Les seuls faits historiques attestés portent sur le synode qu'il réunit à Rome en 231 pour approuver la condamnation d'Origène par Démétrius, évêque d'Alexandrie[4]. Pontien dut faire face au schisme d'Hippolyte de Rome, débuté sous CalixteIer, auquel le philosophe reprochait son «laxisme» vis-à-vis des repentis[4].
L'accession au trône de l'empereur romainMaximinIer le Thrace en marque le début d'une nouvelle persécution contre les chrétiens: Pontien et Hippolyte - son adversaire et antipape - furent déportés en Sardaigne pour y travailler comme forçats dans des mines de sel[4] — le Liber pontificalis précise qu'il s'agit de l'îlot Molara, alors dénommée Buccina, près de l'île Tavolara au sud de l'archipel de La Maddalena[5],[2]. Pontien renonça à son siège épiscopal le pour permettre l'élection d'un nouvel évêque — c'est la première date attestée dans l'histoire de la papauté[4]. Il est probable qu'Hippolyte ait renoncé en même temps[6] à sa contestation. Les deux hommes semblent en effet s'être réconciliés au cours de leur déportation commune[6]. Le martyre commun les réconcilia.
Pontien décéda le , probablement de mauvais traitements comme le mentionne le Liber pontificalis[4]. Fabien, l'un de ses successeurs, fit rapatrier son corps de Sardaigne où il était exilé, ainsi que celui d'Hippolyte en 236 ou en 237[4]. Il fut inhumé le même jour qu'Hippolyte le dans la catacombe de Saint-Calixte, inaugurant une tradition qui continuera jusqu'à Eutychien (27e pape) et donnant naissance à la crypte des Papes. Sa tombe est attestée par l'inscription ΠΟΝΤΙΑΝΟΣ ΕΠΙΚ[ΟΠΟΣ], c'est-à-dire «Pontien, évêque»[4]. La dévotion populaire unit les deux anciens adversaires, martyrs pour le Christ, dans une même célébration liturgique, le . Il est également fêté dans l'Église orthodoxe à cette même date[7].
↑Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, VI, 23, 3; 29, 1.
1234567Jean-Pierre Martin, «Pontien», dans Philippe Levillain (s. dir.), Dictionnaire historique de la papauté, Paris, Fayard, 2003 (1reédition 1994) (ISBN2-213-618577), p.1377.
(en) William A. Jurgens, Faith of the Early Fathers, vol.I, Collegeville, Liturgical Press, , 474p. (ISBN978-0-8146-0432-8, lire en ligne), p.162.
Jean-Pierre Martin, «Pontien», dans Philippe Levillain (s. dir.), Dictionnaire historique de la papauté, Paris, Fayard, 2003 (1reédition 1994) (ISBN2-213-618577), p.1377.