meilleur montage pour Claire Simpson
Nominations
- Oscars 1987
- Golden Globes 1987
- meilleur scénario pour Oliver Stone
Classements honorifiques
- 83e dans le Top 100 de l'American Film Institute
- 72e dans le classement AFI's 100 Years...100 Thrills
- 86e dans le classement AFI's 100 Years...100 Movies (édition 10e anniversaire)
Analyse
Le sujet central du film est le combat des deux sergents, Barnes et Elias, deux figures paternelles pour le jeune soldat Chris Taylor qui hésite entre les deux[16].
Barnes symbolise la force brutale, aveugle, le bras armé d'un État, celui qui ne sait que tuer dans la vie, autoritaire voire tyrannique et « prêt à tout pour survivre »[17]. Finalement, cette force se révèle incontrôlable. À l'opposé, Elias est la conscience morale, celui qui refuse de s'avilir, qui tente à toutes forces de préserver son humanité au cœur même du chaos[17]. Il représente une figure christique dans le film ; à plusieurs reprises, on le voit les bras en croix[16] et/ou levés au ciel, notamment dans la scène devenue iconique de sa mort, juste avant de s’effondrer sous les balles, image reprise pour l'affiche du film[17] : « [...] sur les notes de l’Adagio for Strings de Samuel Barber [...] cette séquence, d’une intensité tragique rare, est aujourd’hui indissociable de la mémoire cinématographique du conflit vietnamien »[17]. Cet adagio, d'ailleurs créé juste avant la Seconde Guerre mondiale, revient tout au long du film comme un leitmotiv entêtant et infiniment triste, funèbre : il contribue à lui donner sa pleine dimension de tragédie lorsque la vie se trouve confrontée à l'absurdité de la guerre comme meurtre collectif perpétré en masse dont la raison se dérobe au fur et à mesure de plus en plus.
Elias est aussi celui qui est sans doute le plus lucide car il ne croit pas à la victoire. Finalement, comme il le dit à la fin du film, Taylor se sent comme né de ces deux pères différents. À un second niveau, on peut y voir une Amérique scindée entre les « va-t'en-guerre » qui veulent une victoire, quel qu'en soit le prix, et ceux qui pensent qu'à ce jeu l'Amérique perd son âme dans la guerre.
Ce film montre aussi des aspects dérangeants de la guerre du Vietnam comme l'abus d'autorité des soldats aguerris sur les bleus, l'assassinat d'officiers impopulaires (on parlait de « fragging » ou « fragmentation »[18]), le fait que la plupart des simples soldats sont des gens du peuple[19].
On peut faire un parallèle autobiographique, Oliver Stone lui-même s'étant engagé volontairement[19]. Mais le film n'en est pas moins anti-guerre. De plus, le langage dans les répliques est la plupart du temps injurieux ou vulgaire ; on sent que le dérapage de ces soldats, plongés dans une guerre dont ils ne comprennent pas la stratégie militaire et à laquelle ils étaient mal préparés psychologiquement, est à chaque instant possible (dérapage qui aura lieu lors de la séquence inspirée du massacre de Mỹ Lai[20]). « Filmé au plus près des corps, au ras du sol, dans la boue et la moiteur, Platoon montre la lente érosion de l’humanité sous l’effet de la peur et de la violence »[17]. À la fin du film, dans la voix off de Taylor (qui en est le premier témoin majeur et porte le point de vue du narrateur ainsi que, à l'évidence, celui de l'auteur), la question de la difficile reconstruction d'un sens à la vie après cette tragédie demeure ouverte.
Autour du film
Produits dérivés
Le film a été novelisé par Dale A. Dye, vétéran lui-même, (capitaine du corps des marines américain) et devenu par la suite conseiller technique militaire pour le cinéma.
Platoon a été adapté par deux fois en jeu vidéo :
- Platoon, sorti en 1987 sur Amiga, Amstrad CPC, Apple II, Atari ST, Commodore 64, DOS, NES et ZX Spectrum
- Platoon, sorti en 2002 sur Windows
Références dans d'autres œuvres
- Le groupe de death metal mélodique finlandais, Children of Bodom, utilise certaines paroles du film en tant que transition dans son album Hate Crew Deathroll.
- Dans la série Spin City, dans l’épisode 20 de la saison 3. Une réplique ainsi que le nom du film est référencé.
- Un groupe de rap français, les X-Men, font une référence à ce film dans leur chanson Retour aux Pyramides.
- Certains passages du film, ainsi que l’adagio de Barber ont été utilisés dans le film Bravetown.
- Apparition de la musique d'Oliver Stone dans le film The Land of Hope (film, 2012)
- Dans le film Tonnerre sous les tropiques, lorsque Tugg Speedman est touché dans le dos et tressaute sous l'impact des balles en essayant de rejoindre l'hélicoptère, est une référence à la scène semblable avec Elias.
